Archives quotidiennes : 9 avril 2010

Ticket

Ticket.
Nom masculin.

Investiture accordée par un parti politique (ou une alliance de partis) à un candidat dans une circonscription électorale donnée.
 
 
« Tout le monde s’intéresse aux alliances politiques, c’est pour cela qu’aucun ministre ne veut se mêler à cette affaire, de peur de ne pas avoir de ticket aux prochaines élections. » (Amritlall Ramgoolam admis de nouveau à l’hôpital hier, Le Mauricien du 11 mars 2010.)

« Deva Virahsawmy n’a pas ménagé ses propos à l’encontre de Paul Bérenger. Selon lui, les propos de Paul Bérenger étaient tellement convaincants que plusieurs militants, de peur de ne pas obtenir de tickets au sein de l’alliance rouge-mauve, ont sollicité l’aide du PTr pour qu’il intercède en leur faveur auprès de Bérenger. » (Deva Virahsawmy : “Il n’a jamais été question d’alliance entre le PTr et le MMM”, L’Express du 20 mars 2010.)

Le leader du Parti mauricien social démocrate (PMSD) est catégorique : il ne faut pas utiliser son parti comme “bouc émissaire” aux prochaines élections générales. Il s’est dit prêt à offrir son ticket à Paul Bérenger et que celui-ci peut le donner à un de ses membres. » (Xavier Luc Duval : “Pa servi PMSD kuma ene bouc émissaire”, Le Matinal du 10 mars 2010.)

« Douche froide, hier, pour plusieurs députés et ministres du Parti travailliste (PTr). “Nou pe fer ene sondaz pou kone ki minis ek depite inn travay pou kone kisanla pou gayn ticket”, a annoncé Navin Ramgoolam, le leader du PTr, sous les applaudissements des membres de son bureau politique, hier. » (Des ministres sur la sellette, L’Express du 6 avril 2010.)
 
 
Chaque circonscription électorale étant représentée par 3 députés au Parlement, les grands partis ou les alliances présentent 3 candidats dans chacune d’entre elles. Au sein de chaque parti ou de chaque alliance il existe donc 60 tickets pour tout Maurice (plus 2 pour Rodrigues, qui a cependant ses propres partis politiques). Dans l’alliance dite “bleu-blanc-rouge” la répartition des tickets s’est effectuée comme suit : 7 pour le PMSD, 18 pour le MSM et 35 pour le PTr. They’ve got a ticket to ride, and they do care — or so we hope.

Le terme “ticket” tel qu’utilisé à Maurice pour parler de l’investiture d’un candidat a une forte probabilité de provenir de l’anglais. Thefreedictionary.com : « Ticket4. A list of candidates proposed or endorsed by a political party; a slate. » Encore que le sens soit légèrement différent : le ticket tel que défini ci-dessus est une liste (de candidats), alors que le ticket mauricien est chacune des investitures individuelles.

L’origine du mot ticket en français est intéressante dans le sens que — à l’instar de la bougette française devenue the budget anglais avant de revenir en français sous la forme du budget — il a été emprunté à l’anglais au XVIIIe ou au XIXe siècle alors que ce dernier l’avait lui-même emprunté au français etiquet (ou estiquette) au XVIe siècle. En ces temps électroniques, si jamais nous devions un jour voter en appuyant sur des boutons comme dans une grande démocratie occidentale, peut-être nos chers partis pourraient-il distribuer des e-tickets à leurs phénomènes de candidats, avec ou sans étiquette à la clef.

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