Coquilles (de protection)

La violence du poing
« La voiture provenant de Champ-de-Mars et qui se dirigeait vers l’Hôtel du gouvernement a heurté de plein fouet le cycliste qui négociait le virage en direction de la Cure de la Cathédrale. Le point d’impact a été d’une rare violence. »
(Le Mauricien, 15 novembre 2010.)
 
 
Tuer les morts
« Selon des responsables sud-coréens, les tirs ont déclenché des incendies et coûté la vie à au moins deux morts suite à un message du Nord qui avait demandé à Séoul de mettre un terme à des exercices militaires dans la région. »
(L’Express, 23 novembre 2010, “(Sources : AP/Reuters)” — Mais sur le site du Nouvel Observateur : « Selon des responsables sud-coréens, les tirs ont déclenché des incendies et coûté la vie à au moins un militaire […]. AP »)
 
 
Développement martien
« Ce projet fait partie au fait du Médine Master Plan, qui consiste à intégrer des zones résidentielles de niveau international avec des développements commerciaux et terriens. »
(Le Matinal, 24 novembre 2010.)
 
 
Études d’éboueur
« Marvy Damien Simon, un étudiant éboueur âgé de 20 ans, né de mère mauricienne et de père français, a été arrêté avec une certaine quantité de hashisch et de cocaïne en sa possession. »
(Le Mauricien, 23 novembre 2010.)
 
 
CWA unijambiste
« Harry Booluck souligne aussi qu’il serait ravi si une hausse des tarifs de la CWA intervenait, ainsi cet organisme pourrait se tenir sur son pied. »
(Le Matinal, 25 novembre 2010.)

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10 réponses à “Coquilles (de protection)

  1. Il y en trop ces jours-ci. Le Mauricien en tête, suivi de l’express et Week-End. Même quand ils font du copier-coller des dépêches de l’AFP, il y a toujours quelqu’un qui trouve mieux de METTRE des coquilles…

  2. Siganus K. Sutor

    Pour ma part j’ai l’impression que tout se fait trop dans la précipitation. Faut-il obligatoirement être le premier à parler d’une chose, peu importe la façon dont on le fait ? C’est un peu le cas sans doute, business médiatique oblige à l’heure où tout le monde se doit d’être “connecté” en permanence, mais on ne devrait pas être à dix ou quinze minutes près, le temps de se relire une fois de plus. Et le niveau de formation des journalistes — ainsi que leur niveau de salaire — doit probablement être une cause supplémentaire à même d’expliquer ce relâchement.

    Mais est-ce si important que cela d’écrire correctement de nos jours ? Qui en a vraiment envie ?

    Pour ce qui est des dépêches d’agence, il semblerait en effet qu’à L’Express on éprouve le besoin de mettre son grain de sel : si on google la phrase “selon des responsables sud-coréens, les tirs ont déclenché des incendies et coûté la vie à au moins deux morts”, on ne tombe que sur l’article de L’Express — et sur le site Martian Spoken Here qui le cite.

    Quant à l’“étudiant éboueur” du Mauricien, expression reprise dans le titre de l’article lui-même, je me suis longtemps demandé ce que cela pouvait bien être. S’agissait-il d’une expression que je ne connaissais pas tout en étant employée par un certain nombre de personnes ? Je n’ai pas (encore) éclairci ce mystère.

  3. On peut rajouter à tout cela le fait que le Français « mauricien » est teinté de Kreol et que la culture commune fait que même les correcteurs se plantent. Par exemple on peut souvent voir, dans les articles à Maurice, « il roulait une 2X4 ». Le verbe « rouler » en Kreol veut dire « conduire » et c’est ce que la plupart des Mauriciens comprennent par ce verbe.

  4. En effet, Pépé, bien vu pour le verbe rouler : “Quelle voiture il roule déjà ?” Nous avons là un verbe transitif direct, ce qui fait le mauricianisme.

    Pour ce qui est du “deux par quatre” — ou même du “quatre par quatre” —, nous sommes là en présence d’un mauricianisme supplémentaire, le “kat-kat” des Français étant plutôt un plat chez nous (ou un jeu de hasard).

    On peut rajouter à tout cela le fait que le Français « mauricien » est teinté de Kreol et que la culture commune fait que même les correcteurs se plantent

    En effet, le français mauricien est teinté de créole et le créole mauricien est teinté de français. Il est en effet parfois difficile, pour ceux qui baignent sans cesse dans ce bouillon-là, de démêler l’écheveau. C’est pour cela que l’œil extérieur des Français n’ayant pas subi l’influence (délétère) des Mauriciens est une part essentielle de ce blog, comme j’ai déjà pu le dire précédemment, afin de pouvoir faire le tri.

    Dans un des tout premiers posts de ce blog, je disais ceci à propos du créole (morisyen) et du français local (mauricien) :

    Nous parlons là de mots et expressions utilisées lors de conversations tenues en français, pas en créole. Mon frère rigole, et me dit que ce n’est pas du français, mais du « mauricien ». Ben voilà, c’est exactement ce que je cherche.
    Il est indéniable qu’il y a un chassé-croisé entre ce « mauricien »-là et le morisyen. La frontière entre les deux n’est pas comme entre les Corées ou entre l’Arménie et la Turquie : elle se franchit facilement.

  5. It’s interesting, however, that Google Translate correctly renders the sentence as « He was driving a 2X4 ». This suggests that rouler is equated with drive in at least some of the bilingual corpora on which GT is based. These are not likely to have been Mauritian in origin, but undoubtedly include Canadian as well as hexagonal French.

  6. John, the “correct” sentence would be “il roule en 4×4” (or “en Ferrari”), which is probably close enough to make Google Translate pick the verb “to drive” for “rouler”.

  7. John, rouler is not a transitive verb. The other alternative would be il a une 4 x 4. Il conduit une 4×4 would mean « he drives a 4 x 4 » without implying ownership – « he » could be a professional driver, for instance.

  8. You would say “une 4-4” Marie-Lucie? I had the impression most French people said “un 4-4”.

  9. Siganus, I am French but long expatriated to (an English part of) Canada, so I am not always up to date about (relatively) new things and fashions. You may well be right about how to call the 4 * 4’s in France, and I am not completely sure about the name in (the French parts of) Canada. In any case the point was about the appropriate verb, not the name of the type of vehicle.

  10. Marie-Lucie, ce matin j’ai lu ceci dans un roman : “Et ces pauvres docteurs en voient comme ça trente par matinée (évidemment, ils peuvent prendre moins mais il y a le crédit du cabinet à finir de payer, celui de la maison, avec piscine, du 4 × 4, etc. Le train quoi !).” (Johary Ravaloson, Géotropiques, pages 40-41.) Certes, nous parlions principalement du verbe rouler, mais rien ne devrait interdire de faire une digression dans la digression.

    Je pense qu’à Maurice si quelqu’un dit “Il conduit une Aston Martin”, sans plus de précision quant au jour et à l’heure où il conduisait cette auto-là et à l’identité de celui qui la lui aurait prêtée, eh bien une majorité de personnes comprendront qu’il en est le propriétaire, que c’est là la voiture qu’il a l’habitude de conduire.

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