Archives quotidiennes : 5 décembre 2009

Mines

Mines.
Nom masculin ou féminin pluriel.

Pâtes, spaghetti chinois.

« Allons juste cuire un paquet de mines Apollo ce soir, non ?

« Pendant ce temps, juste à côté de la poste, deux personnes dégustent des mines dans la roulotte de Rico. Ce dernier voit l’un de ses clients littéralement balancer le contenu de son assiette. « Ki arriver ? Mine là pas bon ? » demande Rico à son client. « Guette divant ! Ena dimunn pé mort ! », lui répond le client en guise de réponse. Rico, qui s’affairait avec ses mines, regarde alors dans la rue et constate qu’un homme gît en pleine rue, avec une profonde blessure au torse. »
(Week-End du dimanche 18 septembre 2005.)

Le Dictionnaire étymologique des créoles de l’océan Indien précise que le mot mine vient du « chinois mien”, du « cantonnais min”, du « hakka mièn”.

Les mines peuvent être bouilli(e)s ou frits, et en général ils sont accompagnés de légumes et de morceaux de viande. Il arrive aux gargotes vendant de la nourriture sans grande prétention, par exemple celle de Rico mentionnée dans l’extrait d’article ci-dessus, d’être appelées « l’hôtel mine ». Pour ce qui est du déminage, il est à craindre que Maurice manque cruellement d’experts en la matière et que dans l’éventualité d’une urgence des compétences soient à faire venir de l’étranger.

 

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Mise à jour du 6 décembre 2009.

Machine à faire des mines :

La pâte à mine est versée en partie supérieure de la machine avant de descendre entre une série de rouleaux qui l’aplatissent de plus en plus. Tout en bas se trouve un cylindre horizontal en cuivre comportant des cannelures sur toute sa largeur. C’est en passant par ces cannelures que la pâte est découpées en nouilles (filaments), avant de tomber dans un récipient posé sous l’appareil.

Ces nouilles sont par la suite mises à bouillir dans un grand dexi (récipient cylindrique), puis sont refroidies en étant projetées en l’air devant des ventilateurs. Il s’agit d’un mode de fabrication artisanal.

 

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Mise à jour du 8 janvier 2015.

Cartoon de POV dans L’Express du 7 janvier 2015 :

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Décapsulateur

Décapsulateur.
Nom masculin.

Décapsuleur, ouvre-bouteille, « instrument servant à ouvrir les bouteilles fermées par une capsule » (TLF).

« Tu as pas vu le décapsulateur par là ?

« Bottle Opener (decapsulateur) with the facade of the Mauritius Postal Museum as design. » (Site internet de la poste mauricienne.)

Comment le décapsuleur standard est-il devenu le décapsulateur mauricien ? Sans doute sous l’influence des nombreux mots finissant en -lateur ou en -ateur : ventilateur, régulateur, percolateur, calculateur, inhalateur, accumulateur, oscillateur*, modulateur, manipulateur, spéculateur, dissimulateur, législateur, stimulateur, simulateur, etc. Mais aussi déshumidificateur**, radiateur, perforateur, générateur, alternateur, vibrateur, ordinateur, détonateur, équateur, prédateur, aviateur, utilisateur, administrateur, etc.

Les mots, les mots un tant soit peu techniques, finissant en -leur semblent plus rares : onduleur ? haut-parleur ? trembleur ? souffleur ? étrangleur ? branleur ? brûleur ? pâleur ? valeur ? douleur ? pleur ? fleur ? Le suffixe -ateur « désigne la personne qui agit, l’acteur ou la chose qui est agent » (wiktionnaire), sens qui n’est pas systématiquement sous-entendu dans les mots finissant en -leur. (Encore que dans le cas d’équateur, un cas peut-être isolé, la « chose qui est l’agent » semble absente.) Cependant, le Trésor de la langue française informatisé donne le suffixe -eur/euse comme équivalent au suffixe -(a)teur/(a)trice (entrer « -eur » sur cette page), « suffixes formant des noms d’agents », et il ne devrait en principe pas y avoir d’ambiguïté quant à la finalité du décapsuleur.

Pour ce qui est de la capsule elle-même — qui vient du latin capsella, coffret, de capsa, boîte —, elle n’est attestée en tant que bouchon/couvercle pour bouteille que depuis le XIXe siècle (1820 selon Dauzat et al., 1864 selon le TLF) et décapsuler depuis le XXe siècle uniquement.
 
 
 
* oscillateur, mot que pour ma part j’ai tendance à prononcer « ossi-lateur » plus que « ossi-yateur » — serais-je une exception ?
** comment écrire « déshumidificateur » pour qu’on ne soit pas tenté de le prononcer comme l’adjectif « déchu » ?