Bibine

« Bottle brush », en mauricien dans le texte : Callistemon en latin, ou « goupillon » en français.

Bottle_brush_2

Ces fleurs rouges à la forme caractéristique sont produites par un arbre de taille petite à moyenne, les plus gros individus dépassant rarement les 6 ou 7 mètres.

Bottle_brush_4

La forme de la fleur rappelle beaucoup celle du niaouli, dont le goupillon est jaune pâle. Ah, tiens, ils appartiennent tous deux à la même famille. Pas les Adams, ni les Simpsons, mais les Myrtacées. La petite histoire ne dit pas si cette famille est portée sur la bouteille.

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25 réponses à “Bibine

  1. The title of this came out as « hooch », meaning bootleg liquor, moonshine.

    (If you think these silly comments about bogus machine translations undermine the purpose of this blog, let me know and I’ll stop.)

  2. No problem (in Mauritius*), John. I am quite bemused, though, by what Harrap’s has to say about bibine: « Fam. C’est de la bibine (boisson, bière) it’s dishwater. » For me, bibine was just a colloquial way of saying « beverage » (generally alcoholic beverage). If I’m not mistaken it must be rooted — if I can say so in this post — in bibere, to drink, just like biberon (baby bottle). Harrap’s also gives « hooch » as gnôle, which I personally understand as a strong cheap alcohol, un tord-boyaux, literally a gut-twister — not necessarily une bibine.

    * Some ten or fifteen years ago on the T-shirts sold to tourists there was « No problem in Mauritius ». These days the government has been spending tens of millions on a branding campaign, and they came out with this: « Mauritius, c’est un plaisir ». So you can carry on, c’est un plaisir.

  3. marie-lucie

    « C’est de la bibine »: Selon le Petit Robert, ce terme s’applique surtout à une mauvaise bière. Pour moi, ce n’est pas seulement une boisson, c’est une boisson qui ne vaut pas la peine d’être bue tellement elle est mauvaise ou sans intérêt. C’est donc un peu le contraire d’une gnôle ou d’un tord-boyaux, qui ne sont peut-être pas très bons mais qui produisent un effet certain.

  4. marie-lucie

    « Goupillon »: ce mot désigne la brosse de forme spéciale qui sert à nettoyer l’intérieur des bouteilles, mais est-ce qu’on l’utilise aussi pour la fleur? La plante elle-même (“le goupillonier »?) est-elle originaire de Maurice (ou Madagascar), ou bien a-t-elle été importée d’Australie (où il semble y en avoir de nombreuses espèces)?

  5. J’ai trouvé votre arbre aussi sous le nom de « rince-bouteille ».

    D’après Littré, le goupillon vient de la queue du renard (goupil).

    Mais aussi :

    Boire le goupillon était dans le XVIIe siècle une sorte de punition infligée aux buveurs, et qui paraît avoir consisté à leur faire boire jusqu’à la dernière goutte de la bouteille en accompagnant cette opération de quelque violence.

    CH. NISARD, Parisianismes, 1876, p. 28.

    Le supplice était sûrement encore pire si on leur faisait boire de la bibine ! 😉

    Et l’on a fait le tour si l’on regarde la première définition (toujours Littré) :

    Petit bâton au bout duquel il y a des soies de cochon, et qui sert à l’église pour prendre de l’eau bénite, et pour la répandre sur les objets qu’on bénit, ou la présenter à quelqu’un. On met un goupillon aux pieds d’une bière.

  6. Définition qui a encore plus de saveur dans la traduction automatique :

    Small stick at the end of which there are pig’s silks, and which is of use to the church to take some holy water, and to spread it on the objects which we bless, or to present it to somebody. We put a bottle brush in the feet of a beer.

  7. Pardon, peut-être faut-il préciser pour les anglicistes l’autre sens de bière = bier = coffin.

  8. Pour les mauricianistes aussi, Zerbinette. Chez nous une bière est toujours liquide, sauf quand on l’a oubliée dans le « freezer ».

  9. When I was learning about herbalism, I found that the English used to call horsetail ‘bottlebrush’ because that was one of the uses of the plant.

  10. The concepts of cheap liquor, poor quality liquor, too-strong (or too-weak) liquor, and illegal liquor are doubtless rather overlapping ones in all cultures that know brewing or distilling. In English, « hooch » certainly originally meant the last of these, but spread to the others to varying degrees. It is a shortening of the older term « hoochinoo », referring to liquor distilled from sugar, molasses, berries, cookies, or other irregular sources, and ultimately derived from the name of the Hutsnuwu (a branch of the Tlingit) of Admiralty Island, Alaska.

    « Booze », which is what GT gives me rather than « hooch » for bibine in the comments, isn’t so negative, and must have had an original sense close to « beverage » generally. The poet A.E. Housman in « The Oracles » says « ‘Tis true there’s better boose[sic] than brine, but he that drowns must drink it », and this plainly points to the sense « beverage ». I mention this partly because it gives me an excuse to link to my poem « The War (after Simonides) », both poems being concerned with Thermopylae (and there the resemblance mostly ends).

  11. « Booze », that would match my understanding of bibine. It even starts with the same sound.

    Incidentally, bibine comes from biberon (baby bottle or, in a now ancient acceptation, a container to allow bedridden people to drink). And Harrap’s has this for biberonner: to booze, to tipple.

  12. marie-lucie

    John Cowan is right about the origin of « hooch ». How it got from the Tlingit to general American speech involves a detour through the Chinook Jargon, a form of speech used as an auxiliary language on the American/Canadian Pacific Northwest Coast, mostly in the 19th century, which was based on a simplified version of the very difficult Chinook language (once spoken in the Columbia River Valley) mixed with vocabulary from some other local languages, later from French and lastly from English. This mixed auxiliary language was widely used in communication between the various ethnic groups (including early colonists and traders) which lived in the region, until the increase in English speaking immigrants made English the general language.

  13. Marie-Lucie : “Goupillon”: ce mot désigne la brosse de forme spéciale qui sert à nettoyer l’intérieur des bouteilles, mais est-ce qu’on l’utilise aussi pour la fleur?

    Oui, à Maurice on pourra parfois entendre utiliser le mot « goupillon » pour parler des fleurs de bottle brush ou de niaouli. (“Ça fait comme des goupillons quand c’est en fleur.”) Mais l’arbre lui-même sera appelé « bottle brush ».

    En français l’arbre pourrait être appelé « goupillon » si l’on en croit la page de Wikipédia consacrée à cette espèce végétale : « On leur donne le surnom de « goupillon » à cause de l’aspect cylindrique et en brosse des fleurs sur la tige. »
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Callistemon

    Ce n’est pas une espèce endémique à Maurice. Au contraire, il s’agirait plutôt d’une espèce invasive, ayant tendance à se répandre outre mesure et à prendre la place des autres essences.
     
     
    Zerbinette : D’après Littré, le goupillon vient de la queue du renard (goupil).

    Je ne savais pas cela. C’est assez amusant quand on y pense. Presque autant que de voir que les prêtres catholiques se serv(ai)ent de cochon pour bénir leurs fidèles.

    Ici nous avons une autre plante, plus petite que les bottle brush — lesquels sont véritablement des arbres, même si de petite taille —, qui produit des fleurs allongées et « furry » (on dit comment en français ?). On les appelle « queues de chat », et elles ressemblent effectivement assez bien à l’appendice caudal de ces mammifères.

  14. marie-lucie

    les prêtres catholiques se serv(ai)ent de cochon pour bénir leurs fidèles.

    ????

    les queues de chat: est-ce que ce sont de grands roseaux, dont les fleurs/fruits (ou assemblages très serrés de graines) sont doux et veloutés (avant de se desagréger)? (voir Typha sur wikipedia).

  15. marie-lucie

    Pardon, je n’avais pas remarqué le lien avec la photo. J’ai vu des « queues de chat » dans certains jardins, mais celles des roseaux dont je parle (« cat tails » en anglais) sont rigides et toujours verticales.

  16. Marie-Lucie : ????

    Ben oui, voyez ce que dit Zerbinette ci-dessus. « Petit bâton au bout duquel il y a des soies de cochon, et qui sert à l’église pour prendre de l’eau bénite, et pour la répandre sur les objets qu’on bénit, ou la présenter à quelqu’un. » Voilà une chose inimaginable dans un certain nombre d’autres religions.

    J’ai vu des “queues de chat” dans certains jardins, mais celles des roseaux dont je parle (“cat tails” en anglais) sont rigides et toujours verticales.

    Heureusement que je n’ai pas l’esprit trop mal placé. 😆 Ce que vous décrivez là a déjà fait l’objet d’un billet :
    https://mauricianismes.wordpress.com/2009/07/13/vounes/
    C’est ce que nous appelons des vounes, mot venant a priori du malgache vondro.

    Sinon, Marie-Lucie, comment auriez-vous traduit « furry » en français ? Je ne suis pas fichu de trouver un équivalent. « Qui a la texture et l’aspect de la fourrure » me semble quand même un peu long.

  17. J’emploie plus volontiers à la place de goupillon et dans le sens de brosse à bouteilles, le mot écouvillon, mais peut-être à tort.
    Zerbinette: la plante dont vous montrez la photo ressemble beaucoup à l’amarante queue de renard.

  18. Furry : eh bien Sig, je ne vois pas d’adjectif équivalent en français ! Fourré voulant dire « doublé » ou « garni » de fourrure. Il n’y a plus qu’à en inventer un ; que pensez-vous de « fourreux » ? 😉

    Mais à défaut, pour une plante, ne pourrait-on pas dire « pelucheuse » ? ou « poilue » ?

  19. Furry :
    il me semble que pour les plantes ( en tout cas c’est le cas pour les chatons de saule ou de noisetier) on emploie le mot « duveteux ».

  20. marie-lucie

    Leveto, c’est sûrement vous qui avez raison pour le mot « duveteux ».

    Françoise, selon le Petit Robert, un « écouvillon » est quelque chose de plus technique qu’un goupillon: soit une sorte de balai de chiffons pour nettoyer les fours de boulanger, soit une brosse cylindrique (sûrement plus mince qu’un goupillon) « pour nettoyer et graisser l’âme des armes à feu. »

  21. L’âme des armes à feu, ça me laisse songeur. Certains ne sont pas sûrs que les êtres humains aient une âme, mais la question ne se poserait pas pour les fusils.

    Marie-Lucie, il semblerait que le sens premier d’écouvillon soit bien lié au nettoyage des armes à feu, mais le TLF a aussi ceci :

    C.− P. anal.
    1. TECHNOL. Brosse cylindrique munie d’un manche, employée pour nettoyer l’intérieur des bouteilles, des instruments de musique dans lesquels on souffle, etc. Synon. goupillon.
    http://www.cnrtl.fr/definition/ecouvillon
     
     
    Zerbinette : Fourré voulant dire “doublé” ou “garni” de fourrure.

    L’expression « chats fourrés* » aurait ainsi de quoi laisser perplexe.

    Les chats fourrés, quand ils l’ont su,
    M’ont posé la patte dessus
    Pour m’envoyer à la Santé
    Me refaire une honnêteté.

     
     
    * juges

  22. Raminagrobis aussi : 😉

    C’était un chat vivant comme un dévot ermite,
    Un chat faisant la chattemite,
    Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras

  23. Furry : en botanique, il semble que l’on emploie velu, villeux ou tomenteux*. Hispide serait trop rêche…

    * ça me rappelle les toves slictueux, les borogoves flivoreux et les vergons fourgus…

  24. Aquinze, quel est donc le langage extra-terrestre que vous parlez là ?

    Cela vient-il d’Ada ?

  25. Il faut vraiment être retors 😉 pour aller chercher tout ça ! (mais très bonne idée tout de même)

    « Twas brillig, and the slithy toves
    Did gyre and gimble in the wabe ;
    All mimsy were the borogoves,
    And the mome raths outgrabe. »
    Jabberwocky Lewis Carroll

    et une de ses traductions (Henri Parisot) :

    « Il était reveneure ; les slictueux toves
    Sur l’alloinde gyraient et vriblaient ;
    Tout flivoreux étaient les borogoves
    Les vergons fourgus bourniflaient. »

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