Gogote

Gogote
Nom féminin      [oups ! j’avais d’abord écrit “masculin”…]

1. (Familier à vulgaire.) Sexe masculin, membre viril, zizi, bite.

2. (Familier à vulgaire.) Par glissement de sens, terme péjoratif ou injure signifiant “couillon”, “idiot”, “imbécile”, “connard”.

« Aujourd’hui sur les paquets de cigarettes on te montre comment ta gogote va devenir si tu fumes trop. »

« Lindsay s’était caché derrière le gros veloutier au milieu de la pelouse et si, à son âge, il s’était attardé à regarder à travers les feuilles, se balancer les seins nus de la Ti’ Madam puis ses jolies fesses rondes quand, arrivée sur la plage, elle lui tourna le dos, même qu’il avait senti sa gogote devenir dure comme bois de fer, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps et l’avait fait rire (…) » (Geneviève Dormann, Le Bal du dodo, page 82.)
 
 
« Ça c’est une gogote ce Tommy-là ! Il a fait exactement le contraire de ce qu’il fallait faire !! »

« parceque c une gogote et il faut niker sa gueule de chinois » (Facebook)

« The driver, that is the accused party, told W1 to remove the vehicles of the Fire Brigade. The accused party stated the following to W1: “Tire sa camion la la pou dimoune capave allé ti gogote. » (Jugement à la cour de Moka, février 2008.)
 
 
Le mot en tant que terme de mépris ou d’insulte est utilisé à la Réunion aussi, a priori plutôt au masculin alors qu’à Maurice il est exclusivement féminin*, y compris lorsqu’on parle d’un homme ou d’un garçon. Dans Le français de la Réunion, Michel Beniamino écrit ceci :

« GOGOTE n. m. (et f.) Insult. || Idiot, imbécile. Un gogote inconscient des valeurs sportives, de la morale du sport, a agi comme un gamin irresponsable [_]. (TEM 17.12.91) ÉTYMOL.: Du fr. dial. gogotte: « membre viril », passé en créole. Le terme, qui est peut-être en rapport avec gogue: « andouille, boudin » explique la métaphore (CHA: 774). »

Il existerait donc le mot gogotte dans un français dialectal qui n’est pas précisé. On se demande lequel. Mais il est indéniable qu’un googlage du terme donne des résultats qui, a priori, ne peuvent être directement rattachés à Maurice ou à la Réunion. Par exemple :

« Sur ce, ça sera peut-être la dernière, parce que j’en ai marre que ce mec me file une crise d’urticaire à chaque fois qu’il ouvre la bouche, et que finalement, il faut bien être une gogotte pour courir comme ça, révulsée, derrière chacune de ses ignominies. Ouais, y a une vie avant la mort. Sorry Sarko, mais j’y retourne. Demain, j’aurais même oublié ton nom. » (Blog “Dans la marmite de Rachel”)

Un livre pour enfant porte le titre suivant : Rominet secoue les gogottiers. L’éditeur présente le livre de la sorte : « Papillote la souris gourmande, adore les beignets de gogottes. Mais qu’est-ce qu’une gogotte ? Un fruit délicieux, qui hélas, pousse sur le gogottier, un arbre très grand et très haut. Heureusement, Rominet a inventé une échelle pour cueillir les gogottes sans se fatiguer… » (Amazon.fr)

Sur un “forum pour femmes” : « et ceux qui lui disait : « il te prend pour une gogotte, il ne divorcera pas », etaient légion comme on dit mais rien a faire. meme si parfois elle trouvait le comportement de son amant louche, elle se contentait des miettes et attendait. » (Forum auFéminin)

En l’absence de référence dans un dictionnaire, le sens du mot tel qu’il est employé dans ces exemples reste à déterminer. Mais par ailleurs, même si ce dictionnaire extensif qu’est le TLF ne connaît aucune entrée pour gogot(t)e**, il semble à peu près établi qu’en minéralogie une gogotte est une concrétion de grès (sable consolidé) ou de calcaire.
 
 
 
* En français mauricien, le créole n’ayant pas de genre.
(Le mot est utilisé dans le même sens en créole, mais en possède d’autres aussi, comme par exemple dans « li pa vo enn gogot », il ne vaut rien (“il ne vaut pas une gogote”) ou « li fer koir li enn mari ; ler gété li pa konn enn gogot ».)
** A ceci près qu’à la deuxième entrée pour le verber cocot(t)er (signifiant puer) on trouve mention d’un substantif gogotte qui serait une altération de cocotte :
« 1881 gogoter (L. Rigaud, Dict. de l’arg. mod., p. 198); 1900 cocotter (Nouguier, Notes manuscrites interfoliées au Dict. de Delesalle, p. 72). Prob. dér. de cocotte¹* d’apr. l’idée de sentir la cocotte « sentir le parfum (trop fort et/ou de qualité médiocre) des femmes légères ». La forme gogotte (peut-être altération d’apr. gogue, goguenots « fosse d’aisance »?) n’est pas suffisante pour retenir l’hyp. d’une formation par apocope et redoublement de chelingoter, dér. de chlinguer « puer » (Esn.). »

 

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Mise à jour du 10 décembre 2014.

fuck off gogot

fuck off
gogot

Graffiti sur une chaise d’école.

 

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Mise à jour du 28 mars 2015.

Un homme était un bougre et avait une gogote ou une bibite tandis qu’une femme était une bougresse avec des tétés et une chouchoute. Une fesse ne désignait pas une jolie fille mais un paresseux ou un maladroit.”
Notons qu’en France un imbécile est un « con » (sexe de la femme dans son sens premier) mais à Maurice, c’était plutôt une gogote.”
(François Duchenne, De Carol à Gervaise, chroniques d’un temps révolu, 2010.)

61 réponses à “Gogote

  1. Quelqu’un ici, ayant ou n’ayant pas de connaissance en “français dialectal”, aurait-il déjà entendu un mot que l’on prononce [gogot] ? Si oui, que signifie-t-il ?

  2. Mon petit robert me fait connaître, par un petit zizi, qu’il y a gogo:  [Fam. et vieilli] Homme crédule et niais, facile à tromper. ==> jobard, naïf, pigeon, poire. [1834; nom d’un personnage de « Robert Macaire », comédie de Frédérick Lemaître} ».

    Un zizi est une variété de bruant commune en France. Vous devez connaître la locution anglaise « a little bird told me ». On dit ça quand on ne veut pas révéler la source de d’une information.

  3. Bougon, en français on dit « mon petit doigt m’a dit », et en ce faisant on parle d’un doigt pourvu d’os.

    Le zizi un bruant? (Whatever that is.) Pourquoi pas. En Italie bibite* est bien quelque chose de pluriel qui n’a rien à voir avec le sexe, ce qui est inconcevable pour un Martien.

    Je ne pense pas que l’expression « un gogo » ait pu avoir une influence sur la gogote mauricienne. Ça serait un peu tiré par les…
     
     
    * http://en.wiktionary.org/wiki/bibite

  4. Voilà un bruant. C’est une sort de sparrow, apparemment.

  5. Une sorte. Ils ne font pas de sortilège.

  6. Ah, un oiseau donc. Mais, Bougon, un oiseau peut-il légitimement s’appeler “zizi” ? Depuis tout jeune je me suis demandé comment ils faisaient, ces emplumés-là. Cette histoire de cloaque (quel nom !) m’a toujours semblé très obscure.

  7. Grumbly, il me revient en tête une blague de potache que nous disions quand nous devions avoir douze ans par là. (Elle pourrait intéresser notre ami couronné.) On demandait à un camarade “Tu connais causer anglais toi ?” Comme l’autre marmonnait que oui, à peu près, on lui demandait alors de traduire « Va cabri rouge dans ta vraie figure », ce qui était censé donner « Go goat red in your true face », soit, prononcé un peu vite et avec un accent ad hoc, “gogote raide in your trou fesse”.   😳    :oops:  😳

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    Hum… Mesdames, sautez ce billet-ci. Je crains qu’il ne soit le terrain de jeu des vilains petits garçons.

  8. Çà, quelle histoire ? Ça fait seulement que les oiseaux n’ont pas de motivation de se formaliser sur ce sujet. C’est pas notre faute à nous si inter faeces et urinam nascimur, comme aimait dire l’évêque de Hippo.

    Les bruants font beaucoup de bruit, étant sparrows. Leur bruit est un « twittering ». Le bruit des zizis est un « tinkling ».

  9. marie-lucie

    il faut bien être une gogotte pour courir comme ça, … derrière chacune de ses ignominies.

    Dans cette citation, il me semble que « gogotte » est le féminin de « gogo », c’est-à-dire une femme niaise et crédule.

    Mais quel est cet arbre sur la photo?

  10. Siganus K.

    Un pand(ard)anus, aussi appelé vacoas (screw pine en anglais). Il en avait été question sur le billet consacré aux tantes.

  11. It’s hard to find photos of the aerial roots. Here is another.
    http://www.visoflora.com/photos-nature/racine-de-vacoa.html

    And the fruit looks very interesting.
    http://www.visoflora.com/photos-nature/vacoa-ou-pimpin.html

  12. Wiki says its a psychedelic plant; the nuts of the Screw Pine are supposed to contain DMT, whatever that is.
    http://en.wikipedia.org/wiki/Psychedelic_plants

    DMT is a powerful, visual psychedelic which produces short-acting effects when smoked. It is used orally in combination with an MAOI, as in ayahuasca brews. It is naturally produced in the human brain and by many plants.
    http://www.erowid.org/chemicals/dmt/dmt.shtml

  13. >Siganus K.
    Je viens de savoir, par hasard, de l’existence des écueils des Cargados Carajos et ce nom m’a frappé à cause de sa signification en espagnol très relié avec ce billet. En portugais et en galicien on dit «caralho» avec le même sens. Wiki signale que, d’après Toussaint, le nom original était «Coroa dos Garafos» mais cela me semble bizarre.

  14. Siganus K.

    des écueils des Cargados Carajos et ce nom m’a frappé à cause de sa signification en espagnol très relié avec ce billet

    Ce sont plus que des écueils. Des gens vivent là-bas, sur des îlots, et pas de façon permanente, certes, mais plusieurs mois d’affilée, et même plusieurs années pour au moins l’un d’entre eux.

    Je ne sais plus si j’ai jamais su la signification de Cargados Carajos en espagnol, mais si c’est le cas je l’ai oubliée. En quoi est-elle liée à ce dont il est question dans ce billet ?

  15. Siganus, si mes souvenirs d’espagnol sont encore sûrs, il me semble qu’outre son emploi comme juron — pouvant correspondre à notre « merde! » — , carajo peut désigner tout simplement ce qu’on appelle pudiquement dans les dictionnaires bien élevés le membre viril. Sachant que cargado signifie « chargé » … Jesús nous en dira plus sans doute.
    Et reste à trouver le rapport avec le Saint-Brandon.

  16. >Pour «écueil », c’est le mot que j’ai trouvé dans Wiki ; je n’ai voulu pas le sous-estimer.
    Et leveto a raison ; Cargados carajos peut être traduit par «Gogotes chargées», un excellent titre pour un film porno.
    C’est curieux que notre dico parle d’une origine incertaine du mot :
    http://buscon.rae.es/draeI/SrvltGUIBusUsual?TIPO_HTML=2&LEMA=carajo
    Pourtant, l’Académie portugaise dit que « caralho » était cela (je n’ai pas trouvé le mot français):
    http://www.portugal-tchat.com/host_mes_images/view/630
    C’est l’origine de l’expression portugaise et espagnole «mandar a alguien al carajo » (envoyer qqn…). Les autres sens en portugais sont les mêmes qu’il y a en espagnol.

  17. Siganus K.

    Jesús, l’article de la Wikipedia en anglais consacré à Saint-Brandon dit ceci : « the name Cargados Carajos is Spanish for “[heavily] loaded crow’s nests” », le crow’s nest étant ce qu’on appelle le nid-de-pie, où se tenait la vigie. Soit ils sont pudiques, soit ce carajo-là fait dans la polysémie. (Entre parenthèses, “[heavily] loaded crow’s nests” ne veut rien dire à mon avis.)

    Ce que je trouve très intéressant sur la page du dictionnaire espagnol vers laquelle vous nous avez dirigé, ce sont ces expressions-là :
    importar algo un carajo a alguien. — 1. loc. verb. coloq. No importarle nada.
    un carajo. — 1. loc. adv. coloq. nada (‖ ninguna cosa). No entiendes un carajo.
    Je ne suis pas certain de bien en comprendre le sens, mais il me semble qu’ici ce carajo-là peut signifier “rien”, “zéro”, etc. Cela serait donc le pendant de l’expression créole mentionnée à la fin du billet : li pa konn enn gogot, il ne connait rien (“il ne sait pas une gogote”).
     
     
    le rapport avec le Saint-Brandon

    Ah, Leveto, ne soyez donc pas si pressé de passer à l’acte !

    Je crois avoir lu que le nom de Saint-Brandon venait de certains massifs coralliens qui avaient des formes de chandeliers (ou de brandons), mais je n’en mettrais pas ma main au feu. Si cela vous turlupine, je chercherai à l’occasion dans mes bouquins. (Je ne connais pas une seule personne à Maurice qui appelle ces îles-là “Cargados Carajos”, leur nom officiel. Vous en connaissez beaucoup d’autres comme ça ?)

  18. >Siganus K.
    Oui, ce nid-de-pie c’est l’origine du mot qui donne l’Académie portugaise pour son « caralho » (le «lh» est pareil à notre «ll») ; pourtant, c’est bizarre que notre Académie ne sache pas ce mot ancien.
    Pour les expressions, vous les avez bien traduites, mais sa signification n’est toujours «rien». Il sert aussi pour peser qqch. ; par exemple : « hace un frío del carajo » (il fait beaucoup de froid) ; «cuesta un carajo» (cela coûte beaucoup).
    Suivant avec la langue scato présumée (pas sûr) le mot « huevo » (œuf mais aussi testicle) est employé dans «me importa un huevo» (je m’en fiche), mais aussi «me costó un huevo» (cela m’a coûté beaucoup).

  19. The original crow’s-nest was no more than a barrel tied to the top of the mainmast. If more than one person was in it, it would no doubt tend to dangle downwards. In addition, the barrel would wobble about as the mast amplified the ship’s motion, making being sent to the crow’s nest a form of mild punishment — by nausea.

    The U.S. Navy (per Wikipedia) claims that actual crows were kept there in order to be freed in difficult weather conditions, crows being thought to head straight for land even through the thickest fog. Since crows are not homing pigeons, I don’t see how they replaced one after letting it go; also, if you can’t see land, how can you see the crow? The same source also connects this supposed custom with the English expression as the crow flies, meaning in a straight line as opposed to whatever turnings and deviations are necessary for the land-bound.

  20. Go Goat red in your true face! Allez Cabri!
    😀

    En sms et msn c’est « ggt »!

    mari gogoterie!

  21. I don’t see how they replaced one after letting it go
    I seem to remember in the Bible when Noah let a bird go, it came back because it didn’t find land. Later, when the bird didn’t come back, they knew they were close to land. Oh no, wait, it came back with a branch in its mouth, so maybe there was nothing to eat yet.

    «me costó un huevo» (cela m’a coûté beaucoup)
    English:  » It cost an arm and a leg. »

    li pa konn enn gogot
    English: « He doesn’t know shit. »

    So, about the psychedelic properties of the aussi appelé vacoas nuts–do Martians smoke these naughty trees to get high?

  22. the English expression as the crow flies, meaning in a straight line as opposed to whatever turnings and deviations are necessary for the land-bound.

    en français, « à vol d’oiseau » (mais sans préciser que l’oiseau est une pie ;-))

  23. >Nijma
    I remember that Noah after that got drunk with a sort of psychedelic, as you say.
    For vacoas nuts in Maurice I think psycho-tropic is better. (LOL)

  24. marie-lucie

    Aquinze, une pie? « crow » veut dire ‘corneille’, pour la pie c’est « magpie ».

    Jesús, Noah got drunk with wine.

  25. At length did cross an Albatross,
    Thorough the fog it came ;
    As if it had been a Christian soul,
    We hailed it in God’s name.

    It ate the food it ne’er had eat,
    And round and round it flew.
    The ice did split with a thunder-fit ;
    The helmsman steered us through !

    It’s possible Coleridge first tried « At length did cross a big black crow ». Regardless of the bird, they could have tied a piece of string round its foot and just pulled on it gently.

  26. Siganus K.

    Ashvin : En sms et msn c’est « ggt »!

    C’est bon à savoir ! (J’avoue ne pas souvent utiliser le mot en envoyant des SMS. Par contre à l’oral… :oops:)

    Quant à la gogoterie, un de mes collègues a une théorie selon laquelle on aura vraiment l’égalité des sexes, si on peut dire, le jour où on dira autant “sousouterie” que “gogoterie”. (On pourra remarquer que les Français et Aneerood, eux, disent déjà “une/ène connerie”.)

  27. Dégogoté: Qui est ivre, grisé, abasourdi, stupéfié, abruti ou qui ne comprend plus rien. Ou qui a perdi son zizi.

    “Ta tone dégogoté!”

  28. Siganus K.

    Ah, je ne l’ai jamais entendu celui-là. Dans le registre en question je connais “défalouté”, mais pas “dégogoté”. Une histoire de génération peut-être…
     
     
    Noah got drunk with wine

    But does Noah drink wine?

  29. >Marie-lucie
    Oui, c’est pour cela que j’ai ajouté «a sort of psychedelic*, as you say» avec un sens figuré comme blague (malencontreuse ?)-jeu de mots.
    *Certes, ce mot a été pêché dans les eaux du grec par l’anglais donc, d’une certaine manière, on pouvait parler d’anglicisme camouflé dans le français et l’espagnol (au moins).

    >Siganus K.
    C’est clair que vous plaisantez sur Noé. Voilà l’ivresse de Noé ; c’est curieux que le Genèse dit : « [ses fils] couvrirent la nudité de leur père… » alors que Michel-Ange les a dessinés aussi nus :
    http://es.wikipedia.org/wiki/Archivo:Michelangelo_Buonarroti_021.jpg´

  30. Hier soir j’ai lu (ah ! le hasard) dans « El País » un article curieux, à mon avis, et relié avec ce billet.
    Un membre (non, ce mot n’est pas la question) du corps diplomatique pakistanais a été rejeté comme ambassadeur par trois pays arabes : Émirats arabes unis, Bahreïn et Arabie saoudite. Mais, pourquoi ? Il a été, par exemple, ambassadeur aux USA, l’Inde, la République sud-africaine, etc. La raison est son nom ; il s’appelle Akbar Zeb. Tout le monde sait qu’Akbar signifie «grand» et pour suivre le billet, la traduction de « zeb » ajouté à l’adjectif veut dire : Gogote grande.
    Un présumé libéral intellectuel saoudien a dit que ce nom « franchit toutes les lignes rouges de la culture nationale ».

  31. >Siganus K
    Je le propose comme consul adjoint aux îlots Cargados Carajos.

  32. >Siganus K
    Peut être aussi à Fucking (Autriche) mais pas à Dildo (Canada).

  33. Siganus K.

    Dans ce registre encore, Jesús, je me souviens d’un article à propos de la possibilité qu’avaient certains citoyens français de changer de nom — une chose en principe exceptionnelle dans leur pays —, article qui citait le cas d’un monsieur (ou d’une dame), peut-être d’origine tchèque, qui s’appelait “Bitobek”. Je ne suis pas certain que l’histoire soit authentique cependant.

    Pour l’arabe je penchais plutôt pour zob, mais peut-être zeb est-elle une prononciation alternative.

    Quant à Noé, on peut s’interroger sur le sens de la phrase « [ses fils] couvrirent la nudité de leur père… » quand on connaît le sens que peut prendre le verbe “couvrir”. Qu’ils soient nus eux aussi paraît en effet étrange.

    Cela me fait songer à ce que j’ai lu il n’y a guère, moi qui me suis récemment (re)plongé dans les romans écrits par un rabbin du nom de Chaïm Potok. Dans un de ses livres, deux jeunes gens discutent du passage de la Torah évoquant ce que vous mentionnez là, et ils se demandent pourquoi c’est le petit-fils de Noé, Canaan, qui est maudit alors que c’est le père de ce dernier, Cham, lui-même fils de Noé donc, qui est censé avoir vu la nudité du patriarche. Cela leur semble particulièrement injuste. Cependant, un peu plus loin dans le livre il est question d’une émasculation de Noé, ce qui n’est pas explicitement écrit dans la Bible mais qu’une certaine tradition aurait transmis.

    (Accessoirement, c’est la malédiction de Canaan, vu comme l’ancêtre des hommes à peau noire, qui a pu justifier que ces derniers soient esclaves, puisque “c’est écrit dans la Bible”.)

  34. Siganus K.

    « Gogote ! » doit être vu comme un juron éminemment mauricien, car les Bourbonnais en ont truffé les dialogues entre deux supposés pilotes d’Air Mauritius. Voir la vidéo ici : https://mauricianismes.wordpress.com/2010/02/01/bourbonnais/ (surtout le copilote, qui le dit au moins trois fois d’affilée).

  35. article qui citait le cas d’un monsieur (ou d’une dame), peut-être d’origine tchèque, qui s’appelait “Bitobek”.

    Oh, ça me rappelle une histoire que j’ai déjà racontée ailleurs

  36. Merda…

  37. marie-lucie

    J’ai toujours entendu dire que c’était Cham (en anglais Ham), l’un des fils de Noé, qui avait été maudit pour son indiscrétion, et je n’avais entendu parler d’un petit-fils nommé Canaan. Dans la Bible Chanaan (en anglais Canaan) est le nom de la région où arrivèrent les descendants d’Abraham.

    Apparemment, selon la tradition que l’on suit, cette malédiction peut être indifféremment celle de Cham ou celle de Canaan. Il y a d’autres exemples bibliques de malédictions prononcées non pas sur un personnage mais sur sa descendance, sans doute parce que dans cette tradition patriarcale, les hommes se glorifiaient d’avoir une descendance nombreuse et florissante. Ces descendants partageraient donc la honte de leur ancêtre: c’est la tribu entière qui est maudite. Comme dans « les pères ont mangé des fruits verts, et les fils en ont les dents agacées », et aussi les péchés d’un seul affligeant ses descendants jusqu’à la septième génération.

    Les fils de Noé sont censés être les ancêtres des Sémites (fils de Sem), des Chamites (fils de Cham) et des Européens (fils de Japhet). En linguistique on parle des langues sémitiques (hébreu, araméen, arabe) et chamitiques (certaines langues d’Afrique), ou bien même d’un groupe chamito-sémitique. En Russie il y a eu une école linguistique (maintenant entièrement discréditée) qui groupait ensemble les langues « japhétiques » (Caucase et Europe).

  38. Siganus K.

    Marie-Lucie, sur la page de Wikipédia que je donnais en lien plus haut :
    « Le récit en est fait dans Genèse 9. 20-27 : […] Noé s’éveilla de son vin et apprit ce qu’avait fait son plus jeune fils. Il dit : “Maudit soit Canaan ! Il sera pour ses frères l’esclave des esclaves !”. »

    Le livre que l’universitaire Louis Sala-Molins consacre au Code Noir porte le sous-titre de “ou le calvaire de Canaan”. Dans le premier chapitre, intitulé “la malédiction liminaire”, l’auteur complète le passage biblique ci-dessus : « Que Dieu mette Japhet au large, qu’il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit son esclave ».

    Celui qui est puni n’est pas celui qui a fait l’action et on peut en outre penser que le châtiment est disproportionné par rapport à la “faute” consistant à voir la nudité de son père ou de son grand-père.

  39. marie-lucie

    Je vous crois, Siganus, mais j’avais regardé plusieurs pages de Wikipédia avant de répondre, et découvert qu’il y avait deux interprétations de qui exactement avait été maudit.

    Oui, le châtiment paraît disproportionné, mais si on en croit cette autre tradition mentionnée par Chaim Potok, la faute, ou plutôt le crime, aurait été beaucoup plus grave (ce crime rappelle plusieurs traditions très anciennes de la même région, par exemple en Mésopotamie et dans les plus anciennes traditions grecques, où pendant les combats entre dieux qui suivent la création de l’Homme, un fils ou petit-fils émascule son père ou grand-père, lui-même coupable d’actes criminels – la Bible n’est pas totalement coupée de traditions plus anciennes circulant dans la région).

  40. Siganus K.

    Je vous crois, Siganus

    Ce n’est pas une obligation, vous savez. Ce n’est pas ma partie et je ne fais que répéter ce que j’ai vu/lu çà et là. Quand j’aurais un peu de temps devant moi j’essaierai de retrouver les passages ad hoc dans le livre de “rabbi Chaïm”. Peut-être les rédacteurs de la Torah* étaient-ils pudiques et n’ont pas osé décrire ce qui est vraiment arrivé à Noé, dont on a seulement évoqué la “nudité”.
     
     
    * ce que je dis là est hautement hérétique pour un juif othodoxe, le Pentateuque ayant en principe été écrit par le Maître de l’Univers lui-même (et dicté à Moïse)

  41. >Siganus K.
    J’ai rigolé lorsque j’ai lu votre com sur une des acceptions de «couvrir» ; chez nous elle existe aussi («cubrir») et avec le verbe «montar» (monter) il y a la même signification.
    Pour la fresque de Michel-Ange, notre Wiki dit que la nudité des fils est un prétexte de l’artiste pour représenter, une fois de plus, le nu masculin. D’ailleurs, on y ajoute que les scènes sur Noé sont chronologiquement altérées et même on donne une interprétation.
    Comme curiosité.- Hier soir j’ai trouvé ce lien où on parle d’une confusion à propos d’un tableau de Giovanni Andrea de Ferrari, peintre intitulé « El sueño de Jacob » (le rêve de Jacob) alors qu’il s’agit de ladite ivresse ; c’est vrai que Noé est assez habillé dans ce tableau (deuxième tableau dessous le titre « Confusiones iconográficas : la embriaguez de Noé):
    http://cuadrosparaunaexposicion.blogspot.com/2009/09/confusiones-iconograficas-la-embriaguez.html
    Selon la Bible catholique, Canaan est le maudit, comme vous avez dit. Je crois que l’explication que marie-lucie nous a donnée pour la malédiction sur la descendance est judicieuse.
    Dans le chapitre 10 du Génese on parle de la descendance de Noé ; tous sont nés après le déluge, Canaan compris. D’autre part, notez que dans le tableau que j’ai remarqué on peut voir un enfant qui regarde Noé : Canaan ?

  42. >Siganus K.
    J’ai oublié un mot dans l’apposition.
    On doit lire « …Giovanni Andrea de Ferrari, peintre baroque,… »

  43. Siganus K.

    Jesús, ça serait vraiment très œdipien tout ça. “Tu tueras (symboliquement) ton père et tu coucheras avec ta mère.” Ici on élimine (symboliquement) le père en tant que rival en lui enlevant ce qui a fait de lui un père.

    Accessoirement, comment prononce-t-on “El sueño de Jacob” ? Rrrrhacob, avec cette jota qui racle la gorge, ou serait-ce ici un son différent ?

  44. marie-lucie

    En dépit de la tradition orthodoxe, les rédacteurs ont perpétué des traditions déjà anciennes, transmises oralement, qui elles-mêmes avaient sans doute modifié d’autres traditions.

    (Jesús, en français on dit « La Genèse ». )

  45. >Siganus K.
    Le «j» est prononcé d’une façon pareille au «h» anglais. Aussi le «g» dans «ge» et «gi».
    Je viens de lire que quelqu’un a parlé d’une influence sémitique ; tout est relié. (LOL)

  46. >Marie-lucie
    Merci.
    Ah si seulement j’avais cette faute ! J’ai pensé beaucoup à l’exode de ces blogs pour être encore dans la genèse de mon vocabulaire.

  47. marie-lucie

    Le «j» est prononcé d’une façon pareille au «h» anglais. Aussi le «g» dans «ge» et «gi».
    Je viens de lire que quelqu’un a parlé d’une influence sémitique

    Ce quelqu’un avait tort. Il est établi depuis longtemps qu’en vieil-espagnol on prononçait « j » et « x » comme en portugais actuel, c’est-à-dire comme « j » et « ch » respectivement en français. Plus tard ces deux sons ont été prononcés de façon différente et se sont mélangés en un seul, qu’on écrit maintenant « j » (« g » devant « i » et « e »).

    Il est possible que ces changements soient dûs à une influence basque plutôt qu’arabe, mais d’autre part ces mêmes changements se sont produits aussi dans certains dialectes français, notamment dans la région de la Vendée (sur l’Atlantique) et dans certains parlers canadiens, qui n’ont sûrement jamais subi une quelconque influence arabe.

  48. marie-lucie

    p.s. par exemple « Ximena », la fiancée du Cid, s’appelle « Chimène » en français, et « Don Quixote » s’appelle « Don Quichotte ». Dans les deux cas le « x » espagnol de l’époque correspond au son écrit « ch » en français. Plus tard l’espagnol a éliminé le « x » pour le nouveau son, et on écrit maintenant « Jimena » et « Don Quijote ».

  49. Siganus K.

    Mr Bader m’expliqua l’horrible chose dont Noé avait été victime. Je crois que tu es maintenant assez grand pour comprendre, dit-il. Car j’ai l’intention de t’enseigner la Bible exactement ainsi qu’elle est écrite. La Torah nous rend compte de l’homme dans sa totalité, c’est-à-dire sa beauté et sa laideur. Et là, vois-tu, c’est un aspect très laid. Et il me lut les commentaires de Rashi et d’Ibn Ezra disant que Noé avait été émasculé afin qu’il ne puisse avoir un quatrième fils. Ce sont les versets vingt et un et vingt-deux qui l’indiquent, reprit Mr Bader, et tout laisse penser que Canaan s’en chargea, lui qui était le plus jeune fils de Cham, car sinon pourquoi le verset vingt-deux stipulerait-il que “Cham, le père de Canaan, vit la nudité de son père” ? Pourquoi mentionner Canaan, alors qu’il est question de Cham, sinon pour signifier que Canaan s’était rendu coupable de cette terrible action ? Mais si Canaan, le petit-fils de Noé, est bien le coupable, pourquoi est-il écrit dans le vingt-quatrième verset que Noé se réveilla et vit ce que lui avait fait son plus jeune fils ? Car si c’est le plus jeune fils qui est responsable de cet acte, pourquoi est-ce Canaan, le plus jeune fils de Cham mais le petit-fils de Noé, qui est maudit au vingt-cinquième verset ? Eh bien, conclut Mr Bader, si nous reprenons le sixième chapitre, nous voyons que Japhet, et non Cham, était le fils cadet de Noé. Mais au chapitre neuf, vingt-toisième verset nous apprenons que Sem et Japhet ne virent pas la nudité de leur père, ce qui indique que Japhet était donc innocent.

    (Chaïm Potok, Au commencement, page 271.)

  50. >Marie-lucie
    Comme vous avez lu, j’avais ajouté un LOL à l’idée de l’influence sémitique. J’avais aussi lu quelque part à propos de l’origine basque et je ne sais pas si ajouter aussi quelque chose. Après avoir jeté un coup d’œil aux mots qui commencent par « j » en espagnol, j’ai vu qu’il y a un tas de mots d’étymologie arabe, mais on peut lire plusieurs avec un origine français, latin, grec, nahua, allemand, persan, provençal, anglais, gitan, occitan, hébreu, italien, tupí…et même du portugais mais emprunté à une langue dravidienne de l’Inde. C’est évident que cela n’a rien à voir avec notre phonème.

  51. marie-lucie

    C’est évident que cela n’a rien à voir avec notre phonème.

    Je ne comprends pas ce que vous voulez dire ici.

  52. >Marie-lucie
    C’est littéral. Il ne s’agissait que d’une simple énumération.

  53. Si « bibite » n’a rien de sexuel comme connotation en Italie, bizarrement, les Italiens trouvent que danser le sega a vraiment quelquechose d’érotique, car, voyez-vous, en italien, d’après Wikipedia.it, (http://it.wikipedia.org/wiki/Sega) « sega è un termine colloquiale con cui si indica l’atto della masturbazione maschile », si mon italien est correct: « sega » est un terme familier dénotant la mastubation masculine…
    Comme quoi, sans « bibite », il ne peut y avoir de « sega »…
    Pourvu qu’ça dure!

  54. Siganus K.

    Comme quoi les mêmes mots peuvent avoir des significations bien différentes d’une langue à l’autre, voire d’un dialecte à l’autre, voire même d’une région à l’autre.

    (Dire que bien des érudits ont cherché l’origine possible du mot “séga” (la musique et la danse de Maurice), en vain.)

  55. The name of the late President of Rhodesia was, unless i am mistaken, Canaan Banana, who besides being a methodist or some other protestant minister, was also a notorious sodomite. Le Calvaire de Banana- oups, pardon, de Canaan!🙂

  56. A clarification:

    The term Hamito-Semitic is now disused in favor of Afroasiatic, as the former name implies that the other families of the group, namely Ancient Egyptian/Coptic, Ethiopic, Berber, Chadic, Cushitic, and possibly Omotic, form a coherent « Hamitic » group. Although classification of these families, as well as Semitic, is not yet settled, it is clear that Semitic cannot be validly opposed to the rest.

  57. marie-lucie

    You are right, JC. I mentioned the earlier term because it is a direct offshoot of the Biblical tradition, and also because it was formerly used and can therefore still be encountered in print. The Hamites and Semites and their languages were being classified geographically (Africans and Middle Easterners) rather than on strictly linguistic principles.

  58. Siganus Sutor

    Ayant eu à me rendre dans une école aujourd’hui, je suis tombé sur quelques chaises taguées au Tipp-Ex. Sur l’une d’elles, un gogot et son double en boustrophédon ne pouvaient qu’attirer l’œil (voir la mise à jour du billet).

    Je ne me rappelle pas s’il s’agissait d’une école pour filles ou d’une école pour garçons. Peut-être la question ne devrait-elle même pas être posée.

  59. Siganus, en boustrophedon, cela se lirait sans doute « bobot ». Ici c’est écrit de façon à se lire des deux côtés de la table.

  60. Siganus Sutor

    C’est en effet ce que j’ai réalisé par la suite en me tordant le cou. Tant pis… Mais il s’agit d’un dossier de chaise, donc d’un élément vertical.

    (Incidemment, il s’agit d’une école pour filles. Eh bien, mesdemoiselles !)

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