Archives quotidiennes : 28 février 2010

Gogote

Gogote
Nom féminin      [oups ! j’avais d’abord écrit “masculin”…]

1. (Familier à vulgaire.) Sexe masculin, membre viril, zizi, bite.

2. (Familier à vulgaire.) Par glissement de sens, terme péjoratif ou injure signifiant “couillon”, “idiot”, “imbécile”, “connard”.

« Aujourd’hui sur les paquets de cigarettes on te montre comment ta gogote va devenir si tu fumes trop. »

« Lindsay s’était caché derrière le gros veloutier au milieu de la pelouse et si, à son âge, il s’était attardé à regarder à travers les feuilles, se balancer les seins nus de la Ti’ Madam puis ses jolies fesses rondes quand, arrivée sur la plage, elle lui tourna le dos, même qu’il avait senti sa gogote devenir dure comme bois de fer, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps et l’avait fait rire (…) » (Geneviève Dormann, Le Bal du dodo, page 82.)
 
 
« Ça c’est une gogote ce Tommy-là ! Il a fait exactement le contraire de ce qu’il fallait faire !! »

« parceque c une gogote et il faut niker sa gueule de chinois » (Facebook)

« The driver, that is the accused party, told W1 to remove the vehicles of the Fire Brigade. The accused party stated the following to W1: “Tire sa camion la la pou dimoune capave allé ti gogote. » (Jugement à la cour de Moka, février 2008.)
 
 
Le mot en tant que terme de mépris ou d’insulte est utilisé à la Réunion aussi, a priori plutôt au masculin alors qu’à Maurice il est exclusivement féminin*, y compris lorsqu’on parle d’un homme ou d’un garçon. Dans Le français de la Réunion, Michel Beniamino écrit ceci :

« GOGOTE n. m. (et f.) Insult. || Idiot, imbécile. Un gogote inconscient des valeurs sportives, de la morale du sport, a agi comme un gamin irresponsable [_]. (TEM 17.12.91) ÉTYMOL.: Du fr. dial. gogotte: « membre viril », passé en créole. Le terme, qui est peut-être en rapport avec gogue: « andouille, boudin » explique la métaphore (CHA: 774). »

Il existerait donc le mot gogotte dans un français dialectal qui n’est pas précisé. On se demande lequel. Mais il est indéniable qu’un googlage du terme donne des résultats qui, a priori, ne peuvent être directement rattachés à Maurice ou à la Réunion. Par exemple :

« Sur ce, ça sera peut-être la dernière, parce que j’en ai marre que ce mec me file une crise d’urticaire à chaque fois qu’il ouvre la bouche, et que finalement, il faut bien être une gogotte pour courir comme ça, révulsée, derrière chacune de ses ignominies. Ouais, y a une vie avant la mort. Sorry Sarko, mais j’y retourne. Demain, j’aurais même oublié ton nom. » (Blog “Dans la marmite de Rachel”)

Un livre pour enfant porte le titre suivant : Rominet secoue les gogottiers. L’éditeur présente le livre de la sorte : « Papillote la souris gourmande, adore les beignets de gogottes. Mais qu’est-ce qu’une gogotte ? Un fruit délicieux, qui hélas, pousse sur le gogottier, un arbre très grand et très haut. Heureusement, Rominet a inventé une échelle pour cueillir les gogottes sans se fatiguer… » (Amazon.fr)

Sur un “forum pour femmes” : « et ceux qui lui disait : « il te prend pour une gogotte, il ne divorcera pas », etaient légion comme on dit mais rien a faire. meme si parfois elle trouvait le comportement de son amant louche, elle se contentait des miettes et attendait. » (Forum auFéminin)

En l’absence de référence dans un dictionnaire, le sens du mot tel qu’il est employé dans ces exemples reste à déterminer. Mais par ailleurs, même si ce dictionnaire extensif qu’est le TLF ne connaît aucune entrée pour gogot(t)e**, il semble à peu près établi qu’en minéralogie une gogotte est une concrétion de grès (sable consolidé) ou de calcaire.
 
 
 
* En français mauricien, le créole n’ayant pas de genre.
(Le mot est utilisé dans le même sens en créole, mais en possède d’autres aussi, comme par exemple dans « li pa vo enn gogot », il ne vaut rien (“il ne vaut pas une gogote”) ou « li fer koir li enn mari ; ler gété li pa konn enn gogot ».)
** A ceci près qu’à la deuxième entrée pour le verber cocot(t)er (signifiant puer) on trouve mention d’un substantif gogotte qui serait une altération de cocotte :
« 1881 gogoter (L. Rigaud, Dict. de l’arg. mod., p. 198); 1900 cocotter (Nouguier, Notes manuscrites interfoliées au Dict. de Delesalle, p. 72). Prob. dér. de cocotte¹* d’apr. l’idée de sentir la cocotte « sentir le parfum (trop fort et/ou de qualité médiocre) des femmes légères ». La forme gogotte (peut-être altération d’apr. gogue, goguenots « fosse d’aisance »?) n’est pas suffisante pour retenir l’hyp. d’une formation par apocope et redoublement de chelingoter, dér. de chlinguer « puer » (Esn.). »

 

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Mise à jour du 10 décembre 2014.

fuck off gogot

fuck off
gogot

Graffiti sur une chaise d’école.

 

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Mise à jour du 28 mars 2015.

Un homme était un bougre et avait une gogote ou une bibite tandis qu’une femme était une bougresse avec des tétés et une chouchoute. Une fesse ne désignait pas une jolie fille mais un paresseux ou un maladroit.”
Notons qu’en France un imbécile est un « con » (sexe de la femme dans son sens premier) mais à Maurice, c’était plutôt une gogote.”
(François Duchenne, De Carol à Gervaise, chroniques d’un temps révolu, 2010.)

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