Toise

Toise.
Nom féminin.

Unité de mesure de surface valant 6 pieds français par 6 pieds français, ce qui fait environ 3.8 m².

Terrain libre 87 toises à vendre

« Il y a dix ans les terrains là se vendaient autour de Rs 4,500 la toise. »

« Par ailleurs, sous l’Empowerment Programme le gouvernement va acquérir environ 2 000 à 3 000 arpents de terre à travers tout le pays. Il compte les vendre en portions de terrain de 60 toises à des familles touchant moins de Rs 8 500 par mois pour la construction de leur domicile. »
(La NHDC construira plus de 1 500 maisons, L’Express du 28 décembre 2006.)

On remarque que le mot peut être employé tel quel en anglais (en anglais mauricien). Par exemple dans L’Express du 30 juin 2009 il est possible de lire ceci dans les petites annonces relatives aux terrains à vendre : « Land of 135 toises at Mahébourg, about 300 m. from the sea. » (Ici (L’Express en pdf), 14e page, en partie basse de la 4e colonne.)

A l’origine une toise était une unité de longueur. Comme cela arrive parfois, l’unité au carré sert à parler d’une surface sans que nécessairement le mot « carré » apparaisse dans le nom de ladite unité. A l’entrée toise le Trésor de la langue française indique ceci : « Unité de mesure en vigueur avant l’adoption du système métrique, valant six pieds, soit un peu moins de deux mètres (1,949 m à Paris). » Il est indiqué ensuite qu’une toise carrée est une « surface carrée dont le côté est une toise ». Les Anglais sont venus, puis partis, le système métrique a été légalement adopté, mais les gens continuent à parler de terrains mesurés en toises, perches et arpents, soit d’anciennes mesures françaises.

 

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25 réponses à “Toise

  1. C’est chez vous le petit arpent du bon dieu ?

  2. The English system has a measurement of 6 feet as well, the fathom which measures depth at sea rather than the surface of land. It is somewhat smaller, though, the fathom being 183 cm and the (linear) toise 195 cm.

    As for le petit arpent du bon dieu, the exact English equivalent as a phrase is « God’s little acre », though 1 acre = 1.18 arpent = 4046 square meters = 0.4 hectares; it is the normal Anglo-American measure of land area.

  3. C’est chez vous le petit arpent du bon dieu ?
    Non, c’est chez le voisin, qui ne m’a même pas tendu la perche.

    John, a fathom is une brasse in French, i.e. the length of rope measured with your arms (bras) stretched sideways. Our arpent is only 4% bigger than your acre: it is the area equivalent to the area of a 200 by 200 French feet square, which makes 4220.8 m². This gives you the fairly odd ratio of 1 111.111 toises per arpent.

  4. Ah, je viens de découvrir un verbe que je ne connaissais pas du tout dans cette acception : toiser.
    A. − Toiser qqn, qqc.
    1. Vx. Toiser qqc.
    a) Mesurer en prenant la toise comme unité de longueur. Toiser un terrain.
    b) Considérer quelque chose de façon à l’estimer; estimer une grandeur, une quantité, un prix. Synon. apprécier, évaluer.
    (Trésor de la langue française)

  5. Je suis bien contente de voir que les vieilles mesures survivent au moins dans un recoin du monde.

    J’ai grandi en France avec le système métrique, ensuite j’ai déménagé au Canada qui utilisait alors le système anglo-américain, et une fois que j’ai eu pris l’habitude de cet autre système, le Canada a adopté le système métrique, auquel j’ai dû me réhabituer.

    Naturellement, le système métrique est beaucoup plus simple dans ses équivalences, mais les anciennes unités ont le mérite d’être basées sur l’expérience humaine, et souvent plus faciles à visualiser : le pied et le pouce comme unités de base ne sont ni trop grands ni trop petits, à la différence du mètre et du centimètre (et même du décimètre, qui n’est pas tellement usité, et qui est aussi bien petit par rapport au mètre). Je crois que le Canada essaie d’éviter les fractions: on ne dit pas d’un homme qu’il mesure 1m,80 mais 180 centimètres, par exemple. La conversion donne parfois des résultats ridicules: par exemple, j’ai lu dans un livre de lecture utilisé dans les écoles une histoire (vraie) dont l’héroïne, une femme grande et forte, avait sauvé des naufragés: selon le texte, « elle avait une masse de 96 kilogrammes », traduction sans doute de « elle pesait 200 livres », comme s’il était très important d’indiquer le poids de cette femme (ou plutôt « sa masse » pour être technique) avec une grande précision.

  6. Siganus, le verbe « toiser »:

    En général on trouve ce mot dans l’expression « toiser qqn de haut », comme quelqu’un de grand qui regarde (avec un air méprisant) quelqu’un de plus petit. Je ne crois pas l’avoir entendue, mais on la rencontre souvent dans une littérature plus ancienne (ex. 18ème ou 19ème siècles).

  7. C’est en effet le sens que je connaissais, le seul, « toiser » ayant toujours été pour moi une histoire de regard — de regard « pas sympa ». C’est pourquoi j’ai été assez surpris ce matin en apprenant que son sens premier avait plutôt affaire avec la mesure et l’évaluation de certaines choses.

  8. Toise (suite).

    Quand ils vous donnent un prix unitaire, les maçons ont pour habitude de compter les surfaces à crépir en toises. Mais ces petits malins « couillonnent le service » car la « toise » dont ils se servent alors n’est pas la toise normale, celle dont tout le monde a l’habitude, mais une surface de six pieds anglais au carré, soit 3.34 m². Ils se mettent ainsi 12% de plus dans la poche, so to speak.

  9. Attention ! comme pour toutes les anciennes unités de mesure il y a différentes longueurs ou surface selon les types de toises, selon les pays ou les époques où c’était employé.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Toise
    On peut avoir des différences notables.

  10. Zerb : C’est chez vous le petit arpent du bon dieu ?

    Se pourrait-il que vos liens avec le très Haut ne soient pas indéfectibles ? 🙂

    Jarnicoton ! À quoi peut bien faire référence le chiffre « 404 », sachant qu’un arpent est divisé en 30 toises ?

    PS : Quitte à choisir, autant se tourner vers les perches, qui, comme chacun sait, sont également des armes courtoises*

    * [À propos d’un tournoi ou d’une joute] Armes dont on émoussait la pointe et le tranchant pour ne pas blesser l’adversaire.
    [cf. TLFi]

  11. MiniPhasme, où est-ce que vous avez vu un arpent de trente toises ? Si ce n’est pas un arpent de neige, comme disait Voltaire je crois à propos du Canada (il y en avait plus d’un, tout de même, dans sa phrase), ça doit être un arpent de banquise en train de fondre à fond. Vous n’auriez en principe même pas de quoi faire une perche complète. Mais peut-être étiez-vous taquine, là, si ce n’est matoise. Quant à toiser le pôle Sud, j’en ai eu l’espoir autrefois, mais celui-ci est tombé à l’eau.

  12. Mini, a mal évalué la portée de sa flèche*. Comme elle a des liens avec le TLFI, elle prend un arpent pour 30 toises carrées, tandis que ce bon Littré nous conseille l’arpent de Paris qui valait 900 toises carrées soit environ 34, 19 ares ce qui nous ramène à nos toises mauriciennes.

    * L’arpent est une ancienne unité de mesure de longueur variant selon le pays. Etymologiquement, c’est la distance de portée d’une flèche.

  13. Zerbinette : Etymologiquement, [l’arpent] est la distance de portée d’une flèche.

    Décidément, on en apprend sans cesse. (Heureusement.) C’est donc pour cela que les arpenteurs arrivent sur le terrain bardés* d’arcs (parfois de segments), de carquois et de flèches…

    * mais les bardeaux, c’est pour après, quand le bâtiment est construit

  14. Est-ce donc que, comme la toise, l’arpent est passé de la mesure linéaire à la mesure au carré?

  15. Marie-Lucie, c’est avant tout une mesure agraire de surface, dans certains dictionnaires la mesure de longueur n’est même pas mentionnée.

    Celle-ci n’est pas mal (moyen français) :
    « Mesure de longueur (sans doute égale au côté d’un carré dont la surface est d’un arpent) »

  16. Zerbinette, avant de lire votre citation sur « la portée d’une flèche », je n’avais jamais rencontré le mot « arpent » avec un sens autre que « mesure de surface », celui qu’il a dans « le petit arpent du Bon Dieu ». D’après votre nouvelle citation, on dirait que le sens « mesure de longueur » (celui que je ne connaissais pas) est postérieur à celui de « mesure de surface ».

  17. Comme vous discutez date, juste cette remarque qu’il me semble avoir appris il y a très longtemps tous les sens du verbe toiser et que je me demandais ,du fait de vos remarques ,dans quelle mesure l’anthropométrie et l’engouement pour la science de la fin du XIX siècle n’ a pas renforcé les valeurs les plus négatives de ce verbe: ce qui ne peut se vérifier que par une étude serrée de textes ( médecine, police, etc)
    ma remarque n’est pas de l’ordre » intuitif  » , et je sais combien il faut se méfier aussi de ses intuitions .
    mais enfin ?????
    ceci dit en passant!

  18. Marie-Lucie & Zerbinette,

    Dauzat, Dubois et Mitterand précisent simplement dans leur Dictionnaire étymologique que le mot arpent est d’origine gauloise, via le latin. Ils ne donnent pas le sens originel du mot.

    Est-ce qu’en Europe ou en Amérique on parle toujours d’arpenteur, même si les géomètres ne mesurent plus en arpents ? Ou d’arpentage (opération consistant à mesurer un terrain et/ou en placer les bornes) ? De même que toiser a changé de sens, arpenter (le trottoir du cimetiè-è-è-è-reuh) a pris une autre acception. Au passage il est amusant de voir que le verbe dérivé de toise a un sens totalement différent du verbe dérivé d’arpent.

  19. et si 7, c’est une idée intéressante, mais je ne peux rien ajouter.

    SK, Je crois que la profession de « mesureur de terres » est celle de « géomètre-arpenteur ». Je ne sais pas si c’est aussi le terme utilisé en français au Canada.

    Le sens originel du mot gaulois latinisé en « arepennis » était sûrement « arpent », terme campagnard comme la plupart des mots d’origine gauloise conservés en français (l’influence des Romains s’étant surtout faite sentir dans les villes, les campagnards même sachant le latin n’avaient pas eu l’occasion d’apprendre des Romains les mots latins qui désignaient les réalités campagnardes, et continuaient donc à employer les mots gaulois dans la forme de latin qui était devenue leur langue maternelle et qui a évolué pour devenir le français).

  20. Pardon, j’aurais dû vérifier au lieu de me fier à mes souvenirs (les choses ayant changé en quelques décennies):

    en France et en Belgique: « géomètre-expert »
    en Suisse: « géomètre officiel »
    au Québec: « arpenteur-géomètre »

  21. Ce n’est donc qu’au Québec qu’on trouve encore des arpenteurs. Bien joué, les Québécois qui arpentez votre grande province.

    Mais pour ce qui est de la France le Larousse pratique a ceci (on notera le verbe au passé) :

    n. m. arpenteur
    Spécialiste qui était chargé de mesurer la superficie d’un terrain.
    Remarque – Cette dénomination est aujourd’hui remplacée par celle de géomètre topographe.

    Étonnant, quand on y pense, qu’il n’y ait jamais eu de « toiseur ». Après tout, on a bien des métreurs dans le bâtiment.

  22. Le mot gaulois d’où vient notre arpent est arepennen, composé de are -pennos, « ce qui est devant la tête, ce qu’on a devant soi ». Désignant initialemnent l’extrémité d’un champ (où l’on faisait faire demi tour à la charrue), il a fini par désigner la surface du champ elle-même.
    Les irlandais ont le mot airchenne, de même origine : are-k-enno.
    Columelle (De l’Agriculture) nous apprend qu’un arepennen gaulois valait le demi-jugère des romains , soit une surface de 1265,082624 m² ou encore un carré de 35,568 mètres de côté.

  23. Ben, Leveto, elles sont où les flèches que décochait Zerbinette ?

    Quoi qu’il en soit, on ne peut qu’admirer la précision de ce Columelle capable de ressortir une mesure gauloise au millionième de mètre carré près.

  24. Selon le DHLF, l’arpent, mot d’origine gauloise (on peut faire confiance à Columelle, agronome du Ier siècle ), essentiellement mesure de surface agraire, n’a pris son sens de mesure de longueur qu’après 1080.
    On sait par Jules César que les Gaulois employaient des arcs dont la portée allait de 150 à 200 mètres, ce qui fait beaucoup pour un arpent de 35 mètres de côté.
    Je suis au regret de devoir contredire Wikipedia sur l’étymologie d’arpent mais :
    L’“arpent des arpenteurs du Roi » mesurait 10 perches, soit 220 pieds du Roi, donc 71,46 mètres.
    Une portée de flèche de 71 mètres, autant faire du corps-à -corps!

  25. Leveto, vous avez le bras long semble-t-il.

    Mais vos 71 mètres collent assez bien avec la définition mauricienne de l’arpent : 200 × 200 pieds français, soit un carré d’environ 65 mètres de côté.

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