Vies de stars

Etoiles-de-Mer--2006

10 réponses à “Vies de stars

  1. Où est Michael Jackson ?

  2. … ou comment poser une palangre. Quelle espèce ciblez-vous, Sig ?

  3. Une palangre est une ligne avec beaucoup d’hameçons, n’est-ce pas ? Ça doit être à peu près l’équivalent de ce qu’on appelle « long line » par ici, ce que les Taïwanais connaissent bien. Si c’est le cas, je ne vois pas bien le rapport avec la photo ci-dessus, que j’avais mise en ligne le 15 juin, de façon quasi prémonitoire semble-t-il. James Dean, Jim Morrisson, Michael Jackson, ils sont quelques-uns à être partis avant leur heure, comme ces étoiles de mer qui, un jour de 2006, jonchaient inexplicablement le rivage. Remarquez que dans le cas du dernier sur la liste la chose s’est passée quand même à l’âge de cinquante ans. Malgré cela, nous avons le sentiment qu’il est mort trop tôt. Serait-ce symptomatique de notre époque qu’une personne mourant à cinquante ans soit vue comme étant morte « jeune » ?

  4. Il faut, je crois, que je sois plus explicite. M’astreignant désormais à la concision (pourquoi, oh pourquoi, citer mes grognonneries sous d’autres cieux ?), il se pourrait que je pèche par excès d’hermétisme.

    Alors voilà : « poser une palangre », en Bretagne, ça n’est pas vraiment une expression dûment répertoriée et estampillée « locale », mais on n’a pas besoin d’explication de texte : comme vous dites, « c’est une ligne avec beaucoup d’hameçons », qu’on laisse traîner assez longtemps pour attraper… ce qu’on veut attraper – la métaphore parle d’elle-même.

    On « pose une palangre » quand on a repéré une fille dont on aimerait bien qu’elle morde à l’hameçon, il s’agit alors de n’exposer de soi-même que les aspects les plus appétissants… Et pour filer la métaphore pêcheuse (ou pécheresse ?), quand elle mord, c’est qu’on a « fait une touche »…

    Mais on ne pose pas seulement des palangres avec les filles. Pardonnez-moi d’être brutal : ramener Mickael Jackson sous vos étoiles de mer, c’est du racolage pur et simple : j’espérais que dans votre tabagie au moins, on échapperait à l’hystérie collective de ce non-évènement.

    Vous dites : « mort à cinquante ans, nous avons le sentiment qu’il est mort trop tôt ». Je ne sais pas qui est ce « nous » : pour ce qui me concerne, je n’ai vraiment pas le moindre avis sur sa mort, pour la simple raison que je n’ai jamais eu le moindre avis sur sa vie – en fait, j’ai découvert ces derniers jours que j’ai vécu les trois-quarts de ma vie en ignorant que je cohabitais temporellement avec un « génie de la musique », « le roi de la pop », ou que sais-je encore. Pire encore, je n’avais jamais entendu aucun « tube » de MJ. Du coup, mon entourage me soupçonne d’avoir passé mes trente dernières années sur Qo’noS…

    Reste votre interrogation : est-ce que mourir à cinquante ans, c’est mourir jeune ? Ç’a m’a rappelé vaguement (je ne suis pas parvenu à le retrouver exactement) un mot de Sacha Guitry : « Ce qu’il y a de bien quand on a quarante ans, c’est qu’on sait qu’on ne mourra pas jeune « … Il est vrai qu’un siècle a passé entretemps, de quoi mesurer les progrès de la médecine et l’allongement de la durée de vie.

    Mais la question, c’est plutôt « A quel âge n’est-on plus « trop jeune » pour mourir ? »

    Aujourd’hui, c’est Pina Bausch. Elle avait 68 ans, elle était encore sur scène il y a 15 jours, elle est allée à l’hôpital faire des examens parce qu’elle se sentait fatiguée, on a diagnostiqué un cancer, et elle est morte 5 jours après. Quelle magnifique sortie, n’est-ce pas ?

    Plus généralement, quel est le bon « timing » pour mourir ? Personnellement, j’ai deux critères : 1) quand on n’a plus envie de vivre et /ou 2) quand on n’est plus capable de vivre comme on le voudrait. De ce point de vue, MJ comme Pina Bausch me semblent être morts « just in time » .

  5. pourquoi, oh pourquoi, citer mes grognonneries sous d’autres cieux ?
    Parce que je m’en souvenais, la trouvant drôle, bien tournée et assez vraie. Et comme il y avait un lien quasi direct avec le sujet traité…

    Pour ce qui est du racolage à l’aide de la bouette estampillée « Michael Jackson », je ne suis pas trop d’accord avec vous. Même si j’avais créé ce billet spécifiquement pour parler de lui, je ne vois pas pourquoi j’aurais dû éviter ce sujet-là, lequel, en guise de racolage, n’aurait pas été particulièrement judicieux compte tenu du brouhaha existant déjà en la matière. Mais j’avais mis cette photo là avant la mort de MJ, en pensant à la mort de ceux et celles qu’on appelle des « stars ». L’actualité amenant de façon inattendue un cas particulièrement célèbre, je ne vois pas du tout pourquoi je n’aurais pas pu, je n’aurais pas dû, mettre une ligne à ce propos.

    Vous dites ne pas connaître du tout la musique de MJ. Vous en avez parfaitement le droit. Moi je la connais depuis plus d’un quart de siècle et je dois dire que dans l’ensemble je la trouve pas mal. Indépendamment de cette connaissance ou de cette non-connaissance, je ne vois pas ce qui permet de dire que sa mort est un non-évènement. Il me semble sauter aux yeux qu’il s’agit d’un évènement. Il ne s’agit pas d’un évènement de portée considérable, certes, il s’agit d’un évènement un peu artificiel, sans doute, mais il s’agit d’un évènement quand même. C’est aller contre le sens commun que de dire le contraire.

    Peut-être est-il mort au bon moment. On peut se demander comment les choses auraient fini autrement. Mais il me semble que pour beaucoup de personnes cette fin est prématurée. Peu de gens à mon avis s’attendaient à le voir mourir maintenant.

  6. « je ne vois pas ce qui permet de dire que sa mort est un non-évènement. Il me semble sauter aux yeux qu’il s’agit d’un évènement.  »

    Je ne sais pas, Sig, vraiment je ne sais pas. Le TLFI semble vous donner raison, avec cette définition sous l’entrée événement : « Fait d’une importance notable pour un individu ou une communauté humaine.  »

    Le TLFI ajoute : « Fait auquel on accorde une importance démesurée ».

    L’une ou l’autre de ces définitions s’appliquent, indiscutablement, à la mort de M. Jackson.

    Pourtant, je continue de ressentir une très profonde perplexité devant l’ampleur de l’émotion (et de la couverture médiatique y relative, ceci justifiant cela…) que suscite cette disparition.

    Indépendamment de mes préférences musicales ou artistiques (certes fort éloignées des prestations de M. Jackson), je suis tout de même sidéré que des millions de quidams pleurent, véritablement pleurent, comme s’ils perdaient un être cher, quand ils apprennent qu’un gars qu’ils n’ont jamais vu, auquel ils n’ont jamais parlé, dont ils ne savent rien hormis une sorte de marche spéciale (j’ai appris ça depuis qu’il est mort, il paraît qu’il avançait en ayant l’air de reculer, ou l’inverse, et que ça s’appelle « marche lunaire »).

    En fait, j’ai appris plein de choses sur MJ depuis qu’il est mort – c’est dire si je suis ouvert : j’ai fait un cours de rattrapage en accéléré cette dernière semaine pour essayer de comprendre – et je suis resté sur ma faim : j’ai vu des vidéos où des gens manifestent un état de bouleversement extrême, au bord du collapse, en le voyant avancer en reculant (ou l’inverse). Franchement, ça dépasse mon entendement.

  7. … des millions de quidams pleurent (…) quand ils apprennent qu’un gars (…) est mort.

    (il manquait le verbe)

  8. je suis tout de même sidéré que des millions de quidams pleurent, véritablement pleurent, comme s’ils perdaient un être cher

    Vous semblez en savoir davantage que moi en la matière. Mais je peux le comprendre pour ma part. Quand vous avez toujours vécu en quelque sorte en compagnie de quelqu’un, sa disparition a forcément quelque chose de bouleversant (bouleversement = changement). Et quand je parle de « vivre en compagnie de quelqu’un », je ne parle pas nécessairement de la compagnie physique intime. Il s’agirait plutôt d’une accoutumance.

    C’est dans Les Rois maudits me semble-t-il que tout un peuple pleure la mort d’un roi (un vrai, avec du vrai sang bleu roi). Peu de gens le connaissaient vraiment, et tout le monde ne l’appréciait pas forcément, mais on le pleure quand même car il avait été là pendant longtemps. Et l’auteur — ou un de ses nègres — disait, je crois, « mais ils pleuraient avant tout sur le temps qui passe, et ils pleuraient sur eux-mêmes ». Cela m’avait semblé tout à fait possible et j’ai l’impression que c’est à cela que nous devons beaucoup de ces manifestations d’émotion. Et puis, quand même, il en est qui doivent regretter un peu, beaucoup, passionnément, la disparition de l’artiste, car c’en était un, “malgré” tous ses excès.

  9. zerbinette

    Aquinze, ce n’est pas possible, vous étiez sur la lune à apprendre la marche pendant tout ce temps, pour avoir manqué « Thriller » et « Billie Jean » ?

  10. Je regardais cela aujourd’hui

    J’avais oublié à quel point il était doué

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