Archives mensuelles : janvier 2014

Salaam

Salaam, salam.
Interjection.

Au revoir, bye, ciao, salut. Expression utilisée en prenant congé d’une personne.

Faire salaam : faire coucou, faire un signe de la main, en général au moment du départ.

Salaam_(arabic_script)Ma femme m’attend, il faut que je parte. Salaam.”

Il demeure que nous devons nous poser la question du sens de cette évolution culturelle. La culture musulmane mauricienne se résume-t-elle sinon au fameux briani ou au «salam» qui est désormais notre manière nationale de se dire «au revoir» ?”
(Le Mauricien, 27 juillet 2012.)

To enkor jeune, toi et Pravin peuvent attendre au risque de disparaître complètement avec ton petit groupe de roders boutes. Salam mon piti. Mo chagrin twa.”
(Commentaire d’article, L’Express, 4 février 2010.)

Des villageois qui d’habitude font salaam aux bateaux de la plage, ont eu l’occasion d’embarquer.”
(L’Express, 4 septembre 2007.)

De là où il se trouve, je suis sûr que Thierry Montocchio, l’homme à la foi inébranlable, a dû apprécier à sa juste mesure cette juxtaposition de prières. Comme pour lui faire un dernier salam.”
(Week-End, 3 juillet 2011.)

Gens faisant salam (« waving goodbye ») sur le toit de l’ancienne aérogare de Plaisance – Vintage Mauritius, sur Facebook.

André saluait régulièrement Lucienne lorsqu’il était dans le train. ‘Ene jour mo dans train, mo faire li salam et li aussi li faire pareil.’
(L’Express, 20 octobre 2005.)

Parsad et lui ont fait ensemble un bon bout de chemin. Aux abords de la gare ils se quittent. L’Indien et sa petite bande prendront une charrette qui les portera jusqu’à Rose Hill, où habite le propriétaire du véhicule. Il est cinq heures du matin. Le temps est douteux. Bastien se moque du copain qui va en charrette. Il ne se doute pas que Parsad a quelques centaines de roupies à la banque d’épargnes. Lui, il n’a jamais pu économiser cent sous.
Le train part. Il fait un salam ironique à l’autre
.”
(Léoville L’Homme, Le Centenaire du Mauritius Turf Club, 1913, page 154, “La journée de la Coupe d’Or, samedi 31 août 1912”, sur le site de la Bibliothèque numérique Mauritiana.)

Du toit on pouvait encore faire salam aux parents et amis qui partaient ou venaient!
(Commentaire sur Facebook, page Vintage Mauritius, à propos du vieil aéroport de Plaisance, 8 juin 2013 à 22:12.)

Salam Nazim
(L’Express, 22 novembre 2013.)

Le mot salaam est d’origine arabe. À l’instar d’un autre mot sémitique apparenté — le mot hébreu shalom —, sa signification principale est “paix”. Parmi les musulmans il est utilisé pour souhaiter la bienvenue à quelqu’un, en général un coreligionnaire : “as-salaam waleikoum”, que la paix soit sur toi.

Dans le contexte mauricien, salam est utilisé par l’ensemble de la population pour prendre congé, pour dire au revoir, que ce soit en créole ou en français. Dire “salam” c’est dire “au revoir”, “bye”, “véloum”, “sayonara”, “ciao”. Salam offre d’ailleurs une similitude avec ciao dans le sens que les Italiens l’utilisent pour dire à la fois “bonjour” et “au revoir” alors que les non-Italiens l’utilisent pour dire “au revoir” uniquement. De même, ce sont surtout les Mauriciens non-musulmans qui l’utilisent pour dire au revoir en partant. Selon Baker & Hookoomsing cela n’a pas toujours été le cas, comme on peut le voir sur l’extrait ci-dessous, salam ayant autrefois été utilisé pour dire bonjour aussi (sens aujourd’hui disparu). Les auteurs précisent que l’usage consistant à dire salam uniquement lorsqu’on s’en va correspond à un usage moderne en hindi et ils précisent que cette façon de faire, aujourd’hui normale à Maurice, pourrait être due à l’immigration indienne.

Philip Baker & Vinesh Hookoomsing — Diksyoner kreol morisien, page 282.

Philip Baker & Vinesh Hookoomsing — Diksyoner kreol morisien, page 282.

Par ailleurs il est possible de noter qu’en Afrique francophone “faire le salam” signifiait faire la prière rituelle musulmane. À Maurice on utilisera plutôt l’appellation “namaz” à cet effet.

Bon, eh bien salam !

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