Zangarna

Zangarna.
Nom masculin.

Païen, mécréant. (Bon à rien.)

Ƶ

L’appellation chrétienne est encore plus gênante. Qui est chrétien, aux yeux de Dieu, et qui ne l’est pas ? Qui est plus aimé de Dieu du zangarna baptisé en bonne et due forme, avec parrain, marraine, dragées, brioches et robe blanche, ou les plus sincères des adorateurs de Ram, de Shiva, de Vishnu, qui connaissent autant les Evangiles que les Upanishads et le Mahabharata, des croyants clamant plusieurs fois par jour et de toute la force de leurs haut-parleurs la grandeur du Dieu Unique, le Dieu d’Ibrahim, de Yacoob et d’Issac, et qui se souhaitent : Salaam alaikhoum ! comme le Christ nous dit : «[La] Paix soit avec vous» ?
(Yvan Martial, La Vie catholique, 4 au 10 mai 2007.)

Mais gare aux zangarnas comme toi, Quincois ! Si tu as un grigri sur toi, jette le vite à la mer, dès que tu as aperçu une baleine ; sans ça, elle te poursuivra jusqu’à ce qu’elle ait coulé ton bateau !
ZANGARNA. – (Corruption de Jaggernaut): boudhiste, adepte des rites de Jaggernaut et, par extension, païen, non-chrétien – voire, mauvais chrétien
(Savinien Mérédac, Polyte (page 99), 1926.)

J’ajouterai, mieux les préparer pour mieux les contrôler. Pour soi-disant ne pas laisser les gens — perçus comme des zangarna — qui se séparent de leur confession sans spiritualité.”
zangarna : personne ou gens vivant sans foi religieuse
.”
(Christian Némorin, Une Île inachevée, 2008.)

ZANGARNA. Païen, homme sans religion, impie ; par extension, hérétique. ETYM : Jaggurnaut, ville de l’Inde […].”
(Robert Furlong et Vicram Ramharai, Panorama de la littérature mauricienne: la production créolophone. Des origines à l’indépendance, 2007.)

Wi, mo dakor; akoz bannla nou dan pens.
Bann sal Zangarna! Payen! Zanfan Satan!

(Dev Virahsawmy, Karay So (pou Gérard Sullivan), 9 long poem, 2006.)

Parski mo lapo maron,
Parski mo seve nwar-drwat,
Parski mo al sivala
To dir mo enn zangarna.
Parski nou pa koz parey,
Parski mo met langouti,
Parski mo manz farata
To dir mo enn bachara
.”
(Dev Virahsawmy, novembre 2007.)

When some Mauritians choose to call their Hindu neighbour Zangarna, they unconsciously pronounce the name Jugannath, the Lord of the Universe.
(Sookdeo Bissoondoyal, A Concise History of Mauritius, 1965.)

Anou ekout enn parol dan segon liv Martir Izrael (7,1-2.9-14)
[…]
9   Zis avan li rann so dernie soupir, deziem frer- la dir lerwa: «To enn zangarna, to pe tir nou lavi lor later azordi, me akoz nou fidel ar lalwa, lerwa liniver pou resisit nou, pou donn nou lavi eternel.»
(La Vie catholique, 05 au 11 novembre 2010.)

Ƶ

L’expression est relativement rare (elle ne figure d’ailleurs pas dans le Diksioner morisien de Carpooran), ce qui expliquerait sans doute pourquoi le sens qui s’y attache peut varier d’un locuteur à un autre. Pour une partie des gens, le terme zangarna est lié à la religion et s’utilise pour parler de celui qui ne croit pas en Dieu, ou dont la pratique religieuse laisse à désirer — autrement dit un mécréant (un mauvais croyant), un misbeliever, un apikoros. Pour une autre partie, un zangarna est “un bougre qui ne fait rien de sa vie”, un type qui se laisse aller et qui se moque de ce que la société peut penser de lui — autrement dit un traîne-savate, un jean-foutre, un bon-à-rien. Cette deuxième acception dérive certainement de la première. Le fait d’être un mécréant étant moralement condamnable, le terme possède une connotation suffisamment péjorative pour être employé en tant que terme de reproche dans d’autres contextes, d’où l’extension ou le changement de sens. On remarquera toutefois que dans le 8e et dernier exemple d’utilisation ci-dessus, le passage biblique en créole “to enn zangarna” provient du texte suivant (cité plus bas dans l’article de La Vie catholique) : “tu es un scélérat” — scélératesse se rattachant sans nul doute au fait d’être un bon-à-rien.

Baker & Hookoomsing, Dictionnaire du créole mauricien, page 341.

Baker & Hookoomsing, Dictionnaire du créole mauricien, page 341.

Selon MM. Baker et Hookoomsing, l’expression vient du nom d’une divinité hindoue dont le temple principal se trouve dans la ville de Puri en Orissa, sur la côte est de la péninsule indienne, au bord du golfe du Bengale. Dans cette ville est vénéré Jagannath, lequel est une manifestation de Krishna, donc de Vishnou. La statue du dieu, peinte en noir, est dotée de grands yeux, d’une grande bouche et de bras courts. Au cours de la grande fête annuelle qui a lieu au mois de juin ou juillet — le Ratha Yatra —, trois énormes chariots (ratha) sont construits pour abriter et transporter Jagannath, son frère et sa sœur. Cette fête a lieu dans une atmosphère de grand enthousiasme, de nombreux pélerins venant à Puri afin d’avoir la bénédiction de la vue du dieu (son darshan). La foule en liesse et la vénération prodiguée à la trinité composée de Jagannath, de Balarama et de Subhadra ont suffisamment frappé les Européens — surtout les plus puritains et les plus empreints de préjugés — pour que ceux-ci associent le culte de Jagannath à la plus condamnable des formes d’idolâtrie.

Procession de Jagannath à Puri.

Procession de Jagannath à Puri.

En 1806, un missionnaire écossais, Claudius Buchanan, a assisté au festival des chariots et en a donné un compte rendu empreint de critique. Ce “reportage” figure sous forme de journal dans ses Christian Researches in Asia, publiées en 1811, la condamnation morale du puritain clergyman Britannique envers ces rituels qu’il réprouve apparaissant à chacune de ses phrases ou presque :

I have seen Juggernaut. […] The idol called Juggernaut has been considered as the Moloch of the present age; and he is justly so named, for the sacrifices offered up to him by self-devotment, are not less criminal, perhaps not less numerous, than those recorded of the Moloch of Canaan.

The idol is a block of wood, having a frightful visage painted black, with a distended mouth of a bloody colour.

Le mépris des Anglais pour les croyances et les coutumes indiennes se sont exprimées — y compris par écrit — tout au long du XIXe siècle, et même au-delà (cf. les commentaires de Winston Churchill sur Gandhi en 1930 ou sur ce qu’il aurait qualifié de “beastly religion”). Il n’est donc pas particulièrement étonnant de voir que, impressionnés par des rites qu’ils ne comprenaient pas et qu’ils désapprouvaient, les Européens aient utilisés les mots indiens attachés à ces cultes pour en faire des expressions connotées négativement, d’où “juggernaut” en Grande-Bretagne ou “zangarna” à Maurice.

Oxford English Dictionary (Shorter), third edition.

Oxford English Dictionary (Shorter), third edition.

Longtemps avant le peintre Xavier Le Juge (1939, 1952), François Chrestien a traduit des fables de La Fontaine en créole. C’est ainsi que dans ses Essais d’un bobre africain (1822 1ère édition, 1831 2e édition, 1869 3e édition), en traduisant Le Rat qui s’est retiré du monde, pour faire plus “couleur locale” il transforme l’exotique mot “derviche” en “prêtre zanguerna” :

Pretre_zanguerna--Francois_Chrestien--Les-Essais_d'un_bobre_africain_(1831)--page_146

À Maurice on trouve un certain nombre de patronymes dérivés du nom de Jagannath, le Seigneur de l’Univers. Au cours du XIXe siècle, probablement à l’arrivée des immigrants indiens à Port-Louis, ces noms, transcrits en alphabet latin, ont reçu des graphies diverses, comme on s’en rend compte aujourd’hui encore.

Extraits de l'annuaire téléphonique (2014).

Extraits de l’annuaire téléphonique (2014).

Il ne nous a pas semblé, cependant, que ces noms aient jamais été associés au mot mauricien zangarna, ni même au mot anglais juggernaut. S’il existe une parenté étymologique entre eux, cela ne s’est jamais concrétisé ni dans les esprits ni dans le langage. À tout seigneur, tout honneur.

Jagarnath Lane

Jagarnath Lane

Baise

Baise.
Nom féminin.

Pas de sexe ici. La baise, en français de Maurice, ne relève normalement pas de la copulation : une baise, c’est un problème, une situation difficile, ou c’est une réprimande, une engueulade. L’expression est perçue comme familière, voire un peu rough en certaine compagnie, mais elle ne possède pas de connotation sexuelle explicite.

Hier on a pris une mauvaise baise avec la pluie.”

Dépêche-toi de rentrer, sinon tu vas ramasser une baise avec ta manman.”

Quand les ennuis s’accumulent, l’expression de découragement qui vous vient à la bouche peut être “quelle baise…” Et lorsque cette dernière dépasse les limites du supportable, il lui arrive d’être qualifiée de “macabre”, la “baise macabre” étant une sale baise, de celles qui laissent des traces.

Cette absence d’attribut sexuel en ce qui concerne la baise mauricienne fait que l’interjection baisé ! (merde !) et le verbe baiser (donner, prendre, avoir, rester, etc.) engendrent parfois d’amusants quiproquos, comme dans le cas de ces voyageurs mauriciens qui, montés dans un train bondé, s’entendent dire par un contrôleur qu’ils n’auront pas de places assises et rétorquent, énervés : “Alors quoi ! on va baiser debout jusqu’à Paris ?

Kozé # 3 – Octobre 2014.

Kozé # 3 – Octobre 2014.

 

 

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Mise à jour du 23 novembre 2014.

En français standard l’expression a de longue date été associée au fait d’embrasser, c’est-à-dire de presser ses lèvres sur la peau d’une personne ou sur la surface d’un objet (kiss en anglais). Baiser, c’était avant tout embrasser, parfois avec respect et chasteté, parfois avec amour et transport. C’est à partir du XVIe siècle que le verbe a acquis le sens sexuel de “posséder charnellement”, sens qui s’est tellement généralisé que de nos jours, sous peine de faire rire — voire d’inquiéter —, on ne peut plus guère parler de “baiser” quand on veut dire “embrasser”.

Le substantif lié au verbe était avant tout masculin : en français on parle d’“un baiser” depuis le XIe siècle, notamment à propos d’un passage biblique dans lequel Judas, le traître, embrasse Jésus pour le désigner aux Romains venus l’arrêter. Dans une certaine mesure, et à la différence du verbe, le substantif masculin a gardé une certaine neutralité de registre et ne prête pas systématiquement le flanc aux idées grivoises. Parler du baiser d’une mère ou d’un père à son enfant continue de suggérer un tendre tableau.

Par contre les choses se sont corsées lorsque le substantif dérivé de baiser s’est mis à être employé au féminin : en français standard, “une baise” — “la baise” — n’a pas grand-chose à voir avec “un baiser”. Aussi extraordinaire que cela paraisse, ce nom féminin synonyme d’“acte sexuel”, d’“action de baiser”, n’existerait en français de France que depuis 1973 (Petit Robert). La baise n’existerait donc dans l’Hexagone que depuis le dernier quart du XXe siècle. Voilà qui a de quoi laisser songeur.

Ceci expliquerait peut-être en partie pourquoi à Maurice “une baise” — expression employée bien avant 1973 — n’a pas, et n’avait pas, ce sens éminemment sexuel que possède l’expression en France aujourd’hui. Quelque part dans le subconscient du locuteur mauricien lambda doit exister un lien, aussi ténu soit-il, entre le mot baise et la copulation — autrement il n’y aurait pas de gêne à l’utiliser pour converser par exemple avec la tante de votre épouse —, mais le mot, appartenant quand même au registre familier, est largement dépourvu de caractère sexuel dans une grande majorité de cas.

Baggioni & Robillard – Ile Maurice, une francophonie paradoxale (1990), page 103.

Baggioni & Robillard – Ile Maurice,
une francophonie paradoxale (1990), page 103.

Ayo, personne n’est venu, grande baise…
Elle lui a fichu une baise.
On a pris une baise terrible pour changer la roue de la voiture.
Tu n’as pas fait ce que tu devais faire, et maintenant la baise est mûre.
J’ai perdu mon portefeuille et mes clefs de voiture, je suis dans une mauvaise baise là.
Ces phrases sont toutes dépourvues de sexualité. Tout au plus suggèrent-elles que la personne qui s’exprime ainsi jouit d’une certaine familiarité dans ses relations avec la personne à qui elle s’adresse, ou qu’elle est passablement énervée.

Il peut être noté que nos voisins réunionnais ont une expression similaire possédant des sens et des registres similaires. Mais pour une fois le mot bourbonnais est un peu différent : là où à Maurice on parle d’“une baise”, à la Réunion on parle d’“un baisement”. — “Ce même jour, dans cette même lettre, il annonce à F. qu’elle va prendre ‘un baisement’.” (Le Quotidien de la Réunion, 18 janvier 1992.)

Le comportement de Bérenger est absolument lamentable. C’est un autocrate vieillissant qui n’a pas su préparer la relève. Il n’a plus aucune conviction ni aucune fierté. En face de lui Ramgoolam est un excellent manipulateur dont la seule ambition est de rester au pouvoir. Les Mauriciens sont vraiment dans une grande baise
(Forum de L’Express.mu, commentaire du 27 avril 2014.)

L’importateur me dira : « Ce n’est plus rentable, j’arrête de faire venir ce produit. » Vous imaginez la suite: Soodhun a foutu une baise… Ne rien faire n’était pas non plus la solution, on me serait tombé dessus. J’ai trouvé une solution intermédiaire qui n’est pas si mauvaise que ça.”
(Interview du ministre Showkutally Soodhun, L’Express, 28 mars 2011.)

- Et alors, moi je mets de force la télé sur la MBC, après avoir attrapé une baise avec les enfants qui voulait voir je ne sais quel clip sur une autre chaîne.”
(Forum Radio Moris, 31 août 2008, probable retranscription d’une chronique de Jean-Claude Antoine.)

Le chanteur ajoute qu’« Exiler dan l’enfer » est un clin d’œil pour ces Mauriciens qui « pe ramasse baise dehors ».”
(Le Défi, 19 octobre 2014.)

Le Président du MTC a exhorté ses invités à «aider» une nouvelle publication «dans bez»
(Week-End, 24 août 2014.)

Transport

Transport.
Nom masculin.

Engin, en principe motorisé, destiné à transporter des gens ou des choses ; véhicule ; moyen de transport.

National_Transport_Corporation_buses_68Il va falloir trouver un transport corec pour eux, quelque chose d’assez propre, sinon ils risquent de ne pas être contents.”

Ton transport n’est pas encore arrivé ? On m’avait dit neuf heures et il n’est toujours pas là.”

Les élèves et étudiants, âgés de cinq à trente ans, participent à des ateliers de peinture, de danse, de lecture et d’éducation physique, entre autres. Un transport les récupère chez eux le matin et les ramène dans l’après-midi.”
(Magazine de la compagnie Omnicane, juillet 2011, page 17.)

À peine la victime embarquée dans un transport de la police en direction de l’hôpital, les policiers affectés au poste d’Abercrombie ont été informés de graves incidents se déroulant sur la voie publique le long de la rue Ducray.”
(Le Mauricien, 8 février 2013.)

« Merci de nous aider à trouver un transport qui pourra la déposer à l’école à 9 heures et la récupérer à 14h30 », implore la mère.”
(Le Défi, 20 septembre 2012.)

Transport_(van)_880Une invitation à assister à cette conférence de presse a été envoyée à tous les médias et un transport mis à leur disposition.”
(Site de la propriété sucrière Terra, juillet 2013.)

2. Avant de monter dans votre transport, pendant que vous montez, prenez une minute pour prêter attention à votre respiration.
3. Dans le transport, prenez conscience de vos tensions corporelles – dos, yeux, pieds… – et faites de votre mieux pour relâcher toutes ces tensions… Est-ce qu’elles vous aident à vous sentir mieux ?

(Brochure de DRR Consulting Mauritius.)

J’ai pas de transport mais je vais m’organiser avec Saleema”.
(Facebook, 30 septembre 2014.)

Le personnel de Link to Life au bureau de Vacoas est extra gentil, quand on les appelle pour réserver un transport, ils ont toujours de la joie dans la voix. L’équipe des chauffeurs, c’est pareil. Ils sont très ponctuels et me portent pour monter dans la voiture.”
(Site ACTogether.mu, 8 novembre 2012.)

Ils viennent des quatre coins de l’île. Pour plusieurs, le rendez-vous du 2e dimanche du mois d’octobre est sacré. Parmi, il y a ceux qui viennent des hospices, couvents ou autres maisons de retraite. Tout est programmé d’avance pour qu’ils aient un transport adéquat pour le déplacement – bus spécial route […].”
(La Vie catholique, 19-25 octobre 2007.)

Transport_(coccinelle_VW)_496Salut je cherche une maison a louer dans les environs de Vacoas / Curepipe ou a Flic-en-Flac. Type de maison:-maison individuelle avec au minimum deux chambres a coucher et une cour/ un garage pour garer deux transports.”
(Site petites-z-annonces-maurice.com, 20 mai 2011.)

En français standard, le transport est principalement l’action consistant à déplacer des choses ou des gens d’un lieu à un autre, le fait de transporter. Il ne s’agit pas du véhicule lui-même. Dans ce cas on parlera éventuellement d’engin de transport, de matériel de transport ou de moyen de transport, pas de “transport” tout court. Uniquement dans le domaine particulier de la marine, notamment de la marine militaire, pourra-t-on entendre parler d’un transport (de troupes, de matériel).

Le mot transport étant néanmoins d’un usage courant en français, on pourrait penser que c’est de cette langue que nous vient ce mot. Oui et non : la prononciation (mauricianisée), [trɑ̃spoː], est d’origine française, mais l’utilisation du nom de cette façon a vraisemblablement été influencée par la langue des Britanniques. Pour contribuer à s’en convaincre, un extrait du freedictionary.com :

In British English, vehicles that you travel in are referred to generally as transport.
It’s easier to travel if you have your own transport.
You can get to the museum by public transport.

Cependant, l’habitude mauricienne consistant à parler d’un transport, voire de deux transports, ne provient pas de l’anglais :

Transport is an uncountable noun. Don’t refer to a single vehicle as ‘a transport’.

Pour revenir au français, et même au français grivois, il est possible, et même licite, de remarquer qu’un transport peut aussi être un voyage vers le septième ciel : dans des circonstances favorables, le “transport amoureux” est en mesure de vous faire passer dans une autre dimension, de sortir de vous-même, de monter plus haut que les nuages. Ce genre de transport correspond à une vive émotion, une passion, une exaltation, un ravissement. A rapture, an ecstasy pour les Anglais, lesquels — qui l’eût cru ? — connaissent paraît-il aussi l’“amorous transport”.

Amorous transport ? Ah ! voilà un nom réjouissant lorsqu’il s’agit de baptiser un bus privé ou un camion martiens.

Tambalacoque

Tambalacoque.
Nom masculin.

Grand arbre endémique (Sideroxylon grandiflorum), aujourd’hui très rare, que l’on trouve encore dans certaines forêts des hauts plateaux.

Le cheval repart au lancé. Mais en chemin son pied heurte un chicot de tambalacoque. Le pied en est tout blessé, et le cheval ne peut s’empêcher d’injurier le tambalacoque.
(Charles Baissac, Le Folklore de l’île Maurice, 1888.)

Environ mille pieds de tambalacoques prospèrent à Maurice notamment à Brise-Fer, Mare-Longue, Macchabée, Ferney, Bassin-Blanc, Bel-Ombre, au Pouce et même pour l’un d’entre eux dans un parc privé de Curepipe. De la famille des sapotaceae, cet arbre se distingue par une longévité exceptionnelle qui peut avoisiner les mille ans et sa hauteur dominante dans la canopée des forêts hautes de Maurice.”
(Le Mauricien, 21 janvier 2012.)

Plus que centenaire, le “tambalacoque”, est unique dans le village de Petit-Raffray, voire de la région, expliquent des habitants du village.”
(L’Express, 5 janvier 2004.)

Symbole de résistance et de longévité, le tambalacoque, arbre endémique unique à Maurice peut atteindre jusqu’à 400 ans, voire plus.”
(Week-End, 20 novembre 2011.)

Sur le sentier plus étroit que nous prenons entre les arbres indigènes, nous ne tardons pas à découvrir un Tambalacoque, arbre que le scientifique américain Stanley Temple avait postulé ne plus pouvoir se régénérer depuis la disparition du dodo… Il avançait qu’une digestion partielle des graines par notre Raphus cucullatus était indispensable à leur germination, ce qui s’est par la suite avéré inexact. Celui que nous découvrons est dans un état pitoyable, avec une partie du tronc pourrie et des marques de machette à environ cinquante centimètres du sol. Un repère a permis aux botanistes de constater que le diamètre de son tronc ne prend en moyenne que 0,2 mm par an, ce qui le classe parmi les arbres à croissance très lente.”
(Le Mauricien, 7 janvier 2012.)

Appartenant à la famille des Sapotacées (au même titre que le bois de natte, le makak et le pomme jaco), il s’agit d’un arbre endémique à Maurice, pouvant atteindre une vingtaine de mètres de hauteur, au tronc bien droit. Il était un bois apprécié en construction.

L’origine du mot tambalacoque est inconnue — une forme “tamanicoque”, aujourd’hui disparue, aurait existé —, le nom écrit de la sorte étant attesté depuis 1888 (voir plus haut l’extrait du livre de Charles Baissac).

L’arbre a donné lieu à un certain nombre de théories fantaisistes, parfois prises sans sourciller par les uns et les autres (cf. l’article de L’Express du 5 janvier 2004 ainsi que les extraits ci-dessus et ci-dessous).

Le dodo avalait la graine de l’arbre tambalacoque et pour mastiquer cette graine dans son estomac, il avalait une pierre grosse comme un œuf de poule, qui lui servait de dents intérieures.”
(Bernard Violet, L’ombre d’une île, entretiens avec Malcolm de Chazal, 1994.)

Au début des années 1970, Stanley Temple, un chercheur américain, ornithologiste de son état, donc un spécialiste des oiseaux plutôt que des plantes, a émis l’hypothèse que pour germer les graines de tambalacoque avaient besoin de passer par le système digestif d’un dodo. Les dodos ayant disparu, les tambalacoques ne pouvaient plus se reproduire, et se trouvaient donc condamnés à plus ou moins brève échéance si un substitut au gésier de dronte n’était pas trouvé. Des dindons furent utilisés comme cobayes, sans résultat concluant. On se mit à parler de “dodo tree”, ce qui ne pouvait qu’attirer l’attention du public sur les tambalacoques et leur raréfaction. (L’association dodo / tambalacoque perdure à ce jour, notamment sur internet.)

En 1977, dans son livre Golden Bats and Pink Pigeons, l’écrivain et naturaliste britannique Gerald Durrell a mentionné la chose en citant ce qu’on lui avait raconté lors d’une de ses visites à Maurice : “le tambalacoque était commun à l’époque du dodo et, selon la théorie, le dodo aimait manger le fruit de l’arbre. Lorsque la partie charnue était digérée, les sucs gastriques pouvaient agir sur la graine dure et le passage de celle-ci à travers le corps du dodo la ramollissait suffisamment pour lui permettre de germer”. Mais de l’aveu de Durrell lui-même, plutôt sceptique, cela était avant tout une belle histoire : “‘It’s a lovely story,’ I said, fascinated at the thought of such a link between a bird and a tree, and now the extermination of one was causing the disappearance of the other, ‘but I’m afraid it’s got more holes in it than a colander.’” Passons, donc. Mais pour en avoir le cœur net il faudrait sans doute demander son avis au Lonely Dodo pendant qu’il est encore là.

Mettre l’emphase

Mettre l’emphase (sur quelque chose).
Locution verbale.

Mettre l’accent (sur quelque chose), attirer l’attention (sur quelque chose), insister, souligner.

put_the_emphasis— Il faudrait peut-être qu’ils les tuent à un rythme industriel pour te convaincre ? Qu’ils réquisitionnent la gare de Drancy et les envoient par wagons entiers à l’incinération ?
Comme toujours, Marine employait le sarcasme pour mettre l’emphase sur ses propos. Dorian se dit qu’à défaut de magistrat, elle aurait sûrement fait une excellente avocate. Il s’abstint toutefois de toute répartie cinglante, sachant ce qu’il encourrait dans le cas contraire.

(Ashvin Krishna Dwarka, Le Neuvième Passage (2014), page 293.)

Il [le ministre de l’éducation] a aussi mis l’emphase sur la récente initiative du gouvernement d’attribuer un financement intégral dans le cadre d’un nouveau système de bourses pour aider les étudiants dont le revenu familial ne dépasse pas Rs 12 000 par mois, et dont les parents font face à de sérieuses difficultés pour permettre à leurs enfants de poursuivre des études supérieures.”
(Le Mauricien, 6 septembre 2013.)

Imperial Gardens fait aussi la part belle aux espaces verts. Ceux-ci représentent 63 % de la superficie du site. «A travers ce projet nous avons voulu mettre l’emphase sur le projet Maurice Ile Durable», déclare Shanawaz Jaulim, le directeur de City View Development Co Ltd. D’où les grands espace verts, la récupération et le recyclage de l’eau et l’utilisation de l’énergie solaire pour des espaces en commun.”
(L’Express, 28 novembre 2012.)

« J’avais déjà l’ébauche de mon livre, Stanley’s Noble Deeds, qui évoque l’histoire d’un homme qui décède du sida et qui se voit couronné au paradis pour ses actions, comme son titre l’indique.
J’avais conçu l’écriture comme un scenario de film et je crois que ce style, de même que le sujet, ont séduit les éditeurs », raconte Ajay Ramphul. Après l’envoi, ce dernier, à la demande des éditeurs, développe le sujet et met l’emphase sur les dialogues
.”
(Le Défi, 20 janvier 2014.)

With_an_accentPaul Bérenger a, lui aussi, participé à ce rassemblement au No. 5. Il a repris ses thèmes de campagne habituels, mettant l’emphase sur l’ordre public, le combat contre la drogue et le redressement de l’économie.”
(L’Express, 30 avril 2010.)

Après Bar Chacha vendredi, l’alliance MMM/MSM était à La Tour Koenig hier soir. Lors de son intervention sir Anerood Jugnauth (SAJ) a mis l’emphase sur l’importance de ces élections pour le pays. Il s’est dit confiant que la population est suffisamment intelligente pour le réaliser. Paul Bérenger s’est dit fier de l’équipe présentée par le Remake 2000.”
(Le Militant, 20 novembre 2012.)

David Leong-Lone, pour sa part, le lauréat côté garçon du Rodrigues College, songe à devenir ingénieur informaticien. Il dit avoir été bien encadré par ses parents, tous deux enseignants. Avec conviction, les deux boursiers affirment qu’ils reviendront pour mettre leurs compétences au service du pays. Rodrigues, disent-ils, manque de cadres dans certains domaines. «L’autonomie a été enclenchée mais n’a pas encore pris son envol. Il faut mettre l’emphase sur l’éducation et la formation», dit le jeune homme.”
(L’Express, 10 février 2004.)

La SBM met l’emphase sur l’intégration sociale
(Communiqué de la State Bank of Mauritius, avril 2010.)

Jules a mis l’emphase sur le fait que la JOC est un mouvement qui aide à transformer la vie des jeunes, à donner un sens à leur existence.”
(La Vie catholique, mai 2011.)

Cette tournure est due à l’influence de l’anglais. Il s’agit d’un calque de l’expression “to put the emphasis (on something)”. En anglais, emphasis n’est pas un équivalent exact d’emphase. Emphasis a le sens d’insistance, de force, d’accentuation. To emphasize, c’est souligner, insister sur, faire ressortir, mettre en exergue, etc. En français, l’emphase est une exagération dans la façon de s’exprimer. C’est être pompeux, grandiloquent, exagérément solennel. Parler avec emphase, c’est parler avec affectation, dans un style ampoulé — un style qui peut justement être qualifié d’emphatique. C’est le contraire de parler simplement, de façon naturelle.

Il est toutefois possible de noter qu’en créole “met lanfaz (lor kiksoz)” n’est pas nécessairement sujet à caution. Comme il ne s’agit pas d’un “français abâtardi” mais d’une langue indépendante — quand bien même elle tire l’essentiel de son vocabulaire du français —, elle n’est en rien obligée de suivre à la lettre les locutions et tournures du français. Qui plus est, “met laksan (lor kiksoz)” ne signifierait pas grand-chose en créole et une telle expression n’aurait que peu de chances d’être comprise dans le sens de “mettre l’accent (sur quelque chose)”.

Rougail

Rougail (rougaille)
Nom masculin (parfois féminin).

Type de plat cuisiné dont un des ingrédients essentiels est la pomme d’amour (tomate), ce qui lui donne sa couleur rouge caractéristique.

Aujourd’hui on a eu un rougail de poisson salé avec des lentilles, des brèdes et un chatini de coco.”

L’expression mauricienne rougail — qui existe depuis les années 1820 au moins — vient du tamoul, le mot urukay signifiant “pickled vegetables”, “fruit vert confit” dans cette langue dravidienne.

On pourra relever à juste titre que notre rougail n’est pas constitué de fruits verts ou de légumes au vinaigre. Disons qu’il ne l’est plus. En revanche, chez nos plus proches voisins et néanmoins amis le rougail peut à la fois être identique au nôtre (un plat cuisiné servi chaud) et être un condiment que pour notre part nous appelons “chatini”. Les Bourbonnais, qui ont souvent raison, peuvent ainsi manger un “rougail tomate”, ce qui aurait un fort relent de pléonasme à Maurice.

Dès lors devrait-on voter une loi à l’Assemblée pour que les Mauriciens utilisent rougail à la place de chatini ? Si cela devait être, il faudrait alors compter double la voix des députés d’origine tamoule, “best losers” ou pas.

Kozé #1 – juin 2014

Kozé #1 – juin 2014

 

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Mise à jour du 21 août 2014

Rougail saucisse.

Rougail saucisse(s).

Les analyses effectuées suite à l’incident de l’école de Bambous, jeudi, montrent que les enfants ont été contaminés par les oeufs du rougail d’oeufs consommé pendant la récré. Et des parents avaient déjà rapporté ce même service traiteur pour avoir servi des dholl puri avariés aux enfants le mardi précédent.”
(L’Express, 10 février 2013.)

Au fil des années, chaque communauté a puisé dans la cuisine des autres en réadaptant selon ses goûts, ce qui a donné la cuisine mauricienne. La cuisine créole, par exemple est un mélange d’ingrédients et de saveurs variés. L’incontournable rougail est accompagné d’achards ou de dholls et de riz, d’origine indienne.”
(Site du gouvernement de Maurice.)

Dans la soirée, le dîner se doit de rester simple. Varuna mise fréquemment sur les «ti puris» qu’elle accompagne de légumes, «koftas», «paneer» ou d’un rougail de petits pois.”
(Le Défi, 25 février 2014.)

Mais l’accent sera mis sur les spécialités culinaires de Maurice telles que le curry, le rougail et d’autres mets qui font la fierté de l’île. Plusieurs épices figureront également parmi les produits exposés à Dijon.”
(L’Express, 2 novembre 2011.)

Il n’est pas encore 18 heures. Renika en profite pour cueillir quelques ‘brèdes mouroum’, sans être en contradiction avec une superstition qui interdit toute récolte après 18 heures. Au menu ce soir : « Des brèdes mouroum, des lentilles et un rougaille.”
(Le Défi, 26 mai 2013.)

Elle poursuit : «Mon père aime les choses simples. Sa maison est très simple. Il ne vit pas dans la modernité. Pour lui, la modernité n’est pas importante.» Quid de la nourriture ?
«Il apprécie aussi les plats simples. Il adore le T-bone et les plats mauriciens. Son dada : la purée et de la rougaille de saucisses. Il aime aussi les fruits. Pour lui, il est essentiel de prendre un jus de fruits frais tous les matins. Son fruit préféré, c’est la prune», dit-elle. Selon Joanna, Paul Bérenger n’a que deux amours : la politique et sa famille
.”
(Le Défi, 21 avril 2013.)

Elle prépare tous les jours une série de fritures ainsi que la fameuse rougaille de corned beef et de luncheon meat qui va devenir sa marque de fabrique. En plus, Mme Willy est jolie et bavarde volontiers avec ses clients – et même en français avec les notables qui viennent prendre un verre l’après-midi.”
(Week-End, 6 octobre 2013.)

En parlant de rougaille, il existe bien d’autres coquillages qui s’y prêtent à merveille. Le zéro ou bourse d’argent, le konokono, le manguak ou encore la large dame sont un régal en rougaille, ajouté à de la viande salée. Certains d’entre eux sont cependant relativement difficiles à trouver, nécessitant d’aller à marée basse sur les récifs.”
(Scope, 8 novembre 2013.)

Il faut, avant tout, brûler le nid et ensuite enlever les larves de leurs alvéoles. Les larves de guêpes sont cuites en fricassée ou en rougaille. Il y a même, à Maurice, une croyance qui dit que les larves de guêpes rendent agressifs et coléreux.”
(Le Défi, 31 mars 2013.)

Les pèlerins pourront ainsi se désaltérer avec des litres de jus et consommer la nourriture qu’ils vont préparer. Comme chaque année, le groupe de bénévoles préparera des faratas accompagnés de curry de gros pois et de pommes de terre, une rougaille de pommes d’amour, un chatini de coco et un koutia de mangue.”
(Scope, 7 mars 2013.)

Rougail de poisson salé (avec du giraumon, du chatini de coco, des brèdes et des achards de palmiste).

Rougail de poisson salé (avec du giraumon, du chatini de coco,
des brèdes et des achards de palmiste).

 

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Mise à jour du 20 septembre 2014

P'tit Salé — Snoek frit.

P’tit Salé — Snoek frit.

La recette du Chef
Rougaille de Snoek fait maison.
Versez simplement le contenu dans une rougaille, laissez brièvement
mijoter à petit feu et dégustez un mets savoureux.
Just add the contents to a pre-cooked Creole sauce to obtain a delicious meal.

 

Rougail de poisson salé en cours de cuisson et, à droite, un bol de chatini de poisson salé.

Rougail de poisson salé en cours de cuisson et, à droite,
un bol de chatini de poisson salé.

Snoek_(poisson_sale)_8027

Même

Même.
Adverbe.

Toujours, encore.

Still sleeping...

Still sleeping?

Ce matin j’entendais quelqu’un qui, revenant transpirant d’un jogging matinal, s’enquerrait de ses enfants, lesquels paraissaient (ou paressaient) toujours au lit : “Ça dort même ?

Ah ! Une alarme s’est soudainement mise à sonner : même employé de la sorte, souvent à la fin d’une phrase, pour signifier “toujours” ou “encore”, cela ne constituait-il pas un mauricianisme ? Un Français bien standard sous tous rapports n’aurait-il pas plutôt dit “ça dort toujours” ou “ça dort encore” ? Aurait-il jamais usé de l’adverbe même de cette façon-là ?

À Maurice et à l’oral on pourra entendre des gens tenir ce genre de propos :

J’ai beau lui dire d’arrêter de taper sur la table, il continue même !

Alors, d’après toi cette utilisation du mot “même” constitue un mauricianisme ?
Hmmm, je réfléchis même là…

C’est bien ces souliers-là. Ça dure même.”

Elle a mis un tricot, mais elle a froid même.”

J’en ai marre. Je lui ai expliqué dix fois, il ne comprend pas même !

Ce chien-là, il est resté petit même.”

Tu me dis si je dois m’arrêter.
Roule même.

“Il continue même” veut dire qu’il continue toujours de taper, bien qu’on lui ait demandé d’arrêter, et l’utilisation de l’expression sous-entend là une dose d’exaspération. “Je réfléchis même là…” signifie qu’en ce moment, à cet instant, là, je suis encore en train de réfléchir. “Ça dure même” montre que les chaussures (des Clarks) durent longtemps, encore et encore. “Elle a froid même” : elle a toujours froid, en dépit du vêtement supplémentaire. “Il ne comprend pas même” : il ne comprend toujours pas, malgré les nombreuses explications. “Il est resté petit même”, il est toujours resté petit — encore que “petit même”, ici, puisse aussi vouloir dire qu’il est resté vraiment petit, tout petit, le mot “même” pouvant aussi avoir cette nuance. “Roule même” : roule encore, continue de rouler.

Il est possible que cette tournure ait été influencée par le créole, langue dans laquelle il arrive au mot mem d’être utilisé de la sorte (même si dans l’extrait du dictionnaire de MM. Baker & Hookoomsing figurant plus bas la chose ne paraisse pas mentionnée noir sur blanc). Les phrases “inn esplik li 10 kout, li pa konpran mem” ou “zot apé dormi mem” sont des formes tout à fait standard. Mais il n’est pas impossible que le créole ait lui-même adopté un usage français, soit une façon de parler régionale (i.e. non-standard), soit une tournure aujourd’hui tombée en désuétude dans la partie centrale de la francophonie. Une enquête plus approfondie serait nécessaire pour en savoir davantage, et j’espère qu’après quelques mois de recherches ou d’appels à contribution infructueux, on ne finisse pas par s’entendre dire avec un brin d’impatience : “Alors ? on attend même la réponse…

Amies blogueuses, copains blagueurs, votre contribution éventuelle est la bienvenue, ici-même.

Baker & Hookoomsing, Dictionnaire du créole mauricien, page 224.

Baker & Hookoomsing, Dictionnaire du créole mauricien, page 224.