Archives quotidiennes : 8 novembre 2009

Lalo

Lalo.
Nom masculin.

Abelmoschus esculentus. Légume de forme pointue et allongée appartenant à la grande famille des Malvacées, laquelle regroupe entre autres les lalos, les hibiscus et les cotonniers. En français « standard » ce légume est surtout connu sous le nom de gombo, alors qu’on le nomme bhindi en hindi et qu’en anglais les appellations okra ou lady’s finger prédominent.

Lalo_sur_pied

Le mot lalo — utilisé à la Réunion aussi — viendrait du portugais calalu selon le Dictionnaire étymologique des créoles de l’océan Indien. Le calalou (calalu, calaloo, kalalou) est un mets se retrouvant dans la Caraïbe (et peut-être en Louisiane) consistant en une soupe, ou un bouillon, contenant notamment des « herbes » (brèdes) et des gombos (lalos) accompagnés de crabe ou de poisson. Il existe de surcroît un plat béninois appelé calalou composé de viande, de brèdes, de crevettes et de lalos. Il peut être tentant de penser que tous les calalous (portugais, caribéen, guyanais, haïtien, antillais, cajun s’il y en a) dérivent du calalou africain.

Lalo_cueilli

Les lalos bouillis font probablement partie de mes plus mauvais souvenirs d’enfance. Cette affaire gluante qui vous glissait dans la gorge… Beurk !”

Rajesh cultive la pomme d’amour, le lalo, le melon d’eau, la calebasse, entre autres, sur une superficie totale de dix arpents.”
(Des tourterelles voraces, L’Express du 1er mars 2005.)

Plus fragiles, les brinzel (aubergines) et lalo (gombos) ont eu plus de mal résister à l’accumulation d’eau. Sur l’étal d’à côté, le maraîcher explique que «la récolte de bringel et de lalo ayant été affectée, ces légumes sont un peu chers».”
(L’Express, 11 octobre 2008.)

Si les grandes plantes comme le lalo et la bringelle ou les lianes filantes telles le chou-chou, le concombre ou le giraumon sont parvenues à résister au déferlement de ces eaux de pluie, par contre les légumes fins – laitue, cotomili, queue d’ail et d’oignon, thym etc… – de même que des produits sensibles telle la pomme d’amour ont le plus souffert.”
(Week-End, 5 avril 2009.)

Allez, tous derrière le pupitre. Quelles sont les vertus médicinales du lalo ?
(L’Express, 1er juillet 2007.)

 
L’Encyclopédie Online de la flore à la Réunion précise que le lalo a été « introduit des Antilles à La Réunion en 1826 et 1880 par MM. Plagne et Crémazy. Cet hibiscus contient un mucilage visqueux et abondant, des feuilles lobées, dentelées, pétiolées, des fleurs axillaires, isolées, jaunes à centre rouge-grenat en forme de cœur. » On peut se demander pourquoi il a fallu l’introduire deux fois, à plus de 50 ans d’intervalle, ce foutu lalo. Quant au mucilage (mot emprunté au bas latin mucilago, « substance visqueuse »), il s’agit — selon le Trésor de la langue française — d’un « liquide visqueux formé par la dissolution d’une gomme d’origine végétale dans l’eau et entrant dans la confection de différents produits épaississants ou adhésifs. » Oui, le lalo peut être mari visqueux, comme évoqué dans l’exemple d’utilisation ci-dessus — un souvenir pénible comme il a déjà été dit.

A l’entrée de la Vallée-des-Prêtres, tout près de Port-Louis, il existe un lieu-dit portant le nom de Carreau Lalo. Le nom « carreau » (champ, plantation, étendue), lorsque utilisé dans la toponymie, ne donne en général pas une image valorisante du lieu ainsi nommé (cf. les divers Karo Kalyptis, Carreau Laliane, Carreau Accacia, etc.). Qu’il s’agisse en outre d’un carreau de lalos n’améliore pas les choses.

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