Archives mensuelles : mai 2009

Achards

Achards.
Nom masculin, souvent pluriel.

Condiment constitué de légumes ou de fruits coupés en morceaux, assaisonnés d’épices (curcuma*, grains de moutarde, gingembre, piment parfois), additionnés de vinaigre et d’huile et conservés en pot.

Origine : Urdu/persan achar, prononcé ‘atchar’. Robillard reprend l’hypothèse d’une transmission par l’indo-portugais de Ceylan.

Quelques recettes d’achards :
Achards de fruits de Cythère
Achards de limon
Achards de légumes

Achards_de_légumes

Exemples d’utilisation :

— Qu’est-ce que tu veux que je mette dans ton pain ?
— Des achards !

L’Express du 6 mars 2007 :
Pour ceux qui ont déjà l’eau à la bouche, il est possible d’acheter des achards à partir de Rs 45 et les fruits cristallisés à partir de Rs 5.00 devant la demeure de [Fleurange Lapureté] à Bramsthan.
 
 
 
* Curcuma : Appelé « safran » à Maurice, le véritable safran — provenant des stigmates d’une fleur — y étant pour ainsi dire inconnu. La poudre de curcuma, d’une couleur jaune, provient d’un rhizome apparenté au gingembre. Son nom en anglais, turmeric, viendrait possiblement de l’ancienne appellation française « terre-mérite », venant elle-même du latin terra merita. A l’entrée Turmeric, l’Oxford English Dictionary (Shorter) dit ceci : « Origin obscure. In the early forms tarmaret, tormarith, perhaps representing French terre merite and mediæval or modern Latin terra merita, deserving or deserved earth. »

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Mauricien ou morisyen ?

Dans le billet précédent je parlais de celui qui fut le premier correspondant du siganidé, et pendant longtemps le seul. C’est lui qui, à la suite d’un séjour aux Caraïbes, m’avait parlé du « goat’s mouth » des West Indies, lequel était l’exact pendant de notre « bouche cabri » à nous.

Son épouse, pour sa part, a été à l’origine d’un nombre appréciable de mots figurant dans cette collection de mauricianismes. Lors d’un échange d’e-mails, elle a souligné qu’il faudrait séparer les mots créoles des « mauricianismes » que je voulais inclure dans ma liste : « en fait il y a une frontière à trouver pour savoir quand c’est du créole ou du français mauricien. »

Je lui ai répondu ceci : « Non, non, nous parlons là de mots et expressions utilisées lors de conversations tenues en français, pas en créole. Mon frère rigole, et me dit que ce n’est pas du français, mais du « mauricien ». Ben voilà, c’est exactement ce que je cherche.
Il est indéniable qu’il y a un chassé-croisé entre ce « mauricien »-là et le morisyen. La frontière entre les deux n’est pas comme entre les Corées ou entre l’Arménie et la Turquie : elle se franchit facilement. »

En effet, les emprunts du créole au français ne se sont pas arrêtés un beau jour du XVIIIe siècle. Le mot le plus utilisé aujourd’hui pour parler du mobile phone en créole est portab. (“Praveend, to portab fek soné la.”) Par ailleurs, ceux à qui il arrive de parler français à Maurice parlent presque toujours créole aussi, parfois lors de la même conversation — et vice versa. Le journal télévisé principal de la télévision nationale est en français, de même que les principaux journaux de l’île. En outre, le morisyen est et reste un créole à base lexicale française. Tout ceci fait que le va-et-vient entre une langue et l’autre est permanent, et la frontière entre les deux parfois un peu floue. Il n’empêche qu’il est possible de recenser les mots couramment employés dans une conversation se passant en français, même si ces mots peuvent être vus comme appartenant avant tout à une autre langue.

Bon, ceci étant dit il va bien falloir se mettre au travail. Prochain billet sur le verbe « sailler » évoqué par A.J.P. pas plus tard qu’aujourd’hui ? Il va falloir faire son homework*…

 

* en mauricien dans le texte

Les mots de Zozo

For several years, I, Siganus K., have had only one friend. That was before I started blogging and having all sorts of imaginary friends. Once upon a time, this sole friend gave a book to our youngest child: Les Mots de Zaza. He also used to give bedtime readings every now and then, while visiting us. Everyone in the family started to love Zaza.

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Zaza is a little mouse who loves to collect things, any things. But the things she loves collecting most are words, words, words. She keeps them under three bells: a small bell for cute little words, a medium bell for plain ordinary words, and a big bell for all the gros mots.

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In the beginning she likes to hear the delicate sounds of the little bell. Then she is interested in the medium bell, which sings with a monotonous voice: “Papa, Maman, écriture, jambon, tricot, hiver, téléphone, phone, phone…”

But very soon she becomes a real Steve Dodson and she starts to love all the swear words.

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Her parents are not always pleased with the passion their daughter is developing, but it’ll save their life.

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(Excuse the walking stick busy walking over the page while I took the picture.)

It looks as if I have become a Zaza too. I have started collecting words. Today I found at least three of them: “sailler”, “platin” and “gratelle”. My wife and I were busy moving something that was partly under another thing and I said to her: “Il faut le sailler.” (This has nothing to do with any horse breeding whatsoever. It is just the word we sometimes use for “slide”, or “skid”.) We had to slide the first thing horizontally to be able to remove it. I just stopped and said to her: “Sailler, voilà encore un mot pour ma liste !”

So, like Zaza I now collect words. And like Zaza, I might like the gros mots too. Actually, I believe these are the words that have the strongest self-preservation instinct. Even if they are not used that often, they just don’t want to disappear. And since they are not written most of the time, they have very good reasons to be different from those used by faraway (French) people. So don’t be afraid if you see a lot of swear words. I am not (too) obsessed with them [à voir, à voir…]. It is just that, for the reasons mentioned above added to the fact that they were also borrowed from other languages sometimes, they are relatively well represented in the list of words differing from standard French.

Liste en vrac

Article pour tester, bien que je ne pense pas être à l’article de la mort…

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Mauricianismes
Mots et expressions en français de Maurice
   

A –
   Achards
   Affidavit
   Ah ben !
   (formule enthousiaste de bienvenue [voir allo] — « Ah ben ! quelle nouvelle ? »)
   Allo   (bonjour — « Allo ! quelles nouvelles ? » ; « Allo Ariane ! » [voir ah ben])
   Amarrer  (attacher — « Amarre bien ta valise sur le toit de l’auto » )
   Arpent   (ancienne unité de mesure française, toujours en usage à Maurice, valant 4220.8 m² [1111 toises, ou correspondant à une superficie de 200 pieds par 200 pieds français])
   Arrive   (viens)
   Ayo (aïo)
 
 
B –
   Baba  (battant de la cloche)
   Bad luck   (Pas de chance ; « bad luck bonhomme ! »)
   Badja
   Bagasse
   Baïdoum

   Bain   (douche — « Bon, je vais prendre mon bain. » Chauffe-bain : chauffe-eau, souvent relié à une douche.)
   Baise   (engueulade ; situation problématique — « Il a pris une baise avec sa femme » ; « On est dans une mauvaise baise là. »)
   Baisé !   (merde ! zut ! — « Baisé, j’ai cassé une assiette ! »)

[Voir la suite de la liste régulièrement remise à jour à la page suivante :
https://mauricianismes.wordpress.com/la-ma-liste-de-mauricianismes/]

Introduction

It all started with this: Contribution à un inventaire des particularités lexicales du français de l’île Maurice.

This is a book about words and expressions that are used by French-speaking people in Mauritius without being « pure » standard French, or that are used with meanings that differ from the ones found in standard French. Its author, Didier de Robillard, is a Mauritian academic. His work is available online, on a website that hosts online books about particularities in French from Reunion, French from New Caledonia, French from Central Africa and even French from Mars.

Like probably most Mauritians knowing some French and going through this list, I wanted to add my bit. There were also words and expressions I hadn’t really heard or with which I didn’t agree completely. Little by little, by asking my memory to get things out and by questioning relatives, friends, colleagues or acquaintances, the list grew up, until there was a feeling that this would work better if I put it on the internet with a possibility for visitors to contribute their own bit and give their own feelings about this, that or the other. Especially the other. Very often digressions have a better taste than the main course.

[To be completed…]
[Maybe.]

 

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Un peu plus là :
https://mauricianismes.wordpress.com/introduction
(Plus encore un peu de bakhshish dans la rubrique « About ».)