Bardeaux

Bâtiment de Port-Louis dont les petites toitures flanquant le corps principal sont couvertes de bardeaux dits « en écailles de poisson » :

Le mot bardeau aurait des “origines obscures”. Le Dicobat lui donne les synonymes suivants : ancelle, échandole, essanne, essente, tavaillon, mots que je n’ai jamais entendus.

Vieille boutique port-louisienne.

Les bardeaux se posent sur un « boarding » (voligeage) constitué de planches clouées sur les chevrons et, pour éviter les infiltrations d’eau, ils se chevauchent en général sur les deux tiers de leur longueur et sur la moitié de leur largeur.

Toit en bardeaux en cours de réparation.

Le bardage est le revêtement des murs extérieurs réalisé avec des bardeaux. Toutefois, de nos jours on parlera aussi bien de bardage pour un revêtement réalisé en tôles d’acier ou à l’aide d’autres éléments de couverture que l’on vient fixer mécaniquement sur l’ossature porteuse. On en a une illustration ici : http://mauricianismes.wordpress.com/2009/05/17/dalot/
Les murs en bardeaux sont plus plus fréquents à la Réunion qu’à Maurice. Un exemple fameux est la maison natale de Raymond Barre à Saint-Denis.

Les bardeaux résistent mieux à la pourriture en climat sec, comme à Port-Louis (photo ci-dessous), alors que dans les hauteurs de l’île, où il fait beaucoup plus humide, ils ont tendance à se dégrader assez rapidement, ce qui rend les anciennes maisons en bois d’un entretien coûteux. Petit à petit le béton remplace tout ce bois…


 
 

 
 

About these ads

50 réponses à “Bardeaux

  1. Au Canada aussi on voit ce genre de toit dans les belles vieilles maisons. Ces bardeaux sont petits, au contraire des bardeaux alpins, faits de planches de pin qui se chevauchent sur environ 50 cm. Ces planches doivent être coupées dans des troncs d’arbres provenant d’une altitude supérieure à celle où l’on va utiliser les bardeaux, pour pouvoir supporter le climat de l’endroit.

    Les origines obscures de ce mot: moi non plus, je ne connais aucun des synonymes proposés, qui appartiennent peut-être à différents dialectes régionaux.

    Le lien que vous donnez résume ce que dit le TLFI. D’après le TLFI lui-même, en consultant non seulement bardeau mais aussi barder et (la) barde, ces mots voulant dire à peu près « planche » et « couvrir, couverture » viendraient d’un mot germanique tel que *bart ou *bard, désignant une petite planche, mot qui n’est pas attesté par un mot de l’ancien français quoi qu’il ait des congénères dans d’autres langues germaniques.

    Mais je m’étonne qu’on ne mentionne pas une parenté possible avec l’anglais board ‘planche’, étant donné qu’en anglais le son [o] correspond souvent au germanique reconstruit *a. Si la racine bard- venait d’un mot germanique, par exemple de la langue des Francs, elle aurait conservé son *a en français moderne. Le fait que le mot ne soit pas attesté en ancien français peut simplement signifier que c’est un mot régional: je crois que la majorité des Français ne connaît ce mot que par la chanson « Le vieux chalet » (… murs blancs, toit de bardeaux, devant la porte un vieux bouleau…), sans savoir exactement ce que sont les bardeaux, ou même le chalet, qui était à l’origine une maison d’été construite en altitude, au dessus d’un village, pour héberger les personnes qui y passaient l’été à récolter les foins et à s’occuper des troupeaux qui paissaient en altitude, dans la forêt ou bien au dessus de la limite des arbres.

  2. Je peux témoigner que bardeaux et bardage sont d’usage parfaitement courant en Belgique.

    Par esprit d’escalier, j’aimerais bien avoir l’avis des constructeurs et autres architectes qui hantent ce blog sur un mot (proche, mais sans rapport) qui m’a intrigué en Bretagne : baraudage, pour désigner les barreaux de bois qui s’intercalent entre des piliers de pierre pour former le périmètre d’une propriété.
    Vous connaissez ce mot ?

  3. Aquinze, comme la Belgique est en partie de langue germanique, ça ne m’étonnerait pas du tout qu’un mot d’origine germanique y soit plus répandu que dans d’autres régions francophones (surtout celles où l’on n’utilise pas cette technique de toiture). Vous est-il possible de consulter un dictionnaire étymologique centré sur la Belgique?

  4. Est-ce vraiment spécifiquement créole comme extension de sens et serait-ce inconnu en français de France ? Je crains que non. En Lorraine, on réalisait également depuis longtemps des bardages en carreaux d’ardoise (c’est une particularité architecturale locale) et non plus de bois. Cela se trouve dans les cités ouvrières du textile, pas trop dans les fermes qui sont restées fidèles au bois. Le bardage lorrain est d’ailleurs singulier, il est toujours orienté au Nord pour les fermes (côté entrée du fenil) et il est biface dans le sens de la largeur totalement aveugle pour les maisons ouvrières. En revanche, en Argonne (une contrée un peu lorraine, un peu champignacienne et fort étrange), il peut se placer de tous les côtés et parfois seulement devant, à l’Ouest. Les volets et portes se confondent alors quelquefois avec le bardage fait du même bois. C »est un petit peu dérangeant…

  5. Le Dictionnaire historique de la langue française (Le Robert) explique :
    bardeau («mince planche employée pour couvrir les toits»), attesté dés 1358
    1/ l’origine d’après barde (1220,d’après l’arabe barda’a), « couverture d’âne faite de laine grossière », puis « selle de toile rembourrée» suppose un sens impliquant une idée de minceur et d’étroitesse, ce qui reste hypothétique;
    2/ l’origine d’après un étymon germanique représenté en moyen néerlandais par bert, bart, « planche, panneau, plaque de bois» est improbable car la forme française correspondante bard n’est pas attestée. Les seuls représentants de cette forme sont gallo-romans, principalement provençaux, et n’ont jamais eu ce sens de «planche de bois», mais celui de « limon, boue » ou de « dalle à paver » (d’où le verbe barder)
    3/ un étymon ancien norrois bardi, désignant un navire, ne pourrait convenir que pour un « train de bois flotté », mais est attesté trop tardivement.

    Bref, l’origine du mot est effectivement obscure.

  6. Aquinze, vous êtes sûr que ça s’écrit « baraudage » et pas barreaudage ?

  7. Les fines gueules savent sûrement que « barder  » consiste, en cuisine, à entourer d’une fine tranche
    de lard gras frais, mais aussi salé ou fumé , une pièce de viande ou une volaille.

  8. Nous avons le mot fém. « barda » d’après l’arabe, comme Leveto a dit, et avec une de ses significations pareille, mais aussi le même mot, d’origine obscure, pour la couverture (faite de sarments, de paille, etc.) des murs des cours de ferme, etc. Dans le « Quichotte », Sancho Panza est berné par-dessus la «barda».
    Pour les bardeaux d’ardoise, chez nous on dit «placa» (tiré de votre plaque), «teja» (tuile) ou «losa» (dalle) et son dim. «loseta», et on ajoute «de pizarra» (d’ardoise) pour les distinguer d’autres matériaux.

    P.S.
    >Zerbinette, Aquinze
    Merci. Aujourd’hui… a votre santé !

  9. Aquinze, Dominique, il ne s’agit pas d’un mauricianisme ici. J’ai seulement eu envie de montrer le type de couverture en usage sur les plus vieux bâtiments mauriciens, de l’Hôtel du Gouvernement au château du Réduit (ancienne résidence des gouverneurs français puis anglais, aujourd’hui résidence du président). Cela peut prêter à confusion, je le reconnais, de mélanger les posts traitant des mauricianismes et les autres, au sujet plus aléatoire. Mais à terme ce qui servira de référence est la liste, dont chaque entrée doit en principe renvoyer à un billet spécifique.

    Marie-Lucie : Ces bardeaux sont petits, au contraire des bardeaux alpins, faits de planches de pin qui se chevauchent sur environ 50 cm.

    En anglais il existe deux mots distincts pour parler de ce qui est appelé bardeaux en français : shingles pour les bardeaux « normaux », ceux qui sont relativement raffinés, et shakes pour les bardeaux plus grossiers, ces derniers n’étant en général sciés que d’un seul côté, l’autre étant fendu.

    On peut en effet songer à faire un parallèle avec le « board » anglais (cf. le mot « boarding » utilisé dans le billet), lequel pourrait renvoyer aux bordés français (planches utilisées pour fermer la coque d’un bateau), le mot anglais board étant d’ailleurs d’un usage assez fréquent dans la marine, par exemple dans les expressions « on board a ship » ou « star board ».

  10. Leveto, j’ai bien trouvé les renseignements que vous citez, avant d’écrire mon commentaire ci-dessus. L’existence d’un mot arabe « barda’a » voulant dire « selle » n’a évidemment rien à voir avec les bardeaux ou bardages couvrant les maisons (mots attestés dans le nord-est de la France et en Belgique, aux confins de la zone germanique), mais je crois que le fait qu’il y ait un mot néerlandais (c’est-à-dire germanique) avec un sens voisin devrait compter pour quelque chose, au moins comme hypothèse, même si on ne peut pas prouver l’existence d’un mot voisin en vieux-français (la tradition écrite n’étant pas assez considérable à l’époque pour recenser tous les mots du vocabulaire). Il se peut aussi que les deux sens de barda

    _______________

    Marie-Lucie, il semblerait que la fin de votre commentaire se soit perdu en chemin. Vous l’avez toujours sous la main ? — Siganus.

  11. Empr. à l’ar. barda’a « bât » rembourré pour un âne ou une mule, « couverture placée sur le dos de la bête » (Devic, Dict. étymol. des mots d’orig. orientale, s.v. barde; Lok., s.v. barda’a); usage répandu par les soldats fr. ayant servi en Afrique

    cela a donné aussi :
    le barda paquetage du soldat
    et la barde armure qui protégeait le cheval de combat.

  12. (pardon, je croyais avoir tout perdu, et j’ai renoncé à recommencer tout de suite – je continue, en effaçant d’abord ma dernière phrase, inachevée:)

    Le mot espagnol barda, qui désigne aussi un matériau de construction, appartient sûrement à la même famille, et l’espagnol comme le français et l’italien contient des mots d’origine germanique (datant de l’époque où les Vandales sont passés en Espagne, les Francs en France, et les Lombards en Lombardie). Je crois donc que l’hypothèse d’une origine germanique est la plus plausible, bien qu’elle ne soit pas entièrement prouvable dans l’état actuel des connaissances.

    Jésus: en français on ne peut pas dire « des bardeaux d’ardoise », seulement « des ardoises ». Le mot espagnol « losa » a sans doute la même origine que le français (d’origine occitane) lauze (mot féminin) qui désigne des espèces d’ardoises grossières, de couleur claire, employées dans le midi de la France et aussi en Italie du Nord (au moins c’est là que j’en ai vu, ainsi qu’au chapitre lauze de wikipedia.fr).

    Siganus: shakes and shingles: je regrette de ne pas connaître les équivalents en français, mais au Canada on emploie les shingles pour les maisons de ville et les shakes plutôt à la campagne ou pour des constructions plus rudimentaires, par exemple pour une maisonnette de jardin. J’ai moi-même fabriqué une grande quantité de shakes, il y a des années de cela, avec un outil qu’on appelle en anglais « froe ». Ce n’est pas difficile à faire avec du bois de « cèdre » canadien (Thuja, un arbre de la côte du Pacifique) dont le grain se fend très facilement, et qui dure longtemps parce que les insectes ne l’aiment pas.

  13. Zerbinette, le mot arabe barda est bien mentionné comme source possible, mais à mon avis avec un sens beaucoup trop différent pour être à l’origine des mots néerlandais, français et espagnol désignant le matériau. Il s’agit sûrement d’une ressemblance fortuite.

  14. c’est en lisant les précédents billets sur une étymologie arabe que j’ai soudain pensé au mot
    « bardache » et vérifié son origine arabe.
    (même s’il n’a peut-être rien « à voir « d’autre avec le
    « Empr. à l’ar. barda’a » de zerbinette que « l’orient »!

  15. Marie-Lucie : J’ai moi-même fabriqué une grande quantité de shakes, il y a des années de cela, avec un outil qu’on appelle en anglais “froe”.

    Pincez-moi ! Vous avez été bardeautière Marie-Lucie ? Après le dressage des lions de cirque, voilà une facette — si je puis dire — de votre personne qu’on ne soupçonnait pas.

    A la Réunion il existait une industrie du bardeau assez florissante, surtout dans le cirque de Salazie, le bois le plus réputé pour cela étant le « tamarin des hauts », une espèce endémique poussant en altitude. (Des arbres splendides au tronc et aux branches pouvant faire songer un peu à ceux des veloutiers, en beaucoup plus grand.)

    Dominique : il [le bardage lorrain] est biface dans le sens de la largeur totalement aveugle pour les maisons ouvrières

    Qu’est-ce à dire, qu’il est « biface dans le sens de la largeur » ? Vous auriez une photo ou un dessin illustrant cela ?

    Jesús : Dans le « Quichotte », Sancho Panza est berné par-dessus la «barda».

    Que signifie dans ce cas « par-dessus la barda » ? Par dessus le toit ?

    Dans la collection de mauricianismes (voir en haut de page) on peut trouver le mot « gamasse », signifiant, dans certaines acceptions, « toiture annexe », « toiture en appentis ». Le mot vient d’une déformation de l’argamasse (« la gamasse » sonne presque comme « l’argamasse”), qui autrefois était un mélange de chaux, de brique pilée et de blanc d’œuf dont on recouvrait les toits. Le mot argamasse quant à lui vient du portugais argamassa, mortier. (On retrouve ce terme, argamasse, en Afrique de l’ouest francophone.) La Gazette de Maurice, dans un numéro de l’année 1818, propose la location d’un « magasin en pierres et argamasse, sis rue des Pucelles ». (Voir ici, surligné en jaune, en bas de page. Page sur laquelle on voit des choses qui, aujourd’hui, laissent rêveur. Parfois l’humour semble involontaire, e.g. « A LOUER. — Un noir cuisinier et blanchisseur ».)

    Aquinze, pour moi le mot « barreaudage » évoquerait avant tout l’ensemble des barreaux que l’on aurait dans une balustrade en bois, montants principaux et lisses supérieure et inférieure mis à part. (Il s’agirait de la partie faisant office de remplissage.) Mais c’est peut-être très personnel comme interprétation. D’ailleurs je ne sais pas bien si je dirais plus « barreaudage » que « barreautage ».

  16. Marie-Lucie, ce que je retiens surtout de la source barda’a, c’est le sens de couverture.

    Sig, le mot employé chez les professionnel du barreau (non pas ceux-là !) est barreaudage.

  17. Zerbinette, voyez l’entrée « barreaux » dans la liste de mauricianismes…

  18. Oui, Sig, justement je ne vois pas bien le « mauricianisme » de ces barreaux-là ? Genre fenêtres à l’espagnole ? Il me semble que je dirais la même chose ! Vous n’auriez pas une photo ?

  19. par ailleurs, l’onomastique confirme une forme arabe : ainsi des patronymes
    « BARDA ou BARDAA ou BERDA ou BERDAH ou BERDAA : provient d’un nom de métier en arabe : bâtier (fabricant de bât : pièce en bois placé sur le dos des ânes pour le transport des fardeaux). Il peut aussi provenir d’un nom de lieu : Henchir el Berdaa, résidence des Ettlafsia près de Souk-el-Arba en tunisie. »
    ici est mentionné un lieu tunisien mais , il y en a en Algérie et ceci n’était qu’à titre indicatif !

  20. >Siganus K.
    Par exemple ici: «…Probó a subir desde el caballo a las bardas…» (…Il essaya de grimper de son cheval sur le mur…) (chap. I, 17) C’est lorsque les neuf gaillards voltigent Sancho dans la basse-cour:

    http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre11135.html#page_159

    Aussi, dans le chap. (II, 8) : « -¿Bardas de corral se te antojaron aquéllas, Sancho… » (-Des murs de basse-cour, dis-tu, Sancho!…)
    « Barda » n’est seulement la couverture des murs mais aussi le mur d’une cour ou d’une autre propriété. C’est un mot que j’ai appris dans ce livre.

  21. Je n’ai pas de photos personnelles à vous proposer (ces maisons sont assez tristes d’aspect), mais représentez vous une maison avec un bardage d’ardoise sur deux côtés seulement, les plus étroits. Ces deux côtés ne possèdent aucune ouverture comme des portes ou fenêtres lesquelles sont toutes dans le sens de la longueur. Le bardage est un peu absurde dans ces maisons, parce qu’il se trouve juste face aux maisons qui les jouxtent et donc les protègent du vent et de la pluie : les villages lorrains sont des villages-rues. Mais la tradition lorraine était de placer le bardage de bois dans la largeur et pas ailleurs.

  22. >Siganus K.
    La référence du chapitre II, 8 a changé dans mon com par un œuf sur le plat. Je n’en avais vu jamais.

  23. >Et si 7
    En espagnol, il y a aussi un mot avec la même origine que bardache dont j’ai déjà parlé quelques fois sur un autre blog ; il s’agit de «bardaje» dont la signification est : sodomite patient. C’est un mot très curieux pour moi parce que, malgré sa signification, il me fait penser à la précision de la langue : il y a presque un mot pour définir chaque chose ! Pourtant, pour l’agent précisément non.
    C’est évident, à mon avis (le dico ne dit rien à ce sujet), qu’il a aussi une connotation péjorative parce que, dans le langage sexiste, la passivité est un peu plus négative.
    D’ailleurs, et par rapport à sa signification originale, il me fait penser aussi à l’abus (et c’est le cas de le dire) de l’esclavage.

  24. justement je ne vois pas bien le “mauricianisme” de ces barreaux-là

    Zerbinette, c’est mon beau-frère qui m’avait donné ce mauricianisme-là. Je ne pouvais pas ne pas le mettre dans la liste ! Mais je vois que Robillard, pour sa part, a plutôt le mot antivols dans son inventaire : « Barreaux, grilles de protection contre le cambriolage, fixés aux ouvertures d’un bâtiment. A louer, centre de Rose-Hill, 2 appartements avec vinyl et antivol. (Express, petites annonces). » En effet, barreaux, antivols, kif-kif bourrique. (Mais il a un renvoi vers une entrée « barreaux » qui semble avoir été oubliée.) Et, ce qui fera peut-être sourire Aquinze, il a un article pour barreaudage (« Ensemble de barreaux servant de dispositif de protection des ouvertures d’un bâtiment. Il faut refaire tout le barreaudage de la maison, pour remettre des “barreaux” plus solides. » [on remarquera les guillemets à "barreaux”]) et une autre pour barreauder (« Action de poser des “barreaux”, un “barreaudage”. C’est pas très beau, mais je vais être obligé de barreauder la maison.”). Pour les barreaux mauriciens, vous avez deux photos là : http://mauricianismes.wordpress.com/2009/11/21/antivols/ (en sus de ceux qu’on peut voir sur la dernière photo de la note).

    Dominique : représentez vous une maison avec un bardage d’ardoise sur deux côtés seulement, les plus étroits

    Sur les pignons, lesquels sont aveugles ? Dans ce cas il ne faut pas que la maison soit trop large, car un certain nombre de pièces n’auraient aucune ouverture dans ce cas.

    Mais les bardeaux (en bois) se rencontrent-ils dans toute la France ? J’ai l’impression qu’on les trouve au nord-est et en Belgique, mais ailleurs ? Dans les Alpes peut-être ?

    Jesus : C’est un mot [barda = mur] que j’ai appris dans ce livre.

    Merci. Et moi, grâce à vous, j’ai appris un sens nouveau pour le verbe berner : « A.− Vx, rare. Molester quelqu’un en le faisant sauter sur une couverture (berne) que secouent plusieurs personnes » (TLF), lequel renvoie à la berne, « brimade consistant à mettre quelqu’un dans une couverture et à le faire sauter en l’air. » (Dans tout cela on retrouve le bren, « son », mais ceci est une autre histoire.)

  25. Je ne dirais pas dans tout le Nord-Est, il y en a peu en Alsace sauf en zone de montagne élevée de culture plus lorraine, cela ne se trouve presque pas en Champagne sauf dans l’Argonne, et on n’en voit plus vers le Sud à partir de la Comté, sauf dans la zone de transition de la Haute-Saône, la Vôge. Cela me semble suivre le chemin de la tuile romaine qui occupe exactement le même espace alors qu’on la déclare absente du nord de la France.

  26. C’est à se demander comment se conservent les bardeaux dans les endroits froids et possiblement humides. La couverture d’un bâtiment étant l’endroit le plus exposé, le bois travaille beaucoup et connait de fortes variations d’hygrométrie, ce qui lui est généralement fatal. Les bardeaux auraient finalement été mieux adaptés aux régions méditerranéennes.

  27. Les bardeaux auraient finalement été mieux adaptés aux régions méditerranéennes.

    Que nenni !

    « Ancêtres de la tuile, les bardeaux et tavaillons désignent ces écailles de bois aux reflets argentés recouvrant toitures et façades d’habitations et monuments historiques (châteaux, abbayes, …). On les trouve dans toutes les régions du globe de tradition forestière… jusqu’en Patagonie !….. Selon l’essence utilisée, les tuiles de bois ont une durée de vie variant de 30 à …120 ans ! ….A noter : Aux premiers signes de fatigue, les anciens avaient pour habitude de retourner les tuiles de bois qui offraient alors ½ siècle supplémentaire de bons et loyaux services !»

    Il y aura bientôt des tuiles en bois partout :

    http://www.travaux.com/dossier/toiture/104/La-toiture-en-bois-:-une-option-qu-il-convient-de-(re)considerer.html

  28. >Marie-lucie
    «…en français on ne peut pas dire “des bardeaux d’ardoise”, seulement “des ardoises.» Oui, je me suis trompé pour la couleur ; j’avais pensé que ces toits étaient en ardoise. À propos de ce matériel, nous appelons aussi le tableau noir comme «pizarra». Lorsque j’étais un enfant à l’école (5 ans) j’avais un petit tableau noir encadré en bois pour écrire et même le crayon d’ardoise (de couleur gris, pas le plâtre blanc) s’appelait «pizarrín».
    Sur le mot « losa », notre dico dit qu’il est tiré du celtolatin «lausia».

  29. >siganus
    e faisant sauter sur une couverture (berne) que secouent plusieurs personnes” (TLF), lequel renvoie à la berne, “brimade consistant à mettre quelqu’un dans une couverture et à le faire sauter en l’air.”
    Lorsque j’ai lu cela ,j’ai aussitôt pensé à des images d’un rituel que j’avais vues sur le monde et que j’ai retrouvées pour ce billet.

    http://www.last-video.com/inde-rituel-religieux-lancer-de-bebe

    mais cela requiert des recherches très précises sur les pratiques rituelles et chaque fois les mots

  30. Marie-Lucie: The o in English board, as the spelling indicates, is not Middle English [o] but [ɔ], and so descends from Old English [o] rather than [a]. The situation is far more complicated than that!

    Here’s the OED’s etymology for board, which shows that the word has passed back and forth between Germanic and Romance repeatedly. I apologize for the messiness of this, but it’s too hard to fix up, and copying and pasting from the OED just leaves out unusual characters and typography.

    [A word or agglomeration of words of complicated history, representing two originally distinct ns., already blended in OE., and subsequently reinforced in ME. by French uses of one of them, and possibly by Scandinavian uses of one or both.

    (1) OE. had bord1 neut. ‘board, plank, shield, ? table’, a Common Teut. str. neut. n., = OFris. and OS. bord (MDu. bort, -de, Du. boord ‘board’, bord ‘shelf, plate, trencher’), MHG. and mod.G. bort ‘board’, Goth. baurd in fotubaurd ‘foot-stool’, ON. borð ‘board, plank, table, maintenance at table’ (Sw. and Da. bord table):OTeut. *bord-o(m, repr. an Aryan *bhr.dhom, Skr. *br.dham: see BRED n.

    (2) OE. had bord2 ‘border, rim, side, ship's side’, esp. in phrases innan, utan bordes, also a Common Teut. n., orig. str. masc. but often also (by confusion with bord1) neuter: cf. OS. bord masc. (? neut.), MDu. bort, boort -de, Du. boord masc., ‘border, edge, ship's side’, OHG., MHG. bort masc., mod.G. bord masc. (and neut.) ‘margin, border, ship-board’, ON. borð neut. ‘margin, shore, ship-board’ (Sw., Da. bord ‘ship-board’):OTeut. *bord-oz side, border, rim.

    (3) Relationship between these two words is uncertain: Franck suggests that bord2 is a ppl. form from vbl. root ber- to raise, representing an Aryan *bhr.tós ‘raised, made projecting’. But the two were associated and confused at an early date: in most of the Teutonic langs., some of the senses of the masc. word, in ON. and perh. in OE. all of them, have gone over to the neuter. It is certain that the sense ‘side or board of a ship’ belongs to bord2; so prob. did that of ‘shield’, the original sense being ‘rim, limb, or border of the shield’; the sense ‘table’ is doubtful.

    (4) The WGer. bord2 masc. ‘border, edge, coast, side, ship's side’ was adopted in Romanic, giving med.L. bordus, It., Sp., Pg. bordo, F. bord. In the ME. period, and subsequently, the French use of the word has in return greatly influenced the Eng., so that certain modern uses and phrases of board are really from French. It is also possible that the development in ME. was in some points (see branch II.) due to Scandinavian uses.]

    Siganus: the star- in starboard was originally steer; the right side being the one on which the steering paddle was placed. Port is a 19th-century innovation, as the original word larboard was considered too likely to be confused with it. Larboard had replaced the original English term backboard, borrowed into French as bâbord.. And so it goes round and round.

  31. Et si 7, moi ça m’aurait plutôt fait penser à ce prélart*-là : http://www.leportaildelabd.com/images/albums/luckylukec33.jpg

    * toile cirée, bâche, dont on recouvre les toits en bardeaux quand ils ne sont plus très étanches, après un cyclone par exemple

  32. John, it looks a bit complicated indeed (especially with all these abbreviations). Etymonline.com doesn’t go into that level of details and it traces its origin back to the (reconstructed) proto-Indo-European word *bhrdho-, which is supposed to have the same meaning as « board ».

    Zerbinette : Selon l’essence utilisée, les tuiles de bois ont une durée de vie variant de 30 à… 120 ans !

    C’est possible. Les bardeaux en tamarin des hauts mentionnés plus haut ont/avaient une grande longévité. Aujourd’hui il arrive qu’on utilise du « ironwood » pour les bardeaux. Mais on ne peut pas toujours retourner les bardeaux, car souvent avec le temps ils se vrillent et/ou se fendent. Mais on peut certainement en recycler une partie. Le problème avec les endroits très humides est que le bois reste en permanence avec une fort hygrométrie et tend à se ramollir, si ce n’est de se couvrir de mousse.

    Votre page m’a aussi fait découvrir un mot que je n’avais encore jamais rencontré : bardelier (poseur de bardeaux). Je ne connaissais jusqu’alors que le mot bardeautier (celui qui fabrique les bardeaux).

    Jesús : Lorsque j’étais un enfant à l’école (5 ans) j’avais un petit tableau noir encadré en bois pour écrire et même le crayon d’ardoise (de couleur gris, pas le plâtre blanc) s’appelait «pizarrín».

    C’est exactement ce que nous avions nous aussi. Des ardoises qui venaient — qui viennent toujours — de cette région du monde qu’on appelle « péninsule ibérique » (voir photo là http://mauricianismes.wordpress.com/files/2009/11/lardwaz.jpg ). Ce que vous appeliez pizarrín, nous l’appelions crayon l’ardoise, ce qui permettait de le différencier du crayon papier.

  33. Allo,

    Quid des ass(i)ettes* à bardeaux ?!

    Nos fins palais eussent été fort surpris d’apprendre que cette couverture ne ferait pas long feu…

    * assette ou asseau : Marteau de couvreur dont la tête est munie à l’une de ses extrémités d’un tranchant, utilisé pour couper les lattes, les ardoises.
    [cf. PL]

  34. >Siganus K.
    Oh quel souvenir ! Je les ai vus après dans aucun musée ethnographique. Il y avait quelques enfants qui perdaient le temps emboîtant le cadre décollé mais, tout de suite, le plastique est arrivé.

  35. dans un poème d’Aragon appris au lycée, le vers
    « tuiles saignantes ardoises grises  »
    était pour moi une promesse !

  36. évidemment, je persiste à croire au hasard , mais ..quand même ,comme je vous en laisse tous juges
    puisque je lis un essai traduit de l’anglais ,plutôt sociologique,, sur notre temps et « l’homme » et voilà qu’aux dernières pages, je li que « Thoreau donna à ses lecteurs le détail de ce que lui avait coûté la construction de sa cabane :
    planches 8$
    BARDEAUX USAGES pour toit et côtés …4$

    il n’y a aucune raison de soupçonner le traducteur
    et ce n’est pas une chanson de cabas à cabanon !

  37. évidemment, j’ai encore laissé passer des fautes de frappe:
    pourquoi voilà ce que Thoreau annote pour les 2 barils de chaux : 2.40$ c’était beaucoup
    Crin 0.31$ plus que nécessaire

  38. Si tout a été dit sur la « gourde » , je ne sais mais elle appelle un souvenir pour le verbe très « colloquial » : esgourder dans une chanson

    http://lagoualante.over-blog.com/article-5971864.html

  39. « ainsi rapporte un anthropologue « contemporain » de son travail « sur le terrain »d’un moment où il a regardé travailler l’un des principaux protagonistes de son aventure :
    « Ainsi s’expliquait une curiosité des mins de N…, la longue courbure de leurs pouces. C’était la conséquence de nombreuses années de pression exercée par le couteau du sculpteur. Ses mains glissaient sur la surface noire de la poutre avec l’élégance d’un patineur sur glace, des copeaux de bois sinuaient entre ses doigts tandis que naissaient les spirales et les volutes des motifs géométriques. JE N’ AI JAMAIS CONNU UN MOMENT PLUS THERAPEUTIQUE »
    C’est à dessein, il est vrai que j’interromps ici la citation ; peut-être des neurobiologistes cognitivistes évoqueraient à ce propos un effet de « neurones miroir » qui n’avaient pas encore été identifiés lorque cet anthropologue rédigea cette observation de son « enquête  » « de l’autre » et…. de lui-même !

  40. p.s mes mains , qui ne sont pas sans une histoire de « exercices » et « travaux « dits manuels , et avec des mesures , et avec des couleurs – mais aussi mes yeux qui ont essayé de regarder travailler des hommes et des femmes comme N…, mais qui étaient loin de réagir comme lui, mes « mains » ont donc encore été rebelles et vous doivent des excuses pour ce « a »qui s’est dérobé à ma volonté !
    ceci n’est pas thérapeutique !

  41. Lynnliell

    Allo!

    Je suis nouvelle ici, j’ai deja deux bebes et j’espere en avoir bientot un troisieme. Je ne sais pas si vous etes comme moi, mais suite à ma premiere grossesse j’ai eu de la cellulite à quelques endroits sur mon corps. Suite à cela, j’ai fait des recherches sur internet et j’ai essaye quelques produits.

    J’ai finalement trouve quelque chose qui fonctionne!! Le nom du produit est Cellulean Je ne sais pas si vous avez de la cellulite mais c’est deplaisant et je suis tres satisfaite des resultats! Je vous en fait part, essayez le ca en vaut vraiment la peine. L’essaie est gratuit en plus :)

    Voici le lien qui mene au site du produit (c’est en anglais mais facile à comprendre)

    http://www.cellulean.com

    J’espere vraiment aider quelques unes d’entre vous ! C’EST POSSIBLE de s’en sortir..

    Laissez moi vos impressions! :)

  42. Ça va barder pour la cellulite…

    (Bon, on va laisser ce spam-là, des fois qu’AJP Crown ait besoin des “tips” de Lynn.)

  43. marie-lucie

    Pourquoi seulement AJP? Pourquoi laisser ce spam si évident?

  44. Siganus K.

    Bah, pour le fun. (Je ne veux pas présumer de ce qu’il en est pour les autres, mais AJP et la cellulite…)

    Et puis la personne qui l’a écrit a semble-t-il pris le temps de lire ce qu’il y a ici puisque, à l’instar de MiniPhasme, elle commence par un “allo !”. Mais j’ai enlevé l’adresse qu’elle avait laissée dans la signature.

  45. marie-lucie

    Je vois que j’avais manqué toute une série de commentaires.

    Dans la citation des dépenses de Thoreau (qui écrivait en anglais), « bardeaux usagés » traduit sûrement « used shingles ».

    D’autres personnes définissent les bardeaux comme « écailles de bois »: dans les Alpes ce ne sont pas des sortes d’écailles mais (comme je l’ai écrit plus haut) de longues planches.

    « Bardeaux d’ardoise » sur la face pignon des maisons: ne serait-ce pas une protection contre les risques d’incendie sur le côté qui fait face à la maison voisine?

  46. Marie Lucie: Bien vu pour « shingles »!
    la citation exacte de Thoreau ( Walden ) est la suivante:
    « refuse shingles for roof and sides »,
    traduit par L.Fabulet pour Gallimard par :
    « bardeaux de rebut pour le toit et les côtés»

  47. marie-lucie

    leveto, je vis au Canada, où la plupart des maisons sont en bois et où beaucoup sont couvertes de bardeaux (voir l’article « Shakes (shingles) » dans Wikipedia en anglais).

    La traduction que vous donnez est très bonne. Faisant au plus économique, Thoreau s’est contenté pour sa cabane de matériaux de rebut (peut-être de forme ou de taille irrégulière, ou bien recyclés).

  48. marie-lucie

    p.s. par « couvertes » je veux dire que les côtés sont recouverts de bardeaux, pas le toit (qui en général est couvert d’un matériau synthétique, plus résistant que le bois).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s