Archives quotidiennes : 7 novembre 2010

Fandia

Fandia.
Nom masculin.

1. Fougère arborescente (Cyathea excelsa ou Cyathea borbonica).

2. Tronc de fougère arborescente utilisé comme pot de fleur ou comme support pour certaines plantes (orchidées, fougères).

« De fait, la quasi-absence des plantes vertes dans les maisons, et par ricochet dans les bureaux, est imputable à la disparition d’une partie de la culture créole d’antan. Quand l’intérieur des maisons était surtout agrémenté par des fougères plantées dans des troncs de ces arbres qu’on appelle fandia. Ils retenaient l’humidité et la fraîcheur pour permettre aux fougères de croître en intérieur. » (L’Express, 28 décembre 2007.)

« Connu par ses collègues comme chasseur de plantes rares, Jean-Claude Sevathian peut s’enorgueillir que ses efforts pour la sauvegarde de la biodiversité ont été payants. Depuis novembre dernier, une des quatre espèces de fandia porte son nom : “Cyathea borbonica var Sevathiana.” » (La Vie catholique, 7 juin 2007.)

« Les voyages à l’étranger, et notamment à Singapour, et les visites dans les shopping centres sont aussi pour quelque chose dans l’engouement des Mauriciens. N’oubliez pas qu’il fut un temps où les fougères dans les fandia étaient aussi très à la mode. » (L’Express, 20 décembre 2004.)

« On avait compris et les détails restés dans l’ombre s’étaient éclairés plus tard. Car Sassita avait été tellement marquée par son aventure qu’un jour elle n’avait pu s’empêcher de nous la conter. Elle aussi avait baissé la voix, s’était ramassée sur elle-même comme si elle avait eu froid, avait parlé d’une voix haletante, si blanche qu’elle en devenait monocorde ; et tout en parlant elle jetait des regards anxieux vers le corridor qui menait à la varangue, où Mère était assise comme toujours près de ses fandias. » (Marie-Thérèse Humbert, A l’autre bout de moi, page 49.)

Le mot fandia vient du malgache fanshaa (“arbre dont le bois a la feuille de la fougère”, Flacourt, in Dictionnaire étymologique des créoles de l’Océan Indien) ou fantsaha. C’est aussi ce nom malgache qui a donné le nom de la plante à la Réunion, où elle est appelée fanjan. Aux Seychelles, la même plante et les mêmes pots de fleurs tirés de cette plante sont appelés fanzon en créole (DECOI), ce qui rejoint une des prononciations rencontrées à la Réunion (fangeon).

Le stipe (“tronc”) de la plante peut atteindre 6 mètres de haut d’après Ameenah Gurib-Fakim (Mieux connaître les arbres et arbustes de Maurice et de l’Océan Indien), ce qui me paraît une valeur élevée. (Toutefois, il faut garder à l’esprit que les grands individus ont été quasi systématiquement coupés pour faire des pots de fleurs.) Selon cet auteur, le nom du genre — Cyathea — provient du mot grec kyatheon, “tasse” ou “coupe”, en référence à la forme des conteneurs des spores.

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