Ticket

Ticket.
Nom masculin.

Investiture accordée par un parti politique (ou une alliance de partis) à un candidat dans une circonscription électorale donnée.
 
 
« Tout le monde s’intéresse aux alliances politiques, c’est pour cela qu’aucun ministre ne veut se mêler à cette affaire, de peur de ne pas avoir de ticket aux prochaines élections. » (Amritlall Ramgoolam admis de nouveau à l’hôpital hier, Le Mauricien du 11 mars 2010.)

« Deva Virahsawmy n’a pas ménagé ses propos à l’encontre de Paul Bérenger. Selon lui, les propos de Paul Bérenger étaient tellement convaincants que plusieurs militants, de peur de ne pas obtenir de tickets au sein de l’alliance rouge-mauve, ont sollicité l’aide du PTr pour qu’il intercède en leur faveur auprès de Bérenger. » (Deva Virahsawmy : “Il n’a jamais été question d’alliance entre le PTr et le MMM”, L’Express du 20 mars 2010.)

Le leader du Parti mauricien social démocrate (PMSD) est catégorique : il ne faut pas utiliser son parti comme “bouc émissaire” aux prochaines élections générales. Il s’est dit prêt à offrir son ticket à Paul Bérenger et que celui-ci peut le donner à un de ses membres. » (Xavier Luc Duval : “Pa servi PMSD kuma ene bouc émissaire”, Le Matinal du 10 mars 2010.)

« Douche froide, hier, pour plusieurs députés et ministres du Parti travailliste (PTr). “Nou pe fer ene sondaz pou kone ki minis ek depite inn travay pou kone kisanla pou gayn ticket”, a annoncé Navin Ramgoolam, le leader du PTr, sous les applaudissements des membres de son bureau politique, hier. » (Des ministres sur la sellette, L’Express du 6 avril 2010.)
 
 
Chaque circonscription électorale étant représentée par 3 députés au Parlement, les grands partis ou les alliances présentent 3 candidats dans chacune d’entre elles. Au sein de chaque parti ou de chaque alliance il existe donc 60 tickets pour tout Maurice (plus 2 pour Rodrigues, qui a cependant ses propres partis politiques). Dans l’alliance dite “bleu-blanc-rouge” la répartition des tickets s’est effectuée comme suit : 7 pour le PMSD, 18 pour le MSM et 35 pour le PTr. They’ve got a ticket to ride, and they do care — or so we hope.

Le terme “ticket” tel qu’utilisé à Maurice pour parler de l’investiture d’un candidat a une forte probabilité de provenir de l’anglais. Thefreedictionary.com : « Ticket4. A list of candidates proposed or endorsed by a political party; a slate. » Encore que le sens soit légèrement différent : le ticket tel que défini ci-dessus est une liste (de candidats), alors que le ticket mauricien est chacune des investitures individuelles.

L’origine du mot ticket en français est intéressante dans le sens que — à l’instar de la bougette française devenue the budget anglais avant de revenir en français sous la forme du budget — il a été emprunté à l’anglais au XVIIIe ou au XIXe siècle alors que ce dernier l’avait lui-même emprunté au français etiquet (ou estiquette) au XVIe siècle. En ces temps électroniques, si jamais nous devions un jour voter en appuyant sur des boutons comme dans une grande démocratie occidentale, peut-être nos chers partis pourraient-il distribuer des e-tickets à leurs phénomènes de candidats, avec ou sans étiquette à la clef.

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6 réponses à “Ticket

  1. Indeed, the English phrase « That’s the ticket! » meaning « That’s just the right thing » can be understood as « That’s etiquette », though the latter word in English now has initial stress, concealing the ancestral likeness.

  2. zerbinette

    Bon, on va encore dire que je fais du mauvais esprit, mais ce n’est pas moi qui choisis les sujets !

    Avoir un/le ticket (avec qqn). Plaire manifestement à quelqu’un, recevoir des propositions galantes de sa part. Synon. pop. avoir une touche. J’vais t’dire, t’as un ticket d’enfer, une cote super avec la grande blonde de la table du fond… celle qu’est avec le mec à Ray-ban (L’Express, 9 août 1980, p. 72, col. 3).

    « Cette expression s’emploie assez couramment depuis le milieu du XXe siècle. Elle signifie que l’on plaît à quelqu’un, surtout physiquement. En effet, en argot, le « ticket » est une marque d’intérêt physique, voire purement sexuel. »

  3. Siganus K.

    Voilà qui conviendrait parfaitement à un candidat aux élections, Zerbinette. Enfin, disons tout au moins pour la moitié de son électorat potentiel. En ce qui concerne l’autre moitié, il lui faudra sans doute trouver un autre genre d’appeal.

    Mais en France y aurait-il une expression courante qui serait l’équivalent du ticket électoral mauricien ?

    Pour ce qui est de l’étiquette, Dauzat et al. (Dictionnaire étymologique) ne semblent pas savoir l’origine du mot, qui n’est pas mentionnée. Ils parlent de Du Cange, qui aurait utilisé étiquette (est-) dans le sens de “poteau servant de but” (attestation en 1387). Ce n’est que bien après, en 1549, que serait attestée l’acception (juridique) d’“écriteau fixé sur chaque sac de procès”, sens encore en usage au XVIIIe siècle. Le sens actuel, lui, ne serait attesté qu’à partir de la fin du XVIe siècle. Quant à l’étiquette en tant que cérémonial, d’après l’ordre des étiquettes, elle serait attestée à partir de 1719 (Maintenon).

    En revanche le Petit Robert (édition 2006) parle d’une origine germanique (“francique °stikk(j)an, ‘percer’”), et il a même tout un encadré à ce sujet :
    « Le mot étiquette (cf. roumain eticheta, italien etichetta, occitan et espagnol etiqueta) est dérivé d’un ancien verbe estiquier, “attacher”, “enfoncer”, issu du francique °stikk(j)an, “percer”, rattaché à une racine indo-européenne °(s)teig-, “piquer” (cf. grec stizein, “piquer, tatouer” [→ stigmate] ; allemand stecken, “ficher”, allemand stechen et anglais to stick, “piquer”). (…) Étiquette est passé en anglais (ticket, XVIe s., emprunté par le français, puis etiquette, “convenances”, XVIIIe s., qui est revenu avec nétiquette), en italien (etichetta, XVIIIe s.), en allemand (Etikett, XIXe s.). »

    En revanche, après plus mûre réflexion, je me demande si l’acception mauricienne du “ticket” électoral est bien un emprunt de l’anglais (auquel cas il aurait pu être ajouté à l’encadré du Petit Robert) ou s’il n’est pas plutôt une adaptation du mot français. Car le sens qu’en donne l’Oxford English Dictionary ne me semble pas vraiment correpondre exactement :

    Ticket. 1528. (…) 8. In U.S. politics, the list of candidates for election nominated or put forward by a party or a faction. 1711.

    Et puis on voit mal comment un terme américain (le Collins y rajoute la Nouvelle-Zélande) aurait influencé le vocabulaire électoral à Maurice.
     
     
    John, in the United States have you ever heard the word ticket used in a political context? If so, what does it mean exactly? Can it have an acceptation that is close to the Mauritian one, i.e. the (individual) nomination of a particular candidate for a given vote? For example: “The Republicans gave Arnold Schwarzenegger a ticket for the gubernatorial elections in California.”

  4. I think that Americans would always say « The Republicans put Arnold Schwarzenegger on the ticket », but that does not seem to me a very large difference. The OED definition above suggests a physical list, but in modern times it is always purely nominal or imaginary. One may run or file on the Democratic ticket, for example, and balancing the ticket refers to running two candidates (such as President and Vice-President) who will appeal to slightly different types of voters, geographically or ideologically or whatever.

    Given the spelling of Mauritian ticket, the origin almost has to be some variety of English. I wonder what they say in Australia or New Zealand?

  5. Siganus K.

    Given the spelling of Mauritian ticket, the origin almost has to be some variety of English.

    Not necessarily: ticket has been a French word since the first half of the 18th century. In Mauritius it is pronounced “tiké”, despite the fact that words ending with -et are often pronounced “-ette”.

    I think that Americans would always say « The Republicans put Arnold Schwarzenegger on the ticket », but that does not seem to me a very large difference.

    I feel it as being different. (But this is subjective.) For me un ticket is something you have been given, exactly like a ticket is given to you when you go to the cinema, i.e. a piece of paper which will allow you to get inside the room. “Being on the ticket” wouldn’t make sense in this case.

    Yesterday an Englishman said to me that the word wasn’t used in a political context in Britain. We are left with the U.S. only, but apparently with New Zealand as well, and as I said above I doubt American political vocabulary had a chance to influence its Mauritian counterpart.

  6. Entendu aujourd’hui vers 10h50 sur France Inter :

    « Il faudrait un concours de circonstances extraordinaire pour que les hommes de Sven-Goran Eriksson parviennent à décrocher leur ticket pour les huitièmes de finale. »

    Il s’agit là d’un ticket plus sportif qu’électoral, certes, mais je me demande si un tel usage du mot ticket est courant en France.

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