Archives Journalières: 24 octobre 2009

Sailler

Sailler.

Verbe intransitif.
1. Déraper, en parlant d’un véhicule ou d’une personne en mouvement.
"Le chemin était mouillé. J’ai saillé en essayant d’éviter un chien et c’est alors que mon auto a tapé avec un arbre."

Verbe transitif.
2. Faire glisser quelque chose à l’horizontale, en général une chose trop lourde pour être soulevée.
"Donne moi un coup de main, on va sailler la table contre le mur."

Il semblerait que le terme vienne de la marine. Le capitaine de frégate Pierre-Marie-Joseph de Bonnefoux, dans son Dictionnaire abrégé de marine (1834), donne la définition suivante à l’entrée sailler : "Verbe actif et neutre. To haul, to rous[s]e (halar, sallar). Sailler les boulines, c’est les haler avec force pour bien ouvrir les voiles. — Sailler une pièce de bois de l’avant ou de l’arrière, c’est la faire glisser dans cette direction. — Un bâtiment qui saille de l’avant est celui qui va bien de l’avant. — Un tangon saille par le travers, ou s’écarte du bord dans cette direction ; et ainsi de suite."

Le vice-amiral Willaumez, dans son Dictionnaire de marine (3e édition, 1831), a une entrée pour sailler (page 512), mais aussi, page 515, une entrée pour le verbe saquer dans laquelle il dit ceci : "Faire riper par sauts, sailler ; faire glisser, mettre en mouvement un corps quelconque ; le retirer de sa place, le traîner, le pousser avec effort." Ce saquer-là, qui est donné comme équivalent de sailler, ressemble beaucoup à la définition 2 figurant ci-dessus. Elle correspond en outre à ce qui figure sur le site des archives départementales des Côtes d’Armor (Bretagne) : "Il y avait un terme qui était utilisé pour les doris : on disait qu’ils "sailler" [saillaient ?] un doris pour le faire glisser sur la vase." (6. Evolution de la pêche côtière à Erquy : témoignage oral de Raymond Pays.)

A Saint-Pierre et Miquelon il existe une expression qui paraît avoir un rapport direct avec le verbe sailler : les "bois de saillage", sur lesquels on fait semble-t-il glisser les bateaux.
http://tites-croix-du-caillou.over-blog.com/article-36634915.html
http://www.afc-spm.net/fr/44/19-bois-de-saillage-ile-aux-marins.html
http://www.mathurin.com/article2771.html
Cela n’est pas sans faire penser aux garnements qui, du haut de leurs douze ou treize ans, s’amusaient à faire des "saillages" avec leur bicyclette, tant et si bien que les "caoutchoucs" en étaient parfois usés jusqu’à la trame.

Les deux acceptions ci-dessus se retrouvent en créole : "loto inn sayé lor labou" ou "anou say sa pirog-la enn tigit". Par contre en créole seychellois (en principe très proche du créole mauricien) il existerait un sens que je n’ai pour ma part jamais entendu : "parer, éviter" (Diksyonner Kreol-Franse).

 

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Mise à jour du dimanche 31 mars 2013

Sur cette vidéo filmée le 30 mars 2013 lors des inondations meurtrières ayant frappé Port-Louis on entend un homme dire “bann loto-la inn sayé” (ces autos-là ont saillé), lesdits véhicules ayant été déplacés par la force des eaux (3:15).

(Col)lateral damage

I’ve just received an e-mail from Charlott M., avec qui je ne pense pas avoir jamais gardé les cochons. "She" proposes me a way to "thicken [my] penis" but, bafflingly, she subsequently adds this little piece: "Absolute NO Side-Effect!!". Hey, il faudrait savoir ce qu’on veut !