Archives quotidiennes : 23 novembre 2009

Coco

Coco.
Nom masculin.

Noix de coco.

(Le mauricianisme réside dans le fait que pour parler du fruit du cocotier le mot “coco” tout court est employé plutôt que l’expression “noix de coco”, laquelle appartient plutôt au registre du français standard non-mauricien.)

Tu crois que tu peux casser les cocos qui sont là-haut là-bas ?”

L’équipement est doté d’un perforateur qui perce le coco. Son eau est versée dans un réservoir à glace (sans pour autant être en contact avec le glaçon), il suffit ensuite d’ouvrir le robinet pour que l’eau en ressorte glacée.”
(L’Express, 16 décembre 2007.)

Josiane Reka, elle, est ici pour traiter des douleurs aux reins : elle s’était blessée en triant les cocos.”
(La Vie catholique, 5 avril 2007.)

Et dans le bus quand nous sommes partis, arrivé au lieu appelé Saint Thomas, Madame Talatte a demandé au chauffeur de s’arrêter. Et nous sommes tous descendus. Elle nous a fait cueillir des brèdes la langue vache, unique à Diégo qu’elle mangeait quand elle habitait sur l’île. Nous avons pu retrouver ces brèdes, il y en avait toujours. Les militaires ont accepté de nous laisser descendre du bus. Nous avons pu en avoir plein. Les brèdes, mais aussi des cocos secs pour faire du ciraz. Un plat chagossien que l’on fait avec du lait de coco et des ourites, ou bien du poulet.”
(L’Express, 21 avril 2006.)

Donner suffisamment d’eau à votre cocotier. Point de gros ‘cocos’ bien remplis si les plants sont affectés par la sécheresse.”
(Site de l’AREU, 2007.)

Un marchand de cocos explique qu’il a dû couvrir une partie du toit avec des cartons car cela chauffait ses cocos : ‘mo ban cocos ti pe felé ek mo ti pe perdi klian tou parceki persone pa rod vin debout la’ dit- il. Même son de cloche chez le marchand de journaux qui se trouve juste à côté : ‘nou pa capav travay’, dit- il.”
(L’Express, 25 décembre 2012.)

Comme à l’accoutumée, elle ouvre la porte afin d’aérer un peu. Mais elle découvre un fait troublant. Devant sa porte, elle constate un désordre inhabituel, « il y avait des citrons, des cocos, deux bougies rouge et blanche, des ossements, de la cendre, une poudre rouge, une poupée qui était brisée, du fil ainsi que des aiguilles », a-t-elle relaté aux policiers. Les cocos et les citrons ont été coupés à moitié et il y avait des aiguilles sur les citrons entourés avec du fil. Tout laisse croire qu’un rite avait été pratiqué devant sa demeure.”
(Le Défi, 6 octobre 2012.)

Les cocos fesses de Praslin sous haute protection.”
(L’Express, 10 janvier 2008.)

« Émue, elle raconte que son travail à Diego consistait à enlever l’écorce des cocos. »
(Week-End du dimanche 2 avril 2006.)
 

Il semblerait que dans l’esprit d’un certain nombre de personnes on trouve sur les cocotiers des cocos déjà débourrés, c’est-à-dire ne comportant que la noix seule. Une publicité pour le chocolat Bounty montrait même une noix déjà épluchée tombant d’un cocotier pour se casser en deux en frappant le sol. Autant croire que les poires tombent toutes pelées du poirier, ou que les pruneaux poussent dans des pobans…

A Maurice les cocos se rencontrent sous deux formes principales : les cocos Pemba, orange, poussant sur des cocotiers de taille modérée, et les cocos Ceylan, plus gros, verts, dont le plant peut atteindre une taille relativement élevée.

Cocos Ceylan (dont un ouvert) et, à droite, coco Pemba.

Aux Seychelles pousse le “coco fesse”, qui est énorme quand il est encore entouré de sa bourre. Un coup de coco sur le coco peut faire pas mal de dégâts. Un coup de coco fesse au même endroit, ça doit être la mort assurée.

Cocos Pemba.

« Le coco » est une métaphore courante pour dire « la tête », tout comme on dit « le citron » ailleurs. Un jeu qu’en général les bébés adorent s’appelle « casse coco ». Ça ne parle pas encore, mais ça sait déjà jouer : on se met devant l’enfant assis et on approche sa tête de la sienne en disant « casse cocooo… » Quand les deux têtes s’entrechoquent, on crie « boire dilo ! » (boire de l’eau). Ils apprennent vite et on est parfois obligé de freiner les ardeurs de quelques-uns qui donnent des coups de tête dépassant ce qui est raisonnable pour leur crâne encore fragile. Et pour parler de ce qu’en Europe on appelle « la boule à zéro », « un crâne tondu », on dira « coco rasé ».
 
Quand le coco est bien plein et qu’il est devenu marron, on parle d’un coco sec. Ce ne sont que les cocos secs qui peuvent germer pour donner un nouveau plant. C’est aussi avec les cocos secs qu’on fait des « brosses coco » — constituées de la partie supérieure du coco — avec lesquelles on astique un chali ciré en les frottant sur le sol à l’aide du pied.

Si le coco n’est pas encore trop « plein », autrement dit s’il n’est pas encore sec (arrivé à maturité), l’amande que contient la noix n’est pas encore très épaisse ni très dure. Dans ce cas on parlera plutôt de « crème ». Mais quand le coco est bien plein, l’amande est dure et peut être râpée pour faire des gâteaux coco (coco cuit avec du sucre) ou servir pour faire un chatini coco.

 

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Mise à jour du 25 novembre.

Région, pointe et village de Quatre Cocos.


(Cliquer sur l’image pour voir la carte en plus grand.)

 

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Mise à jour du 30 décembre 2014.

Ti cocos.

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