Archives quotidiennes : 23 avril 2010

Le français à l’île Maurice – Dictionnaire des termes mauriciens

Quelqu’un de bien intentionné et de bien inspiré m’a récemment offert un livre publié en 1969 et écrit par une personne portant le nom de Nadia Desmarais. Je ne sais pas qui est l’auteur(e), mais son Dictionnaire des termes mauriciens est fort amusant, notamment en ce qu’il est un miroir à la fois déformant et grossissant vous renvoyant vos propres défauts en les ayant passés au highlighter (“surligneur” en français comme il faut).

Ce petit livre de 98 pages comporte des dessins illustrant l’absurdité de certaines expressions prises au sens littéral. On y voit par exemple une femme marinant dans une casserole à côté de la légende suivante : « Elle cuit bien ! » (Le verbe mauricien cuire peut être l’équivalent du verbe français cuisiner.) On y voit des voiles* — c’est-à-dire des stores — qui font partie de vrais gréements.

Selon certains canons d’aujourd’hui, l’auteur serait vue comme étant plutôt prescriptiviste, ce qui, en ces temps de relativisme, s’apparenterait presque à une faute de goût. Ce blog-ci navigue d’ailleurs bien dans le courant actuel en ce sens qu’il ne dit pas quel est le bon usage et le moins bon. Un ami auquel je parlais du verbe circuler (voir la collection de mauricianismes), issu du verbe anglais to circulate, avait poussé un cri du cœur en disant qu’il ne supportait pas cette expression-là. Elle figure pourtant dans la liste car elle s’entend assez fréquemment à Maurice. Qu’il soit licite ou pas de l’employer lorsqu’on “cause français” est une autre question. Mais Nadia Desmarais, elle, coupe et tranche : « Il faut », « il ne faut pas », « on doit » sont des propos qui se rencontrent tout au long de son livre, livre qui semble avant tout être un vade-mecum à l’usage des étudiants mauriciens se rendant en France et tombant dans les pièges d’une langue qu’on pensait connaître. En 1969 donc, l’année érotique…


 
 
 
* Voiles abordées ici, lesquelles ne sont pas les stores abordés .

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