Archives quotidiennes : 27 juin 2010

Lundi cordonnier

Lundi cordonnier.

Lundi chômé.

Alors, tu as fait lundi cordonnier hier ?

Our countrymen are known to be dishonest malingerers, taking every opportunity to skip work to attend some Chowthaary, Bindu, or Enaalu every Monday following a wedding. Others just take the traditional “Lundi Cordonnier” route.” (Chamarel.net forum quoting Mauritius Times, 24 June 2009.)

20 employés sur 60 absents, alors qu’on croyait le lundi cordonnier mort et enterré en ce troisième millénaire. Huit employés étaient en retard. Y a-t-il un directeur des ressources humaines à la STC ? Etait-ce la première fois que 33% des employés profitaient d’un doux et reposant lundi cordonnier après un week-end bien actif ?” (Le Défi, 27 mai 2010.)

Pas de “lundi cordonnier” pour Ah-Kit.” (L’Express du 23 avril 2007.)

Le fils, Yusuf, reprend le travail mardi car il compte bien passer un dernier « lundi cordonnier » à s’amuser. « Pas envi rentré mem, mé bizin alé, lot lané nou ava révini aster », déclare ce dernier.” (Week-End du dimanche 4 janvier 2009.)

Laval Wong, un porte-parole de la Mauritius Employers’ Federation (MEF) note ainsi que l’absentéisme s’est incrusté dans les entreprises du pays. “Déjà en temps normal, on parle toujours du ‘lundi cordonnier’. Maintenant l’absentéisme est devenu une institution”.” (Servihoo.com citant L’Express, 28 décembre 2005.)

Certaines explications quant à l’origine de l’expression sont parfois farfelues. Dans un livre consacré aux régionalismes (Richesses du français et géographie linguistique, André Thibault, Pierre Rézeau, Inka Wissner, Robert Vézina, Joseph Zobel et Christel Pan Yan), on cite Baker et Hookoomsing pour dire qu’il s’agit d’une “expression figée désignant la situation de quelqu’un qui, souffrant d’une gueule de bois au lendemain d’un week-end de soûlerie, n’est pas en état d’aller au travail.” Mouais… il n’y a pas que l’alcool à mon avis… Les auteurs poursuivent en affirmant que “le syntagme vient du fait qu’à l’île Maurice, les cordonniers ne travaillent traditionnellement pas le lundi.” Re-mouais… Je trouve qu’on leur met beaucoup sur le dos, aux cordonniers, foi(e) de Siganus Sutor !
 
On peut ne pas travailler le lundi pour des raisons tout à fait légitimes, et on pourra parler de “lundi cordonnier” dans un tel cas, mais de nos jours l’expression est surtout employée de façon ironique pour évoquer l’absence de ceux qui s’abstiennent d’aller travailler alors qu’ils auraient dû le faire. Ce qui m’étonne toutefois — et c’est ce qui a provoqué la rédaction de ce billet —, c’est le nombre de concerts qui commencent le dimanche en fin de journée. Dito pour les bruyants jalsas du dimanche soir, plus fréquents semble-t-il que ceux du vendredi ou du samedi. A croire que certains préfèrent faire la fête le dimanche quand le soleil descend que d’attraper la fièvre du samedi soir. And Monday is another day…..

 

 
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Avenue des Sutor(s)

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