Degré

Degré.
Nom masculin.

Diplôme universitaire ayant au moins le rang de “bachelor” (licence).

Curio: Diplomas

Chez Rushmore Business school par exemple, pour faire ‘le Master in Business Administration’, un HSC n’est pas suffisant car à défaut d’un degré et un minimum de trois ans d’expérience, le candidat doit posséder au moins un diplôme, qui est inférieur, et plusieurs années d’expérience.”
(5-Plus Dimanche, 8 juin 2003.)

Le gouvernement se penchera sur la publication d’un Employment Trends Survey qui servira à informer les jeunes diplômés sur leurs opportunités de carrière. Il mettra en place un Dual-Apprenticeship Scheme qui consistera à mélanger la pratique et la théorie en classe. Ce programme couvrira aussi les cours pour l’obtention du diplôme et du degré.”
(Le Mauricien, 9 novembre 2013.)

«Le council reconnaît uniquement les degrés qui sont reconnus dans le pays d’origine», explique Kiran Bhunjun. Les étudiants et diplômés de la JSS Academy ne seront pas reconnus comme ingénieurs tant que l’UGC ne confirmera pas la validité de leur diplôme.”
(L’Express, 17 février 2014.)

Admission à l’UTM ouverte pour ceux qui veulent faire un degré en Divinity
(Site du diocèse de Port-Louis, 23 mai 2013.)

La majorité ont été jugés sous-employés, leurs emplois exigeant moins d’un degré. Le secteur privé reste le plus grand pourvoyeur d’emplois pour les diplômés, qui ont de plus en plus de difficultés à trouver un poste dans une institution publique.”
(Le Mauricien, 20 avril 2012.)

La matière doit être enseignée par un enseignant de Physical Education possédant un degré/diplôme.”
(Le Défi, 31 mars 2012.)

À la fin de votre programme et quand l’ensemble de vos obligations financières sont remplies, votre certificat, diplôme ou degré vous sera accordé.”
(Site de l’Impact School of Christian Ministries.)

L’utilisation du mot “degré” à Maurice — alors même que le mot diplôme existe en français — est liée à la distinction qui existe en anglais entre un “degree” et un “diploma”.

En toute rigueur, le diploma devrait simplement être la feuille de papier, le document lui-même, attestant qu’une personne a suivi un cursus donné, qu’elle possède un certain nombre de connaissances et qu’elle a été reconnue apte à recevoir un titre délivré par un organisme de formation (université, école, institut, chambre consulaire, etc.). Tout comme le mot diplôme, diploma vient du grec diplôma, “feuille pliée en double”, lui-même issu de diplous, “double”. L’étymologie même du mot indique qu’il s’agit du document en tant que tel, c’est-à-dire du morceau de papier ou de parchemin sur lequel est inscrit quelque chose. Toutefois, au fil du temps, par métonymie un mot a été utilisé pour exprimer une notion voisine et l’attestation est devenue la chose elle-même : le diplôme n’est plus le document seul, mais ce qu’il atteste, c’est-à-dire le titre, le grade.

En français il n’existe qu’un seul mot pour le titre : diplôme, que celui-ci soit du brevet, du baccalauréat, de licence, de maîtrise, d’ingénieur, d’architecte, de médecin, d’expert-comptable, de vétérinaire ou de docteur en littérature française — voire de relaxologue. En allemand idem (ou presque) : Diplom. Mais en anglais contemporain il en existe plusieurs : certificate (cf. nos CPE, SC ou HSC), diploma ou degree, et ces mots, ainsi que la réalité qu’ils recouvrent, n’ont pas la même valeur.

Le moins prestigieux d’entre eux est le certificate (certificat). C’est celui qu’on a lorsqu’on a été à l’école ou qu’on a suivi un stage ou une formation technique. Le CPE (Certificate of Primary Education) est l’examen de la fin du primaire. La “senior”, année d’école équivalente à la seconde dans le système français (élèves âgés de 15 à 16 ans), donne lieu à la SC, ou “school certificate”. Deux ans après, les élèves du secondaire passent la HSC, ou “Higher School Certificate”, marquant la fin de leur études scolaires.

Le diploma, pour sa part, sanctionne une formation relativement courte , souvent assez technique, suivie par des gens qui ne sont plus à l’école. Elle n’a généralement pas lieu dans une université attitrée, et de ce fait ne se déroule pas dans un cadre académique. Il s’agit généralement de formations professionnalisantes, axées sur une activité bien précise, sur un métier particulier. Elles sont moins générales que les études universitaires et possèdent un prestige moindre.

Le degree, comme on l’a dit plus haut, est un diplôme octroyé par une université à l’issue d’études d’au moins trois ou quatre ans (bachelor). Dans la plupart des esprits, ce sont là les “vraies” études, les études académiques.

Tout ceci fait que quelqu’un ayant suivi des études universitaires débouchant sur l’obtention d’un degree pourra éprouver une certaine réticence à parler du diplôme qu’il possède en utilisant le mot “diplôme”, de peur que, dans la grande pagaille de la diplomatie mondiale, son interlocuteur pense qu’il n’a “qu’un diploma”. C’est ainsi que nous nous retrouvons à entendre des barbarismes du genre “j’ai fait un degré en psychologie” ou de ceux qui figurent en exemple au début de ce billet.

Toutes ces entorses à la langue ne sont-elles toutefois pas justifiées lorsqu’il s’agit de s’élever sur les degrés de l’échelle sociale ?

Diplome_hautes_etudes_martiennes

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15 réponses à “Degré

  1. « En français il n’existe qu’un seul mot pour le titre : diplôme,»

    Je ne suis pas tout à fait d’accord ( ou alors j’ai mal compris votre propos).
    Le diplôme en français désigne bien, selon moi, le « papier » que l’on reçoit par la poste — signé par le président du jury, de l’université, de l’école voire du ministre — et dont il est bien précisé qu’« il ne sera pas délivré de copie ».
    Ces diplômes se déclinent en diverses catégories dont je vous passe la liste ( wikipédiez « diplôme » et suivez le jeu de piste!) chacun donnant droit à un titre particulier de bachelier au doctorat d’État.
    Un exemple qui montre bien qu’on ne parle que de document et pas de titre — je parle de ce que je connais : un étudiant qui aura suivi tout le parcours des études vétérinaires recevra un diplôme attestant de son doctorat s’il a validé son cursus par une thèse approuvée par le jury ou ne recevra qu’un simple certificat de fin de scolarité dans le cas contraire. Le premier portera le titre de docteur, l’autre, non, même pas un titre minoré de certifié ( l’avait qu’à mieux bosser !).

    Par ailleurs, il me semble étonnant que vous ayez passé sous silence The Graduate, traduit en français par Le Lauréat , alors que bachelier aurait sans doute mieux convenu.

  2. Siganus Sutor

    Leveto, vous avez peut-être raison (et, selon ce qui est écrit dans les dictionnaires, vous avez certainement raison) en disant que “diplôme” et “titre” sont des choses différentes. On constate cependant un glissement de sens, le mot “diplôme” étant utilisé pour parler de ses qualifications* académiques, de ses études elles-mêmes, donc du titre qui en découle. Ne dit-on pas du fils Machin qu’il veut avoir (ou qu’il prépare) un diplôme de notaire ? De Leveto qu’il a un diplôme de vétérinaire, alors même qu’on pense à ce qu’il a étudié, à son métier, à ce qu’il est professionnellement, plutôt qu’au morceau de papier cartonné qu’il a placé dans un cadre doré et accroché sur le mur à côté de son bureau pour que les petits chatons et les gros matous qui viennent le voir sachent bien, avant d’être opérés, qu’ils sont entre de bonnes mains ?

    On dit de quelqu’un qu’ « il est diplômé ». N’aurait-on pas dû dire plutôt qu’ « il est titré » ?

    Mais les titres ont quelque chose de prétentieux, pour certaines personnes tout au moins. On préfère dès lors parler de ce qui atteste du titre, i.e. le diplôme, ce “bout de papier”.

    Oui, “certificat” existe en français aussi. Il existait je crois le “certificat d’études” à la fin de la troisième, non ? On pourrait dire que c’était un petit diplôme, le premier d’entre eux. Et il y avait (il y a toujours ?) le CAP, ou “certificat d’aptitude professionnelle”. On pouvait avoir un CAP de plomberie, de maçon ou je ne sais quoi d’autre. Je me demande si sur le bout de papier qu’on recevait c’était écrit « diplôme ». (En principe ça n’aurait pas dû.) Mais, car il y a un mais, ça s’arrête là il me semble, les autres “certificats” n’étant finalement que des attestations qui ne sont normalement pas des buts en soit.

    Dans le système anglais, un certificate peut être quelque chose de plus sérieux. Ce qu’en France on appelle “baccalauréat” peut recevoir le nom de “Higher School Certificate”, cette HSC à laquelle les élèves mauriciens rêvent nuit et jour (et même davantage) pendant les deux dernières années de leur cursus scolaire. Et ceux qui sont les meilleurs à l’examen de la HSC deviennent des lauréats, c’est-à-dire qu’ils reçoivent une bourse d’études. Ce n’est pas un diplôme en soit, ni un titre, mais cela veut dire qu’on est boursier, qu’on a gagné le gros lot, qu’on a été reconnu comme faisant partie de l’élite. Cela est source d’une immense fierté à Maurice, le nombre de lauréats obtenus donnant d’ailleurs lieu à une compétition féroce entre écoles. J’ai un arrière-arrière-grand-père qui avait été lauréat à 17 ans, et quatre générations après on en parle encore ! 🙂 (Vous avez bien sûr raison : un lauréat ne saurait être un graduate. Il s’agit de quelqu’un qui a remporté un concours, qui a reçu un prix, une récompense, pas un diplôme.)

    Il existe peut-être d’autres diplômes britanniques qui portent le nom de certificate. Je ne suis malheureusement pas suffisamment au courant du système éducatif royaume-unien (ou américain, sud-africain, australien, indien ou malaisien) pour le savoir. Peut-être d’autres commentateurs pourront-ils apporter leurs lumières à ce sujet.

    Quoi qu’il en soit, la question ne portait pas sur le certificate, mais sur la différence — plutôt artificielle — qui est perçue entre un diploma et un degree, et comment cette différence s’est glissée dans le français mauricien (et le créole) comme on peut le voir avec les exemples ci-dessus.

    On remarque d’ailleurs sur certains diplômes rédigés en anglais que les mots “degree” et “diploma” apparaissent tous les deux, sur le même document. Par exemple sur ce diplôme de l’université du Texas à Austin :

    On voit ainsi que M. Daniels a un “degré” en “Arts” (humanités), mais il est dit plus bas que son “diploma” a été dûment signé par les personnes habilitées à le faire. Ce diplôme illustre bien le fait que les mots “degree” et “diploma” ne parlent pas toujours du même genre de chose. Les Mauriciens qui ont le mot “degré” à la bouche feraient bien d’en prendre de la graine.

     

    * qualifications – expression signifiant “grade”, “compétences”, etc., que je soupçonne d’être un mauricianisme supplémentaire

  3. Siganus Sutor

    J’ai oublié de préciser — et cela amusera sûrement Leveto — que les mots suivant sont apparentés, étant issus d’une racine commune : diplôme, diplomate (donc diplomatique), diplodocus, dupliquer et duplicité.

  4. Comme secrétaire de rédaction, je me suis efforcé pendant des années à établir dans les articles les nuances évoquées plus haut. Dans le contexte mauricien, il y a une nuance de taille entre Diploma et Degree, le second se situant à un échelon plus élevé. Par exemple, un prof suit des cours de Teacher’s Diploma avant de suivre des cours avancés aboutissant à un Bachelor, qui est un Degree. Et les instances éducatives font une différence (importante du point de vue des salaires) entre un Diploma Holder et un Degree Holder. Ainsi, le pauvre secrétaire de rédaction devait trouver des formulations pour restituer ces nuances.
    Autre terme lié: Student, que le Mauricien moyen traduit par Etudiant, une habitude fortement ancrée dans le langage mauricien. Je m’évertuais à utiliser, selon le cycle scolaire, les termes écolier, collégien et étudiant. Parfois, pour simplifier les choses,je pouvais recourir au mot Scolaire, comme substantif.

  5. Siganus Sutor

    En effet, Iqbal, quand une nuance existe dans une langue on doit bien essayer de la rendre dans une autre lorsqu’on évoque la chose en question. C’est bien là la raison-d’être du mot “degré” en français de Maurice.

    Mais cela sonne quand même comme un barbarisme. Un barbarisme auquel on finira bien par s’habituer, sans doute, à l’instar des mots “fonction” ou “circuler”, par la force des choses, bien qu’on puisse imaginer qu’en parlant du diplôme lui-même (licence, maîtrise, doctorat, etc.) il devrait souvent être possible de lever le doute entre un bachelor ou un master et un titre de rang inférieur.

    “Étudiants” utilisé pour parler d’élèves des écoles ? Cela m’avait échappé, tout comme cela m’avait échappé que des étudiants ne pouvaient qu’appartenir à des établissements d’enseignement supérieur (“études tertiaires” comme on dit le plus souvent ici-bas). Merci pour le tip !

    Mais que penses-tu du mot “qualifications” parfois utilisé par des Mauriciens lorsqu’ils parlent, en français, des diplômes d’une personne ? L’as-tu entendu ? (Souvent ? rarement ?) En anglais il existe bien “somebody’s qualifications”, mais en français cela ne semble guère être le cas. Le Petit Robert donne trois définitions à l’entrée qualification :
    1. Action ou manière de qualifier (appellation, nom, désignation, etc.).
    2. (de l’anglais, 1840) Fait pour un cheval, un athlète, une équipe, d’être qualifié, ou de se qualifier pour une épreuve.
    3. (1947) Qualification professionnelle : ensemble des aptitudes et des connaissances acquises d’un travailleur pour l’exercice d’une activité de production.
    Lorsqu’on se penche sur la 3e définition, la plus récente, on voit qu’il s’agit d’une activité manuelle, ou d’une activité de production dans une usine. On parle “d’ouvriers qualifiés”. Cela me semble d’un usage plus restreint que le qualifications anglais. À Maurice on parlera peut-être des “qualifications de Kee Chong”. En français d’Europe cela ne se dira probablement pas, non ?

  6. Linus Magister

    Docteur, maitre, bachelier sont des degrés, des échelons de la hierarchie universitaire, académique. On ne pourrait etre membre de la corporation universitaire sans etre le possesseur de l’un ou l’autre de ces grades. Le diplome n’est que l’attestation écrite de la possession du degré.

  7. Siganus Sutor

    Linus, moi qui pensais que vous auriez plutôt parlé des degrés de la franc-maçonnerie, 33e et tutti quanti, me voilà presque déçu. Je me contenterai donc de vous renvoyer à ce qui s’est dit plus haut, à savoir au paragraphe commençant par “en toute rigueur, le diploma devrait simplement être la feuille de papier […]”, au commentaire de Leveto du 22 décembre 2014 à 02:44 et à ma réponse qui le suit.

    Mais sauriez-vous si au Royaume-Uni on délivre encore des diplomas, du genre de celui évoqué par Iqbal ou d’un autre genre ?

  8. Alors, en ordre d’apparition:
    1) je remplace « fonction » par « événement »
    2) « circuler » étant intransitif, j’utilise volontiers « mettre en circulation »
    3) Qualifications. Cela m’a un peu gêné à un moment donné, sans que je puisse l’expliquer. Peur d’un anglicisme, ou criante d’être puriste/pédant. Anyway (comme on dit volontiers en français mauricien), comme SR je laissais, parce que tout le monde comprenait ce qu’on veut dire. Et là, suivant ta remarque, j’ai fait une petite recherche rapide, et google m’a permis de trouver ceci: « They need to be experts in one or more specific subjects, and this demands an increasing level of academic qualifications. », traduit sur le site linguee par: « ou plusieurs disciplines spécifiques, ce qui leur demande un niveau de qualification universitaire de plus en plus élevé. » Donc, « qualifications » ne semble pas forcément lié au travail manuel.

  9. Siganus Sutor

    Iqbal,

    1) Une fonction peut être un évènement (certains ont même des “qualifications” dans “l’événementiel”), par exemple une soirée de gala au cours de laquelle un chanteur en vogue se produit sur une scène, ou le lancement d’un périodique avec projection d’un petit film, etc. Mais toutes les fonctions ne sont pas nécessairement des évènements, au sens d’une manifestation au cours de laquelle on assiste à une certaine forme de représentation. Cela peut être une simple réception au cours de laquelle les gens ne font que cause-causer (en anglais on pourrait penser à des expressions telles que “get-together”, “party”, “gathering”). Je ne suis pas sûr qu’en français il existe un équivalent exact au mot “function” dans cette acception-là.

    2) “Circuler”, dans le sens utilisé à Maurice, est transitif : on circule un rapport, une lettre, un document. Oui, on pourrait “mettre en circulation”, “faire passer”, “envoyer à plusieurs destinataires”. “Circuler” a cependant le mérite d’être plus concis et plus direct, tout barbarisme qu’il soit.

    3) En effet, on trouve le terme “qualification” pour des activités autres que celles d’ouvrier ou de technicien. Il existe par exemple un décret de la République française dans lequel on peut lire l’expression dans un contexte universitaire, à commencer par son titre : « Décret n° 2000-941 du 18 septembre 2000 portant publication de la convention sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région européenne, faite à Lisbonne le 11 avril 1997″. — http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000402652&categorieLien=cid
    Mais cela me semble fleurer le néologisme. Je serais prêt à parier, moi qui ne parie jamais, qu’on parle de “qualifications” dans ce sens-là depuis plus longtemps à Maurice qu’en France. À vérifier bien entendu…

    Sinon, tu n’aurais pas quelques autres exemples de “diploma” ? (Pour ajouter à la confusion, on peut noter qu’après un Bachelor ou un Master il est possible d’avoir un “diploma” spécialisé, qui est donc une qualification plus élevée que le “degree”, ou tout au moins qui complète le “degree”.)

  10. et pour rajouter une couche, il y a bien des ‘post-graduate diplomas’…

  11. Voilà, Siganus, sam call a répondu à ta question. A propos de circuler transitif, cela me gêne toujours. Rien à faire, quand ça ne veut pas passer, ça passe pas…Lié à l’usage de fonction, existe deux autres termes dont abusent les journalistes. Le premier, c’est « lancement ». Je trouve qu’à Maurice, on procède à beaucoup de lancements, souvent de livres. Mon imagination débridée me fait voir des bouquins volant dans tous les sens. Cela vient, me semble-t-il, de l’anglais « launching ». L’autre terme, c’est « opérateur ». Même le plus simple marchand se voit affublé de ce mot.J’ai même déjà lu un article à propos de « opérateurs de grillades » sur les plages publiques.Mais cela ne nous éloigne, en fin de compte, pas tellement de l’inconscient collectif à Maurice. Qu’on ait un « degré » au lieu d’un simple « diplôme » ou qu’on soit « opérateur » plutôt que marchand, c’est tout de même plus valorisant socialement

  12. Siganus Sutor

    Sam Call & Iqbal, il était question de post-graduate diplomas à la fin du commentaire du 24 décembre 2014 à 18:15, mais ce qui m’intéressait davantage c’était les diplomas qui sont considérés comme étant d’un niveau moins élevés qu’un degree, i.e. ceux qui rentrent dans le cadre de ce billet (“degré” v/s “diplôme”).

    Oui, d’accord, “circuler qqch” a un je-ne-sais-quoi d’irritant. “Faire circuler qqch” passe nettement mieux. Comme par exemple dans cet article de L’Express : « Deux jours avant les élections, l’alliance de l’Unité et de la Modernité a fait circuler une bande sonore où on entend une conversation qui aurait eu lieu au domicile de sir Anerood Jugnauth. »

    Lancement semble pourtant reconnu et accepté pour ce qui est d’un livre dont on essaye de promouvoir la vente par des moyens publicitaires. Ce qu’on trouve par exemple dans le Trésor de la langue française :
    2. [Correspond à lancer 1C 3 b] Action de lancer une entreprise (commerciale, artistique), une personne, de la faire connaître par des moyens publicitaires. Lancement d’un écrivain; lancement d’un journal, d’un livre, d’une revue; lancement d’une affaire, d’une banque, d’un emprunt; lancement d’un produit nouveau.

  13. Hello.
    1) A propos de diploma/degree, il me semble qu’un « diploma » de spécialisation ne soit pas nécessairement plus ou moins élevé qu’un Degree. Le Diploma peut concerner un aspect d’un cursus dans lequel le « diplômant » tente de se spécialiser. Je ne sais pas si je réponds à tes interrogations. Toutefois, comme pour nous compliquer la vie, et là je corrige sam call, un PGCE est un… « certificate »… Donc, d’un niveau inférieur à « diploma », mais qui, quand même, constitue un apport important pour le Degree Holder qui veut gravir les échelons dans l’enseignement, car le PGCE, tout « certificate » qu’il soit, est un diplôme de compétence professionnelle.
    2) Je crains d’être une victime (consentante et enthousiaste) de ce que les sociolinguistes qualifient de « hypercorrection ». Je parle évidemment ici de « lancement ». Le trop nuit, et en tant que SR j’ai dû être submergé de fonctions où divers opérateurs, avec ou sans diplômes ou degrés, procèdent à des lancements divers et variés…

  14. Autre terme lié: Student, que le Mauricien moyen traduit par Etudiant

    Bouz, son ! Un jour qu’un gablou m’avait arrêté pour enn ti lérerr, il m’a demandé « Qu’est-ce que vous travaillez ? ». J’ai répondu « étudiant », ce qui m’a valu son indulgence. J’aurais dû dire « collégien »; ici maintenant, c’est une autre complication, il faut que je dise « quand j’étais collégien » (jusqu’à la Form IV), ou « lycéen » (SC et HSC).

    Dans mon monde de l’informatique, on parle souvent de certification, ce qui est plus « fort » qu’une formation (training), mais moins fort qu’un degree.
    Dans les 2 cas, on reçoit un bout de papier; dans un cas, celui-ci certifie qu’on a suivi la formation, alors que l’autre procure une qualif à l’individu: Untel a une qualif administrateur Windows (sans « de »), ou « Onesuch is Windows administration certified ». Peut-être un anglicisme dans le jargon de l’informatique ? Il me semble que spécialisation peut aussi être utilisé (probablement plutôt pendant le cursus estudiantin); on est tous informaticiens (même diplôme), mais certains plus dans le domaine du matériel que celui du logiciel, par exemple.

    Avec son titre d’expert administrateur Windows, comme disait Coluche, le qualifié peut s’autoriser à donner son avis autorisé sur comment réinstaller Windows quand la babasse ne veut plus redémarrer, alors que le geek, qui s’est juste autoformé (sans aucun certificat), saurait restaurer le boot secteur . Lui est juste autorisé à pas faire ièche.
    Ce qui est normal, somme toute, puisqu’il n’est pas « quanifié », comme disent nos voisins (commentaire 8).

  15. Siganus Sutor

    Iqbal,

    1) Je pense que certains diplomas ne sont délivrés qu’à des graduates. De ce fait, ces post-graduates diplomas-là sont un diplôme de plus après l’obtention d’un degree. Ils sont donc différents des diplomas qu’on peut obtenir sans avoir de “degré”.

    2) Ah, ne me parle pas d’hypercorrection, ça fait toujours sourire. (Et puis, on passe un peu pour un gopia quand on réalise qu’on s’est livré malgré soi à ce genre d’écart.) Mais il reste vrai qu’on hésite souvent entre ce qu’on soupçonne être un mauricianisme plus ou moins de bas étage et ce qui est du français normal et accepté, même si un peu en perte d’usage en France. À force de vivre essentiellement entre Mauriciens, on ne sait plus trop de quelle façon les Français s’expriment.

     

    Christopher,

    En effet, il y a aussi la “certification” dans l’équation (à 12 inconnues) des qualifications au sens large. Il ne s’agit là, si je ne m’abuse, que d’un truc professionnel, un truc que ne saurait obtenir quelqu’un qui n’est pas déjà dans la “vie active”, comme on dit (à croire qu’on avait forcément une vie inactive avant de commencer à bosser). On parle aussi d’entreprises entières — pas uniquement des gens — qui sont certifiées, par exemple l’arnaque ISO 9000 & consorts.

    Quant à la qualification professionnelle en France, je crois que c’est autre chose. Autre chose dont je ne connais pas grand-chose…

    ___

    P.-S. : « pas faire ièche », kézako ?

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