Archives quotidiennes : 16 octobre 2011

Gale

Gale / galle.
Nom féminin.

Perche servant à faire avancer un bateau en prenant appui sur le fond. (Cf. le billet consacré au verbe galer.)

Sur les bancs de la pirogue gisaient une gaffe et deux gales au côté d’un aviron qui, trompeusement, semblait taillé d’une seule pièce.”

On devrait interdire l’usage de la gale dans les lagons.”

Pourtant, au début des années 1860, Mahébourg semble un lieu plein de charme et de pittoresque, qui compte un golfe où ‘il y a une vie et une animation continuelles’, une rade où ‘en outre des chasse-marées qui y sont mollement assis et que l’on charge de sucre et de rum pour la ville, ou desquels l’on débarque les approvisionnements pour l’alimentation de Grand Port, on y voit incessamment une multitude de pirogues, les unes à la voile, les autres poussées à la galle, d’autres encore aux avirons’.
(Week-End, 8 octobre 2006.)

Pauvre lagon Mauricien, les premiers responsables sont les pècheurs eux mêmes qui utilisent encore la galle pour avancer avec leurs pirogues en cassant à chaque coup un morceau de la taille d’une assiette (…).”
(L’Express, commentaire d’article, 16 mai 2010.)

Dans sa Contribution à un inventaire des particularités lexicales du français de l’île Maurice, l’universitaire Didier de Robillard précise que le mot “proviendrait d’une variante dialectale de ‘gaule’”, la gaule en question étant une “longue perche” (Petit Robert). En ce qui concerne l’étymologie du mot, Baker et Hookoomsing sont plus diserts et, pour étayer cette origine dialectale, citent le FEW d’une manière malheureusement un peu obscure : “cf nant galle, gaale, poit gale, Beauv galle, bgât gâle,… Elle, saint galle ‘gaule’… □FEW 17:495a.” A moins de pouvoir mettre soi-même la main sur un exemplaire du très volumineux Französisches Etymologisches Wörterbuch (FEW), 25 volumes, plus de 17 000 pages, il est ardu de comprendre ce dont il est question là. Les mots “saint galle” signifient-ils “saintongeais galle”, “poit gale” “poitevin gale” et “nant galle, gaale” “nantais galle, gaale” ? Seule une personne ayant la possibilité de consulter ce monument lexicographique serait à même de nous tendre une perche secourable.

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