Tombe d’une ange

Ici repose une Ange
D(?)i. A. J. Béguinot
décédée le 2 Nbre 1846

(Cimetière de Rivière Noire.)

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38 réponses à “Tombe d’une ange

  1. Curieuse la féminisation du mot, presque une provocation byzantine. S’agit-il d’une petite fille décédée le jour des Défunts ?

  2. Jesús, encore à disputer sur le sexe des anges ?

  3. >Zerbinette
    C’est pour cela mon com. Le seul qui peut avoir l’un ou l’autre sexe, que je sache, est l’ange déchu quand il se transforme en incube ou succube.

  4. Peut-etre que l’auteur voulait eviter une faute d’accord. En ne mettant pas les prenoms en entier, il voulait indiquer, en ecrivant « decedee », que c’etait une fille, mais alors ca ne s’accorderait pas avec « ange » au masculin. Ainsi un siecle et demi plus tot, il a devance l’Academie Francaise en feminisant le mot « ange ».

  5. Grammatical gender can truly mesh with natural gender only if human sex roles are entirely rigid, otherwise we will always get conflicts between the two, like German das Mädchen ‘the girl’ who has to be called es ‘it’. Pre-revolutionary Russian solved this problem very directly: it simply denied that there were any occupations or roles that could be performed by both men and women. Where there was an exception, usually a lower-class occupation like weaving, there were two separate words for ‘weaver’, the basic/masculine one and one with a feminine suffix. This suffix, however, serves many other purposes in Russian, so it could not be a general solution after 1917, when many occupations opened up to women. So there was a long period of inconsistency, when people could not keep straight whether to use natural or grammatical gender, that has not entirely settled down to this day.

  6. Zippo, ange est un mot du genre masculin selon les dictionnaires Robert et Larousse. On a des anges gardiens, pas des anges gardiennes. Mais cela ne veut pas nécessairement dire que l’être en question est nécessairement du sexe masculin. On peut noter que le Petit Robert mentionne l’exemple suivant : “Ma femme est un ange”. Il vaut mieux, dans cette phrase, éviter de mettre un adjectif ou un participe après le mot ange.

    Pour ce qui est des prénoms, on trouve des Marie-Ange femmes, mais si mes souvenirs valent quelque chose il doit exister un homme politique (ou un écrivain ?) portant le prénom d’Ange-Félix (“Patassé”).
     
     
    John: it simply denied that there were any occupations or roles that could be performed by both men and women

    That’s pretty radical a measure for a language problem. You couldn’t have labourers of both sexes on a Russian farm? What about the people taking care of sheep or goats? If you ever had un (bon) berger, it couldn’t rain on la bergère?

  7. Oui, j’accepte que « ange » est masculin; de par la definition de cet etre, son genre aurait du etre neutre (inexistant en francais). Mais ce que je voulais dire, c’est qu’on peut accepter le glissement. Dans le cas du mot « enfant » qui est dit invariable en genre, on utilise souvent « c’est une bonne enfant » en parlant d’une fille; je crois avoir vu cette forme acceptee dans certains dictionnaires.
    A ne pas confondre peut-etre avec la formule « bonne apres-midi » qui est (vulgairement) acceptee; cette feminisation a certainement decoule de la liaison dans « bo’n-apres-midi ».
    A quand « Bonne anniversaire » ? Gageons que cette transformation n’est pas « prete » (j’ai fait expres) d’arriver. 🙂
    J’ai deja rencontre un congolais prenomme Ange.
    Il parait que la terminaison « ael(le) » des prenoms bretons viendrait du mot breton pour « ange », a savoir « ael ». On trouve cette terminaison pour les prenoms masculins et feminins. Cette explication est contestee, mais le site breton Anarvorig (l’Armorique ou la Bretagne) explique le prenom « Gwenael » par « ange blanc » (http://www.anarvorig.com/prenoms_bretons/article-142-php?search=Gwenael).

  8. @ Sig

    Ange est un prénom masculin, particulièrement populaire en Corse.
    On le féminise en Angèle – ou en mettant un Marie devant (comme on le fait avec nombre d’autres prénoms masculins, voir Marie-Pierre, Marie-José, Marie-Georges…)

    Il me semble que les lettres qui précèdent le nom sont Qsi, et non D(?)i, mais je n’ai pour l’instant aucune idée de ce que cela peut signifier.

  9. J’ai trouve cet acte de deces qui semble correspondre, mais la non plus, il n’y a ni date de naissance ni prenom.
    Je lirais bien les intiales M.A.J (avec un M stylise), peut-etre
    Marie-Ange … ?

  10. > Zippo

    “Une enfant” / “une bonne enfant” me semble parfaitement acceptable. Il en va de même pour l’Académie française.

    Le suffixe -ael (masculin) ou -aelle (féminin) signifierait “ange” en Bretagne ? Je ne sais pas si Raël prétend être breton, ou même un ange — sans sexe donc —, mais appliqué au personnage cela ne manquerait pas d’un certain piquant. On peut noter que sur la page de Wikipédia consacrée au fondateur du mouvement raélien il existe un article “Les anges de Raël”, lesquels anges sont des femmes (au service notamment de Raël lui-même).

    Une recherche sur Google permet de voir qu’il existe bien un Ange-Félix Patassé, ancien président centrafricain né en 1937. Peut-être a-t-il des origines corses…
     
     
    > Aquinze

    Si l’on en croit le site auféminin.com, le prénom Marie-Ange a joui d’une certaine popularité en France entre le milieu des années 50 et le milieu des années 60, avant que celle-ci ne décline… drastiquement.

    Vous pensez que la première lettre est un Q et la deuxième un S ? C’est assommant ces caractères par trop stylisés. Mais, en effet, que pourrait bien signifier l’abréviation “Qsi.” ?

  11. Bon, j’y vais de mon interprétation sur la première lettre du nom. L’écriture m’ayant rappelé le gothique Schwabacher, je suis allé vérifier et il semblerait que la première lettre puisse être un R, comme on peut le voir sur ce tableau . On y voit que le B et le R ne diffèrent que par leur moitié droite, comme sur la pierre tombale. Mais ne me demandez pas ce que peut bien vouloir dire ce « Ri »!

    En ce qui concerne le féminin pour « ange », bien que grammaticalement incorrect, je le comprends comme une volonté de ne pas oublier le sexe de la morte. Cette dernière était sans doute un très jeune enfant; je ne suis pas spécialiste — loin de là — des questions religieuses, mais n’appelait-on pas « anges » les enfants morts avant d’avoir été baptisés (d’où l’avorteuse surnommée « faiseuse d’anges ») ?

  12. Rael est-il un prenom breton ? Probablement pas. Je ne pense pas qu’il faille le decomposer en « R-ael » , mais plutot en « Ra-El », ce qui serait un melange (je m’avance un peu, mais je suis sur que vous allez me confirmer ou m’infirmer cela), de « Ra », (Dieu) Soleil egyptien, et « El » Dieu hebreu. Ce qui donnerait pour ce personnage « le Dieu Soleil », donc maitre de Louis XIV qui n’etait que le Roi Soleil 🙂
    D’autres sites proposent une decomposition differente pour Gwenael en « Gwen » (blanc) et « Hael » (genereux), ou encore « Mael » (prince). Si on prend le prenom Anael, Wikipedia donne les 2 decompositions. Dans ces deux dernieres, ce prenom se rattache a un ange ou archange. Comme souvent, des articles differents sur Wikipedia se contredisent. Ainsi il y est dit pour Gwenael que l’association « ael » – « ange » est une fausse etymologie.

  13. Oui, Leveto, il est possible que certains donnent le nom d’“ange” aux enfants morts très jeunes. Quand j’ai vu cette tombe en flânant dans le cimetière de Rivière Noire, je me suis demandé s’il ne s’agissait pas là d’une enfant morte le jour de sa naissance.

    Ri — Votre R gothique commence en effet un peu comme le chiffre arabe 2. Peut-être manque-t-il un -p final. Peut-être qu’à trop prêter attention aux fioritures on en oublie des lettres… On peut d’ailleurs remarquer que l’Ange a bien failli ne pas rentrer sur la plaque de marbre : les lettres sont assez espacées au début, avant de se resserrer à la fin afin que tous les caractères puissent entrer sur la largeur dont on disposait.
     
     
    Zippo, mes connaissances en terme de raélisme sont plutôt limitées. Le simple Martien que je suis n’a pas eu le privilège de rencontrer les extra-terrestres qui ont emmené M. Vorilhon sur leur planète merveilleuse. En revanche je sais accentuer les lettres sur un clavier qwerty. 😀

  14. OK Compris le message 5/5. Il est vrai que je bosse sur un clavier qwerty au boulot, et ce, indifféremment sur un système Windows et un système Solaris. La technique sur Windows consiste à changer les Options Régionales (en devinant l’emplacement des caractères accentués) et sur Solaris à jongler avec le postionnement de variables d’environnement (Unix) LANG, LC_ALL, … d’une part, et avec la touche Compose, d’autre part, qui permet de composer des caractères entre eux. A la maison, j’ai un clavier azerty où les caractères accentués existent déjà. Mais sans prendre en compte les accents, c’est déjà une grande peine à ne (switch your brain) pqs tqper qvec les cqrqcteres q et a inverses, de ,e,e aue les cqrqcteres m et , sqns co,pter aue tous les chiffres & é  » ‘ ( – è _ ç à ne s’obtiennent plus sqns utiliser lq touche Shift ou ?qjuscule; (switch brain back).
    Etant informaticien, je sais le soin qu’il faut apporter a la simplicité des applications pour leur utilisation par les clients, et c’est au développeur de se récuperer toute la peine (burden). Ainsi il serait bon que l’auteur fasse plus attention à son écriture pour le plaisir du lecteur, j’essaierai de m’y atteler. Si je connais moi-même ( 3 essais pour l’accent circonflexe) mon déplaisir à lire un texte bourré de fautes d’orthographe ou d’accords inappropriés, je suis moins sensible aux accents manquants, quand l’absence de ceux-ci ne prête (grrrrr) pas à confusion. Peut-être que je devrais écrire en anglais au boulot et en français à la case:-)
    Voilà c’est dit pour la justification, mais j’essaierai, même (re grr) si ce texte m’a pris sensiblement plus de temps. Mais contrairement a l’adage, ça ne m’a pas coûté d’argent.
    Desole pour les ;essqges precedents M)0 sqns qccents;

  15. Desole pour les ;essqges precedents M)0 sqns qccents;

    Y a pas d’lézard, comme on dit en France je crois. On arrive à suivre ; mais disons que cela rend la lecture un peu plus ardue. Vous savez, nous aimons généralement le confort de nos jours, et les spartiates ont moins la cote qu’à d’autres époques. Le cocooning est un concept moderne.

    Comme disait Ashvin il n’y a guère, “sans ‘e-accent-aigu’ banané ti pu zis ene banane”. Les accents ont leur importance dans les langues qui en comportent. Et même dans celles qui ne sont pas censées en comporter : https://mauricianismes.wordpress.com/2010/11/23/accent-creole/

    Quand il m’arrive de passer sur un clavier azerty ça peut être un peu la pagaille aussi. Il y a certes la confusion entre le a- et le q-, fréquente, mais aussi le m- et la virgule et quelques autres, bien que moins gênants. Ce qui me gêne le plus, toutefois, ce sont les caractères en haut de clavier, ceux qui sont sur ou sous les chiffres n’appartenant pas au pavé numérique. Je me trompe presque systématiquement en passant d’un type de clavier à l’autre.

    Quant à faire des lettres accentuées sur un laptop qwerty, cela relève de la mission. Il faut appuyer simultanément sur deux touches avec la main gauche, les touches “Fn” et “Alt”, les garder enfoncées, et chercher les chiffres bleus doublant certaines lettres — de façon quasi invisible si la luminosité est faible — et s’escrimer à taper un code, un code qu’à force on sait presque par cœur : 130 pour é-, 133 pour à-, 0201 pour É-, 151 pour ù-, etc. C’est astreignant, mais écrire lisiblement est à ce prix — que je suis prêt à payer.

  16. As a user of the US QWERTY keyboard, and as a programmer who needs the full range of ASCII symbols to be where I expect them to be in order to type in C or Java or Perl fluently, I use the Gwalla Latin-1 keyboard on Windows. In this keyboard, all letters are where I expect them to be and none of them are dead keys. However, I can get any dead key by pressing AltGr (right Alt) with it. So to enter é, I press AltGr+’ followed by e. This would obviously not suffice if I were writing French, or still worse Igbo (where every vowel bears either the acute or the grave indicating high or low tone), but it serves my limited purposes well.

  17. @Siganus: d’accord, vous utilsez les codes numériques pour retrouver les accents comme je l’ai eu fait avec les Apple II. D’habitude je basculais la langue avec les Options Régionales et mon clavier basculait en mode azerty. J’avais même écrit au feutre les caractères désirés. Mais c’est vrai que votre méthode peut constituer un accélarateur. Merci
    @Siganus: Je lèverais lambiguïté de « banane » et de « banané » en écrivant « banann » pour le premier et « banane » pour le second, si je veux éviter l’accent. Mais je vous l’accorde, c’est difficile pour le cerveau car on essaye toujours de lire phonétiquement.

    @John: So you’re telling that the AtlGr key has the same functionality as the Compose key that exists on some Unix (e.g. Sun Microsystems) keyboards, provided I’ve switched to the Latin-1 keyboard first. I’ll also give this a try. Thanks too for the tip.

  18. marie-lucie

    Siganus, et les autres qui passent souvent du français à l’anglais et vice-versa: étant au Canada, j’utilise surtout le clavier canadien-français qui est un qwerty avec quelques adaptations. Il comporte beaucoup moins de différences avec le clavier anglais que le clavier français-France (les lettres sans modifications sont au mêmes endroits dans les deux langues), il fait automatiquement é, è, à, ù et facilement â, ê, î, ô, û, ï, ç, etc (pas besoin de codes numériques). Si vous avez les différents claviers pour différentes langues dans votre système, ça vaut la peine d’importer le clavier en question.

  19. marie-lucie

    un(e) ange’éi:

    Autrefois, en faisant la liaison après une consonne nasale, on dénasalisait la voyelle précédente, ce qui fait que l’article ou l’adjectif avait le même son au masculin qu’au féminin. C’est pourquoi dans le mot bonhomme l’adjectif bon sonne exactement comme bonne, et pourquoi dans le vieux noël Il est né le divin enfant, l’adjectif se prononce comme divine. On prononçait donc un enfant comme une enfant, et un ange comme une ange, même si enfant et ange étaient des mots masculins. On a ensuite renasalisé l’article ou l’adjectif masculins pour empêcher cette ambigüité de genre, sauf pour les cas particuliers (bonhomme, divin enfant) où on a conservé la vieille prononciation. On a donc pu faire la différence entre un enfant (générique ou mâle) et une enfant (seulement au féminin). Il n’est donc pas étonnant qu’on ait pu concevoir que le mot ange appliqué aux mortels pouvait être masculin ou féminin s’il faisait référence à une personne spécifique, tout comme le mot enfant.

  20. Marie-Lucie, si j’ai bien suivi ce que vous dites ci-dessus, à une certaine époque on lisait les mots “un enfant” comme “u nanfan” et les mots “un ange” comme “u nanj” ? Étonnant ! Il y aurait effectivement là de quoi perdre les pédales pour ce qui est du sexe de telles créatures. Vous avez une idée de l’époque à laquelle cela a eu lieu ?

    Pour ce qui est des claviers, je crains qu’il faille se faire une raison, hélas. Les claviers azerty sont difficiles à trouver à Maurice, ce qui est dommage pour ceux à qui il arrive d’écrire avec des lettres accentuées (en français ou en créole), et de toute façon vous retombez sur le problème lorsque que vous utilisez un autre ordinateur ou lorsque vous en changez. Petit inconvénient supplémentaire : tous les Windows disponibles sont en version anglaise et si vous avez un clavier autre que le qwerty standard, il faut s’en souvenir quand vous tapez votre mot de passe car tant que Windows n’a pas démarré on ne peut pas choisir le clavier “FR” si on a disons un clavier azerty. Si votre mot de passe comporte des ‘a’ ou des ‘m’ par exemple, il faut taper la touche correspondant à ces lettres sur le clavier qwerty (‘q’ et ‘;’). L’informatique a fait d’énormes progrès ces dernières années, mais il reste encore des améliorations à apporter.
     
     
    John, there is no AltGr key on my computer. I’m doomed to stay with my awkward code typing.

  21. marie-lucie

    à une certaine époque on lisait les mots “un enfant” comme “u nanfan” et les mots “un ange” comme “u nanj” ?

    Oui, exactement. Quand j’étais à l’école, il y avait beaucoup d’enfants qui disaient u n insigne (un insigne, par exemple ce qu’on appelle aujourd’hui un « pin’s », une sorte de petite broche) et les maîtres et maîtresses croyaient que c’était une faute de genre, mais c’était la prononciation normale des ruraux de la région, qui disaient aussi u n homme (comme dans bo n homme que j’ai cité ci-dessus). Certaines vieilles personnes disaient aussi mo n ami(e) et non mon n ami(e) comme on dit maintenant (mais on dit toujours bo n ami, prononcé exactement comme bonne amie).

    La fluctuation dans le genre de certains mots assez rares, commençant par des voyelles, vient aussi de ce phénomène.

  22. La vision d’Alfred…

    « Ses cheveux, partagés comme des gerbes blondes,
    Dans les vapeurs de l’air perdent leurs molles ondes,
    Comme on voit la comète errante dans les cieux
    Fondre au sein de la nuit ses rayons gracieux ;
    Une rose aux lueurs de l’aube matinale
    N’a pas de son teint frais la rougeur virginale ;
    Et la lune, des bois éclairant l’épaisseur,
    D’un de ses doux regards n’atteint pas la douceur.
    Ses ailes sont d’argent ; sous une pâle robe,
    Son pied blanc tour à tour se montre et se dérobe,
    Et son sein agité, mais à peine aperçu,
    Soulève les contours du céleste tissu.
    C’est une femme aussi, c’est une Ange charmante ; »

  23. MiniPhasme, cet Alfred, là, vous croyez qu’il sait bien le français ? Il commence ses vers en disant “Il naquit sur la terre un Ange”, avant de dire que “c’est une Ange charmante”. Si ça se trouve il a eu une (mauvaise) influence sur ceux qui ont rédigé cette épitaphe (mot du genre féminin).
     
     
    Marie-Lucie : mais on dit toujours ‘bo n ami’, prononcé exactement comme ‘bonne amie’

    Il me semble que bon se prononce bonne devant tous les mots masculins commençant pas une voyelle : un bon air, un bon écrou, un bon amant, etc.

    Mais je trouve étonnant ce que vous dites là des enfants qui prononçaient “u n’homme” ou “u n’insigne”. Cela me fait songer à un moniteur de plongée rencontré à la Réunion (mais originaire des Ardennes) pour qui l’air était du genre féminin. Cela vient peut-être d’une prononciation “u n’air” qui aurait eu cours dans sa région natale.

  24. Chez nous c’est normal de « qualifier » les petits enfants morts comme « angelitos » (petits anges). Jusqu’à la déclaration du nouveau « beato subito » à propos de l’inexistence des limbes, ces anges sans baptiser avaient un lieu différent, même dans les cimetières.
    Quant aux prénoms reliés avec le mot « ange », ici c’est habituel. Sans aller plus loin, un de mes frères s’appelle Miguel Ángel (deux archanges), une de mes belles-sœurs est María de los Ángeles et la femme qui travaille chez moi est Ángela.

  25. marie-lucie

    Il me semble que bon se prononce bonne devant tous les mots masculins commençant pas une voyelle : un bon air, un bon écrou, un bon amant, etc.

    Oui, absolument. Pour beaucoup d’adjectifs (pas tous), le masculin devant une voyelle se prononce comme le féminin (voir aussi un bel homme, par exemple). C’était autrefois aussi le cas pour les articles indéfinis (d’où la confusion de genre pour les mots peu courants), mais on a changé la prononciation de un devant voyelle en français standard (c’est-à-dire non-dialectal) pour éviter la confusion avec une, sans le faire pour les adjectifs comme bon (mais on dit aussi d’un commun accord avec la même voyelle nasale pour commun que pour le un de un accord).

  26. Si je me souviens bien, un roi français du XIVe siècle portait le nom de “Philippe le Bel”, pas “Philippe le Beau”. Mais nous avons aussi Bel Ami, d’un certain Maupassant si je ne m’abuse. Comme dans le cas de bon se prononçant bonne devant un nom commençant par une voyelle, beau fait le bel devant ces mêmes mots-là. Par contre, la Michelle des Beatles, c’est “ma belle”. (Mabel c’est encore quelqu’un d’autre.)

    Mais cela me fait songer que notre créole a pris le mot “bel” et non pas le mot “beau”.
    – Enn bel boug : un beau type, un beau gaillard.
    – Enn bel dipain : un beau (gros) pain.
    – Enn bel piti : un beau petit, un bel enfant (dans le sens de grand, voire de gros).
    En fait ce bel-là se rapproche davantage des adjectifs grand et gros, même si l’idée de beauté n’est pas forcément absente, comme dans “enn bel lakaz” (une belle/grande/impressionnante maison).

  27. marie-lucie

    Philippe le Bel, le beau roi:

    Les deux forms bel, belle viennent de l’adjectif latin bellus, bella. Bel est donc la forme originelle (en vieux-français) du mot qui est ensuite devenu beau (sauf devant une voyelle). Voir aussi Isabeau comme forme alternative de Isabel, la forme originelle (qui existe encore en espagnol) de Isabelle.

    La graphie eau qui se prononce maintenant simplement [o] était qutrefois une triphthongue prononcée [eaw]: on est passé de [el] à [eal] puis à [eaw], écrit eau, avant de continuer l’évolution en réduisant d’abord la triphthongue en une diphthongue [au] (comme en anglais le « ow » de ‘cow’) puis celle-ci en une simple voyelle, le [o] long. La triphthongue nous semble maintenant très bizarre, mais son existence est attestée textuellement dans la Défence et illustration de la langue françoise de Du Bellay, qui l’utilise entre autres pour illustrer la beauté fluide de la prononciation française.

  28. [eaw], “pour illustrer la beauté fluide de la prononciation française” : pour moi cela ressemblerait plutôt à la prononciation du tahitien, une langue pleine de voyelles.

  29. Siganus: AltGr is the right Alt key, whether so labeled or not.

    It seems very sensible to me to pronounce eau as [eaw]. But then Old French is essentially Middle English with Romance words.

  30. >Marie-lucie
    « Isabel » est reliée avec serment ou santé selon ce que j’ai lu. Le changement de « -belle » par « -beau », n’est-il pas dû à une sorte d’homophonie ?

  31. marie-lucie

    « Isabel » est reliée avec serment ou santé selon ce que j’ai lu.

    Jesús, je ne comprends pas bien cette phrase. Pouvez-vous m’expliquer?

    Le changement de « -belle » par « -beau », n’est-il pas dû à une sorte d’homophonie ?

    Il s’agit de bel, pas belle. Je crois que la version actuelle Isabelle est une reformation pour bien montrer que ce nom est féminin, mais le nom originel était Isabel, comme en espagnol. Il vient du nom hébreu Eliaabeth, sans le el initial qui semble être un article (que ce soit justifié ou non pour le nom hébreu). Il n’y a qu’une seule femme (je crois) nommée Isabeau dans l’histoire de France, et c’est sans doute parce que ce nom a semblé être masculin aprés le changement phonétique du -el final en -eau.

    Il y a encore des mots qui alternent le -el et le -eau, par exemple non seulement nouvel(le) et nouveau, mais des noms ayant la même origine comme Blondel et Blondeau, Bonnel et Bonneau, Marcel et Marceau, etc, car certains dialectes ont conservé le -el final, sans le transformer en -eau.

  32. >Marie-lucie
    Isabel.- De l’hébreu « Elisheva ou Elisheba » (serment ou promise de Dieu) ou de « baal », santé. Pourtant, je viens de lire que, selon Wiki, il y a aussi une hypothèse qui parle d’une origine latine (« Isis bella », par la déesse) et païenne donc cachée après avec l’hébreu. Cette dernière étymologie me semble bizarre.
    Quant à l’autre phrase, je veux dire que s’il n’y a pas une relation avec le latin « bella », la forme « beau » peut être née de l’homophonie.

  33. marie-lucie

    Jesús,

    L’étymologie du nom Elisabeth semble obscure, mais à part la première (qui n’explique pas le th final ou le el de Isabel), les autres me paraissent fantaisistes, en particulier « Isis bella ». La femme nommée Elisabeth (ou en espagnol Isabel) dans l’histoire du Christ est la cousine de sa mère. Comme Jésus et toute sa parenté, elle a un nom hébreu, pas un nom mélangé d’égyptien et de latin.

    Quant à l’homophonie entre Isabeau et beau, c’est une constatation (les deux mots se ressemblent par le son), et ces mots ont évolué de façon parallèle à cause de cette homophonie, mais ce n’est pas l’un de ces mots qui a causé l’évolution de l’autre (pas plus que pour nouvel et nouveau.

  34. Qu’il me soit ici permis de céder au quart d’heure gâtifiant du mot d’enfant, en citant cette délicieuse trouvaille de l’un de mes fils lorsqu’il était petit : comme il appelait toujours « Elisabelle » la très adorable arrière-grand-tante Elisabeth, et qu’elle l’avait un jour repris en pensant qu’il avait mal compris son nom, il s’était exclamé : « Ah mais non, toi tu es bien Elisabelle, car tu n’est pas bête, tu es belle »…

  35. marie-lucie

    C’était donc une ange!

  36. Lorraine Desmarais lagesse

    extrêmement intéressant vos échanges entre le clavier azerty et les anges en passant par Baal…et j en passe. .mais bon cette tombe est elle d UNE ENFANT fille, née le jour de la fête des morts et ainsi devenu automatiquement UNE ANGE. En plus sans doute née sans baptême elle devint ipso facto .angélique???
    ON dit toujours que les anges sont asexués…mais que seul Lucifer fut un beau male…un ange de Dieu. Jamais entendu qu’ un de ces personnages volants et mythique furent une femme…
    De quel sexe était celui ou celle ??qui apparu a Marie???et a sa cousine Elisabeth dont ou peut dire aussi que l origine est LILITH, 1ere épouse d ADAM..Moi je m y perd avec tous ces phantasmes liés a la religion et je n y crois pas. Voila un acte de FOI dit ouvertement. Cordialement Lorraine..

  37. Lorraine Desmarais lagesse

    J Y pense. Peut être que le site des relevés des cimetières fait par certains membres de GENEAMAU aurait les données sur le DC de Béguinot et donc son nom…?Qu’ en pensez vous ?

  38. zerbinette

    Voici l’avis de Montherlant sur le sexe des anges : …voilà une ange qui ne m’échappera plus. (…). (J’ai mis ange au féminin. En effet, puisque les anges sont de purs esprits, je ne vois pas pourquoi on les représente exclusivement sous la forme mâle, sinon pour satisfaire la pédérastie inavouée du genre humain.) Montherlant, « Les Jeunes filles »,

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