Archives mensuelles : septembre 2011

Promenade Père Laval Road

Dilo li précieux

Anou pense lézot
nou servi zis séki
nu bizin parski
dilo li précieux !

Ministry of Energy
& Public Utilities
in collaboration with the
CWA
Central Water Authority

Cool box

Cool box.
Nom masculin.

Glacière.

Ici, tout s’exprime au naturel. Pas d’électricité, ni d’eau de la CWA. L’eau des rivières alimente les cultures potagères et les toilettes. Pas de réfrigérateur mais un cool box pour garder les boissons au frais.”
(Week-End, 23 janvier 2011.)

Il est conseillé de transporter les aliments congelés achetés du supermarché dans un cool bag ou une cool box.”
(Le Défi, 17 juillet 2011.)

La glacière ayant été inventée longtemps après que les Français ont quitté Maurice et la chose ayant vraisemblablement été introduite dans l’île par des anglophones, c’est le mot anglais qui a été adopté pour décrire cet objet, à l’instar des plugs, des vans, des fillings, des fencings, des jobs, des flats et autres bus stops. La Glacière existant dans l’île-sœur depuis le XIXe siècle n’y pouvait rien.

Roche à laver

Roche à laver.
Nom féminin.

Grosse pierre plate, généralement taillée, utilisée pour faire la lessive.

Maryse lève les yeux. Plusieurs hommes l’épient. Ce sont des policiers venus perquisitionner. Ils envahissent la maison, la fouillent de fond en comble puis poursuivent leurs recherches dans la cour. Sous la roche à laver se trouve une petite sacoche noire. Un des policiers ouvre la fermeture éclair et en retire un paquet emballé dans du plastique. C’est du gandia. Il y en a pour cinq kilos.”
(L’Express, 23 novembre 2003.)

Hommage aux femmes d’antan. Souvenir de la roche à laver. Réminiscence de ces femmes qui avaient aussi le temps ‘pou mont lor ros.’
(L’Express, 27 octobre 2007.)

Non loin du cadavre de la victime, les policiers affectés au poste d’Eau-Coulée, de même que ceux de la Major Crime Investigation Team (MCIT), ont retrouvé une grosse ‘pierre’ qui porte des traces de sang. Cette ‘pierre’ serait, selon les indications recueillies par Week-End, légèrement plus petite qu’une ‘roche à laver’. C’est avec cette ‘pierre’ qu’Asha Ramchurn a été cruellement achevée.”
(Week-End, 29 mars 2009.)

Ce Quatrebornais de 56 ans est dhobi depuis sa tendre enfance. Debout dans l’eau glacée de la rivière à Ébène, à proximité du pont Trianon, il frotte son linge méticuleusement sur la roche. En même temps, il lui faut faire en sorte de ne pas abîmer le vêtement sur la traditionnelle roche lavé.”
(Week-End/Scope, 19 octobre 2007.)

Elle est toujours aux fourneaux, sur la ros kari ou la ros lave.”
(L’Express, 28 août 2008.)

La Belle Kréole : un hymne aux traditions culinaires mauriciennes
Les accessoire décoratifs parlent d’eux-mêmes : marmites en fer-blanc, réchaud, ‘roche à laver’, ‘brosse coco’, vieille bicyclette…

(Guide Petit Fûté Maurice Rodrigues 2009, page 364.)

L’expression existe à la Réunion aussi :

Depuis 1906, elle habite le quartier où elle a vu le jour à Sainte-Rose, le Petit-Brûlé. Elle habite aujourd’hui là où elle est dans une authentique case créole. Plus connue sous le nom de Mme Raoult, cette centenaire continue à lessiver son linge sur la roche à laver.
(Témoignages, 18 octobre 2006.)

Chez la vieille tantine Toria, il y avait un grand carré de ‘bâtons de jour de l’an’, qu’on nommait aussi ‘boules de bleu’ et quand les fleurs commençaient à flétrir on récupérait leurs tiges. Sur la roche à laver et après avoir fendu chacune en quatre, il fallait la débarrasser de sa ‘mie’.”
(Le blog de Monique Mérabet, juillet 2011.)

Et peut-être même en Guadeloupe :

Et pour finir nous avons fait une lessive sur la «roche à laver» de nos grand-mères.”
(Journal d’une école maternelle de Basse-Terre, avril-mai 2007.)

L’expression dérive du mot roche employé pour parler d’une pierre, et au sens plus large de tout morceau de matière pétrée, qu’il ait un diamètre de quelques millimètres ou de plusieurs dizaines de mètres (cf. le billet sur les meules de roches). Les roches que l’on utilise pour un usage particulier reçoivent ainsi un nom particulier (cf. la roche [à] cari).

Montré kréol dan lékol

Deven T., Week-End, 29 mai 2011 (cliquable) :

— Bonzour ban zanfan !
— Bonzour Missié.
— Bonjour Monsieur !
— E ou la ? Ou koz fransé dan mo klas ?? Kot ou krwar ou été ??? Dan ou lakaz ??

 

Ķ

 

Le PM : “La langue créole rassemble tout le monde” – Ashwin Kanhye, Le Matinal, 13 septembre 2011.
“On donne à la langue créole sa dignité… En effet, les élèves des écoles primaires auront le droit d’apprendre le créole mauricien en 2012.
(…)
La langue créole est le premier instrument qui rassemble tout le monde. Il est important de conscientiser nos enfants afin qu’ils reconnaissent que cette langue rassemble toutes les communautés. Un pays fait des progrès grâce à des efforts. “La deuxième édition du dictionnaire est le fruit de notre persévérance.” C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre Navin Ramgoolam, lundi, au lancement de la deuxième édition du Diksioner Morisien à l’auditorium Octave Wiehe, à Réduit.
Navin Ramgoolam a fait l’historique de notre langue maternelle et a souligné que la langue créole est née avec une histoire. “Elle est née avec l’histoire de l’esclavage dans les colonies et fait partie d’un processus. Cette langue a commencé à émerger dans la première moitié du 17e siècle [sic] face à des atrocités de l’esclavage. Elle était devenue comme une preuve de résistance contre les exploitations. Elle a commencé à prendre sa source par un instinct de survie parmi les esclaves qui avaient été déportés principalement d’Afrique. Sa racine existe un peu partout en Afrique. Récemment, la langue créole était comme un dialecte qui empêchait les enfants d’apprendre le français. Il y avait cette perception”, a-t-il souligné.”

Le kreol à l’école – Dhanjay Jhurry, L’Express, 7 septembre 2010.
“D’emblée, j’aimerais dire que je suis contre l’introduction du créole à l’école comme véhicule d’enseignement mais je n’ai pas le moindre problème quant à son introduction comme une langue optionnelle au même titre que les autres langues ancestrales qui sont enseignées.”

Créole à l’école : les jeunes s’adressent aux sceptiques – Un groupe d’élèves du Bocage International School (LBIS), L’Express, 3 mars 2004.
“Rejeter le créole comme pas assez convenable pour être enseigné [à l’] école c’est faire de la discrimination à l’égard de toute une population qui parle le créole. Par contre enseigner le créole à l’école peut aider à combattre ce sentiment de honte que certains enfants et même adultes ressentent parce qu’ils ne parlent que le créole ; langue encore considérée par certains comme grossière ou vulgaire.”

Le kreol morisien sur les bancs de l’école dès janvier 2012 – Bhavna Fulena, Le Matinal, 31 mars 2010.
“Entre-temps, le ministère prend des dispositions pour recruter suffisamment d’enseignants qui suivront des cours spécialisés en kreol morisien. C’est le Mauritius Institute of Education qui se chargera de la formation des enseignants.”

KREOL À L’ÉCOLE : Une centaine de jeunes au secours du ministère – Le Mauricien, 18 juillet 2011
“Pendant ces cinq derniers mois le ministère de l’Éducation a essayé en vain de convaincre les enseignants (General Purpose) en poste depuis plusieurs années d’être les premiers profs du kreol morisien en attendant le recrutement des enseignants à plein temps pour cette matière par la Public Service Commission comme c’est le cas pour les langues orientales.”

Non au créole à l’école – mauritius-newspaper.com, 31 janvier 2010.
“C’est le cri d’une quinzaine d’associations socioculturelles réunies au Hindu Maha Sabha, vendredi. Le Hindu Common Front juge que le créole doit rester comme il est aujourd’hui. C’est à dire comme une langue de support et non comme matière.”

Kreol à l’école : «Un manque d’information avant l’introduction», estiment des pédagogues – L’Express, 23 mai 2011.
“«Quand on réalise que la demande est de 42% dans les écoles catholiques contre 10% dans les écoles du gouvernement. C’est un grand défi à relever. Nous ne devons pas décevoir les parents. Il faut que l’enseignement du Kreol Morisien dans ses débuts soit de qualité», affirme Jimmy Harmon.”

Apprendre pour enseigner… – Jocelyn Rose, L’Express, 1er juin 2006.
“J’ai voulu suivre des cours pour acquérir une bonne technique d’enseignement mais comme ces cours étaient dispensés en langue créole, je n’étais pas trop enthousiasmée. Je ne voyais pas l’intérêt d’enseigner le créole à des Mauriciens.”

L’école s’ouvre au kreol – Nazim Esoof, L’Express, 24 mai 2011.
“Nous ne sommes pas encore dans un système où le kreol est un «medium» d’enseignement mais toujours dans une initiative qui relève du symbolisme plutôt que dans une décision qui aurait véritablement profité aux enfants mauriciens.”

Blog: Le créole à l’école serait anticonstitutionnel – Rafic Soormally, Le Matinal, 30 avril 2010.
“La langue créole des esclaves, étant une langue servile et rétrograde, ne pourra (devra) ni être reconnue dans notre constitution et ni être introduite dans nos écoles, que ce soit comme option ou médium d’enseignement. Le Premier Ministre a bien pu faire une promesse électorale, mais cette promesse doit nécessairement être basée sur des faits prouvés et non sur une propagande politique et sectaire.”

Éducation – L’introduction du créole fait débat – Annick Daniella Rivet, Le Défi, 6 janvier 2011.
“Quelle est l’utilité d’enseigner le créole ?
Lindsay Morvan : L’Unesco dit qu’un enfant doit apprendre dans sa langue maternelle, parce qu’il lui sera plus facile d’étudier. Chez nous, il y a des préjugés qui perdurent.”

Mareech, a demon-plagued island

« Up to this point, the migrants had avoided the subject of the Black Water – there was no point, after all, in dwelling on the dangers that lay ahead. But now, as they sweated in the steamy heat of the jungle, their fears and apprehensions bubbled over. The pulwar became a cauldron of rumours: it began to be whispered that their rations on the Black Water ship would consist of beef and pork; those who refused to eat would be whipped senseless and the meats would be thrust down their throats. On reaching Mareech*, they would be forced to convert to Christianity; they would be made to consume all kinds of forbidden foods, from the sea and the jungle; should they happen to die, their bodies would be ploughed into the soil, like manure, for there was no provision for cremation on that island. The most frightening of the rumours was centred upon the question of why the white men were so insistent on procuring the young and the juvenile, rather than those who were wise, knowing, and rich in experience: it was because they were after an oil that was to be found only in the human brain – the coveted mimiái-ka-tel, which was known to be most plentiful among people who had recently reached maturity. The method employed in extracting this substance was to hang the victims upside down, by their ankles, with small holes bored into their skulls: this allowed the oil to drip slowly into a pan.
« So much credence did this rumour accumulate that when at last Calcutta was sighted, there was a great outburst of sorrow in the hold: looking back now, it seemed as if the journey down the Ganga had given the migrants their last taste of life before the onset of a slow and painful death. »

(Amitav Ghosh, Sea of Poppies, 2008, pages 258 and 259.)
 

* Mareech = Maurice = Mauritius

 

 

They left the flying car, whereon
The wealth of gold and jewels shone,
And thus the giant king addressed
Márícha as his hand he pressed:
          “Márícha, look! before our eyes
          Round Ráma’s home the plantains rise.
          His hermitage is now in view:
          Quick to the work we came to do!”
Thus Rávaṇ spoke, Márícha* heard
Obedient to his master’s word,
Threw off his giant shape and near
The cottage strayed a beauteous deer.

(The Ramayana, Translation by Ralph T. H. Griffith, Principal of the Benares College, 1870-1874.)
 

* Maricha, or Marich/Mareech, son of the demoness Tadaka and uncle of the demon-king Ravan (or Ravana, or more frequently Rawan in Mauritius). He is the one who, transformed into a deer, helped Rawan abduct Sita.

 

 

Volume 2 (River of Smoke) >>>

Monter à bicyclette

Monter à bicyclette = faire du vélo.

AVIS

Conseil municipal de Curepipe

Défense de monter à
bicyclette ou à cheval
de jouer au football
sur le gazon

Par ordre.