Leçons particulières

Leçons particulières : un des maux qui plombent le système éducatif mauricien.

Private_lessons

« Individual attention is also provided » ! Il ne manque pas de toupet, celui-là.

« Outre l’intention d’abolir dès janvier 2010 les leçons particulières en Standard IV et d’offrir des cours de rattrapage après l’école sur une base optionnelle, le ministre de l’Éducation, Vasant Bunwaree, veut aussi réglementer la pratique de ces leçons en Std V et VI et a donné des consignes à ses cadres dans cette direction. » (Un National Forum sur l’abolition des leçons particulières en Standard IV, Le Mauricien du 17 juillet 2009.)

 
_______

Addendum du 3 février 2010

 
_______

Mise à jour du 16 octobre 2012

Ci-dessus, illustration en “une” de L’Express du 16 octobre 2012.

 
_______

Mise à jour du 7 février 2013

Cartoon de POV dans L’Express du mardi 29 janvier 2013 suite à la publication des résultats de la “Senior” :

Resultats_Senior_(lecons)--Humeur_de_POV--L'Express--29_janvier_2013

38 réponses à “Leçons particulières

  1. Tiens, il y a même une coquille sur l’affiche…

  2. Mais non Sig. Sûrement, on lit et rature beaucoup pendant ces cours particuliers !

  3. Est-ce la coquille « literature »??

  4. Non, non, literature prend bien un seul -t en anglais (un de ces pièges dans lesquels il est si facile de tomber quand on est distrait et qu’on se relit mal). Il s’agit d’un mot de deux lettres. Enfin, disons que ça soit du latin et que le prof ait voulu impressionner par sa culture.

  5. ET ?

  6. Eh oui, voilà un mot français qui se trouve noyé au milieu d’une anglitude finie.

    Compte tenu du fait qu’en général les Mauriciens lisent plus volontiers le français que l’anglais (écrire est une autre histoire), on se demande bien pourquoi ce prof de français a juger bon de rédiger son annonce en anglais. Peut-être cela fait-il plus sérieux à ses yeux.

  7. >Siganus K.
    Il se peut que le prof veuille commencer la « French Literature » avec l’œuvre de Gide « Et nunc manet in te »

  8. Ayo, Zézi, mo pa koz latin moi !

    (Je n’ai pas trouvé de professeur de latin pour me donner des leçons particulièrement particulières.)

  9. >Siganus K.
    Il ne faut pas que l’in-tuition particulière et Google.

  10. Par ailleurs, je suis frappé par cette pratique. Ici dans ma région il y a quelque chose pareille à ces «remedial classes» desquelles parle le lien donné.

  11. Leçon de latin n° 1 :

    Sig, grâce à Jesús et à Google, je peux vous dire que « Et nunc manet in te » devrait se référer à un vers de Virgile et nunc manet Orpheus, in te dans une histoire grandiose de moustique (vous vous sentez concerné à Maurice ?) :

    « Le Moustique (Culex) est un poème de 414 hexamètres qui a pour sujet la mort d’un moustique écrasé par un berger, au moment où il le réveille pour le sauver d’un serpent : le moustique, une fois mort, apparaît en songe à son meurtrier et lui demande une sépulture, qu’il obtient. »

  12. Ah oui, les leçons particulières sont un problème en Espagne aussi ? Je n’arrive pas à croire que dans le système solaire il puisse exister un système éducatif aussi pervers que ce qu’on peut trouver ici-bas. Des profs sabotent sciemment l’enseignement qu’ils dispensent en classe afin de favoriser les élèves qui, après les cours, prennent des cours supplémentaires avec eux, ce qui revient à rendre quasi obligatoires ces leçons-là.

    Mais c’est tout une mentalité mauricienne, une psyché collective, qui serait à soigner. Même dans des « collèges » privés — payants —, là où les enseignants ne jouent pas trop à ce petit jeu vicieux (en principe), là où il n’y a pas le « rat race » du CPE (examen de fin de primaire), eh bien là aussi les parents contraignent leurs enfants à prendre des cours supplémentaires avec des profs faisant cours chez eux. C’est comme si vous aviez un petit cheval de course auquel il faudrait sans cesse donner plus d’avoine. Et ne croyez pas que cela ne soit que le fait des cancres…

  13. « Et » is perhaps excusable, since « & » (which is both English and French, and also appears on the sign) is merely a typographical form of it. I think it is the single most common kind of error in translation to leave a conjunctive particle in the original between two proper names or other strings that are not to be translated.

    But the « I à VI » is glaring to the anglophone eye. In essence the sign is mixed-language, even beginning with the first word which is ambiguous between English and French.

    As for the appropriate language for the target audience, doubtless that would be Creole, unless indeed the only people who can read Creole can also read French.

  14. But the “I à VI” is glaring to the anglophone eye.

    Well spotted John.

    « Tuition » is French too? That would be a surprise to me. But maybe in an old sense.

    unless indeed the only people who can read Creole can also read French

    Well, that’s a bit tricky to tell. I’d tend to say no. Some notices aimed at workers are often written in Creole (see this post), because people with a relatively low level of education tend to have difficulties reading French, which is a language they wouldn’t speak easily, even if for a foreign ear it does sound similar to French.

  15. Ce qui est amusant, c’est que de prime abord je n’avais fait aucune attention à ces coquilles ! Je dois avoir « l’oeil mauricien » !

  16. >Zerbinette, Siganus K.
    J’ai dit que «Et nunc manet in te» (et maintenant elle survit en toi) est un livre (inconnu pour moi jusqu’aujourd’hui, j’avoue) d’André Gide, d’où la blague (maladroit, snif !) avec la «French Literature» et l’ «et» de l’affiche.
    Sur les classes particulières, pas ici. Seulement depuis trois ans en Estremadure il y a quelques classes dans l’après-midi comme les futures proposées chez vous. Pour ajouter, parfois le système avec quelques aberrations comme que le prof de gymnastique enseigne Fisique et Chimie.*

    *Pour les amis de la France, rien à voir avec l’outre aberration de série tv, mais j’en doute.

  17. I had thought that « tuition » was also French, but when I ask Google to find the word in French documents, all the French documents that it returns turn out to be in English. Alas.

    Note that to North Americans « tuition » means not « teaching » but « fee paid for teaching », generally at the university level only, since schools for children are free and State-run. Private primary and secondary schools usually speak of « fees » rather than « tuition ».

    GT has outdone itself. Of course you can’t expect good results in translating French to English when the French is already English (my comments), but rendering « between English and French » as « between organization of implementation » is truly lectio insanior.

  18. 1) tuition n’est certainement pas français. Le TLFI l’évoque à l’entrée sécurité dans une citation où il est difficile de comprendre son sens :

    2. 1491 « état de tranquillité qui résulte de l’absence de danger » (Cartulaire de l’Église St Pierre de Lille, 1078, Hautcœur ds DELB. Notes mss: pour la sécurité, tuition et deffence de nostre dicte ville);

    2) ce qui semble choquant, dans les leçons particulières mauriciennes, c’est leur caractère systématique – le fait, dites-vous, que les profs sabotent eux-mêmes leurs cours pour s’assurer d’une pratique parallèle dont on peut penser qu’elle n’a pour seul objet que de leur permettre d’arrondir leur salaire !

    Mais à part cela, ces petits cours me semblent faire partie depuis toujours du paysage de n’importe quel pays, c’est notoirement, avec le baby sitting, la meilleure source de revenu de tous les étudiants ! Vous même, Sig, vous n’avez jamais donné de p’tits cours de maths ou de physique, quand vous étiez élève-ingénieur en France ? Faisiez-vous partie de ces étudiants privilégiés qui parvenaient à survivre avec le seul viatique octroyé par les parents ?

  19. Zerbi
    Après cette première leçon vous pouvez vous inscrire ici : http://www.latinistes.ch/forum/index.php

  20. John, here you could easily hear « tuition fees », and it’s not a pleonasm, at least according to the Oxford English Dictionary: “the action or business of teaching a pupil or pupils, esp. in private », from tuitio, guard, guardianship (cf. tutor). (The SOED doesn’t say whether « individual attention » is a prerequisite, and I think « business » says it all.) This difference between the English and the American tuition reminds me of the difference between the Mauritian (and Swiss) écolage (school fees most of the time) and the other French acceptation for this word (the fact of taking lessons, often in flying a plane) — https://mauricianismes.wordpress.com/2009/05/23/ecolage/
     
     
    Aquinze : tuition n’est certainement pas français. Le TLFI l’évoque à l’entrée sécurité dans une citation où il est difficile de comprendre son sens

    Il le fut, en vieux français, sous la forme tuicion, « fait d’être tuteur » (je ne suis pas sûr qu’on puisse employer le mot « tutorat » à ce sujet — « tutelle » semblant mieux faire l’affaire, même si je ne suis pas certain que le sens soit 100% korek).

  21. John: to North Americans “tuition” means not “teaching” but “fee paid for teaching”,

    That is because « tuition » is actually short for « tuition fees », and since the word is not often used by itself (eg one rarely says something like « under the prof’s able tuition », for instance), the word « fees » seems redundant.

  22. Le mot tutelle a un sens juridique précis en France et se rattache à un régime de minorité pour cause d’incompétence mentale ou sociale (débilité, faillite, âge). Le tuteur remplace alors l’incompétent pour tous les actes dans lesquels il aurait dû donner sa signature, il gère ses biens à sa place . C’est le mot tutorat qui est employé dans le domaine éducatif, il est d’ailleurs de plus en plus en vigueur puisqu’il y a eu différentes propositions de types de tutorat soit dans le secondaire, soit dans le supérieur. Le tuteur ne se substitue pas alors à la personne, mais constitue un référent.

  23. Tuition:
    A. – « Défense, protection » B. – « Tutelle » : ..

    dans le Dictionnaire du moyen français:
    http://www.cnrtl.fr/definition/dmf/tuition

  24. Arcadius, j’ai des chances de vous rencontrer sur ce forum ?😉

  25. Aquinze : une pratique parallèle dont on peut penser qu’elle n’a pour seul objet que de leur permettre d’arrondir leur salaire !

    C’est sans doute se livrer un peu à un procès d’intention que de le dire, mais c’est l’impression qu’a la majorité des Mauriciens. Cette année-ci les écoles ont été fermées un certain temps pour cause de H1N1-phobie. Pour rattraper les programmes, il avait été proposé de faire des heures sup’ jusqu’à la fin de l’année scolaire (laquelle est dorénavant terminée). Il en est, manifestement, que ça dérangeait, car cela signifiait moins de temps pour les leçons particulières. Il faut toutefois préciser que les enseignants sont plutôt mal payés. Ce n’est pas une excuse, mais…
     
     
    Dominique : Le mot tutelle a un sens juridique précis en France et se rattache à un régime de minorité pour cause d’incompétence mentale ou sociale (débilité, faillite, âge).

    Ici j’ai plutôt entendu le mot « curatelle » employé dans ce sens. Mot qui peut aussi être utilisé lorsqu’une personne meure sans que la succession puisse être établie de façon simple, les biens étant alors mis sous curatelle afin d’en assurer la gérance en attendant le dénouement de l’histoire.
     
     
    Allo Arcadius. Il n’y a pas très longtemps, ici, il avait été question de vous et de votre toit.

  26. Y-a-t-il un verbe relié avec «tutelle» ou «tuteur» en français ?

  27. Jesús,
    tuteurer : munir d’un tuteur, mais ça ne s’emploie qu’en horticulture !

  28. >Zerbinette
    Merci. Pour ça nous avons «tutorar» mais il y a aussi, relié avec «tutela» et «tutor», le verbe «tutelar». D’ailleurs, et avec le sens du domaine éducatif selon Dominique, c’est très frequent d’écouter «tutorizar» si bien c’est inexistant.
    Votre synonyme «curatelle» peut-on être traduit par «custodia», je crois.

  29. Jesús: Votre synonyme «curatelle» peut être traduit par «custodia», je crois.

    « Custody », en anglais, est souvent employé dans le sens de « in police custody », ou plus simplement « in custody », ce qui signifie être en détention, en prison, behind bars, au cachot, au trou. Un parallèle malheureux avec la garde des enfants. (Notons au passage que « un garde » peut être employé ici-bas pour parler d’un « membre de la force policière ».)

    Mais tuicion ne pourrait-il tout simplement être traduit en « garde » ? Tutelle, curatelle, guardianship, garde : les sens sont voisins.

  30. >Siganus K.
    Notre « custodia » a le sens que vous dîtes mais aussi celui de «garde», parmi d’autres. C’est très habituel de voir «guardia y custodia» dans quelques documents du droit, presque un pléonasme. Nous avons aussi «tuición», du latin «tuitio» bien sûr, l’action et l’effect (ou but ?) de garder, défendre.

  31. Jesús, j’ai trouvé sur internet plusieurs fois les verbe « tuteller » et « tutoriser », mais à ma connaissance, ils ne sont pas encore entrés dans les dictionnaires bien qu’il y ait apparement un manque !

  32. « 18 novembre 2009
    Droits de enfants : un souffle perdu ?(349)

    La France et le Monde s’apprêtent à célébrer le vendredi 20 novembre 1989 le XX° anniversaire de la convention internationale des drolts de l’enfant.
    ce jour , sur le blog
    18 novembre 2009
    Droits de enfants : un souffle perdu ?(349)
    ce n’était pas sur LSP et « le point aveugle »

  33. Je viens de tomber sur un « répétiteur », mot utilisé par Irène Nemirovsky :

    — Il faut qu’il sorte de Polytechnique dans les premiers. J’aurai fait des folies pour son instruction : les meilleurs répétiteurs et tout ; mais il sait ce qu’il me doit : il faut qu’il sorte de Polytechnique dans les premiers rangs. D’ailleurs, c’est un bûcheur. Il est le premier de sa classe.

    Aux mots près, on croirait entendre parler un parent mauricien.

  34. Il semble que les leçons particulières ne soient pas une exclusivité martienne – et on trouve des précepteurs pour tous sujets.

  35. Je m’en doute. Toutefois, j’espère pour eux que les enfants des autres pays, des enfants qui n’ont pas encore dix ans, ne sont en général pas traités comme des bêtes de concours de qui on attend des performances de crack. Il existe ici un véritable culte du « lauréat » (ceux qui décrochent la « bourse d’Angleterre » à la fin de leurs études secondaires) et l’abolition du « ranking » (classement national à la fin du primaire) est une question qui continue de faire grincer bien des dents.

  36. >Siganus K.
    Il me semble que le com d’Aquinze n’ait pas ce sens. Peut-être je suis un peu osé pour dire ça.

  37. In Roman law, the foundation of all civilized law except English law and its descendants — okay, some would omit the exception — the tutor and the curator had quite different responsibilities. If a boy below the age of puberty (conventionally 14), or an unmarried girl, was fatherless or otherwise legally independent, a tutor was chosen from among the male relatives, or by the father’s will. The child could not act legally, but the tutor could act for him or her.

    The curator, on the other hand, did not act for someone, but only gave advice. Independent males between 14 and 25 could request curatores to protect them against unwise business transactions; courts appointed curatores for spendthrifts and the insane to protect them from the consequences of their bad judgment.

    Anyhow, I apologize for starting this brouhaha (from French, but ultimate origin unknown) by the hasty assumption that tuition in the English sense was also known to francophones. Bad Google! No dog biscuit!

  38. Perspicace, Jesús !

    *P.S. Bonjour à vous, by the way. C’est toujours gai de vous lire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s