Archives mensuelles : décembre 2009

The Benny Hinn Show

Pastor Benny Hinn
Holy Spirit
Miracle crusade

Anjalay Coopen Stadium
Mapou Mauritius
Sat, July 5 at 7 PM
Sun, July 6 at 4 PM

(230) 292-8770

http://www.BennyHinn.org

Carver

33 entries for « Carver » in Mauritius Telecom’s phonebook (Allan George Michael to Sylvio) — plus one entry for « Carver Store, rue Bourbon, Port Louis ».

Grabeaux

Grabeaux.
Nom masculin, généralement pluriel.

Pierres de taille moyenne (d’un diamètre à peu près compris entre 5 et 15 cm) enlevées des champs et utilisées pour empierrer les chemins ou pour réaliser des remblais rocheux.


Tas de grabeaux constitués lors de l’épierrage d’un champ.
 
 

Remblai pierreux constitué de grabeaux, et panier traditionnel utilisé pour déplacer de la terre, du sable, des roches ou des matériaux de construction.
 
 
« Alors que le camion à bord duquel il travaillait, déversait des ‘grabeaux’ là où sera aménagée la nouvelle gare routière de Centre de Flacq, Sanjay Golap, un aide-chauffeur de 33 ans habitant Nouvelle-France, a été électrocuté après que le caisson du camion eut touché une ligne de haute tension. » (5-Plus Dimanche, 26 janvier 2003.)

« Quant à Balchand il se souvient encore de cette voiture qui a chaviré sur les «grabeaux» avant de renverser dans un champs de canne qui se trouve à proximité. » (L’Express, 28 février 2008.)

Le mot grabeau figure dans le dictionnaire de Littré, mais avant tout en tant que terme de pharmacie :

GRABEAU
(gra-bô) s. m.
1° Terme de pharmacie. Morceau rompu des drogues ; les plus petits fragments des substances ; ceux dont on ne peut tirer parti. Il y avait dans cette fourniture une grande quantité de grabeaux. Grabeaux de girofles rompus, le cent pesant 100 livres, Décl. du roi, nov. 1640, tarif.
Particules ligneuses trouvées en mondant le séné avec soin ; douées aussi de propriétés purgatives, elles sont employées pour faire le miel de mercuriale composé et d’autres préparations officinales.
2° À Genève, scrutin. Les membres du conseil d’État qui ne sont point sujets au grabeau, n’y assisteront pas, Constitution de 1814, HUMBERT.

Dans le Trésor de la langue française on trouve une occurrence du mot grabeau, en remarque de l’entrée grabeler, verbe transitif : « Grabeau, substantif masculin. Fragment d’une substance qui reste après être passée au crible. »

Cette dernière définition pourrait avoir quelque rapport avec les grabeaux mauriciens si on considère que ceux-ci sont le reliquat d’un criblage destiné à séparer la (bonne) terre des fragments rocheux contenus dans le sol. En admettant qu’autrefois une telle opération ait pu avoir été effectuée à la main, on peut imaginer que des personnes un tant soit peu accoutumées au criblage des poudres pharmaceutiques aient adapté le terme au tamisage du sol, lorsque pour ainsi dire on « grabelait » ce dernier. (Dans ce sens on trouve ceci dans le supplément au Littré : « M. Devic, Diction. étym., remarque que le bas-lat. garbellare, passer au crible, l’esp. garbillar, cribler, garbillo, crible, se rattachent facilement à grabeau, puisque grabeau représente des choses criblées.”) Toutefois, l’hypothèse de grabeau-pierre en tant que dérivé d’un criblage pharmaceutique me semblerait un peu tirée par les cheveux. Il serait plus satisfaisant de faire dériver et le grabeau pharmaceutique et le grabeau rocheux d’un ancêtre commun plutôt que le second du premier.

Le Dictionnaire étymologique des créoles de l’Océan Indien (Première partie – Mots d’origine française) pourrait donner une indication précieuse sur l’origine du mot mauricien, mais l’entrée grabeau se trouve malheureusement dans un volume qui ne semble pas pouvoir être consulté par le commun des mortels n’ayant accès qu’à Google Books. On retrouve le mot dans une expression rodriguaise, « banc grabeau » — sans doute une sorte de banquette faite de grabeaux empilés les uns sur les autres —, mais elle se trouve à l’entrée banc, située dans la partie A-D, et renvoie à l’entrée grabeau, située dans la ou les parties suivantes, lesquelles ne paraissent pas pouvoir être lues en ligne. Peut-être qu’une âme charitable, évoluant par exemple en milieu universitaire et ayant accès à un fonds étendu, pourrait éclairer ma lanterne à ce sujet…

A Aldabra, atoll rattaché aux Seychelles — elles-mêmes rattachées à Maurice jusqu’au début du XXe siècle —, on trouve une Anse Grabeau ainsi qu’une passe Grabeau (à l’extrémité occidentale du lagon). Mais ce toponyme pourrait aussi bien être dû au nom d’une personne qu’au nom d’une chose, car il a existé et il existe encore des gens portant le nom de Grabeau. De nos jours les Grabeau ont l’air de se rencontrer surtout sur le continent américain, et la personne la plus connue ayant porté ce nom semble être un chanteur américain appelé Bob Grabeau. Cependant, dans le cas où les lieux-dits d’Aldabra ne sont pas dus au nom d’une personne, on aurait un peu de mal à comprendre le lien qui pourrait exister entre le grabeau au sens mauricien contemporain (une pierre de taille moyenne) et l’anse ou la passe d’un atoll corallien.

Jacquouilles

Frères* Jacques,
Frères Jacques,
Dormez-vous,
Dormez-vous,
Sonnez les matines,
Sonnez les matines,
Ding, dong, bell**,
Ding, dong, bell.

* avec un -s puisqu’ils sont au moins deux — n’y a-t-il d’ailleurs pas un -s final à « Jacques » ?
** oui, oui, il s’agit là d’un mauricianisme supplémentaire — d’origine inconnue

Morcellement

Morcellement.
Nom masculin.

Lotissement.

[Petit Robert (2006) : Lotissement 1. Division d’un terrain en parcelles. 2. (1919) Terrain loti ; chacune des parcelles de ce terrain. Habiter dans un lotissement pavillonnaire.
Wikipédia : “Par métonymie, on parle de lotissement pour définir les quartiers ainsi formés, qui sont souvent caractérisés par une monoactivité, ce qui tend à les distinguer de la mixité d’usage d’une ville ou d’un quartier traditionnel.”]

« On dirait qu’à Maurice il existe une espèce de yen pour faire des morcellements ! Ça pousse mieux que des champignons, et certains sont aussi vilains que la gale dhobi.

« Du morcellement Carlos à celui de Diocèse en passant par la route royale, Rivière-Noire n’a pas échappé aux dégâts causés par les pluies diluviennes. » (Week-End daté du dimanche 6 mars 2005.)

« ‘Quand j’ai acheté mon terrain, j’ai choisi le morcellement Jhuboo par rapport à la tranquillité qui y règne, et le peu de circulation’, indique un habitant. Aujourd’hui, déplore-t-il, ce projet de déviation brisera la tranquillité des habitants et créera un désordre, outre les risques de vols dans le morcellement. » (Week-End du dimanche 8 juillet 2007.)

Dans le nom on retrouve bien sûr la notion de morceler (des terres), que ce soit le fait de les partager en terrains plus petits ou le résultat de cette action. Mais la particularité mauricienne, par rapport au français standard, est d’appeler « morcellement » le lieu ainsi créé, nom qui en général lui reste longtemps après que le morcellement lui-même (le fait de morceler) s’est achevé. Il en résulte souvent un toponyme comprenant le mot morcellement.

On retrouve aussi ce mot, tel quel, en anglais ; par exemple sous la plume du gouvernement : « Owners of agricultural land not exceeding one hectare will no longer need to apply for a Land Conversion Permit, provided they owned the land on 30 September 2005. They will also be exempted from the payment of any morcellement fee, land transfer tax, capital gains tax and transcription fee. » Il existe même une loi portant le nom hybride de « Morcellement Act (1990) », loi dans laquelle on donne la définition légale du morcellement : « ‘morcellement’ means the division of a plot of land into two or more lots ».

Nou rasinn

Racines de coqueluche.

Verre bouteille

Verre bouteille.
Nom masculin.

Tesson de bouteille, morceau de verre cassé.

Verre bouteille ayant séjourné dans le sol.

Verre bouteille ayant séjourné dans le sol.

— Qu’est-ce que tu as eu à ton pied ?
— Avant-hier j’ai marché sur un verre bouteille.

« S’il n’y a pas de couteau allons essayer de couper la corde avec un verre bouteille. »

L’expression “verre bouteille” ne se trouve a priori qu’une fois dans le Trésor de la langue française : « DÉR. 2. Bouteiller, verbe intrans., technol. du verre (cf. supra II C). Se remplir de bulles d’air, se goder en cours de fabrication. Le verre bouteille. » A priori ce verre bouteille serait du verre dans lequel se trouveraient des bulles d’air. Sinon, à Montréal il existe un “café-bar depuis 1942” qui s’appelle Le Verre Bouteille. Plus près de nous, à la Réunion, une sorte de gros rocher de forme biscornue, situé sur le bord du cirque de Mafate, porte le nom de Roche Verre Bouteille. « Ce rocher tire son nom de sa forme ainsi que de son apparence. En effet, vu d’assez loin il rappelle une forme de bouteille. Vu de près vous pourrez constater la présence de nombreux cristaux incrustés dans la masse du rocher. Il s’agit de cristaux d’olivine. » (Site Rando-Réunion.com.)

A Maurice certaines personnes plantent des verres bouteille (on aurait aussi pu dire « plantent du verre bouteille », encore que moins fréquemment), des morceaux de verre cassé donc — ou des tessons comme le dit Aquinze dans un commentaire ci-dessous —, sur le sommet de leur « mur d’entourage » pour empêcher aux voleurs de “sauter la muraille”. Cela a un aspect extrêmement agressif. L’esthétique aussi en pâtit sérieusement. Parfois ce genre de dispositif dissuasif se trouve le long d’une voie publique à une hauteur atteignant à peine un mètre, ce qui constitue un danger potentiel pour les passants, en particulier les enfants. On ne peut s’empêcher de se demander s’il n’existe pas une loi ou un règlement quelconque interdisant la pose de verre bouteille sur les murs, en particulier les murs bas.

Lorsque les morceaux de verre sont petits — arbitrairement disons de largeur inférieure à 1 ou 2 centimètres — on ne parlera plus de verres bouteille mais d’éclis.