Archives quotidiennes : 21 décembre 2014

Degré

Degré.
Nom masculin.

Diplôme universitaire ayant au moins le rang de “bachelor” (licence).

Curio: Diplomas

Chez Rushmore Business school par exemple, pour faire ‘le Master in Business Administration’, un HSC n’est pas suffisant car à défaut d’un degré et un minimum de trois ans d’expérience, le candidat doit posséder au moins un diplôme, qui est inférieur, et plusieurs années d’expérience.”
(5-Plus Dimanche, 8 juin 2003.)

Le gouvernement se penchera sur la publication d’un Employment Trends Survey qui servira à informer les jeunes diplômés sur leurs opportunités de carrière. Il mettra en place un Dual-Apprenticeship Scheme qui consistera à mélanger la pratique et la théorie en classe. Ce programme couvrira aussi les cours pour l’obtention du diplôme et du degré.”
(Le Mauricien, 9 novembre 2013.)

«Le council reconnaît uniquement les degrés qui sont reconnus dans le pays d’origine», explique Kiran Bhunjun. Les étudiants et diplômés de la JSS Academy ne seront pas reconnus comme ingénieurs tant que l’UGC ne confirmera pas la validité de leur diplôme.”
(L’Express, 17 février 2014.)

Admission à l’UTM ouverte pour ceux qui veulent faire un degré en Divinity
(Site du diocèse de Port-Louis, 23 mai 2013.)

La majorité ont été jugés sous-employés, leurs emplois exigeant moins d’un degré. Le secteur privé reste le plus grand pourvoyeur d’emplois pour les diplômés, qui ont de plus en plus de difficultés à trouver un poste dans une institution publique.”
(Le Mauricien, 20 avril 2012.)

La matière doit être enseignée par un enseignant de Physical Education possédant un degré/diplôme.”
(Le Défi, 31 mars 2012.)

À la fin de votre programme et quand l’ensemble de vos obligations financières sont remplies, votre certificat, diplôme ou degré vous sera accordé.”
(Site de l’Impact School of Christian Ministries.)

L’utilisation du mot “degré” à Maurice — alors même que le mot diplôme existe en français — est liée à la distinction qui existe en anglais entre un “degree” et un “diploma”.

En toute rigueur, le diploma devrait simplement être la feuille de papier, le document lui-même, attestant qu’une personne a suivi un cursus donné, qu’elle possède un certain nombre de connaissances et qu’elle a été reconnue apte à recevoir un titre délivré par un organisme de formation (université, école, institut, chambre consulaire, etc.). Tout comme le mot diplôme, diploma vient du grec diplôma, “feuille pliée en double”, lui-même issu de diplous, “double”. L’étymologie même du mot indique qu’il s’agit du document en tant que tel, c’est-à-dire du morceau de papier ou de parchemin sur lequel est inscrit quelque chose. Toutefois, au fil du temps, par métonymie un mot a été utilisé pour exprimer une notion voisine et l’attestation est devenue la chose elle-même : le diplôme n’est plus le document seul, mais ce qu’il atteste, c’est-à-dire le titre, le grade.

En français il n’existe qu’un seul mot pour le titre : diplôme, que celui-ci soit du brevet, du baccalauréat, de licence, de maîtrise, d’ingénieur, d’architecte, de médecin, d’expert-comptable, de vétérinaire ou de docteur en littérature française — voire de relaxologue. En allemand idem (ou presque) : Diplom. Mais en anglais contemporain il en existe plusieurs : certificate (cf. nos CPE, SC ou HSC), diploma ou degree, et ces mots, ainsi que la réalité qu’ils recouvrent, n’ont pas la même valeur.

Le moins prestigieux d’entre eux est le certificate (certificat). C’est celui qu’on a lorsqu’on a été à l’école ou qu’on a suivi un stage ou une formation technique. Le CPE (Certificate of Primary Education) est l’examen de la fin du primaire. La “senior”, année d’école équivalente à la seconde dans le système français (élèves âgés de 15 à 16 ans), donne lieu à la SC, ou “school certificate”. Deux ans après, les élèves du secondaire passent la HSC, ou “Higher School Certificate”, marquant la fin de leur études scolaires.

Le diploma, pour sa part, sanctionne une formation relativement courte , souvent assez technique, suivie par des gens qui ne sont plus à l’école. Elle n’a généralement pas lieu dans une université attitrée, et de ce fait ne se déroule pas dans un cadre académique. Il s’agit généralement de formations professionnalisantes, axées sur une activité bien précise, sur un métier particulier. Elles sont moins générales que les études universitaires et possèdent un prestige moindre.

Le degree, comme on l’a dit plus haut, est un diplôme octroyé par une université à l’issue d’études d’au moins trois ou quatre ans (bachelor). Dans la plupart des esprits, ce sont là les “vraies” études, les études académiques.

Tout ceci fait que quelqu’un ayant suivi des études universitaires débouchant sur l’obtention d’un degree pourra éprouver une certaine réticence à parler du diplôme qu’il possède en utilisant le mot “diplôme”, de peur que, dans la grande pagaille de la diplomatie mondiale, son interlocuteur pense qu’il n’a “qu’un diploma”. C’est ainsi que nous nous retrouvons à entendre des barbarismes du genre “j’ai fait un degré en psychologie” ou de ceux qui figurent en exemple au début de ce billet.

Toutes ces entorses à la langue ne sont-elles toutefois pas justifiées lorsqu’il s’agit de s’élever sur les degrés de l’échelle sociale ?

Diplome_hautes_etudes_martiennes

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