Archives mensuelles : février 2018

Pingo

Pingo.
Nom masculin.

1. Petit oiseau au dos marron et au ventre blanc moucheté, introduit à Maurice au 18e siècle.
2. Individu perçu comme étant plutôt bête, un type sans allure, qu’on ne prend pas au sérieux, un “nimporte”.
3. Terme exprimant le fait qu’on soit seul, généralement dans un endroit sans intérêt.

« Il n’y avait personne. On avait l’air malin, plantés là comme des pingos. »

Quand dans un lieu donné il n’y pas grand monde et qu’il ne s’y passe pas grand-chose, on dit parfois qu’on n’y a vu que “deux pingos”, l’expression étant ainsi semblable à (il y avait) “trois pelés et un tondu” ou “quatre chats”. Être seul comme un pingo, c’est se sentir peu de chose. En cela on se rapproche de l’idiot, du “piaw”, du bougre malingre, ébouriffé ou débraillé que peut aussi être un pingo.

Le lien entre l’oiseau et le mot utilisé au figuré — que ce soit pour exprimer l’idée de bêtise ou celle de solitude — est mystérieux, le joli passereau originaire d’Asie du sud-est n’étant ni particulièrement bête ni solitaire. Son étymologie reste obscure aussi : le mot vient-il du yao, langue bantoue d’Afrique de l’Est (cipingo, petit oiseau) ? de l’hindi (ping, couleur marron rougeâtre) ? On ne sait, mais le pingo, lui, s’en finch comme de l’an quarante.

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Cuscuter

Cuscuter
Verbe transitif

Harceler quelqu’un, généralement dans le but d’obtenir quelque chose.

« Depuis une semaine mon fils me cuscute pour aller voir Harry Potter au cinéma. Je n’en peux plus avec lui ! »

Qu’un enfant cuscute ses parents est naturel — n’est-il pas normal qu’il ait des envies parfois pressantes ? Mais, enfants ou adultes, quand les choses vont au-delà de ce qu’on juge supportable cela n’en reste pas moins usant, “minant”, à l’instar d’un continuel courant souterrain qui saperait les fondations même de la patience. On peut dès lors avoir le sentiment d’être littéralement pompé, comme une mère allaitant de voraces petits, ou comme un arbre sur lequel pousserait une plante le parasitant.

La cuscute est un parasite végétal, une liane dépourvue de chlorophylle qui se nourrit en suçant la sève même de la plante-hôte. On comprend dès lors le lien avec le verbe “cuscuter”, “une cuscute” pouvant par ailleurs être une personne collante, fatigante, de celles qui vous importunent sans cesse et vous épuisent.

Le nom français de la liane vient du latin médiéval cuscuta, lui-même emprunté à l’arabe kuchuta, lui-même possiblement emprunté au grec kasytas. Le mot s’est transmis à travers les cultures au cours des siècles. La cuscute est contagieuse et, comme la vermine, elle ne crève pas.