Patate

Patate.
Nom féminin ou adjectif.

Gros(se), personne ayant de l’embonpoint, individu corpulent et mou, en général peu porté aux efforts physiques.

Jamais une grosse patate comme lui ne pourra monter le Lion.”

Elle était un peu patate mais aimait malgré tout s’habiller avec des linges moulants qui mettaient en relief toutes ses rondeurs.”

Il ne fait pratiquement rien de la journée ; c’est une vraie patate !
 
 

 
 
La patate (i.e. la patate douce, Ipomoea batatas) est un aliment assez couramment consommé à Maurice — quoique probablement moins de nos jours qu’il y a disons 50 ans et au-delà —, surtout bouillie, en confiture (cuite avec du sucre et, parfois, du cacao) ou sous forme de “gâteaux patate”. La plus grande caverne de la République se trouve à Rodrigues et porte le nom de “Caverne Patate”.

Il y a plus de quatre ans de cela, une discussion — parfois enflammée (mais jamais frite) — eut lieu entre l’auteur de ces lignes et d’autres commentateurs au sujet de la patate. Il s’agissait de savoir si en français le mot “patate” (ou “patate douce”) provenait de l’anglais “potato” (ou “sweet potato”) ou non, avant de dériver vers d’autres questions touchant à ce tubercule américain. Cette amicale joute patatoïde s’est tenue sur les ondes de Language Hat, et on peut la voir ici.
 
 

Ж

 
 
Une chose me turlupine cependant, qui est de savoir si en France aussi on rencontre cet usage du mot patate, qui là-bas aussi, donc, serait éventuellement utilisé pour parler d’une personne corpulente. Quelque âme charitable, de passage ici, pourrait apporter un début d’éclairage à ce sujet ?

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23 réponses à “Patate

  1. Charitable, mais Espagnol.
    Selon ce que j’ai lu dans notre dico, l’adjectif “batato, a” est usité en Andalousie et Colombie pour les personnes grosses et de petite taille.
    Certes, « papa » (très employé en Andalousie, par exemple) du quechua « papa ». « Patata », du croisement des mots « papa » et « batata » ; pourtant « batata » est tiré de « patata ». Evidemment, il s’agit d’une erreur de nos académiciens.
    D’ailleurs, « patata » ou « papa » est la Solanum tandis que « batata » est l’Ipomoea, mais cette dernière est parfois nommée « patata ».

  2. Bon, je vais apporter mon caillou à l’édifice quoique je ne suis qu’un Mauricien aussi. Dans les idiotismes botaniques on a le terme enfantin « grosse patate » qui se rapproche de notre « gro patatt » Kreol. Sinon, on a le fameux 100 patates (sans patates) dans Les Trois Frères et le plus amusant de tout cela est sans aucun doute « avoir la patate » qui est le contraire de notre « gro patatt ».

  3. Zerbinette au volant, adressant une dernière invective à un chauffeur-chauffard de taxi : « Va donc, hé patate ! »
    Oui, hors ce contexte, les français utilisent je crois bien le même qualificatif, avec la nuance « patapouf » quand le gars est plus que bedonnant (barrigudo ).

  4. Sachin, matlo, ki li dir !? Liver p rétourné lao ? To p tir boné ek légan ?

    “Avoir la patate”, en dialecte françois, n’est-ce pas “avoir la frite”, autrement dit “avoir la pêche”, être en forme ? En ce sens je ne le verrais guère comme le contraire de notre “gro patat”. Quoique, le côté avachi d’une telle patate s’opposerait dans une certaine mesure au “mec qui a la frite”.

    Vous parlez du “terme enfantin grosse patate”. S’agirait-il d’un terme couramment utilisé en France ?

    Quant aux 3 Frères, je ne vois pas de quoi il peut s’agir. (Mais n’y a-t-il pas un restaurant fameux en France qui s’appelle les Trois Gros ?)

    Dans la liste de Wikipédia on trouve ceci : en français québécois, « faire patate » signifie : échouer. Nous on appellerait tout simplement cela “fell” — « il a fell sa Senior »/“linn fell so Senior”.
     
     
    Arcadius, selon vous, donc, “une patate” en France pourrait être quelqu’un de gros et de mou ? Votre “patapouf”, quant à lui, me fait furieusement penser à notre “gros boudouf” — une expression qui ne saurait être que locale.
     
     
    Jesús : Selon ce que j’ai lu dans notre dico, l’adjectif “batato, a” est usité en Andalousie et Colombie pour les personnes grosses et de petite taille.

    Voilà qui est bon à savoir. Et cela ne se dirait qu’en Andalousie, pas ailleurs dans la péninsule ibérique ? Quant à la Colombie, il s’agit là, pour ainsi dire, du lieu de naissance de la patate, un tubercule originaire des Andes, pense-t-on. (Mais un mystère demeure quant à la façon qu’il aurait eu de se retrouver en Polynésie, la patate douce ayant précédé l’arrivée des Européens dans les îles du Pacifique.)

  5. >Siganus K.
    Vous savez que nous n’avons pas encore des frontières intérieures. Au sud de Badajoz on dit aussi « papa ». Aussi, une « patata » est une chose qui ne marche pas bien ou qu’elle a une mauvaise qualité : Depuis quelques jours, WP est une « patata ».

  6. Il s’agit des frères Troisgros, Jean et Pierre, fils d’un cuisinier illustre
    J.B. Troisgros, pape de la « nouvelle cuisine. »( Roanne )
    Derrière leurs pianos mon chef préféré Haeberlin a appris son métier.

    Une « patate », c’est aussi un type maladroit.

  7. en france, la patate nous inspire pareillement quelques expressions tout en rondeur :
    – « être gros comme une patate », disent surtout les enfants
    – « quel sac à patate ! » se dit dans le dos et à propos d’une personne mal fagotée et dépourvue de silhouette

    Quant aux balourds, aux lourdauds, ils attirent également sur eux la méthaphore quand ils sont pris sur le fait :
    – « quelle patate ! »
    – « va donc, hé patate ! », expression qui fait partie du quotidien de la rue, au niveau des carrefours notamment

  8. Waaaa, bel fressere pe tir manzer. Aster mo travay loin, pe bizin lev bonere al gratt la glass lor vit loto avan al travay. Ki pou fer, lavi sa.

    Oui, en France certains gamins utilisent la grosse patate de la même manière que notre « gro patatt ». Les 3 frères c’est le film des Inconnus. Voici la scène en question. Ce qu’il faut savoir c’est qu’il apprend juste avant qu’il a hérité de 100 patates, soit un million de francs.

    Par contre je rejoins arcadius, Troisgros sont très connus en région Rhône Alpes. Je devrais aller y faire un tour un de ces quatres.

  9. Sachin
    Voila le site des Troisgros, et le plan d’accès ; leur réputation va bien au delà de Rhône-Alpes, c’est une des meilleures tables d’Europe.
    http://www.troisgros.fr/

  10. marie-lucie

    Je ne dirais pas « une grosse patate » pour décrire un garçon ou un homme (ce serait « un gros patapouf »). Mais je ne suis pas au courant des dernières nouveautés en matière de langue familière ou argotique.

  11. LOrraine Lagesse née Desmarais

    patate ou pas c est délicieux sous toutes ses formes…Maintenant d ou vient ce terme pr désigner une grosse papate qui ne peut monter le LION (this rings a bell for me !!!) the pense que les sacs de patates qui étaient tra,sportés a dos d homme étaient lour et difforme…d ou ce qualoficatif….qui ne dépeint rien en particulier mais qui dit bien que c est lourd…donc celle qui sont un peu enrobées…sont des grosses patates mais jamais de gros patissons, ou courges…Il faut savoir que la patate est le féculent des pauvres……

  12. Il y a une chanson humoristique en catalan et espagnol du groupe « La Trinca » intitulée « La Patata », où ils parodient l’idée de l’origine de l’homme ; ils affirment que nous venons de la patate et, à la fin du son pour confirmer cette idée, nous rappellent que le curé nous dit « in fecula feculorum ».
    Ils ont une autre, « Quesquesé se merdé », qui mélange le bidet et la Révolution française.

  13. Bonjour…

    Bien qu’elle soit toujours d’une actualité bouillante, il me semble que l’insulte est quelque peu tombée en désuétude.

    Chez les (têtes de) Turcs, en revanche, Şişko patates n’est manifestement pas resté en carafe

  14. Siganus K. Sutor

    “L’actu en patates” pourrait faire état du survol, hier, d’un patatoïde lointain et surprenant, objet — une comète — que pour sa part la BBC a appelé “pistache” (Probe sweeps past ‘space peanut’).
     
     
    pense que les sacs de patates qui étaient transportés à dos d’homme étaient lourds et difformes… d’où ce qualificatif

    Possibilité. Cependant le tubercule lui-même est difforme, ou plutôt afforme, et de taille variable (certaines patates peuvent avoir une taille considérable, pesant plusieurs kilos), ce qui pourrait expliquer l’usage du mot pour parler d’une personne “enrobée”, sans nécessairement passer par le “sac à patates” (terme utilisé plutôt pour décrire un vêtement informe ou très grossier, me semble-t-il, c’est-à-dire un habit (“linge”) qu’on trouve laid).
     
     
    en france, la patate nous inspire pareillement quelques expressions tout en rondeur :
    – “être gros comme une patate”, disent surtout les enfants

    Arrive-t-il aux adultes aussi de le dire ? Ici ce n’est pas une expression que j’entends tous les jours, mais il me semble que des grands dimounes peuvent aussi, à l’occasion, parler de “grosse patate” à propos d’une personne corpulente qu’on n’arrive pas à faire bouger, qui est constamment “en place”, i.e. immobile. (On parle d’ailleurs davantage d’“une patate”, ou d’“une grosse patate”, que de quelqu’un “gros comme une patate”, expression que je n’ai pour ma part jamais entendue à Maurice.) Mais après réflexion il est possible qu’ici aussi l’expression soit employée avant tout par les enfants, tout comme son corollaire “gros boudouf”. En revanche il me semble que l’emploi de l’adjectif (plus rare) sera avant tout le fait des adultes, par exemple pour se plaindre du manque de réactivité d’une personne* (“Manman ! il est mauvais patate ce boug-là !”) ou pour ironiser quant à son aspect physique (voir ci-dessus le 2e exemple du billet).

    Cependant, à regarder les définitions du dictionnaire il semblerait qu’en France le mot “patate”, utilisé pour parler d’une personne, renverrait davantage à l’idée de stupidité qu’à celle de corpulence, ou bien, s’il est question d’anatomie, au nez ou à la tête en particulier :

    patate
    n.f. patate (esp. batata, de l’arawak)
    1. Plante tropicale cultivée pour son tubercule comestible; ce tubercule (on dit aussi patate douce).
    2. FAM. Pomme de terre: Faire cuire des patates.
    3. FAM. Personne stupide.
    ——————————————————–
    FAM. En avoir gros sur la patate, éprouver un vif ressentiment ou une profonde tristesse: J’en ai gros sur la patate. FAM. Patate chaude, problème embarrassant que personne ne veut régler et que chacun essaie de faire résoudre par un autre.
    Larousse Pratique. © 2005 Editions Larousse.

    (…)
     
     
    Ce qu’il faut savoir c’est qu’il apprend juste avant qu’il a hérité de 100 patates, soit un million de francs.

    Il y aurait donc combien de badines dans une patate ? (Entre parenthèses ces Inconnus m’étaient inconnus.)
     
     
     
     
    * En cela, pour parler donc d’une personne bougeant peu, on se rapproche de l’expression anglaise mouse potato utilisée pour parler de ceux passant le plus clair de leur temps assis devant un ordinateur, expression elle-même dérivée de couch potato.

  15. In general, the origin point of a species (or a language) is the place in which its local diversity is highest. Based on this criterion, the sweet potato (Ipomoea batatas) almost certainly arose somewhere between the Yucatán Peninsula and the Orinoco River. Cultivated sweet potatoes in Polynesia have been carbon-dated to the year 1000, so they must have spread directly from the New World without European intervention, most likely as a result of Polynesian voyages to the western coast of South America. (It is now well established that the Polynesian islands were settled from the east.) The name kumara used in the Polynesian languages (and in New Zealand English) is too much like Quechua kumar to be a coincidence.

  16. Yes, Thor Heyerdahl’s belief that Polynesia might have been colonized from South America didn’t turn out to be founded. But I can’t remember if it has been firmly and materially established that Austronesian Polynesians reached South America, has it? (Remains of domesticated chicken found in Chile or the existence of sewn plank boats on California’s coast are among the arguments emphasised by the proponents of ancient trans-Pacific exchanges.) In any case, it is an established fact that the sweet potato had been cultivated in the islands long before Columbus discovered the New World. However, it is not impossible that the species arrived there by accident, as the result of a drift (cf. the wide dispersion of Ipomoea pes-caprae, aka “liane batatran”).

  17. marie-lucie

    JC: … Polynesian voyages to the western coast of South America. (It is now well established that the Polynesian islands were settled from the east.)
    Sig: Yes, Thor Heyerdahl’s belief that Polynesia might have been colonized from South America didn’t turn out to be founded.

    Messieurs, do you both believe the same thing, or not?

    Form a linguistic point of view, it is well-established that the Polynesian islands were settled from the West (Taiwan being the cradle of the language family)(and Madagascar from the East). For the plank boats of some of the Chumash natives of California, not only the building technique but the word for ‘boat’ and a couple of related words seem to be of Polynesian origin.

  18. Messieurs, do you both believe the same thing, or not?

    Well, I think so. John said it is now accepted that Polynesians settled in the Pacific islands in a westward motion (i.e. from east to west). For my part I reminded that in the forties some people thought it had been the opposite (i.e. that Polynesians came from America), people who even organised an expedition on a timber raft called Kon Tiki to “prove” it, but that in the long run it has turned out to be false.

    However, maybe my use of the word “founded” was misleading. I thought it to be an equivalent of the word “fondé” (as in “les soupçons n’étaient pas fondés”), but I’m having some doubts now.

    For the plank boats of some of the Chumash natives of California, not only the building technique but the word for ‘boat’ and a couple of related words seem to be of Polynesian origin.

    This might therefore be another evidence supporting the trans-Pacific exchange theory, together with the similarity between kumar and kumara that John mentioned. There is also the diffusion of the calabash (or bottle gourd, calebasse or gourde in French): while the patate douce might have been borrowed by the Polynesians from the Americans, it is suspected they are the one who brought the bottle gourd (Lagenaria siceraria), a species previously domesticated in Asia, to America.

  19. Siganus Sutor

    Sachin : Aster mo travay loin, pe bizin lev bonere al gratt la glass lor vit loto avan al travay.

    Lor blog Carrotmadman ti ena enn ti diskisyon lor mo “laglas”. “Ice”, “glace”, i.e. délo solidifié, li pa enn zafer ki tourvé bonavini dan Moris. Nek dan frizider/freezer ki kapav gaign sa. Seki fer ki bann Morisien pa tro abitié koz sa. Mé mo ena linprésyon (Carrot ousi) ki pou koz matyer-la (i.e. délo kinn konzélé) Morisien servi plito mo “glason”/“glaçon”, ki li an kreol ki li an fransé. Par examp : “Ayo, get sa bézé la, to frizider pé fer mari glason”, pou dir ki endan frizider-la inn plin ek enn lakok délo konzélé. “Laglas” enn mo ki plito servi pou ice cream, non ? Enn Morisien ki al Lérop aster é ki tour “verglas” lor simin, ena sans li dir “Éta ! tonn tourvé sa glason-la lor simin !?”

    Ki ou pansé ?

  20. In English we say « well-founded » rather than simply « founded » in this sense.

    Heyerdahl actually held a more nuanced view: he believed that there had been two waves of settlement, an earlier one from America that contributed to the genetics of the Pacific Islanders as well as certain facets of their culture(s), and a later one that provided the linguistic inheritance. That would make Polynesia sort of like modern Mexico, with a genetic component mostly aboriginal, but speaking predominantly an imported language. The genetic notion.went under in the 1990s with the availability of DNA testing, and simple cultural diffusion doesn’t require large-scale physical migration and settlement.

    In short, we are left with the sweet potato (whether brought by South Americans on rafts or picked up by Polynesians in canoes, there is no telling), and just possibly the chicken. In 2007 chicken bones found in Chile were carbon-dated to 1400 (plus or minus 50 years), well before any Spanish settlement, and there is equivocal evidence that the local breed of chickens may have genetic connections to Polynesian chickens rather than being the descendants of Spanish imports. The ultimate origin point of domestic chickens is southeastern Asia, and they were part of the « portable agriculture package » that the Polynesians brought from island to island in their canoes.

  21. John: In English we say « well-founded » rather than simply « founded » in this sense.

    Then, would you say “the doubts were not well-founded” for a negative sentence? It sounds somewhat bizarre. Maybe one ought to use “ill-founded” instead, if it exists.

  22. « Ill-founded » appears in at least two large dictionaries, though the OED does not give it a separate entry, listing it only under the prefix ill-. I would say it is more intelligible than simple « founded », but « not well-founded » is indeed the normal expression for doubts, suspicions, etc. that are not supported by the facts.

  23. Suspicions cannot be “founded” only before being “well-founded” at a later stage?

    I reckon it works like foundations in some sense: your strip footing or your pile needs to be well founded right from the beginning, otherwise things go wrong. It can’t improve over time.

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