Coquilles martiennes (2)

Le neurologue soigne la fracture du myocarde
« Cet établissement a pour spécialité la neurologie, c’est-à-dire que nous traitons les accidents vasculaires, la paraplégie, la fracture du myocarde. »
(Le Matinal, 18 novembre 2010.)

Précipitation dans les brancards
« Cette année-là, les autorités se sont ruées dans les brancards, brandissant un classement du très sérieux quotidien britannique Telegraph des destinations à éviter après le meurtre d’un couple anglais, Catherine et Benjamin Mullany, en lune de miel à Antigua. »
(L’Express, 15 janvier 2011.)

Un mille = 1,000
« J’ai personnellement vu ces bateaux s’approcher le soir à moins de 12,000 nautiques des côtes. »
(Week-End/Scope, 3 novembre 2010.)
 
 

 
 
Coquilles martiennes (1)

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11 réponses à “Coquilles martiennes (2)

  1. marie-lucie

    les autorités se sont ruées dans les brancards

    Dans quels brancards? On dirait qu’il y a confusion entre ruer dans les brancards = « se rebeller contre des contraintes rigides » et se ruer pour faire quelque chose = « se précipiter ».

  2. Siganus Sutor

    Les brancards en question n’étant pas ce qui sert à transporter les blessés ou les personnes incapables de se déplacer par elles-mêmes (stretcher en anglais) mais les pièces de bois horizontales entre lesquelles on plaçait un cheval et auxquelles il était attelé. “Ruer dans les brancards” signifie alors regimber, s’insurger, refuser de faire une tâche donnée. De toute façon, même écrite correctement, “les autorités ont rué dans les brancards” n’aurait pas été une expression bien adaptée à ce dont il était question dans l’article (cf. les 14e et 15e paragraphes).

    Mais ce qui me fait le plus sourire sont les “12 milles nautiques” (la limite des eaux territoriales) devenus “12,000 nautiques”.

  3. marie-lucie

    Siganus, vous avez parfaitement raison pour les « brancards », et ce sont d’abord les chevaux qui ont pu « ruer dans les brancards » avant qu’on utilise cette expression comme métaphore. La personne qui a écrit la phrase ne savait visiblement pas de quoi il s’agissait, ni au propre ni au figuré.

  4. Ils sont forts nos neurologues ! Tellement forts que je me demande pourquoi tant de personnes meurent d’arrêts cardiaques à Maurice. 😀

  5. La fracture du myocarde doit être assez courante puisqu’on en a fait un film !

    Est-ce plus grave que la fracture du col de l’utérus dont a été victime le roi des Belges Albert II selon une présentatrice TV belge ?

    Comme Siganus, je trouve que la coquille la plus savoureuse est bien celle des 12,000 ! « Nous partîmes cinq cents mais nous nous vimes douze mille en arrivant au port…. »

  6. Pépé : « Ils sont forts nos neurologues ! Tellement forts que je me demande pourquoi tant de personnes meurent d’arrêts cardiaques à Maurice. »
    Sans doute parce que les soins dont il est question ici sont dispensés en France, pas à Maurice. Le Matinal interviewait un médecin-politicien français, copain de Ramgoolam, qui est venu investir dans l’immobilier à Maurice, ce qui a fait quelques vagues dans sa circonscription. (Celle du Français, pas celle de Ramgoolam.)

    Ah ben oui, Zerbinette, la fracture du myocarde existe bien : comédie de 1990. Dans ce cas ce devait être un clin d’œil de pro aux cinéphiles avertis.

  7. Perhaps the English equivalent of this is the farfalonis of the blowhole.

  8. Après les brancards dans lesquels on se rue, les pinceaux dans lesquels on s’emmêle. Sur Radio One vers 7h45 ce matin, Finlay Salesse avait consacré une bonne partie de son éditorial à la ministre française Michèle Alliot-Marie. (On se demande un peu quel intérêt cela présente pour le Martien lambda, les similitudes avec l’affaire Medpoint étant des plus vagues, mais ainsi va la vie médiatique.) Selon l’éditorialiste, MAM avait d’abord nié les faits à propos de son/ses voyage(s) en Tunisie avant de “s’emmêler dans les pinceaux”. Mais qu’est-ce qu’ils fichaient là, ces foutus pinceaux ?!

  9. Siganus Sutor

    Marie-Lucie : On dirait qu’il y a confusion entre ruer dans les brancards = « se rebeller contre des contraintes rigides » et se ruer pour faire quelque chose = « se précipiter ».

    L’Express persiste et signe. Dans son édition d’aujourd’hui, 25 juin 2011 :

    Il aurait fallu avoir un débat sur la question au préalable. Maurice a beau avoir été félicitée* pour avoir ratifié la résolution du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, qui reconnaît le droit des homosexuels, Paul Bérenger est d’avis que le gouvernement s’est rué dans les brancards.

    http://lexpress.mu/story/25871-resolution-envers-les-homosexuels-berenger-deplore-l-absence-de-debats.html

     

    * où l’on voit que Maurice est une fille

  10. marie-lucie

    Se ruer dans les brancards est donc une expression mauricienne, mais elle n’en résulte pas moins d’une confusion.

  11. Siganus Sutor

    Je ne pense pas qu’il s’agisse là d’une expression mauricienne. Ni même qu’elle soit propre au quotidien L’Express. A mon avis c’est plutôt le journaliste — le même dans les deux articles — qui a pris l’expression de travers.

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