Bébête divin

Bébête divin.
Nom féminin.

Mollusque marin (appartenant au genre Dolabella) contenant un liquide violet pouvant faire songer à du vin.

Bébête divin tirée de la mer.

« Moi j’ai pas peur d’attraper les bébêtes divin avec ma main. »

Les bébêtes divin passent pour constituer d’excellents appâts pour la pêche à la langouste. Coupées en morceaux, elles sont placées dans les casiers destinés à attraper ces crustacés parfois appelés homards à Maurice.

Bébêtes divin sous l'eau.

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27 réponses à “Bébête divin

  1. Si quelqu’un passant par ici connaissait le nom scientifique de cet animal-là, il me rendrait service s’il le laissait en commentaire.

    (J’ai aussi cherché le nom scientifique du “s’embrasse”/“cent-brasses”, en vain.)

  2. A mon avis, il pourrait s’agir d’un mollusque nudibranche du genre Dendrodoris ou Hoplodoris.
    On a le choix sur cette page.

  3. Siganus K.

    Leveto, je n’ai pas l’impression que les bébêtes divin sont des nudibranches. Les nudibranches ressemblent en général à des sortes de morceaux de caoutchouc dur — dur et souvent coloré. Ou de la réglisse bariolée si vous préférez. Les bébêtes divin ne sont qu’une sorte de masse spongieuse et élastique. Elles ne donnent pas cette impression de caoutchouc dont on fait des pneus. — http://www.nudipixel.net/pictures/country/mu/

    Qui plus est, ils semblent être morphologiquement différents. Par exemple les bébêtes divin ont sur le dos deux orifices que n’ont pas, je crois, les nudibranches. Voir, ici, une photo dont je n’ai gardé qu’une partie. On voit bien le trou postérieur, mais il en existe un autre davantage vers le milieu du dos, qu’on distingue plus ou moins. N’étant pas un expert en biologie marine, loin s’en faut*, je ne saurais vous dire à quoi ils servent.
     
     
    * Certains me diront peut-être qu’il faut plutôt dire « tant s’en faut », mais « loin s’en faut » me convient tout à fait. Je ne le trouve pas aberrant le moins du monde et la traductrice du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, Aline Azoulay, l’a utilisé en maintes occasions.

  4. zerbinette

    Ah Siganus, vous connaissez les amateurs d’épluchures de patates ? Et qu’en pensez-vous ?

  5. Siganus K.

    Du bien. Un livre charmant, que j’ai lu en moins de trois jours (malgré diverses obligations empiétant sur le temps de lecture).

    Et vous ? Que pensez-vous des bébêtes divin ?

  6. > Sig

    je n’ai pas l’impression que les bébêtes divin sont des nudibranches.

    Moi, pourtant, j’avais bien cru reconnaître le Discodoris lilacina figurant sur la page de leveto, sans doute conforté par une association intuitive entre le « liquide violet » que contient votre bébête et le terme « lilacina », qu’on retrouve dans de nombreuses espèces animales ou végétales de couleur mauve ou pourpre…

    Quant au Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, je ne prendrais certainement pas la traduction comme référence linguistique (les amateurs dont il est question le sont de tourte aux épluchures de patates, pas des épluchures elles-mêmes… Et d’ailleurs, je ne le prendrais pas comme référence littéraire tout court (En vérité, Sig, votre consumérisme lectureux me surprend parfois. Encore un peu, et vous nous vanteriez les hérissonnades barberyennes !)

  7. Siganus, regardez cette page
    http://seaslugs.free.fr/nudibranche/f_dolabella_auricularia.htm

    «Les lièvres de mer ont deux glandes principales dans leur cavité mantellique . La première appelée Glande pourpre est située sur le « toit » du manteau, à proximité des branchies. Elle secrète une encre rouge vin ou pourpre…»
    on voit aussi clairement sur quelques photos les orifices dont vous parlez.

    Les lièvres de mer sont aussi appelés « pisse-vinaigre » à cause de l’ encre qu’ils projettent. Cf. cette photo:

    http://seaslugs.free.fr/forum/forum_289/for_f.htm

  8. Siganus K.

    Bonne pêche Leveto ! Les bébêtes divin semblent bien être des Dolabella auricularia (aussi connus, semble-t-il, sous le nom de Dolabella scapula). Quant à l’appellation « lièvre de mer », elle me laisse perplexe. Ce gastéropode n’est pas une tortue, certes, mais qu’un cousin de l’escargot et de la limace soit appelé « lièvre » ne manque pas de sel.

    Je me demande toutefois s’il s’agit bien d’un nudibranche, clade se divisant a priori en 4 sous-ordres (Wikipédia). La super-famille des Aplysiidae, celle à laquelle appartiennent les bébêtes divin, ne semble pas faire partie d’un de ces sous-ordres, mais on retrouve peut-être le clade Heterobranchia dans les deux cas. (La classification de ce type de mollusque me paraît un peu confuse.) Sur le site seaslugforum.net l’ordre et la famille sont précisés :
    Order: ANASPIDEA
    Superfamily: APLYSIOIDEA
    Family: Aplysiidae
    http://www.seaslugforum.net/factsheet/dolaauri

    De ces « lièvres de mer » il est apparemment possible d’extraire un peptide, la dolastatine 10, qui présente d’importantes propriétés anticancéreuses. Le « rendement » est toutefois très faible : pour extraire 1 mg de cette substance il a fallu collecter près de 2 tonnes de bébêtes divin mauriciennes.

    Cela me permet d’ailleurs d’apprendre que l’Honorable Dharam l’a évoqué dans un discours prononcé cette année-ci :
    « As an example, I am given to understand that research carried out since 1972 on the Indian Ocean sea hare Dolabella auricularia has yielded extracts, some of which, following purification, have been used in pre-clinical trials and are currently the subject of clinical trials. Several patents have been issued over the period 1989 – 1998 to research groups based in the US or Europe, covering purified substances that were isolated from different plant or animal resources found in Mauritius and in the Mascarenes region. Potential applications range from use as anti-cancer agents to incorporation in pharmaceutical or cosmetic preparations. »
    Des bébêtes divin utilisées pour des « préparations cosmétiques » ? La vanité n’aurait décidément plus de bornes.

    Plus amusant (remarquez, peut-être pas pour vous), il a été dit que l’empereur Claude fut empoisonné grâce à des extraits de bébête divin : « Les dolastatines constituent un groupe homogène d’oligopeptides isolés d’un mollusque marin, Dolabella auricularia, découvert initialement clans l’océan Indien. Avant d’être à l’origine d’un agent anticancéreux en cours d’évaluation clinique, ce petit mollusque a contribué à l’histoire de notre civilisation. En effet, les extraits de dolastatines furent utilisés par Agrippine pour empoisonner l’empereur romain Claude en l’an 54 ap. J.-C. et permettre l’accession au trône de son fils Néron ». — http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=1197683

  9. zerbinette

    En effet, les extraits de dolastatines furent utilisés par Agrippine pour empoisonner l’empereur romain Claude en l’an 54 ap. J.-C. et permettre l’accession au trône de son fils Néron

    Pas du tout, c’était avec des oursins, la preuve ici :

    Hélas, si j’avais pu deviner que vos avantages
    Cachaient sournoisement, madame, une foison d’oursins,
    J’eusse borné mon zèle à d’innocents marivaudages.
    Se peut-il qu’on soit si méchante avec de jolis seins?

    Ultime raffinement, le poison fut appliqué à l’aide d’une plume d’oie caressant le fond de la gorge…

  10. Siganus K.

    Mais, Zerbinette, les oursins ne sont-ils pas comestibles en temps normal ? (Les œufs tout au moins, du moins à Maurice — je ne sais ce qu’il en est à Sète et tout autour du reste de la Méditerranée.) Quant à passer une plume sur le fond de la gorge de quelqu’un, il y aurait plutôt là, selon moi, de quoi le faire vomir, ce qui est contre-indiqué quand vous cherchez à l’empoisonner.

  11. zerbinette

    Ma foi, Sig, les oursins c’était juste pour Georges et pour vous ! 😉

    Pour le reste, voir les Annales de Tacite dans la traduction de Perrot d’Ablancourt :
    Le poison fut donné à l’Empereur par un Eunuque nommé Halot, qui faisait l’essai devant lui. Mais la chose fut si peu secrète, que les Historiens du temps écrivent qu’il fut mis dans un plat de champignons, qui est un mets assez délicat. Toutefois soit pour la stupidité de Claudius, ou pour son ivrognerie, il ne fit pas sitôt son effet, outre qu’il prit un dévoiement au Prince qui le soulagea. Alors Agrippine toute tremblante et effrayée eut recours au Médecin de l’Empereur nommé Xénophon, qu’elle avait gagné auparavant : et le danger où elle était, lui faisant négliger tout ce qu’on en pourrait dire, elle le pria de hâter l’exécution. Lui qui savait que les commencements sont dangereux dans les crimes, mais que la récompense est à la fin, fit semblant d’aider le vomissement de Claudius, et lui mit dans le gosier une plume empoisonnée, dont il mourut…

    Ce que j’aimerais bien savoir c’est comment les historiens d’aujourd’hui ont identifié le rapidum venenum comme des extraits de dolastatines, originaires de l’Océan Indien qui plus est.

  12. >Siganus K.
    Les Aplysia sont aussi nommés chez nous comme « liebres de mar » et j’ai même trouvé l’expression « sea hare » en anglais. Dans le texte suivant on parle du grec ancien et la ressemblance presumée:
    http://www.brembs.net/learning/aplysia/

  13. Jesús, ces « lièvres de mer » des côtes espagnoles se trouvent-ils du côté Atlantique ou du côté Méditerranée ? (Mais il ne s’agit pas ici de ce que nous appelons « bébêtes divin » — portant aussi le nom de « sea hare » —, lesquelles sont du genre Dolabella et non Aplysia.) Il est surprenant d’apprendre que des neurobiologistes utilisent cet animal afin d’étudier l’apprentissage et la mémoire. Pour cette dernière, on aurait plutôt pensé à l’éléphant (“de mer” bien sûr).

  14. >Siganus K.
    Elles sont partout.

  15. Pardon.
    Ils, bien sûr. L’espagnol m’a trompé.

  16. >Siganus K.
    À propos du nom scientifique de l’ordre des lièvres (lagomorphes, comme vous savez), c’est curieux que le lièvre en latin est «lepus, -oris» mais le mot «lagois, -idis» (aussi en grec «lagois») était employé pour les lièvres de mer. C’est vrai qu’il y a aussi le mot «léporidés» pour la famille.

  17. > Jesús

    « Je suis partout », dit le lagomorphe ?

    On n’est pas à une anomalie près pour ces diables de lièvres de mer.

    L’Espagnol vous a trompé ? Quel Espagnol ? Qui est-il ? Où habite-t-il ? Qu’on lui apprenne à vous tromper, celui-là !

  18. >Siganus K.
    Une fois de plus, voilà ma cervelle de lièvre…

  19. Siganus K.

    peut-être qu’il faut plutôt dire « tant s’en faut », mais « loin s’en faut » me convient tout à fait – (8 janvier 2010 à 21:18)

    — Désolée. Qu’est-ce qu’elle fait, Winifred euh… Mrs Bates ? Est-elle simplement femme de prof ?
    — Loin s’en faut. Elle et son associée ont une boutique qui fait aussi office de galerie d’art dans le centre-ville.

    (David Lodge, La Vie en sourdine, page 181. Traduction de Maurice et Yvonne Couturier.)

  20. marie-lucie

    « Loin s’en faut » ???

    Je suppose que c’est un croisement avec l’anglais « far from it », dont l’équivalent français plus classique serait il s’en faut de beaucoup.

  21. marie-lucie

    Les bébêtes divin:

    J’ai vu une fois un « pisse-vinaigre » étant enfant, sur une plage de la Manche (c’est-à-dire en face de l’Angleterre). Il n’était pas du tout comme l’espèce d’éponge ébouriffée de votre photo, mais brun et assez lisse, si je me rappelle bien.

  22. Siganus K.

    Ah oui, il y aurait un animal du même genre (je ne parle pas nécessairement du genre scientifique) en Europe septentrionale ? Voilà qui est bon à savoir.

    Quant à “loin s’en faut”, c’est une expression qu’on rencontre assez souvent il me semble, quand bien même les puristes crient haro sur elle. Le Wiktionnaire lui a consacré une entrée : http://fr.wiktionary.org/wiki/loin_s’en_faut
    Si elle n’est pas académique elle a au moins le mérite d’être assez répandue et, surtout, d’être assez explicite à mon sens : ceux qui l’entendent n’éprouvent en général aucune difficulté à comprendre ce que l’interlocuteur a voulu dire, ce qui ne me semble pas systématiquent le cas avec l’expression “tant s’en faut”.

  23. zerbinette

    discarded

  24. Siganus K.

    “Discarded” Zerbinette ? Vous voulez parler de l’expression “loin s’en faut” ?

  25. zerbinette

    C’est ce que m’a répondu mon écran à quatre reprises lorsque j’ai voulu envoyer mon com ! Le lien (professeur machin sur TV5) a dû lui déplaire (aucun mauvais esprit sans cela il l’aurait envoyé directement dans la boite à spams !)

  26. Siganus Sutor

    En vérité, Sig, votre consumérisme lectureux me surprend parfois.

    (5 ans pour répondre au commentaire d’Aquinze (9 janvier 2010 à 00:06)… Mais on dit qu’il vaut mieux tard que jamais. Alors allons-y…)

    Ben quoi, où est le problème ? J’ai lu plein de Dick Francis, de livres de science-fiction de la collection Fleuve Noir plus ou moins mauvais, des Paul Loup Sulitzer, des Christian Jacq, et même un Jeffrey Archer (que j’ai trouvé nul). Je n’ai pas encore essayé Michel Houellebecq, mais Frédéric Beigbeder oui (j’ai dû arrêter cependant). Je lis des bandes dessinées parfois, et même Paris Match quand une copie est posée devant moi. C’est mal, je sais ; cela est risible ; mais c’est ainsi que les choses sont plutôt qu’elles devraient être.

    Et puis, honte suprême, je lis des livres qui ont reçu des prix littéraires, même si parfois je ne les finis pas, voire ne les entame qu’à peine (Alain Mabanckou, Mémoires de porc-épic, prix Renaudot 2006). Et il arrive que dans un prix Renaudot on trouve des horreurs et des erreurs grammaticales, par exemple celle évoquée ci-dessus (“loin s’en faut”), comme chez le fils Carrère dans Limonov.

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