Archives quotidiennes : 30 avril 2010

Caper

Caper.
Verbe transitif.

1. Manquer les cours qu’on devait avoir, faire l’école buissonnière, “sécher” (y compris autre chose que les cours — voir le troisième exemple ci-dessous).

Jamais je n’ai capé l’école quand j’étais petit ! Pas comme certains de mes camarades…

Alors mon Ange, tu cape[s] l’école demain ?” (Forum Ile-Maurice.com.)

Il trouve toujours un prétexte pour caper le bureau.” (Nadia Desmarais, p. 20.)

Mo kontan kap lekol mo bon senier.” (Traduction de Hamlet en créole, Dev Virahsawmy.)

Selon Robillard, qui cite Baker et Hookoomsing, le mot viendrait d’un français dialectal dans lequel caper signifie échapper. En effet, dans un Dictionnaire rouchi-français (Gabriel Hécart, 1834 — le rouchi étant un dialecte de Picardie), on trouve ceci, à la page 159 du fichier en pdf :
ÉCAPER, échapper. De l’espagnol escapar, échapper. « Il a écapé d’ète riche. » Il est pauvre.
Dans ce même dictionnaire on trouve aussi une expression “à l’écapée” signifiant “à la dérobée”.

En outre, en dialecte normand “se caper” peut aussi vouloir dire “se cacher, se mettre sous cape”, “se renfrogner sous cape”. (On pourra par ailleurs penser à l’expression de marine “à la cape”, mettre à la cape voulant dire effectuer une manœuvre, adopter une allure de façon à fuir le mauvais temps, à échapper autant que possible aux assauts du vent et des vagues.)
 
 
2. Mordre.

Ah non, moi je ne passe pas par là. J’ai pas envie que ces chiens-là viennent caper mes fesses.”

Ce sens du verbe caper est souvent utilisé en parallèle avec l’expression foutre cape :

Elle a excité le chien avec un bout de viande qu’elle secouait devant son nez. A la fin il l’a foutue cape.”

On était en train de donner à manger aux poissons à Blue Bay quand un cateau l’a foutu cape dans le pouce.”

Robillard cite Chaudenson cette fois-ci, lequel évoque un “fonds français”.

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