Têtu

Têtu.
Nom masculin.

Masse servant à casser des roches et présentant un côté affûté (taillé en biseau) destiné à fendre la pierre ; masse à tranche.

TLFi :

TÊTU, adj. et subst. masc.

2. Marteau têtu. Marteau de carrier, à grosse tête carrée d’un côté, pointue de l’autre, qui sert à dégrossir les surfaces. Une forme perfectionnée de celle-ci [la pique] fut utilisée par les Romains, c’est l’ascia, espèce de gros marteau (…). Cet outil remarquable s’emploie encore de nos jours sous le nom de « marteau têtu » (Lambertie, Industr. pierre et marbre, 1962, p. 49).
Empl. subst. masc. Les tailleurs de pierres (…) équarrissaient, à grand renfort de têtus, les blocs destinés à l’entablement de la façade (Fabre, Courbezon, 1862, p. 387).

Pour casser ces roches-là je préfère me servir d’un têtu que d’un breaker. Ça va plus vite finalement.”

__________________


Pour le Dictionnaire général du bâtiment (Dicobat) le têtu ne semble pas tout à fait être la masse que l’on peut voir sur la première photo de cette note. Il s’agirait d’un marteau plus petit, du genre qu’on tient à une seule main, et à tête carrée plutô que biseautée. Si tel est le cas, si ce têtu-là n’est pas une (lourde) masse que l’on tient à deux mains, alors sans doute notre acception de têtu constitue-t-elle une particularité locale supplémentaire. Le terme français ad hoc serait masse à tranche, comme on peut le voir ci-dessous. Heureusement qu’on ne la fume pas, cette masse-là.

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14 réponses à “Têtu

  1. Il y a aussi l’expression « gagn cout teti lor latet »…qui signifie soit apprendre une nouvelle difficile à digérer/se faire rabrouer ou être sonné à la suite d’un coup.

  2. Siganus K.

    > Rabin

    “Gaign cout téti lor latet ?” Mo pa ti konn sa. (Sirma zamé monn gaign sa kalité cout*-la.)

    Mais à bien y regarder cela fleurerait un peu le pléonasme, entre le têtu et la tête…

    Dans le genre (être surpris, sonné) j’ai déjà entendu “monn res court”, ce qui serait un équivalent de l’expression française “j’ai été estomaqué”. “Un coup de têtu sur la tête”, l’image se comprend d’elle-même, mais on se demande un peu ce que l’estomac aurait à faire dans une telle histoire. Quant au rapport entre la hauteur d’une personne et un choc (mental), il est encore plus mystérieux.
     
     
     
    * [ku] v/s [kut] : un septuagénaire de la famille de ma femme me faisait remarquer il y a quelques temps que lorsqu’il était jeune on disait “enn koo / enn ti koo” (prononcé comme en français, c’est-à-dire sans son [t] final), alors que pour ma part j’ai — me semble-t-il — toujours entendu (et dit) “enn kout”, rimant avec croûte. Et vous ?

  3. « gagn cout teti lor latet »…

    Moi, je comprends, sans parler créole, « prendre un coup [de têtu] sur la tête », ce qui (à part « le têtu ») se dit parfois lorsqu’on apprend une nouvelle qui vous laisse sous le choc, abasourdi…

    Mais dans ce cas, la question de la prononciation du *t* à la fin de coût ne se pose pas, car il s’agit bien d’un couP, et non d’un coûT.

    (quant au coût – c’est à dire ce que vaut quelque chose – je pense qu’on le prononce majoritairement avec un *t* muet. Mais j’ai déjà entendu *coute*)

  4. Ah, et pour la comparaison avec « être estomaqué » :

    – « rester court » ( “monn res court”) appartient au langage soutenu. C’est une nouvelle qui nous laisse sans voix, à court de mots… speechless pour ainsi dire.

    – après un coup dans l’estomac (quelque part pas loin du plexus solaire…), on reste aussi incapable de commentaire qu’après un coup de marteau sur la tête, quel que soit la sorte de marteau !

  5. J’ai entendu les deux manières de prononcer le mot. Je dis systématiquement « cout ». Mais je connais plusieurs personnes qui disent par exemple « lapli fine tombé ene sel cou » tout en utilisant la prononciation « cout » en d’autre circonstances…

    Dans mes souvenirs du créole « standard » toutefois, j’ai l’impression que le « t » est de rigueur. Je prends comme référence notamment deux ségas bien connus « zot trap Manuel zot batté, zot trap Manuel zot batté…COUT boutey divin lor so latet » ou le très chanté (par les fans de foot dans nos stades il y a 25 ans et plus) « Cout tet, mo vini, moi mo contan mo _____ »

  6. Pour revenir à nos expressions ayant trait à la surprise. L’une d’elles m’a toujours beaucoup intrigué, tout en me faisant rire. C’est la très imagée « coupe moi, pena disan ».

  7. @ Rabin

    « lapli fine tombé ene sel cou »

    Mais « cou », dans ce cas, c’est « coup » (« de la pluie fine est tombée d’un seul coup »), il n’y aurait donc pas lieu de prononcer « coute » !!!

    Et si j’ai déjà entendu (rarement) « vocaliser » le *t* de « coût », je n’ai jamais entendu dire *coupe* pour « coup » en français « standard » !

  8. @ Rabin

    « coupe moi, pena disan »

    Ce qu’on traduirait par ????

  9. @ Rabin, encore

    COUT boutey , COUT tet

    Coup de bouteille, coup de tête . Le *T* qu’on entend à la fin de *cou* dans vos exemples est en fait le *de* qui sépare « coup » de « bouteille » ou de « tête » !

  10. @ Sig

    un septuagénaire de la famille de ma femme me faisait remarquer il y a quelques temps que lorsqu’il était jeune on disait “enn koo / enn ti koo” (prononcé comme en français, c’est-à-dire sans son [t] final),

    Peut-être que ce parent se rappelait ses intempérances de jeunesse :

    Boire un petit coup c’est agréable
    Boire un petit coup, c’est doux
    Mais il ne faut pas rouler dessous la table
    Boire un petit coup, c’est doux

  11. Siganus K.

    > Aquinze

    “coupe moi, pena disan” = on me coupe, et il n’y a pas de sang (le sang ne coule pas). Cela relève de la stupeur et rejoint l’expression “monn res saisi” (je suis resté(e) saisi(e)), un peu comme quand on saisit la viande dans un poêlon, c’est-à-dire lorsque le sang se fige.

    Mais « cou », dans ce cas, c’est « coup » (« de la pluie fine est tombée d’un seul coup »), il n’y aurait donc pas lieu de prononcer « coute » !!!

    Je pense que la plupart des Mauriciens diront “enn sel cout” (d’un seul coup). Quant à la pluie “fine” qui tombe d’un seul coup, je trouve cela absolument charmant ! (En créole le mot “finn” sert à marquer les choses passées : mo kas ros = je casse des pierres ; mo finn kas ros = j’ai cassé des pierres. Il existe un autre marqueur du passé, qui est “ti”, qui pour moi se diférencie de “finn” par le fait que finn — provenant probablement du français “j’ai fini de” — exprime une idée de complitude : l’action est terminée, accomplie, idée que n’exprime pas forcément “ti”. Enfin, disons que ça peut se discuter…)
     
     
    > Rabin

    Je crois qu’Aquinze a bien vu que c’était le “de” du français qui avait pu donner le son [t] de [kut]. Le “cout boutey” dont vous parlez et un “coup de bouteille” — ou “coup d’ bouteille”. Idem pour cout tet (tiens on ne dit pas “cout latet”…), cout ros ou cout baton. Mais que vous connaissiez la chanson qui se chantait dans les stades de football, voilà qui, pour moi, relève du coup de têtu : quand on a lu ce qui a pu s’écrire sur la coupe du monde de football

  12. L’article outillage mentionné oublie une profession un peu passée de mode qui utilise cette masse carrée, celle de charron ou chaudronnier ; il faut être deux, pendant que l’un maintient et tourne la pièce incandescente avec une pince sur l’enclume, l’autre assène de grands coups de masse . J’ai ici une vieille forge et un soufflet à moufle ancien.

  13. @Le cordonnier
    Votre référence a l’article de mon blog m’a beaucoup amusé. Ceci contredit en effet cela. Mais les faits dont je parle datent d’il y a 25 ans . Certains rites de passages étaient alors de rigueur. Notamment celui consistant à aller dans les stades de foot en compagnie des cousins. D’où ma petite connaissance des chants de stade… Sinon je confirme avoir regardé moins de 30 minutes de foot en cumulé durant le dernier mondial 🙂

    @Aquinze
    La traduction de Siganus de « coupe moi pena disan » me parait bonne. Cette expression est d’ailleurs l’une de celles que l’on entend de moins en moins ici.
    Sinon pour le « cout », si on réfléchit avec les codes de prononciation en français le T parait en effet superflu. Mais dieu sait pourquoi « coup » est devenu très souvent « cout » pour aussi bien décrire un « coup de » ou plus simplement un « coup ». J’ai entendu des « mo pe al guet ene cout si li fine vini » tout comme j’ai entendu des « mo pe al guet ene cou si li fine vini » (je vais voir un coup s’il est arrivé)

  14. Siganus Sutor

    Arcadius, ces pièces de chaudronnerie doivent être d’une sacrée taille s’il faut les travailler à la masse. J’imagine mal qu’on puisse faire un travail soigné de cette façon, mais il est vrai que je n’y connais pour ainsi dire rien.
     
     
    Rabin, je ne me souviens d’être allé dans un stade de football assister à un match qu’une seule fois dans ma vie, dans les années 70 si je ne m’abuse. Cela n’a manifestement pas suffi pour apprendre les chansons qui y avaient cours. Pas plus que celles des inter-collèges d’ailleurs, où je suis pourtant allé un peu plus souvent. (“Cout tet, mo vini, moi mo contan mo _____” : pourquoi éviter de citer le nom de la défunte Fire ?)

    Une expression qui me semble très fréquente : “enn (ti) cout”. “Faire sa enn ti cout”, “manz sa enn cout”, “ékrir sa lartik-la enn cout do matlo”, “al get li enn ti cout” — comme si ce enn cout-la suggérait que la chose en question ne nécessite pas un bien grand effort, qu’elle peut être faite en un tournemain.

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