Archives quotidiennes : 28 mars 2010

Bosser

Bosser.
Verbe transitif.

Saisir fermement ; tenir quelqu’un, un animal ou un objet sans lui laisser la possibilité de bouger librement.

« Il a alors dit à Kapor : “Bosse-le, je vais lui foutre une raclée pour lui donner une leçon”. »

« Attention, bosse bien cette caisse-là sinon elle va glisser pendant le voyage. »

L’expression vient vraisemblablement du vocabulaire de la marine, là où “bosser” signifie “fixer avec des bosses”, les bosses en questions étant des bouts de cordage courts.

Cf. le Petit dictionnaire de marine (R. Gruss, 1945) :
Bosse. — Bout de filin épissé sur une boucle, à l’avant d’un canot et au moyen duquel on amarre ou on remorque celui-ci. Bout de cordage court servant à faire une manœuvre.
Bosse-debout : Chaîne employée à tenir une ancre suspendue au bossoir par son organeau [fig. 91].
Bosser. — Fixer avec des bosses. Lorsqu’on a exercé un effort sur une manœuvre et que celle-ci est suffisamment tendue, il faut l’amarrer sans la lâcher. A cet effet, on la fixe avec une bosse en avant des mains des hommes qui font effort. La manœuvre n’exerce plus alors d’action en arrière de la bosse, et on peut l’amarrer ou la tourner facilement ; la bosse est ensuite larguée.
Bossoir. — Grosse pièce de bois saillante de chaque côté du beaupré et servant à la manœuvre de l’ancre.

L’Inventaire de Robillard ne mentionne pas le verbe bosser dans cette acception-là. Le français à l’île Maurice de N. Desmarais non plus. En revanche le dictionnaire créole-anglais de Ledikasyon Pu Travayer a l’entrée suivante : bos (var. bose) 1. To hold down.

Il arrive que le verbe bosser dans son acception quasi-standard (“travailler”) soit aussi utilisé, y compris en créole (bien que plus rarement qu’en français selon moi), mais du fait de la différence de sens la confusion entre les deux termes est en général évitée. Le bossu ne peut être confondu avec un beau chevalier.

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