Quelques anglicismes

“Les anglicismes”, par Franco-phone – Week-End, 22 août 1993.
(Cliquer sur l’image pour l’agrandir afin de lire le texte plus facilement.)

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20 réponses à “Quelques anglicismes

  1. marie-lucie

    Ces anglicismes ne sont pas tous simplement le fait des Mauriciens!

    to liaise: Ce verbe est assez fréquent en anglais (au moins aux US et au Canada), dans un contexte politique ou administratif. Je ne l’ai jamais entendu (sauf à la radio), mais on le voit souvent écrit dans les journaux.

  2. Marie-Lucie : Ces anglicismes ne sont pas tous simplement le fait des Mauriciens!

    De cela je suis certain, et je ne pense pas que l’auteur(e) de la chronique ait pu le penser une seule seconde. Je suis sûr que les Mauriciens aussi s’en rendent coupables ! Quant aux Français, ils ont les leurs : tenniswoman, prime time, mail, speaker, etc.

    Pour revenir au billet de Franco-phone, définitivement est définitivement utilisé à Maurice, comme la quasi-totalité des expressions citées, mais je n’ai pour ma part jamais entendu “l’avion est dû à 21 heures” ou “available” pour disponible. Quant à efficience vs efficacité, Aquinze avait magistralement démontré* la nuance pouvant exister entre l’un et l’autre.

    * en faisant exploser une mouche :
    http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2007/07/24/la-mazurka-de-cecilia/#comment-51071

  3. Votre franco-phone chasseur d’anglicismes aurait aussi pu, me semble-t-il, s’inquiéter du respect des règles de typographie française lors de l’impression de son article !

  4. Aquinze
    La seule typo? et ceci : « comme il serait souhaitable que nous le soyions… »

  5. marie-lucie

    que nous le soyions

    Cette graphie représente sans doute une prononciation que l’on trouve aussi dans certaines variétés régionales du français – en Normandie par exemple (swaj-jon, et aussi swaj-je pour « soyez »). Pour ces formes dialectales, le radical pour toutes les personnes (ou au moins celles du pluriel) est soye (prononcé [swaj]) et non seulement soi [swa].

  6. Absolument, Marie-Lucie. Au point que j’ai dû aller vérifier ce « soyions » pas catholique dans la conjugaison du verbe être, tellement il sonnait juste à mon oreille…

    Je me demande si la prononciation du radical en « ouaille » ne pourrait pas être mise au compte de l’archaïsme – on le retrouve (quoique de façon apocryphe) dans la bouche d’Anne de Bretagne, à propos de son mariage avec le Roi de France Charles VIII :

    « Faut-il que je soye infortunée et délaissée d’amis, que d’être amenée à prendre mariage d’un homme qui m’a si maltraitée, et fait tant d’indignité, et retenue captive » .

  7. Je me suis moi-même surpris plusieurs fois à écrire “que nous soyions”.

  8. Ayez pitié pour le pauvre anglophone ! On s’efforce d’apprendre une langue, en l’occurrence le français, mais il n’y en pas une seule, l’idee d’“une langue” est une construction. C’est plutôt les stils différents des écrivains que l’on rencontre aux lesquels it faut faire attention, á mon avis – faute d’un autre critère de distinction plus exact que « stil ». Bien sûr, comment distinguer entre des stils, si l’on n’a pas encore maîtrisé les « éléments du stil » ? Néanmoins je m’oriente ainsi.

    Ce n’est pas par des articles comme celui ci-dessus qu’on apprend le mieux, amusants et instructifs qu’ils soient en ce qui concerne les détails. En apprenti, je m’appuie sur le l’admiration mal-éduquée que j’éprouve pour l’oeuvre entière de l’un et l’autre auteur, l’impression globale. Par exemple, récemment, Nothombe, Sartre, Hugo, Atlan. Un contre-exemple: Le Monde Diplomatique.

  9. On passe et repasse par les détails, mais il faut retourner au tout qu’on est en train de bâtir pour soi-même.

  10. Bougon, quel rapport entre Hugo et Le Monde diplomatique ?

    Rien à voir avec ce qui précède, mais je voudrais poser une question aux francophones (et aux autres personnes susceptibles d’apporter de l’eau au moulin) : avez-vous déjà entendu le mot épart pour parler de ces éclairs silencieux (i.e. non accompagnés de tonnerre, ce dernier étant rendu inaudible par la distance) qu’on observe surtout en été, aussi appelés “éclairs de chaleur” ? J’ai entendu un certain nombre de personnes employer ce mot à ce propos, mais ni le Petit Robert, ni le Grand Larousse, ni le TLFi ne semblent en avoir entendu parler. Par contre, sur ce document (en pdf), à la page 9, on peut lire ceci :

    « Mais la consultation du Grand Robert (1985) ébranle cet édifice : espar y est analysé selon plusieurs emplois, dont l’un, nous apprend-on, équivaut à épar (techn.), tandis que l’autre; (terme de marine) « s’écrit aussi espars » ; à quoi s’ajoute un énième terme, écrit épart ou épars (« Vx ou régional. Éclair de chaleur »). En résumé, pour le Grand Robert :
    1. espar ou espars (mar.)
    2. épar, épart ou espar (techn. : barre)
    3. épart ou épars (vx ou région. : éclair) »

    Quelqu’un ici a-t-il déjà entendu utiliser le mot épart pour parler d’un éclair ?

  11. > Siganus:
    Je ne connaissais pas ce mot « épart ou épars » dans le sens d’«éclair», mais en provençal nous avons le verbe esparnir qui veut dire « lancer des éclairs », au propre comme au figuré (pour un regard, par exemple) et l’esparnida qui est la « lueur de l’éclair, le flash ». On dira par exemple qu’on a trouvé son chemin dans la nuit grâce à l’esparnida.
    Je suppose que l’étymologie est la même qu’avec le vieux français épars, pour « éclair », faisant allusion à l’ éparpillement de la lumière, à sa dispersion.

  12. Leveto, voilà qui est intéressant. On retrouverait dans les deux cas l’idée d’éparpillement de la lumière ou de l’électricité. Voilà aussi qui renforcerait l’impression que des formes archaïques de la langue ont eu tendance à survivre à Maurice. Un mot de plus pour la liste de mauricianismes donc.

    _________
    Un petit tip avec vous Leveto : à partir de quel âge peut-on donner un vermifuge à des chiots ? Et à trois semaines l’un d’eux peut prendre disons un peu d’Ercefuryl s’il a la diarrhée ?

  13. La vermifugation du chiot est possible — et même conseillée si la mère ne l’a pas été avant et après la mise-bas — dès l’âge de 2 semaines, avec des vermifuges adéquats.
    En cas de diarrhée du jeune chiot encore allaité, il faut contrôler le lait maternel (éventuelle mammite). Une diarrhée de sevrage est toujours possible (mais à trois semaines c’est beaucoup trop tôt pour le sevrage sauf en cas de maladie ou de mort de la mère) et peut être contrôlée avec un lait ou des aliments maternisés. Des médicaments style Ercéfuryl ou Smecta peuvent être éventuellement utilisés, en sachant qu’une réhydratation est essentielle : de l’eau de riz légèrement sucrée donnée au biberon suffit généralement.

  14. Merci pour ces conseils Leveto. En fait ce n’était pas vraiment une diarrhée, mais la vermifugation s’impose définitivement. 😆

  15. Sig, vous pourrez aussi ajouter tip à la liste de vos mauricianismes, avec la citation : « un petit tip avec vous, leveto ». 😉

  16. marie-lucie

    l’esparnida

    Leveto, pour ceux qui ne connaissent pas l’occitan, vous devriez mentionner que ce mot se prononce « esparnido », avec l’accent tonique sur la syllabe « ni » comme si c’était un mot espagnol.

  17. Quoi, “un petit tip avec vous” ne serait pas du français académique !?

  18. quel rapport entre Hugo et Le Monde diplomatique ?

    Aucun. That was my point. Le stil d’Hugo n’a aucune ressemblance avec celui des journalistes du Monde. Feuillage du chêne et feuilles mortes.

  19. Leveto, pardon d’abuser et de vous demander encore des renseignements à propos d’une parturiente à poils, mais arrive-t-il fréquemment que la mère saigne toujours 25 jours après la mise bas ? La possibilité d’une infection a été évoquée — elle a fricoté avec force mâles à l’époque des chaleurs —, mais le n’importe-quoi étant monnaie courante ici-bas, je me suis dit qu’un avis supplémentaire, éclairé celui-là, serait peut-être utile pour rassurer certaines personnes.

  20. que nous le soyions (5 février 2010, plus haut)

    Lu cet après-midi :

    « Et nous sommes arrivés en retard. Mais cela n’avait aucune importance. On s’attendait à ce que nous soyions en retard. »

    (Au Commencement, Chaïm Potok, page 51 – Éditions Buchet/Chastel, 18, rue de Condé, Paris. Traduction Nicole Tisserand.)

    Dans les livres de Chaïm Potok traduits en français par cette traductrice ou par d’autres, on trouve par ailleurs un certain nombre de subjonctif à la suite d’après que, en dépit de ce qui est écrit dans les livres de grammaire.

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