Archives quotidiennes : 6 mars 2010

Bambara

Bambara.
Nom masculin.

Holothurie, ou concombre de mer. Animal marin au corps mou, généralement noir. Les bambaras appartiennent à l’ordre des échinodermes, ordre dont font aussi partie les ophiures, les étoiles de mer et les oursins.

« Ayo, j’ai marché sur un bambara et toute sa glu a collé dans mon pied ! »

« Jennifer Ah-King, chef de projet à Reef Conservation Mauritius, pense qu’il y a un problème quant à l’exploitation des holothuries : “Des personnes nous ont approchés pour dénoncer le ramassage massif de bambaras par des pêcheurs ou des bateaux taïwanais.” » (Le “bambara” vaut de l’or, L’Express du 10 août 2007.)

La culture du concombre de mer ou bambara est en passe de se développer à Maurice, car représentant un marché potentiellement exploitable. Des expériences sont en cours sur sa reproduction en captivité au Centre de Recherche d’Albion. Un paramètre majeur doit, toutefois, être considéré avant que n’aboutisse le projet – un créneau fructueux : le renouvellement du bambara, afin de ne pas exterminer cet animal marin, très prisé dans la cuisine chinoise.”
(Week-End/Scope, 13 octobre 2006.)

Le bambara coûte plus de 20 euros (Rs 800) le kilo. Le pêcheur peut en tirer 5 euros (Rs 200) alors que le kilo de trépang (peau du bambara, seule comestible) se vend près de 120 euros le kilo en Chine. On comprend pourquoi certains n’hésitent pas à collecter les bambaras malgré les interdictions.”
(L’Express, 25 juin 2009.)

Le Dictionnaire étymologique des créoles français de l’océan Indien reprend l’hypothèse selon laquelle le nom de l’animal provient du peuple africain : « Selon PBa, la désignation de l’holothurie (noire à l’île Maurice) s’explique par le fait qu’un nombre réduit d’esclaves bambara a été envoyé de Gorée à Maurice entre 1729 et 1767, ayant pour tâche d’opérer les passages en bateaux dans le port de Port-Louis. »

Ce que le Memo Larousse (édition de 1993) dit des Bambara :
« Bambara
« Peuple vivant essentiellement au Mali. Les Bambara parlent le bambara, langue nigéro-congolaise du groupe mandé (2 438 000 en 1989). Ils constituèrent des royaumes qui furent détruits par les Toucouleur au XIXe s. Ce sont des agriculteurs sédentaires. Leur filiation est de type patrilinéaire. Ils pratiquent l’animisme et sont organisés en sociétés secrètes initiatiques. »

Le bambara est donc aussi une langue. De façon amusante, l’animal connu à Maurice sous le nom de bambara a lui-même donné son nom à une autre langue, le bislama, ou bichelamar. Cette langue est un créole à base lexicale principalement anglaise. Avec l’anglais et le français, c’est une des langues officielles du Vanuatu. Son nom provient donc de l’holothurie, laquelle, dans cette région du Pacifique, était appelée “beach-la-mar”, du français “bêche-de-mer”, nom lui-même issu du portugais bicho do mar, “créature de la mer”.

Ce créole est né de la nécessité pour ceux qui achetaient et revendaient les concombres de mer et ceux qui les pêchaient de communiquer entre eux. Ces interactions ayant eu lieu dans le cadre du commerce de ces holoturies appréciées des Chinois, le pidgin ainsi créé a pris le nom de l’objet de l’échange, cas plutôt rare d’une langue recevant le nom d’un produit commercial.

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