Beurre pistache

Beurre pistache.
Nom masculin.

Pâte d’arachide, beurre de cacahuète.

« Tu veux du beurre pistache dans ton pain, ou bien des achards ? »

« Au nombre des produits alimentaires importés qui ont connu une suppression de droits de douane figurent les légumes en conserve, les légumes surgelés, le beurre (de) pistache, les fruits secs et frais, les fruits au jus, les jus de fruits, les confitures et autres gelées, les abats de poulet et de porc, des produits de charcuterie, les chicken burgers, le miel naturel, la confiserie, le chocolat, les nouilles instantanées, les biscuits, la sauce de soja, le kechup et la purée de tomate. » (Week-End, dimanche 8 juin 2008.)

Un billet précédent était consacré à la pistache, connue sous le non d’“arachide” ou de “cacahuète” en français standard. Compte tenu de cette particularité mauricienne, la pâte ou le beurre d’arachide ne pouvait donc qu’être le beurre pistache, la préposition “de” étant quasiment toujours omise dans la conversation courante.

A la Réunion le mot le plus employé pour décrire le beurre pistache est le nom de la marque la plus répandue sur cette île : Dakatine. En créole, beurre se disant “dibèr”, beurre pistache est tout naturellement “dibèr pistas”. L’absence de préposition en français local est de façon quasi certaine due à l’influence du créole.

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14 réponses à “Beurre pistache

  1. Rien que l’odeur de cette chose suffit pour réveiller mon asthme. Par contre, lorsqu’on s’en sert pour faire une rougaille bien épicée, ça passe fort bien.

  2. Siganus K.

    Vous dites “une rougaille” vous ? Un ami m’affirmait il y a quelques temps que certaines personnes le mettaient au féminin. Ne l’ayant jamais entendu pour ma part, je ne le croyais qu’à moitié… jusqu’aujourd’hui.

    Quant à la relation qui peut exister entre une nourriture allant en principe dans l’estomac et un mal affectant le système respiratoire, elle me laisse perplexe. Mais je suppose que les allergies peuvent être extrêmement variées, et traîtres.

  3. Je fais peut-être une association subconsciente entre la rougaille et « scarlet woman » Le phénomène de l’asthme allergique est bien réel…

  4. Siganus K.

    “Scarlet woman” ? C’est une expression mauricienne ça ?

    Je n’en ai en tous cas jamais entendu parler. Une petit googlage donne des informations contradictoires :

    > “A prostitute, an immoral woman.” –http://www.answers.com/topic/scarlet-woman
    > “Scarlet Woman Lodge is a local body of OTO in the Valley of Austin, Texas, under charter from the US Grand Lodge.” – http://www.scarletwoman.org/

    Dans un cas comme dans l’autre, je crois que je préfère encore le rougail pistache. C’est plus goûté !

  5. marie-lucie

    la relation qui peut exister entre une nourriture allant en principe dans l’estomac et un mal affectant le système respiratoire

    Avant de manger, on sent l’odeur de la nourriture, c’est-à-dire qu’on respire un gaz qui en émane. Ça ne me surprend pas du tout que l’odeur des cacahuètes puisse déclencher les symptomes de l’asthme. C’est la même chose pour certains parfums. Les substances naturelles sont presque toujours extrêmement complexes au point de vue chimique, et on peut être ou devenir allergique soit à ces compositions soit à certaines de leurs composantes, soit même à l’état sous lequel elles se présentent (ex. cru ou cuit, etc), et les symptômes peuvent être très variés aussi. C’est pourquoi les allergies sont souvent difficiles à diagnostiquer et à traiter, surtout si on est allergique à des produits très communs (le blé, par exemple).

  6. Scarlet – écarlate. Une question de coloribus. Quoique la grande Babylone, sise sur sa Bête-

  7. Merdoum. Je réessaye :

    De ce point de vue, il me semble que le film Firewall est un parfait condensé des « phobies » nord-américaines utilisées comme moyen de chantage : le jeu (gambling), les allergies alimentaires…

    De ce point de vue également, j’ai trouvé profondément emblématique de l’ « américanitude » des Obamas que l’ allergie alléguée de leur fille aux poils de chien les conduisent à rechercher une race de chien « allergénique » afin de sonner suite à une promesse de campagne familiale du candidat Barack (« si je suis élu, on prendra un chien à la Maison Blanche… »)

  8. marie-lucie

    Aquinze: rechercher une race de chien « allergénique »

    Vous voulez dire non-allergénique.

    Si vous ne souffrez pas d’allergies, il vous est difficile de vous représenter les difficultés qu’elles peuvent présenter. Beaucoup de personnes sont allergiques aux poils de chat, par exemple, ou aux parfums, à la fumée de cigarette, ou à la poussière des chemins ou des greniers, etc. Certaines allergies alimentaires se découvrent dans la petite enfance, mais d’autres peuvent attendre plusieurs décennies pour se déclarer. C’est le cas d’allergies aux aliments les plus courants, souvent le blé ou les laitages, qui peuvent produire toutes sortes de symptômes, invisibles mais ressentis par les personnes qui en souffrent, sans qu’elles sachent pourquoi (j’en ai fait l’expérience personnelle, et il ne s’agissait pas de symptômes psychosomatiques).

    Il est vrai que la vie moderne, avec son cortège de produits chimiques et d’aliments plus ou moins altérés dans leur intégrité, favorise l’apparence d’allergies (alimentaires, respiratoires ou autres), mais ça ne veut pas dire qu’il n’y en avait pas auparavant. Par exemple, beaucoup d’enfants mouraient en bas âge avant l’époque moderne, et rien ne vous dit que certains n’étaient pas allergiques à différents aliments (entre autres substances), mais qu’on ne s’en apercevait pas, et que ces allergies, en affaiblissant leur résistance, les faisaient succomber plus facilement aux maladies courantes avant les vaccinations.

  9. Siganus K.

    Et une substance “hypoallergénique” (il me semble que ce mot existe :-)), c’est une substance allergique pour les pachydermes du marigot ?

  10. « Hypoallergenic », yes. To claim that some product is « non-allergenic » would be dangerous, because if anyone did have an allergy to it, they would certainly sue.

    Allergies are an overreaction of the immune system, and there is a theory that it is precisely the comparative absence of infectious diseases in modern life that leaves the immune system (so to speak) understimulated and ready to provoke symptoms in the presence of entirely harmless substances.

  11. Je voulais en fait parler d’un chien anallergénique, mais visiblement, hier soir n’était pas le bon soir pour bloguer.

    Je disais aussi, avant de citer l’exemple de Firewall, que l’allergie à la cacahouète paraissait si typiquement américaine (quoiqu’elle semble s’être répandue aussi en Europe depuis quelques années) qu’elle n’existerait probablement pas si les Etats-Unis n’existaient pas…

    Je pense en effet que la prolifération actuelle des allergies est un phénomène propre aux sociétés développées, à la fois en raison de la théorie rappelée par John Cowan (vivant dans un monde de plus en plus protégé en termes d’hygiène et de santé publique, le corps humain verrait ses défenses immunitaires s’affaiblir), mais aussi parce que les habitants disposent d’un pouvoir d’achat suffisant pour consacrer une partie de leurs revenus à diagnostiquer et soigner ce qui n’était peut-être autrefois considéré que comme un désagrément bénin. Or s’il y a des gens prêts à payer, il y aura forcément des gens prêts à vendre, et il est probable que les allergies sont un sacré fromage pour les lobbies médicaux et pharmaceutiques…

  12. marie-lucie

    l’allergie à la cacahouète paraissait si typiquement américaine (quoiqu’elle semble s’être répandue aussi en Europe depuis quelques années)

    Elle paraît typiquement américaine parce que les Etats-Unis (et le Canada) font une très grosse consommation de cacahouètes: le beurre de cacahouètes y est l’un des aliments les plus consommés par les enfants. surtout en tartines mais aussi comme ingrédient de biscuits, etc. Cette allergie se répand en Europe avec la popularité du beurre de cacahouètes. Ce fait montre aussi qu’on peut être allergique à différentes composantes d’un aliment: on peut être allergique aux cacahouètes entiers ou moulus sans l’être à l’huile d’arachide, qui est très employée en France, mais beaucoup moins en Amérique.

    D’autre part, je ne sais pas si le rhume des foins est en hausse ou en baisse, mais il y a des siècles que cette allergie au pollen de certaines plantes empoisonne les printemps et étés d’une partie importante de la population. Ce n’est pas seulement un « désagrément bénin » pour les personnes qui en souffrent.

  13. Comprenez-moi, Marie-Lucie, je ne dis pas qu’une allergie à quoi que ce soit ne puisse pas être parfois pénible, voire inquiétante (je me souviens en particulier de mon plus jeune fils ressemblant à un hamster après avoir avalé un médoc réputé banal et inoffensif…), mais je pense que le traitement des allergies relève dans une large mesure d’une médecine « de luxe ». J’irais même jusqu’à soupçonner que le caractère extraordinairement aléatoire des phénomènes allergiques est une véritable mine d’or pour l’imposante industrie de la médecine.

    Pour en revenir à l’exemple de mon fils, je me souviens qu’à l’hôpital où nous l’avions conduit, il nous avait été indiqué qu’il n’y avait pas d’autre moyen de détecter la substance allergène qu’en multipliant les tests (et donc les coûts), le tout sans garantie de résultat… Et de fait, si vous soumettez n’importe quel individu à une batterie d’examens visant à identifier les causes d’une allergie, il y a de fortes probabilités pour que l’on identifie telle ou telle sensibilité à telle ou telle substance – dont les effets n’auraient en réalité sans doute jamais conduit le « patient » à consulter , et à soigner son allergie.

    J’ajouterais que ce qui est vrai pour les allergies l’est sans doute aussi pour beaucoup d’affections vagues ou moins vagues qui, tant qu’elles ne sont pas diagnostiquées, ne sont pas « prises en charge » médicalement. Tout le problème des sociétés développées est qu’elles ne sont plus capables (politiquement et socialement) d’accepter de poser la question en termes de risque global (risque sanitaire, mais aussi risque financier du coût pour la collectivité), parce que le droit à la santé est perçu comme un droit individuel et « sans prix » (c’est à dire hors de prix).

    Accepter, par exemple, de renoncer au diagnostic prophylactique de certaines maladies comme le cancer de la prostate ou le cancer du sein pourrait être un choix économique compte tenu de la très faible proportion de patients qui échappent, grâce à ce diagnostic précoce, à une issue fatale, mais au prix d’une prise en charge médicale extraordinairement coûteuse pour la société. Toutefois, ce choix est totalement exclu dans les sociétés développées, qui sont par ailleurs des sociétés vieillissantes et donc de plus en plus « allergiques » au risque…

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