Archives mensuelles : août 2011

Régulateur

Régulateur.
Nom masculin.

Détendeur (de bonbonne de gaz).


 

Ceux qui projettent d’acheter un nouveau régulateur de gaz, doivent doubler de vigilance. Certains consommateurs ont fait l’amère expérience de tomber sur des régulateurs contrefaits en provenance de Chine.”
(L’Express, 2 janvier 2011.)

L’équipe Shell vous conseille sur l’emplacement de la bouteille de gaz. Nos professionnels vérifient votre raccord et votre régulateur de gaz.”
(Annonce de Shell sur le site MyHome.net.mu.)

Le Conseil des ministres s’est réuni aujourd’hui sous la présidence du Premier ministre, Dr Navinchandra Ramgoolam, G.C.S.K., et a, entre autres:
(…)
9. pris note que, suite à des rapports selon lesquels des régulateurs à basse pression non réglables qui sont importés ou fabriqués localement sont de mauvaise qualité, le ministère de la Protection des Consommateurs et la Charte des Citoyens amendera l’Annexe 5 des Consumer Protection (Control of Imports) Regulations pour y inclure les régulateurs à basse pression non réglables à être utilisés avec le butane ou le gaz de pétrole liquéfié (GPL), à la condition qu’ils soient conformes aux normes mauriciennes appropriées ou ses équivalents figurant sur la liste des produits contrôlés. Les importateurs de régulateurs devront présenter, avant l’importation, une copie authentifiée du certificat de conformité à MS 147:2008 ou son équivalent délivré par un laboratoire accrédité.”
(Site du gouvernement, 29 mai 2009.)

mo ene commercant et devant mo magasin ena ene marchand ki met so bobone gaz en plein air. ene foi ene dife ti deja prend, grand merci bondie li fin resi teigne sa ek so extincteur et li fin resi ferme regulateur.”
(Commentaire d’article, L’Express, 30 janvier 2011.)
 

Consignes de Sécurité

Bouteille:
· Stockez toujours la bouteille dans un endroit aéré.
· Gardez la bouteille à l’écart de toute flamme ou de toute source de chaleur.
· Transportez la bouteille en position verticale (debout).
· Vérifiez la présence d’un scellé sur la bouteille lors de l’achat.

Régulateur:
· Utilisez uniquement une régulateur basse pression agréé et homologué.
· Optez pour un régulateur <RECA> (bouteille rouge) ou un régulateur <KOSANGAS> (bouteille jaune).

Flexible:
· Raccordez la bouteille avec un flexible spécial gaz en bon état et agréé NF.
· Vérifiez régulièrement la date d’expiration indiquée sur le flexible.

En cas de fuite:
· Fermez immédiatement le robinet (bouteille rouge) ou le clapet (bouteille jaune).
· Ne fumez pas, n’allumez ni briquet, ni allumette. N’utilisez pas les interrupteurs électriques, ni de téléphone à proximité.
· Ventilez la zone en ouvrant toutes les fenêtres.

Pour toute assistance, contactez le Customer Service de Total Mauritius Limited au 207-5656.

 

GAS ON SALE

REGULATEUR
&
RACCORD

 
 

Sur le site d’une grande chaîne de magasins français (Darty), il est possible de trouver un “détendeur pour bouteille butane répondant à la certification NF; fixation par vis”. Mais si sur ce site on recherche un article appelé “régulateur”, on ne trouve rien. Par contre, sur le site larobinétique.fr il est possible de voir des “régulateurs détendeurs”. Toutefois, on parle aussi anglais sur ce deuxième site-là…

La contribution des habitants de France et de Navarre serait appréciée ici — et probablement indispensable. Dans leur (beau) pays, est-il possible d’entendre utiliser le mot “régulateur” à propos du détendeur que l’on fixe à une bonbonne de gaz ?

 

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Voir aussi les billets suivants :
Bombonne (de gaz)
Gaz ménager

Port-Louis (1)

 
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Mise à jour du dimanche 28 août 2011, 19h.

La même vue que précédemment, tirée du Handbook of the City Council of Port Louis, 1966.

A cette époque l’île aux Tonneliers — sur laquelle se trouve le Fort George —, était encore une île, une île reliée à la terre par une digue : la “chaussée Tromelin”. Le port franc n’existait pas encore et le comblage de la Mer Rouge n’avait pas encore eu lieu. Le Trou Fanfaron avait toutefois déjà fait son trou dans le port.

 

Port-Louis (2) >>>

Estuaire de la GRNO

La Grande Rivière Nord-Ouest, aussi connue sous le nom de “Grand River North West” (GRNW), se jette dans la mer au sud-ouest de la rade Port-Louis :

Cette rivière était connue par les Hollandais sous le nom de Bultbays Rivier, c’est-à-dire “rivière de la baie des bossus” (carte Nº 334), ou encore sous le nom de Water plaets par l’éditeur leydois Pieter van der Aa. « Elle ne prend le nom de Grande Rivière à son embouchure que sur la carte de l’abbé de La Caille (1753). […] Le nom de la Grande Rivière du nord-ouest se retrouve notamment dans le tableau Nº 3 (Rivières, ruisseaux, mares, montagnes et mouillages) de Statistique de l’Ile Maurice de d’Unienville (1ere édition en 1838), mais il faut attendre la carte de Descubes en 1880 pour que “nord ouest” commence à apparaître sur les cartes. Descubes utilise l’abrégé anglais “Grand RNW”. » (Dictionnaire toponymique de l’île Maurice, volume 2, page 70, septembre 1998.) Il est à noter que les Français ont aussi donné le nom de “baie Saint-Louis” à l’estuaire de la Grande Rivière Nord-Ouest.

 

 

Accident spectaculaire à GRNO hier soir
(Le Matinal, 6 mai 2011.)

Toujours, selon Raj Appadu, il faudrait également penser à assurer la sécurité dans la région de GRNO.”
(Le Défi, 24 février 2011.)

L’évasion à la prison de GRNO dimanche dernier était au centre des débats hier au parlement.”
(MBC, 30 juin 2010.)

À la prison de GRNO – Un garde-chiourme arrêté pour vol et faux billets de banque
(Le Défi, 21 mars 2011.)

D’autre part, une veillée pour la cause palestinienne a eu lieu, vendredi soir, à GRNW sous le patronage de Lalit et du Centre Idrisss Goumany.”
(Week-End, 31 juillet 2011.)

La moyenne des augmentations est de 28 %. Si la hausse, sur les longs trajets, est de l’ordre de 22 %, sur les trajets courts, elle culminera à 40 %. A titre d’exemple, le ticket d’autobus entre GRNO et Port-Louis, qui est de Rs 10, passe à Rs 14.
(L’Express, 03/05/2008.)

Un fait sans précédent s’est déroulé samedi dernier sur un site sportif, en l’occurrence au dojo de GRNO. Alors qu’elle venait tout simplement pour faire son métier de journaliste, dans le cadre des championnats nationaux, notre collègue Jennifer Pénélope a été lâchement agressée par Jeanne et Michaëlla Mounawah, respectivement épouse et fille de l’entraîneur national Joseph Mounawah.”
(Week-End/Scope, 19 novembre 2004.)
 

Elles ne sont pas près l’une de l’autre, certes, mais il convient néanmoins que les facteurs ne confondent pas GRNO et BRNO, cette dernière étant la capitale de la Moravie, en République tchèque.

Nénène

Nénène / nénaine.
Nom féminin.

Nounou, bonne d’enfants.

“Julie et sa nénène, Grand Baie – 1979”
Extrait de Mauriciens, Yves Pitchen

Qu’est-ce que tu radotes alors? S’il y a une nénène pour veiller l’enfant qu’est-ce que tu fais toi? Pas dire moi ki to veilles la nénène qui veille ton petit-enfant!
(Jean-Claude Antoine, Week-End, 15 novembre 2010.)

Deux fois Émile Galantie l’avait sauvé de ses créanciers. Il lui servait même une rente, moitié je crois dans l’espoir de calmer ses velléités subversives, et moitié pour qu’il pût entretenir la vieille nénène qui avait la garde de son fils, cet André dont nul ne tenait à hériter.”
(Loys Masson, Le Notaire des Noirs (1961), page 15.)

Tant pis donc pour ceux assez sadiques pour faire bosser un cuistot ou une nénène au-delà de 22 heures, après huit heures de boulot “normal”, un dimanche ou un jour férié où tout le monde (mais pas les mères de famille…il faut bien que quelqu’un se sacrifie dans une maisonnée) est censé pouvoir s’amuser et même participer à la liesse nationale.”
(Yvan Martial, L’Express, 23 octobre 2006.)

Les passagers les plus «difficiles» sont, sans conteste, les Mauriciens de l’étranger, qui se croient «propriétaires» d’Air Mauritius et qui sollicitent des services qu’ils ne feront jamais sur une autre compagnie étrangère. Un exemple : celui qui va se moucher sur le fauteuil et qui va exiger que vous veniez essuyer cela. Ou encore celle qui va exiger que vous changiez la couche de son bébé. «Vini, vini, ou mem nenenn, pa vre ?»
(La Vie catholique, 12-18 janvier 2007.)

Sa pension ne suffisant pas, sa mère travaille « kom nenen » pour subvenir aux dépenses de la famille.”
(Week-End/Scope, 25 août 2010.)

 

Selon divers auteurs (Baker & Hookoomsing, Robillard, Beniamino, Nallatamby, Carpooran), le mot est issu du français dialectal. Baker et Hookoomsing (1987) précisent que le mot est attesté en créole depuis 1878 et mentionnent un nène signifiant “marraine” ainsi qu’un ninnin signifiant “nourrice” (l’origine de ces mots est peu claire dans leur dictionnaire). Pour sa part, Carpooran (2011) mentionne nénaine, du français dialectal, sans plus de précision.

Yves Pitchen, Mauriciens, éditions Husson, 2006.


 

On retrouve le mot à la Réunion, où il a la même signification qu’à Maurice (cf. Michel Beniamino, en lien sur la partie droite de cette page). Quelques exemples relevés sur Internet :

Notes de l’auteur : Le mot nénène signifie en créole de la Réunion, bonne d’enfants ou nourrice. Autrefois, il s’agissait souvent de jeunes filles, parfois d’enfants, pauvres ou orphelines, placées par leur propre parenté dans des familles aisées. Elles y étaient préposées à la surveillance des enfants mais participaient aussi à toutes les autres tâches ménagères. Elles demeuraient au sein de la famille jusqu’à leur mariage. Parfois elles n’en partaient jamais. On pourrait dire aujourd’hui qu’elles étaient exploitées mais dans le contexte social de l’époque, cela évitait à bien des enfants l’humiliation d’être des « ramassés » par l’Assistance Publique. Avec l’avènement des lois sociales, les nénènes sont devenues des employées de maison et ont perdu leur rôle affectif..
(Nicole Baret, blog, 23/10/09.)

Ce développement a ouvert la voie du travail aux femmes. On pourrait dire que celles-ci sont passées du statut de la “nénaine” à celui de l’institutrice ou de la caissière de magasin, en l’espace de deux générations.”
(Témoignages, 1er juillet 2004.)

 

Par glissement de sens — et puisqu’il a souvent dû être demandé à la nounou de donner un coup de main pour les tâches ménagères —, le mot nénène est aussi arrivé à signifier “femme de ménage, servante”. En deuxième définition Robillard donne ceci :

Nénène [2] – n.f. cour. gén. neutre ‖ Bonne à tout faire. La nénène pourra peut-être s’occuper de faire les lits. Étymol. : généralisation de nénène [1].

Une telle acception se retrouve dans cet extrait de roman :

Là, plus personne ne pouvait nous surprendre puisque je n’ai jamais eu d’employée de maison (Aunauth dit « employée de maison » au lieu de « femme de ménage » ou du traditionnel « nénène » usité chez nous ; ça semble un peu prétentieux dans sa bouche, on ne saurait dire pourquoi.)
(Marie-Thérèse Humbert, A l’autre bout de moi (1979), page 357.)

Ou dans cet article de journal :

Les patients en colère indiquent que la situation est toujours la même, ces derniers mois, à cet hôpital. « Kan mank docter, bizin employ lot docter. Nu patients ki souffer. Ou kroir, mo plaie pe soupiré, mo kapav resté assizé lor ban enn zourné ? », s’exclame une habitante de Cité Martial. Et les autres d’ajouter : « ici, nenenn ki donn lord. Zot ki fer la loi are ou. Kan demandé ki pe arrivé, ki fer tardé, bann la dir, attan ou tour ».”
(Week-End, 15 février 2009.)

 

Ѫ

 

(PS — Les photos en noir et blanc sont tirées de Mauriciens, un livre du photographe Yves Pitchen.)

 

 

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Mise à jour du 25 août 2011.

Le 24 août 2011 à 16:37, Leveto a posté un commentaire dans lequel il évoquait un livre où il était possible de trouver de très intéressantes informations à propos du mot nénène, un mot signifiant “marraine” dans certains dialectes des régions de l’Ouest de la France comme la Vendée. Le livre, intitulé Richesses du français et géographie linguistique, a été écrit sous la direction de l’universitaire André Thibault avant d’être publié en 2008. Aux pages 61 et 62 il est possible de lire ce qui suit :
 

6.10.1.6 Nénène

                  Nénène n.f. « marraine » (FEW)

                 « Il prétexta une visite à sa tante Émilienne […]. [T]u t’intéresse enfin à ta nénène ? Elle était sa marraine. » (Vigne, 149)

Le régionalisme lexical limité au registre familier ne figure pas dans les sources générales et différentielles consultées, mais a été retenu en Vendée pour le discours dialectal (Svenson 1959 nénèn ; Arantèle 1983 nenène). Pour le français, Pierre Rézeau enregistre la variante nêne, plus répandue dans l’Ouest de la France (cf. Rézeau Ouest s.v. nêne). Le diatropisme est issu d’une famille lexicale des dialectes gallo-romans du Sud : il s’agit d’une innovation régionale (créée en milieu soit dialectophone soit français), non pas par redoublement à partir de nêne, mais par assimilation régressive de la consonne initiale [m] aux deux autres consonnes [n] à partir d’un type menène/ménène/mènène (issu de men-, cf FEW VI/1, 702a s.v. men-). Voir aussi les variantes dialectales mnit (Vendée), mni, mnin, meni (Centre-Ouest). Un entretien avec l’écrivain* a permis de préciser que la variante, ressentie comme un diminutif de nêne, est tout à fait usuelle dans son entourage familial.

Dans Vigne, le régionalisme apparait également dans le récit (Vigne, 150). En parlant à Angéline par contre, Philbert utilise le mot marraine, qui est plus approprié ici parce que plus distancié (Vigne, 154 ; cf. aussi Claudine, 92 2x, 119). Le régionalisme rendu inéquivoque par un commentaire métalinguistique qui suit immédiatement le particularisme (‘elle était sa marraine’), semble être attribué à la langue plutôt parlée et sert à souligner l’affection que porte la locutrice à son neveu.

 

* L’auteur dont il est question ici est Yves Viollier, un Vendéen ayant écrit un certain nombre de romans à forte connotation régionale. Trois de ses livres ont été analysés par l’auteur de la partie sur les régionalismes de l’Ouest (Inka Wissner) et la citation figurant au début de l’extrait ci-dessus est tirée du roman Les Pêches de vigne (1994).

 

 

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Mise à jour du 21 octobre 2011

Notre correspondante Alsace nous fait parvenir une photo d’elle enfant, dans les bras de sa nénène, ainsi qu’une photo d’une sienne cousine soutenue elle aussi par la nénène (une autre ?).

C’est ainsi que sur la même page cohabitent petite-fille et grand-mère, par-delà les générations — de nénènes. (Voir les commentaires ci-dessous.)

 

 

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Mise à jour du 14 avril 2012

Un livre écrit par une Américaine du Sud (et non par une Sud-Américaine, ce qui ne serait pas exactement la même chose) a pour sujet principal la condition de nénène dans des familles blanches d’une ville du Mississipi. Il se trouve être dans le droit-fil de ce billet-ci.

Dans The Help, Kathryn Stockett évoque avec talent les relations — parfois ambigües — qui ont pu exister, dans un ancien État confédéré, entre des employeurs blancs et leurs employés de maison noirs.

 

 

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Mise à jour du 19 mai 2013

“Lindsay et Laurencia étaient déjà là quand Bénie, à cinq ans, est arrivée de Londres avec ses parents. Laurencia est devenue sa nénène* et l’a suivie comme son ombre jusqu’à l’âge de l’école, plus attentive que sa propre mère.”
(Geneviève Dormann, Le Bal du dodo (1989), page 18.)

* l’italique est de l’auteure (française), laquelle précise au sujet du mot nénène, dans une note en bas de page : “bonne d’enfant, nourrice”

Cabris sur la plage

(This photo is dedicated to AJP Crown, the friend of goats.)

Pierres ponces martiennes

Sur la partie au vent de Maurice, principalement le long de la côte Est, il est possible de trouver des “roches” (i.e. des pierres) venues de très loin. Elles n’ont pas été apportées là par un Petit Poucet ayant fortement dévié du chemin de sa maison, ni par un géologue aux poches trouées, mais par la mer. Car il existe des pierres flottantes, les pierres ponces.

Il s’agit de morceaux de laves soumises à une décompression et à un refroidissement soudains. La décompression brutale, suite à une éruption violente, fait que les gaz dissous dans la lave passent à l’état gazeux. (Le même phénomène se produit dans une boisson gazeuse dont le contenu, sous pression, est rapidement décomprimé suite à l’ouverture du bouchon). Si la lave dans laquelle apparaissent les bulles de gaz subit un refroidissement rapide, ces dernières vont se retrouver prisonnières de la lave ainsi solidifiée. Le dégazage suivi d’un refroidissement soudain peut être tel que la masse volumique apparente de la lave solidifiée soit inférieure à 1 t/m³. Autrement dit, la pierre ainsi produite est moins dense que l’eau — d’où sa capacité à flotter.

Il est généralement accepté que les pierres ponces que l’on peut ramasser sur les côtes mauriciennes proviennent de l’éruption du Krakatoa, dans le détroit de la Sonde, en 1883. Il a en effet été rapporté que des quantités considérables de pierres ponces flottaient sur l’océan au moment de l’éruption cataclysmique qui aurait fait 40 000 morts et produit le bruit le plus fort jamais entendu à l’époque historique. Un bruit si fort qu’il fut entendu à Rodrigues, île située pourtant à 4 800 km du volcan. (Les Rodriguais ont alors cru qu’un navire avait tiré un coup de canon.)

Les pierres ponces flottaient en telle quantité sur la mer que des bateaux navigant dans les parages de l’Indonésie avaient paraît-il du mal à avancer si la brise n’était pas assez forte. Le numéro de septembre 1884 de la revue The Atlantic Monthly en parlait de la sorte : “A vessel which passed through Gaspar Strait as late as the 23d of November reported that at places in the Java Sea the floating pumice was so thick that headway was almost impossible with light breezes.”

C’est ainsi que, pris dans le courant sud-équatorial allant de l’est vers l’ouest, nombre de ces pierres ponces ont dérivé jusqu’à l’île Maurice, se retrouvant par la suite enfouies dans les dunes littorales. Plus de cent ans après l’éruption on les retrouve encore, par exemple lorsqu’on construit des hôtels au bord des plages de sable corallien. Traditionnellement les Mauriciens (ou plutôt les Mauriciennes) s’en servent pour se nettoyer la peau, ou pour la poncer* là où tendent à se former des cals, comme par exemple sur le pourtour de la plante des pieds de ceux et de celles qui ne mettent guère de chaussures fermées.

 

* Il est à noter que le verbe poncer (décaper, polir) vient du nom ponce, lui-même issu du latin classique pumex, pumicis, pierre ponce. Idem pour le substantif poncif, thème ou expression littéraire ou artistique dénués d’originalité (banalité, cliché, lieu commun).

 

 

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Mise à jour du samedi 27 août 2011.

Moisson d’un dimanche après-midi, sur une plage du Sud-Est (moins les deux plus grosses, offertes à une dame) :

Les pierres ponces se ramassaient presque à la pelle — peut-être à cause de la grosse houle qu’il y a eu au début du mois d’août, ce qui a brassé le sable.

Kisasa sa ?