Mauritius self-government 1967

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24 réponses à “Mauritius self-government 1967

  1. bonjour a tous…
    Alors qui peut expliquer ces timbres « self governmemnt » ONT ils autant de valeur que le blue penny ??? si jamais ces timbres étaient une erreur d impressions???? 1967… UN an aprés l indépendance…

  2. @Alsace
    « Self-government » & non l’indépendance (1968!).
    L’autonomie dirais-je…

    Les timbres originaux n’avaient pas la mention « SELF-GOVERNMENT 1967 » …
    http://www.birdtheme.org/country/mauritiu.html

  3. Il me semble que la politique du « self governement » était le choix fait par Londres lors de la décolonisation de son Empire plutôt qu’octroyer une complète indépendance, en espérant en retour une allégeance au moins partielle envers la Couronne. Londres avançait alors l’argument que l’indépendance politique devait obligatoirement entraîner l’indépendance économique et financière et que par conséquent, si on voulait être aidé financièrement, il fallait accepter un minimum de… dépendance. Certaines anciennes colonies n’ont pas voulu de cela: j’ai connu de près l’accès à l’indépendance de la Dominique en 1978 qui était un « état associé  » depuis 1967. Ce fut un drame: les Anglais, peu fair-play, ayant quitté le pays sans se retourner, la Dominique s’est enfoncée dans la pauvreté et a du mal à s’en sortir encore aujourd’hui, alors que d’autres anciennes colonies britanniques antillaises sont prospères, pour ne pas dire plus.
    Je ne connais pas bien l’histoire de votre pays, Siganus, mais ne pourrait-on pas voir dans cet éphémère self-governement un des derniers symptômes de cette politique coloniale anglaise finissante ?

  4. Merci a leveto & a carrot…pour les explications des plus claires qui remettent ma pendule a la date exacte de L Indépendance… Je voudrais ici vous proposer une re lecture si cela vous amuse, des LOIS et bill acts qui étaient en rigueur ici avec force en 1854…sur tout ce qui avait trait a PL et sa municipalité…marché, cimetière trottoirs, propreté, etc etc …157 ans plus tard en 2011..ces LOIS sont totalement périmées, oubliées et n ont plus force majeur….
    Si cela vous tente….je vous envoie qqs acts des années 1854…en paralléle avec ce qui se passe a PL de nos jours..
    IL existe toujours le marché , les abattoirs, les animaux, les trottoirs…les canaux…etc etc….qui eux n ont pas suivit le progrés et se sont détériorés.avec beaucoup de panache !!!!!
    (((IL était interdit de laisser entrer des chiens errants dans le marché !!!)))!. 157 ans..c est long me direz vous pour qu un pays change..mais va t on dans le bon sens et est ce que NOS progrés, le sont véritablement???
    Bien a vous Lorraine

  5. Siganus Sutor

    Leveto : Il me semble que la politique du « self governement » était le choix fait par Londres lors de la décolonisation de son Empire plutôt qu’octroyer une complète indépendance, en espérant en retour une allégeance au moins partielle envers la Couronne

    Ce processus au cours duquel Maurice est passée par une phase de self-government — d’autonomie comme le dit avec justesse Carrot — n’a pas été uniquement le fait des Anglais. Pour des raisons internes, propres à la société mauricienne, beaucoup de Mauriciens étaient opposés à l’indépendance de l’île. Pour faire simple, une majorité d’Hindous était favorable à l’indépendance et une majorité de la “population générale” (créoles et blancs) y était opposée, craignant une “hégémonie hindoue”. Un avocat au style flamboyant, passé en politique, leader du “Parti Mauricien” devenu “Social Démocrate”, ne reculait devant aucun excès (comme il l’a d’ailleurs lui-même revendiqué par la suite) pour rameuter ses troupes en jouant sur la peur. Il prédisait par exemple que le lendemain de l’indépendance “un bateau de langoutis allait débarquer dans la rade de Port-Louis”. Le langouti étant une pièce de l’habillement traditionnel des hommes hindous (surtout à la campagne), Gaëtan Duval sous-entendait par là que Maurice allait s’indianiser — voire devenir une sorte de colonie indienne — dès le départ des Britanniques.

    Que les choses se soient passées progressivement ont certainement été bénéfiques, ce qui n’a cependant pas suffi pour rassurer ceux des Mauriciens qui appréhendaient les suites de l’indépendance. Nombre d’entre eux, surtout ceux de la population dite “générale”, ont choisi l’émigration au cours des années 60.

    La marche vers l’indépendance — ou tout au moins un éloignement de la tutelle de Londres — n’a pas été particulièrement brusque. A l’époque de la Première Guerre mondiale, déjà, il existait un mouvement en faveur de la rétrocession de Maurice à la France, une France devenue alliée de la Grande-Bretagne. Dans les années 50, avec l’adoption du suffrage universel, de plus en plus de Mauriciens se sont intéressés à la gestion des affaires de l’île, dans lesquelles ils avaient dorénavant leur mot à dire, s’appropriant ainsi le processus de décision, ce qui a eu pour effet de rendre plus prégnante l’idée d’autonomie, donc d’indépendance. D’autant plus que la chose avait déjà eu lieu en Inde (1947) et dans certains pays d’Afrique.

    En 1961 s’est tenue une Conférence constitutionnelle à Londres, à laquelle ont participé tous les partis politiques mauriciens, conférence au cours de laquelle s’est révélée une forte opposition entre le PM(pas encore SD) de Jules Koenig (le prédécesseur de Duval) et les trois autres partis favorables à l’indépendance (le Parti travailliste de Seewoosagur Ramgoolam, le Comité d’Action Musulman d’Abdool Razack Mohamed et l’Independent Forward Block de Sookdeo Bissoondoyal). L’argument du PM(SD) était que la plupart des Mauriciens n’étaient pas encore prêts à assumer la responsabilité de gérer seuls leurs propres affaires, ce qui a pu trouver un écho favorable chez les Anglais. Mais à la suite des élections de 1959, le Parti Mauricien (Social Démocrate) était minoritaire au Conseil législatif, et allait le rester à l’issue des élections de 1963.

    Une nouvelle Conférence constitutionnelle eut lieu à Londres en 1965. Le PM(SD), toujours opposé à l’indépendance, proposa une “association” entre Maurice et la Grande-Bretagne, s’opposant en cela au Parti travailliste et ses alliés. Les Britanniques ont paru favorables aux propositions du PM(SD), peut-être pour se donner un atout supplémentaire lors des négociations avec le Parti travailliste au sujet de l’excision des Chagos du territoire mauricien (afin de se créer une base militaire dans l’océan Indien, base qui allait ultérieurement être louée aux Américains).

    Les dernières élections avant l’indépendance, tenues le 7 août 1967, les premières à mettre en œuvre le fameux système de “best losers” (“meilleurs perdants”), virent la victoire des partis de l’indépendance, qui obtinrent entre 55 et 56% des suffrages, contre 43 à 44% pour le PMSD. Vox populi, vox Dei. Cinq jours plus tard, le 12 août 1967, le self-government entrait en vigueur et à la première réunion de la nouvelle Assemblée législative Seewoosagur Ramgoolam demandait que “this Assembly requests Her Majesty’s Government in the United Kingdom to take the necessary steps to give effect, as soon as practicable this year, to the desire of the people of Mauritius to accede to Independence within the Commonwealth of Nations and that Mauritius be admitted to membership of the Commonwealth on the attainment of Independence.” La résolution fut votée et la date du 12 mars 1968 fut choisie comme jour de l’indépendance, laquelle se passa dans un climat tendu après les bagarres raciales qui eurent lieu au début de l’année 1968.

  6. Merci, Siganus, pour ce magistral cours d’histoire mauritienne. Je vois qu’en effet la marche vers l’indépendance a été longue et compliquée mais relativement calme.
    À propos de mauricianismes, je trouve dans votre commentaire un usage que je ne connaissais pas du mot « excision »( des Chagos). Il me semble qu’en français ce mot n’appartient qu’au domaine chirurgicale et plus particulièrement concernant l’ablation du clitoris. Peut-être s’agit-il là d’un anglicisme ?

  7. Je vois qu’en effet la marche vers l’indépendance a été longue et compliquée mais relativement calme.

    Pas si calme que ça. Il y eut plusieurs dizaines de morts lors des bagarres mentionnées plus haut. Mais comparé à ce qui s’est passé dans d’autres pays allant eux aussi vers l’indépendance, la violence fut quand même d’un niveau moindre. Et le processus fut probablement moins compliqué aussi.

    Pour ce qui est de l’excision, il semblerait que vous ayez débusqué là un mauricianisme supplémentaire ! Le Trésor de la langue française ne parle en effet que de l’opération chirurgicale, en précisant qu’il s’agit en particulier de la mutilation que l’on fait subir aux filles et aux femmes :

    Excision
    CHIR. Action d’enlever, à l’aide d’un instrument tranchant (un fragment d’organe malade, des tissus nécrosés, une tumeur généralement peu volumineuse). Excision d’une plaie, d’une verrue, d’un panaris excision au bistouri; faire une excision.
    – Spéc. Ablation du clitoris et quelquefois des petites lèvres chez les femmes de certaines tribus africaines. L’excision des femmes. L’on ne procède à la circoncision et à l’excision qu’une fois par douze lunes.

    Pourtant, dans la presse francophone mauricienne (autrement dit dans à pwu près tous les journaux mauriciens d’une certaine importance) on parle régulièrement de l’excision de ces Chagos qui ne sont pas des femmes :

    « Cassam Uteem : Sir Anerood Jugnauth devrait révéler les conditions de l’excision des Chagos »
    (L’Express, 30 octobre 2010.)

    « En tant que militant et patriote, le MMM – depuis sa création -, et moi avons toujours maintenu que l’indépendance de Maurice serait incomplète tant que nous n’aurions pas récupéré les Chagos, d’une part, et la petite île Tromelin, d’autre part. Nous avons toujours maintenu que l’excision des Chagos du territoire mauricien pour créer le ‘so called British Indian Ocean Territory’ était une action illégale, un viol de la loi internationale. »
    (Le Mauricien, 18 février 2010.)

    « Cette excision des Chagos du territoire mauricien, occultée par les Britanniques auprès des Nations unies, demeurera, vis-à-vis de l’histoire, comme l’ultime outrage fait à notre nation et que j’avais qualifié, dans un éditorial, de “Rude Britannia”. Et lorsqu’on voit Olivier Bancoult proclamer son allégeance à la couronne britannique, sa démarche équivaut à exciser les Chagos une deuxième fois ! »
    (Week-End, 9 mars 2008)

    « Le cabinet a pris note, vendredi, de la déclaration de l’Union africaine (UA) condamnant l’excision des Chagos du territoire mauricien. »
    (Le Matinal, 7 août 2010.)

    Mais L’Express peut aussi mettre des guillemets autour de ce mot-là :

    « Dans un livre, à paraître courant 2011, Jean-Claude de l’Estrac relate les circonstances exactes dans lesquelles Diego Garcia a été “excisée”. »
    (L’Express, 29 décembre 2010.)

    En anglais le mot a en effet un sens plus large, plus proche du latin excidere (couper, trancher, en enlevant une partie). Mon exemplaire de l’Oxford English Dictionary (Shorter) donne ceci :

    Excision. 1490 [adaptation of Latin excisionem; cf. French excision]
    1. The action or process of cutting off or out; extirpation; destruction. Also fig.
    2. The action of cutting off from a religious society; excomunication 1647.

    Ceux qui ont parfois affaire aux douanes martiennes auront peut-être aussi à l’esprit le Custom and Excise Department, sauf que dans le cas des taxes douanières ce mot-là — excise — n’est pas le même puisqu’il provient du néerlandais excijs (un mot lui-même apparenté aux mots census et cens, dans lesquels on retrouve la notion de taxe).

    Mais à Maurice le mot excision est avant tout employé pour une chose et une seule : le détachement de l’archipel des Chagos du territoire mauricien. Un traumatisme dont on ne se remet semble-t-il pas.

  8. Notre mot « escisión », déjà dans notre langue depuis le s. XVIII, est tiré du latin « scissio »* (coupure). J’ai trouvé l’acception citée de rupture dans notre dico officiel de 1899 ; d’ailleurs celle-ci d’excision, estirpation. Le mot « excisión » n’existe pas en espagnol si bien on parle de son emploi dans certains textes, surtout de médecine, et il est considéré comme une erreur de traduction, pas un néologisme.
    *Il semble qu’il y avait « scissio » et « excisio » (ils sont fous ces Romains, comme Obélix dit) et les deux chemins mènent…

  9. marie-lucie

    Siganus,

    Ne sachant quasiment rien de l’historie mauricienne, j’ai moi aussi beaucoup apprécié votre « cours » ci-dessus.

    Quant à l’excision des îles Chagos, je crois que j’utiliserais plutôt l’exclusion dans le contexte des citations ci-dessus. Mais il est vrai que l’emploi de ce terme chirurgical, qui évoque une coupure douloureuse, correspond peut-être mieux à la réaction psychologique des Mauriciens.

  10. Ablation, amputation, arrachement, démembrement, découpage… Oui, pour ajouter à l’horreur de la framentation du territoire mauricien, un mot qui évoque le sang et/ou la souffrance marque mieux les esprits qu’une simple « division », « scission » ou « morcellement »…

  11. Mais l’ appartenance d’un lieu à tel ou tel pays est une pure fiction intellectuelle et/ou politique ! Comment le quidam de base peut-il réellement ressentir « dans sa chair » l’arrachement qu’est supposé représenter le changement de souveraineté d’un lieu où il n’habite pas et avec lequel il n’a aucun lien personnel ? (on parle ici des Chagos, mais on pourrait aussi bien évoquer l’Alsace et la Lorraine, rattachées à l’Allemagne après la défaite de 1870, et la pléthore de « folklore patriotique » qu’elles ont pu inspirer… )

    Pour moi, c’est un très grand mystère que l’on soit ainsi de tous temps parvenu à convaincre des gens qui ne sont en aucune façon concernés par le sort d’un lieu donné, qu’ils ont subi (subissent, subiront) une perte irréparable si ce lieu venait à ne plus faire partie du « territoire » administratif, politique, militaire etc… de leur pays (étant entendu que les « frontières » d’un pays sont, par essence, parfaitement volatiles ! Franchement, qu’est-ce qu’on a « arraché » aux Mauriciens de l’île Maurice avec le rattachement des Chagos au territoire britannique de l’Océan Indien ? Combien d’entre eux y avaient jamais mis les pieds ? Sans compter qu’au moment de l’indépendance, le gouvernement de Maurice a monneyé au prix fort la cession de l’archipel aux Anglais… C’est un peu comme si l’Italie revendiquait aujourd’hui la Corse, dont la République de Gênes avait été bien contente de se débarasser en 1768 !)

  12. Magistrale tous ces commentaires et quelles documentations !!!pas d exision dans tout cela…je tendrais a penser comme M LUCIE …ce qui furent retranché des Chagos..Quand je verrais mon ami l ex président C Uteem.. je lui poserais la question quoique sujet délicat..avec un homme de foi musulmane…Mais bon il est un parfait gentelman…et autour d un Kebab a la Plaine verte , on fera le tour de la question…
    Savez vous combien cette PLaine verte a une belle histoire…!!!Il y avait de beaux squares, des bassins, etc etc …
    Maintenant il ne reste plus grand choses, sauf que ce quartier est très animé le soir…pendant que tous les autres «  »ward » » » de PLouis sont morts…sauf pr quelques traine la patte au Caudan…..

  13. quelques traine la patte au Caudan

    « Traîne-la-patte », ce ne serait pas un mauricianisme ? En France, on dirait plutôt « traîne-patin », non ?

  14. marie-lucie

    Aquinze, vous m’étonnez. « Traîne-la-patte », oui, (de l’expression commune « traîner la patte ») mais « traîne-patin »?? De quelle sorte de patin s’agirait-il?

  15. Marie-Lucie

    Les *traîne-pattes* ou *traîne-la-patte*, c’était dans l’argot militaire de la guerre de 14 les soldats qui restaient à l’arrière, et ce n’était pas très flatteur. Quant à l’expression commune *traîner la patter*, je l’emploie à la fois au sens propre de *boiter* et lorsque je n’ai pas très envie de faire quelque chose : je traîne la patte, je tergiverse…

    *Traîne-patin* comporte une nuance plus péjorative : les traînards, traîne-patins, traîne-lattes, et autres traîne-savates sont des bons à rien, des flâneurs, des vagabonds, des gens qui glandouillent désoeuvrés… en traînaillant au Caudan, par exemple 😉

  16. zerbinette

    Aquinze, je ne me prononcerai pas au sujet des Chagos, dont j’ignorais l’existence jusqu’à maintenant, mais en ce qui concerne l’Alsace et la Lorraine, je crois que ce fut un réel déchirement pour les Alsaciens et les Lorrains de passer du côté allemand et je crois qu’il était normal pour les Français de compatir à leur sort et de les aider à revenir dans ce qu’ils considéraient être leur « patrie », surtout à une époque où cela avait un sens beaucoup plus profond qu’à présent.
    Pour la Corse, si les Gênois la réclament, qu’on la leur donne !!! 😉 Mais je garde Nice et la Savoie.

    Et je traîne plutôt la savatte que la patte, mais surtout pas les patins, expression usuelle par ici pour désigner les pantoufles. A ce propos j’ai découvert une expression étrange dans le tilf : couler un patin, d’autant plus étrange que dans l’exemple proposé on le roule ce patin !

    Baiser lingual prolongé. Synon. arg. pelle. Couler un patin. César (…) lui roula un patin. Cette fois, la frangine se laissa faire (Le Breton, Rififi, 1953, p.40).

  17. marie-lucie

    Merci, Aquinze, traîne-savate, ça me dit quelque chose aussi, mais je ne savais pas que ces mots étaient particulièrement associés à un contexte militaire.

    Zerbinette, où est votre par ici? pour moi, les patins qu’on utilise dans une maison sont des sortes de grandes semelles molles, des objets plats aux contours arrondis, faits en feutre ou en chiffons doux, qu’on ne peut pas se « mettre » aux pieds mais sur lesquels on glisse sur les parquets pour éviter de les salir (ce qui contribue aussi à les astiquer). Les pantoufles sont des sortes de chaussures molles et faciles à enfiler qu’on porte seulement à la maison.

  18. zerbinette

    Marie-Lucie, pour moi aussi avant que j’arrive en Berry*, les patins (dans une maison !) étaient ces sortes de semelles molles sur lesquelles on glisse sur les parquets.

    Il m’est arrivé de visiter des châteaux en Allemagne où l’on enfilait des patins de feutre à l’entrée pour ne pas abîmer les parquets ancestraux (surtout à l’époque des « talons aiguilles » qui étaient d’ailleurs interdits dans les musées français !).

    * le Berry n’a pas véritablement de patois**, le parler berrichon est une sorte de martien… il s’agit de français déformé et dont certains mots sont détournés de leur sens habituel.

    Ex : appâter : porter les aliments à sa bouche ;
    après : en train de, « j’peux pas v’nir, j’chuis après travailler  » (encore très utilisé aujourd’hui !) ;
    variante : « j’chuis pas venu travailler pasque j’ai attrapé accident » (très utilisé aussi !) ;
    arrivages : légumes pour le pot au feu, etc.

    Mon mari s’est fait remarquer en venant travailler dans la capitale et en demandant des « pochons » (sacs) au supermarché du coin. Sinon, La Rabouilleuse s’agite peut-être dans un rabicoin de votre esprit ?

    ** George Sand pensait le contraire

  19. Tiens, ça me fait penser. J’ai croisé, il y a deux ans, un monsieur d’un certain âge qui montait dans le TGV de Valence en direction de Lille. Ce monsieur avait une tête de Mauricien et faisait le même trajet que moi vers Lille. Après m’avoir dévisagé une bonne dizaine de minutes il s’est approché et comme beaucoup de Mauriciens en France, il m’a sorti un mot en forme de question:
    « Mauricien? »

    Je lui ai répondu que oui. Il s’est ensuite poursuivi une petite conversation entre lui et moi. C’est là, après tant d’années, que j’ai appris l’exode qu’il y a eu à Maurice dans les années soixante, exode amplifié en 1968. Une forte partie de la communauté Mauricienne établie depuis les années 70 est en faite une communauté d’émigrés volontaires qui étaient contre l’octroi de l’indépendance Mauricienne. Moi qui croyais que toute la population voulait ce changement ai pris un sacrée claque du haut de ma trentaine d’années.

    @Siganus, précisons à nos amis non-martiens qu’à Maurice on parle des Chagos aussi sous le nom de Diego Garcia (la plus grande île de l’atoll).

  20. ►Traîne-patins : avec l’aide de Robert , je renchéris sur ce qui a déjà été dit. Après avoir désigné des chaussures à semelle épaisse que portaient les femmes pour se grandir ou se protéger de la boue, les patins ont désigné des semelles supplémentaires pour assurer l’étanchéité des chaussures et désignent aujourd’hui des pièces de tissu sur lesquelles on pose le pied (pour garantir un parquet…). Ah! Visiter le Musée Impérial de Petrópolis en glissant sur des patins et se régaler du spectacle de ces touristes américains en bermuda et chemise hawaïenne essayant sans y parvenir de garder leur équilibre, le coca dans une main et le réflex dans l’autre ! S’esclaffer en les voyant tomber sur le cul avec un tonitruant « Fucking shit »! Et repartir à la poursuite de son guide— essayez de courir avec des patins au pied ! — en essayant de ne pas se donner l’occasion de jurer à son tour! Ah! Que ne rend-on pas obligatoire les patins dans tous les musées: je suis sûr que les scolaires s’y rendraient alors plus volontiers !
    Quant à traîne-savate, le mot serait apparu en 1794 pour désigner une personne qui traîne, un miséreux. On dit aussi dans ce sens, depuis 1951, un traîne-semelle.
    Le traîne-la-patte, comme le disait Aquinze plus haut, est bien un boiteux .
    ►Excision : l’emploi métaphorique de ce mot semble bien être une particularité mauricienne. Un petit tour dans quelques dictionnaires étrangers montre qu’il est principalement réservé, comme en français, à une intervention chirurgicale (et plus particulièrement au clitoris, ce qui fait qu’en français au moins on préfère parler d’«exérèse» quand on ne parle pas du clitoris). En anglais , on lui trouve parfois le sens de « coupure dans un texte » que l’on dirait alors « expurgé» ( ou caviardé) en français. Je n’ai trouvé nulle part un emploi » géographique  » de ce mot ( mais je ne parle ni le chinois, ni le japonais, ni même l’allemand, alors …).

  21. marie-lucie

    Zerbinette, le Berry donc! Issoudun, Châteaudun, Loudun, etc n’est-ce pas? Je ne connais pas du tout cette région.

    Merci pour les exemples. Avant de faire des études de linguistique, moi aussi je croyais que les parlers locaux étaient « du français déformé ». Avec ce que je sais maintenant, d’après vos exemples je dirais plutôt que le parler berrichon moderne est un compromis entre le « patois » ou dialecte encore vivant à l’époque de George Sand et le français standard appris à l’école.

  22. Pépé, Diego Garcia et les Chagos ne sont pas des noms équivalents. Les Chagos sont un archipel, voire un archipel d’archipels (ou de groupes d’îles). Diego Garcia n’est que la plus grande île (un atoll d’ailleurs, c’est-à-dire, pour faire simple, une île en forme d’anneau) de tout l’ensemble.

    Cela rejoint ce que disait Aquinze plus haut : pour les Mauriciens de Maurice, qui ne connaissent ces îles que de loin (“les îles là-haut” comme on les appelait) “Diego” et “les Chagos” c’est à peu près la même chose. On se rappellera le slogan MMM des années 70 : “Rann nou Diego”, qui n’était pas “Rann nou Sagos”. Les habitants de Peros Banhos ou de Salomon (un atoll absolument magnifique dit ma belle-mère) ne pouvaient bien évidemment pas faire ce genre de confusion.
     
     
    Pour ce qui est de reconnaître un Mauricien hors du sol natal, cela m’a toujours fasciné de voir à quel point cela pouvait marcher. Je ne sais pas à quoi cela tient. Une allure générale ? Une façon de s’habiller ? Un air de famille ? Une manière de se tenir ? Mais quand dans une foule étrangère on a “spoté” quelqu’un qu’on soupçonne d’être mauricien, on met souvent dans le mille. Bien évidemment il lui suffit d’ouvrir la bouche pour en avoir la confirmation immédiate. Mais même sans cela…

    Pourtant, les phénotypes possibles peuvent varier assez largement… 😆 Même à Maurice on arrive assez facilement à distinguer les Mauriciens des, disons, Malgaches, Bangladeshis, Indiens ou Chinois qui peuvent s’y trouver. (Ou plutôt, dans ce cas-ci, à distinguer les étrangers — par exemple des “cabris dans Lenn” comme on dit parfois — des Mauriciens.) A quoi cela tient-il ?

    Lors d’une réunion que j’avais à la Réunion, l’architecte (un zoreil bourbonisé je crois) s’est écrié soudainement, au grand ahurissement du lieutenant des pompiers (un zoreil) et du mien, “Vous ne trouvez pas qu’il a vraiment une tête de Mauricien ?!”

  23. zerbinette

    le Berry donc! Issoudun, Châteaudun, Loudun, etc n’est-ce pas?

    Marie-Lucie, comme vous y allez ! Vous allez nous faire avoir des ennuis avec les voisins qui vont croire que nous voulons les annexer ! 😉

    Non, le Berry c’est Issoudun, oui mais ni Châteaudun, ni Loudun mais Châteauroux et Bourges (en gros les départements de l’Indre et du Cher), et bien sûr Nohant.

  24. marie-lucie

    Pardon Zerbinette, je ne vis plus en France depuis longtemps et mes connaissances géographiques se sont passablement estompées. J’ai une cousine à Châteauroux, mais je n’y suis jamais allée.

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