Archives quotidiennes : 3 avril 2010

Scinque de Bouton

Cryptoblepharus boutonii — espèce endémique arrivée d’Australasie vraisemblablement sur des amas de débris végétaux —, photographié ici sur l’île de la Passe, Mahébourg.

Les scinques constituent une famille de reptiles (les Scincidés) qui se différencie de celle des “vrais lézards” (les Lacertidés) par un corps plus serpentiforme, au cou moins différencié du reste du corps, aux pattes souvent plus courtes (par exemple le “poisson des sables” a des pattes réduites, dont il ne se sert pas toujours, et certains genres de scinques en sont même dépourvus, e.g. le genre Isopachys dont on peut voir quelques représentants au milieu de cette page). Ils sont souvent vivipares, l’éclosion de l’œuf ayant lieu à l’intérieur du corps de la mère.

A la Réunion on pensait le scinque de Bouton éteint depuis plus d’un siècle jusqu’à ce qu’en 1999 un spécimen attaqué par des martins soit découvert dans le sud de l’île. Suite à cette rencontre fortuite, une petite population a été identifiée dans les remparts de cette région.

Cette espèce de scinque, nommée d’après le botaniste mauricien Louis Bouton*, porte aussi le nom de “snake-eyed skink” en anglais. Une des différences notables permettant de différencier les serpents des lézards (dont font partie les scinques) est l’existence de paupières couvrant les yeux. Toutefois, les scinques du genre Ablepharus et Cryptoblepharus sont dépourvus de paupières, lesquelles sont remplacées par des écailles transparentes, comme chez les serpents. Leurs mouvements, toujours très vifs, offrent une certaine ressemblance avec les ondulations latérales des serpents. En outre, comme les serpents et à la différence des autres lézards mauriciens ne faisant pas partie de la famille des Scincidés, les scinques de Bouton ont des écailles brillantes, lesquelles, sous le soleil, possèdent un aspect fascinant.
 
 
 
 
 
* Louis Sulpice Bouton, « né à l’île Maurice le 22 nivôse an VIII (12 janvier 1799) […]. S’intéressa très jeune à l’étude des sciences naturelles de l’île Maurice et en 1821 Desjardins et lui offrirent leur collection au gouverneur pour commencer un musée colonial. […] En 1857 il publia un ouvrage fort utile et intéressant sur les Plantes Médicinales Indigènes de l’Ile Maurice, recueil fait en anglais et en français avec une indication des vertus de ces plantes et des remèdes efficaces confirmés par des expériences locales. […] Bouton mourut à la Rivière des Calebasses aux Pamplemousses le 24 novembre 1878. […] Son nom figure sur l’Obélisque Liénard érigé en 1860 au Jardin des Pamplemousses pour commémorer ceux qui ont le plus contribué à perfectionner l’agriculture à l’île Maurice. » (S. B. de Burgh-Edwardes).

Il est amusant de voir que sur internet on parle avant tout de Louis Bouton en tant que “botaniste français”, l’article de Wikipédia évoquant même un « botaniste français (1800-1878) qui s’installa à l’île Maurice. » Mais sans doute peut-on voir la naissance en un lieu donné comme une “installation”.

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