Gaulette

Gaulette.
Nom féminin.

1. Canne à pêche.
2. Long bâton relativement mince servant à casser des fruits (une “gaule” en français standard).
3. Unité de mesure agricole servant à comptabiliser la tâche d’un laboureur (par exemple le nettoyage d’un champ ou la coupe de la canne) et correspondant à une longueur de 10 pieds (français) de long, pour une largeur standard de 5 pieds. 10 gaulettes représentent donc 500 p².

Traditionnellement, une gaulette de pêcheur est constituée d’une tige de bambou. Aujourd’hui, les cannes à pêche en matériau synthétique peuvent être appelées « gaulettes » lorsqu’elles ne sont pas trop grosses (à partir d’une certaine taille elles sont plutôt appelées « gaules »).

Gaulette en bambou.

Gaulette en bambou.

On pourra entendre l’expression « gaulette casse masson » utilisée pour parler d’une personne plutôt maigrelette.

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12 réponses à “Gaulette

  1. Lorsque j’étais bien petite j’ai fréquenté une école de campagne dans la France profonde. Dans cette école, il y avait deux particularités qui m’ont marquée (précisons que je venais d’Afrique) ; l’une par une brûlure à la main, car il s’agissait d’un poêle dont l’une des malicieuses petites élèves m’avait dit qu’il n’était chaud qu’à l’intérieur et l’autre par un coup sur la tête donné par la « maîtresse » du haut de son estrade et du bout de l’immense gaule* qu’elle avait toujours à portée de main pour casser rappeler à l’ordre les élèves dissipés…

    * et ce n’était certes pas une gaulette, ni même une goëlette.

  2. Une chose qui paraît inimaginable de nos jours, n’est-ce pas ? Avez-vous, aujourd’hui, le sentiment d’avoir été maltraitée ?

    Gaule a bien ce sens-là d’après le TLF : Bâton ou baguette servant à donner des coups. […] En partic. Long bâton dont on se sert pour diriger les animaux. Surtout ne pas laisser s’égailler le troupeau…

    Mais dites-moi, Zerbinette, en France « gauler » a bien le sens de « voler », non ? Un rapport quelconque avec la gaule ?

    (Il faut par ailleurs que je complète le billet. Il y a un troisième sens à gaulette, qui est une unité de mesure aux champs. Nous avons aussi un village de la côte sud-ouest qui se nomme La Gaulette.)

  3. Bien que je n’aie jamais eu le sentiment d’avoir été maltraitée (par la gaule, parce que pour le poêle, c’était bête et méchant), il faut bien remarquer que ce sont tout de même les seules choses dont je me souvienne au sujet du passage dans cette classe !

    J’ai été bien plus « maltraitée » ailleurs par un violent coup de règle sur les doigts, d’autant plus que c’était pour quelque chose que je n’avais pas fait, mais dans ce cas-là, c’est l’injustice qui m’a fait le plus souffrir !

    « Gauler » le sens de « voler », je ne sais pas, mais le plus courant en tout cas, c’est « se faire gauler » pour « se faire prendre » !

  4. Zerbinette, dans le Dictionnaire de la zone :

    gauler verbe transitif. 1. Arrêter qqn, attraper qqn : « Je veux un compte blindé sans me faire gauler par les condés » Rootsneg. 2. Voler : « T’as vu le lecteur MP3 que j’ai gaulé à Carrefour ! » 3. Comprendre : « Je gaule rien de c’qu’il me raconte le vieux rebeu avec son accent, il me parle de quoi ? » Syn. biter.

    Vous aviez raison et je n’avais pas rêvé.

    Que l’injustice fasse plus mal que le châtiment physique lui-même est probablement dans l’ordre des choses. Toutefois, la claque magistrale que j’avais prise en pleine figure à l’âge de 7 ou 8 pour avoir pris une bouchée dans mon pain avant l’heure de la récréation m’a laissé un souvenir mitigé, car aujourd’hui encore je me demande si c’était mérité ou pas. Certes je m’étais fait « gauler » en train de couler sous la table pour mordre dans mon pain maison, mais je ne peux m’empêcher de me poser des questions sur ce qu’on appellerait peut-être aujourd’hui une « réponse disproportionnée ». Ce qui est drôle, sans doute, c’est qu’aujourd’hui cette terrible* maîtresse-là est ma voisine…

    * au sens étymologique

  5. Des coups de gaule ? « Vengeance! », criait Mascarille :
    Oui, je te ferai voir, batteur que Dieu confonde!
    Que ce n’est pas pour rien qu’il faut rouer le monde,
    Que je suis un valet, mais fort homme d’honneur,
    Et qu’après m’avoir eu quatre ans pour serviteur,
    Il ne me fallait pas payer en coups de gaules,
    Et me faire un affront si sensible aux épaules;

    Molière, l’Étourdi, II,7.

    La scène complète ici

  6. Pour moi, le terme gaule correspond seulement à la première définition donnée par le TLF: Longue perche utilisée pour faire tomber les fruits hors de portée de la main.
    et le verbe gauler à l’action d’employer une gaule à cet effet.

    Il s’agit de fruits assez durs pour résister à la gaule et à la chute: on gaule les châtaignes. les noix ou les pommes, pas les poires ou les abricots qu’il faut cueillir à la main.

    Au moins pour les pommes, la gaule comprend à un bout une sorte d’anneau métallique (ou peut-être deux, il y a longtemps que je n’ai pas vu de gaule) qui permet d’accrocher le fruit plutôt que de frapper simplement la branche pour le faire tomber, ce qui abîme la branche. Ce raffinement doit être relativement moderne, car il n’existait pas pour Maupassant, selon cette citation du TLF: Elle alla chercher les pommes et, pour ne point blesser l’arbre avec la gaule, elle grimpa dedans au moyen d’un escabeau. (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Vieux, 1884, p. 134).

  7. Zerbinette, ayant été à l’école en France, et venant d’un milieu d’enseignants (dont un inspecteur des écoles), je suis choquée de découvrir que vous avez été frappée avec une gaule (pas pour les pommes) à l’école. Je n’ai jamais vu cela, ni de coups de règle (dont j’ai entendu parler), dans mes classes. Les règlements datant de Jules Ferry (1883) interdisaient pourtant les châtiments corporels à l’école, mais les maîtres et maîtresses continuaient sans doute les habitudes dont ils avaient eux-mêmes souffert enfants. Une gifle ou même (pour les petits) une fessée, ça pouvait échapper à l’enseignant (comme aux parents) dans un moment de colère, mais garder une gaule ou une règle exprès pour frapper les enfants, ça me paraît totalement inacceptable même pour le milieu du XXème siècle.

  8. Leveto, vous qui n’êtes pas un tartuffe, vous ne devez pas ignorer ce qu’est « avoir la gaule » en argot. Qu’une maîtresse, que sa maîtresse, puisse avoir la gaule, cela ne vous suggérerait-il pas que les carottes soient cuites ? Ou la fin des haricots peut-être.

    (Ouaf ! je rigaule…)

    P.-S. — Voir ce qui avait pu se dire sur la gale et le verbe galer :
    https://mauricianismes.wordpress.com/2009/06/28/galer/

  9. Marie-Lucie, « même » la terrible maîtresse mentionnée plus haut — dont la réputation n’était plus à faire dans toute l’école et dont bien des générations de potaches se souviennent encore —, même elle n’avait pas de gaule, ni de gaulette, ni même de « rotin bazar ». Mais elle avait parfois de ces bottes…

    Pour « gauler » les letchis (plus fragiles qu’une pomme), j’emploie un système qui fonctionne assez bien : à l’extrémité d’un bambou de Chine (grosse variété) ou d’un long bâton quelconque on attache deux petits bouts de bambou ou deux petits morceaux de bois de façon à ce qu’ils forment une sorte de vé. On s’efforce de faire passer ce vé de part et d’autre de la tige portant la grappe de letchis (ça pourrait être la tige portant le fruit défendu), on pousse au maximum afin qu’elle se coince dans le vé, et puis on tourne la gaule autant qu’il faut pour que la tige finisse par casser. La beauté de la chose est que la tige se retrouve en général coincée dans le vé. Il suffit alors d’abaisser gentiment la gaule pour recueillir, ou re-cueillir, des fruits qui ne sont pas abîmés du tout.

  10. Marie-Lucie,

    En réalité la gaule ne faisait pas mal, elle était surtout utilisée comme rappel à l’ordre pour de petits enfants turbulents.

    Les coups de règle sur les doigts, en AEF mais par une institutrice française.

    En revanche, je peux vous certifier que dans les années 80 en France, les gifles et fessées (« dépoussiérages de pantalons » chez les garçons) étaient couramment utilisés à l’école primaire.

    Sig, les « potaches » sont des lycéens, voire des collégiens ; déjà des « maîtresses » ? avec des cuissardes ? à talons je suppose… 😉

  11. Sig, je suis d’accord avec la définition de « potache » donnée par Zerbinette, mais ces potaches n’ont pas des « maîtresses » (ou de maîtres) mais des professeurs. Les maîtres et maîtresses d’école (termes un peu archaïques je crois) s’occupent d’enfants, pas d’adolescents.

  12. les “potaches” sont des lycéens, voire des collégiens

    Je me le tiens pour dit. Ça m’apprendra à vouloir jouer au Français…

    Mais celle dont je vous parle, ce qui renvoie au temps où j’étais élève au primaire, était bien ma maîtresse, terme couramment employé ici. (Un mauricianisme de plus ?)

    Un compatriote émigré à Toulouse chantait par ailleurs ceci :
    « Maîtresse oh ma maîtresse,
    Ne touche pas à mes tresses… »

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