Achards

Achards.
Nom masculin, souvent pluriel.

Condiment constitué de légumes ou de fruits coupés en morceaux, assaisonnés d’épices (curcuma*, grains de moutarde, gingembre, piment parfois), additionnés de vinaigre et d’huile et conservés en pot.

Origine : Urdu/persan achar, prononcé ‘atchar’. Robillard reprend l’hypothèse d’une transmission par l’indo-portugais de Ceylan.

Quelques recettes d’achards :
Achards de fruits de Cythère
Achards de limon
Achards de légumes

Achards_de_légumes

Exemples d’utilisation :

— Qu’est-ce que tu veux que je mette dans ton pain ?
— Des achards !

L’Express du 6 mars 2007 :
Pour ceux qui ont déjà l’eau à la bouche, il est possible d’acheter des achards à partir de Rs 45 et les fruits cristallisés à partir de Rs 5.00 devant la demeure de [Fleurange Lapureté] à Bramsthan.
 
 
 
* Curcuma : Appelé "safran" à Maurice, le véritable safran — provenant des stigmates d’une fleur — y étant pour ainsi dire inconnu. La poudre de curcuma, d’une couleur jaune, provient d’un rhizome apparenté au gingembre. Son nom en anglais, turmeric, viendrait possiblement de l’ancienne appellation française "terre-mérite", venant elle-même du latin terra merita. A l’entrée Turmeric, l’Oxford English Dictionary (Shorter) dit ceci : "Origin obscure. In the early forms tarmaret, tormarith, perhaps representing French terre merite and mediæval or modern Latin terra merita, deserving or deserved earth."

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36 réponses à “Achards

  1. Browsing through Le Petit Robert I have been very surprised to see that pickles is a French word, and that it has been used since the first quarter of the 19th century.

    PICKLES [pikœls] n. m. pl. — 1823 ; mot anglais, de pickle "saumure" → piquer* (encadré) ♦ Anglicisme. Condiment composé de légumes, fruits et épices macérés et conservés dans du vinaigre. => achards, piccalilli. Bocal de pickles

  2. A. J. P. Crown

    By coincidence, my wife asked me what tumeric was a couple of days ago. I had to say I’d forgotten.

    I welcome pictures of food here. Please show more.

  3. A. J. P. Crown

    As a London child, I always imagined that piccalillies and piccaninnies came from Piccadilly.

  4. A. J. P. Crown

    I had a link, but it’s vanished. Piccaninny

  5. A. J. P. Crown

    The news of Horatio Nelson’s victory at the Battle of Trafalgar was brought back to England on H.M.S. Pickle.

    It’s an odd name for a ship.

  6. Siganusk

    Yes, "Pickles" is an odd name for a ship. I don’t think that English ships are/were named after people, are they? Then, why "pickles"?

    I knew a foreigner who was working here and whose name was Pickles. It was particularly amusing to hear him tell the person he was talking to on the phone, somebody who, obviously, couldn’t pick his name: "Pickles, couma zassar!" (All this with a good deal of English accent, which just added to the fun.)

    tumeric

    Funnily enough, I too thought it was tumeric and I thought turmeric was a mistake when I read it. But one just needs to think of Mother Earth, Terra, and remember that it might come from terre mérite (but not termite) — thus the first -r.

  7. A. J. P. Crown

    The American dictionary calls ‘tumeric’ a ‘variant’. I’d no idea I was using a variant. ‘Turmeric’ will be hard to change over to, but it’s worth trying because it doesn’t sound like ‘tumor’.

  8. A. J. P. Crown

    Damn. Can you fix that, Sig?

    __________________
    That’s done. It’s thirty rupees, puisqu’il paraît que toute peine mérite salaire. (SiganusK)

  9. A. J. P. Crown

    I don’t think that English ships are/were named after people, are they?

    I wasn’t sure, so, from Wiki: HMS Nelson was a Nelson-class battleship of the Royal Navy built between the two World Wars. She was named in honour of Horatio Nelson, 1st Viscount Nelson the victor at the Battle of Trafalgar.

  10. Siganusk

    Well, Nelson is a special case for the Royal Navy, isn’t he? There was also the "Prince of Wales" in WW2. (But this isn’t really somebody’s name.)

    I remember that the Germans had boats named after people, Graf Spee, Bismark and so on, but I can’t remember if "la Royale" had it too.

    Oh, yes, they must : the French have been having a lot of problems with one Charles de Gaulle.

    Of course the Americans have many battleships named after people. Therefore the English seem to be an exception somehow, maybe with the Japanese.

  11. A. J. P. Crown

    I can’t think where you got this idea from, Sutor.

    Here are a very few of very many that I have taken at random: mythical, royal, military and naval heros, fictional characters, chickens and explorers

    HMS Drake
    HMS Raleigh
    HMS Collingwood
    HMS Achilles
    HMS Acteon
    HMS Agamemnon
    HMS Alexander
    HMS Alexandra
    HMS Bentinck
    HMS Black Prince
    HMS Bligh
    HMS Hardy
    HMS Icarus
    HMS Elizabeth
    HMS Queen Elizabeth
    HMS Empress of India
    HMS Queen Charlotte
    HMS Scott
    HMS Victoria
    HMS Wellington
    HMS Charon
    HMS Chanticleer
    HMS Churchill
    HMS George III
    HMS General Wolfe
    HMS Gainsborough

    There is very little pattern except that they seem to prefer single names, and even that isn’t always true.

  12. A. J. P. Crown

    Oh, and a painter.

  13. All wrong then…

    But regarding the Japanese I’m not quite sure. By looking on the internet it seemed that most battleships were named after provinces, and I haven’t been able to find a single one named after somebody.

  14. A l’entrée achards le Petit Robert donne ceci :

    Nom masculin pluriel — achar 1609 ; du malais, d’origine persane, par le portugais.

    Ceci est très embêtant pour ce billet. Car les billets de ce blog sont censés développer les différents mauricianismes répertoriés dans la liste ci-dessus, c’est-à-dire les mots et expressions spécifiques en français de Maurice. Or en 1609 on ne parlait pas beaucoup français à Maurice. Selon le P.R., donc, le mot existe en français bien avant d’exister ici-bas. Dans ces conditions peut-il légitimement être considéré comme un mauricianisme ?

    Notre dernière chance réside dans la fréquence d’utilisation : il faudrait que quelques français(es) nous apportent ici leurs lumières. Achards fait-il partie du registre courant en France ? Si la réponse est "non" — alors qu’ici elle est "oui" —, alors on le considèrera comme un mauricianisme. Au cas contraire, il faudra passer un coup de mop…

  15. A. J. P. Crown

    Goodness, you’re right.

    You get a lot of points for that piece of obscure information (it’s pretty obscure if you aren’t a Japanese sailor, I’d say). Now I have to figure out a way to bring it up in general conversation.

  16. Siganusk

    Maybe you could start with Japanese goats before subtly moving to Japanese boats. You would just need to change a g- for a b-, that’s all.

  17. marie-lucie

    Le mot achard ne semble pas connu en France (il n’est pas dans le Petit Robert), mais il semble exister comme nom de famille, p.ex. il y eu l’auteur de théâtre Marcel Achard (c’était un pseudonyme apparemment, mais il a bien dû le trouver quelque part). Les produits commestibles connus sous ce nom ne semblent pas français non plus, on dirait plutôt que c’est le genre Antipasto, est-ce possible?

  18. Je connais un petit Mauricien qui mangeait ses crêpes normandes avec des achards de légumes… Et la partie normande de sa famille ne connait pas le mot "achards". Donc le mot a sans doute sa place ici.
    Si on retire de ce lexique les mots qui sont dans les dictionnaires français, on risque d’en perdre quelques-uns qui sont pourtant des mauricianismes dans le sens où ils sont encore en usage courant à Maurice et plus (ou peu) en France.

  19. Des crêpes normandes avec des achards ? C’est un peu comme si on mangeait des faratas avec de la confiture de pomme !

    Hein ? C’est peut-être bon après tout. A l’occasion…

  20. Marie-Lucie, "achards" se trouve dans l’édition 2006 du Petit Robert (voir ci-dessus le commentaire du 14 mai 2009 à 02:29).

    Je connais des gens qui s’appellent Achard, pour de vrai. Je trouve qu’ils auraient leur mot à dire sur ce billet…

    Mais je ne connais pas du tout l’antipasto (majuscule ?), ni à quoi peut ressembler ce qu’en France on commercialise sous le nom d’achards.

  21. Hobson-Jobson: “it is not impossible that Western Asiatics got it [achar] originally from the Latin acetaria.”

  22. zerbinette

    Les achards fréquentaient déjà le petit Bobby en 1988…
    Depuis, on peut les apercevoir dans des bocaux sur les rayons d’épicerie fine avec leurs cousins les condiments mais ils refusent qu’on les confonde avec les antipasti, même s’ils ne dédaignent pas quelquefois de les accompagner.

  23. Siganusk

    MMcM, le végétarien polyglotte*, j’aurais dû penser à vous depuis belle lurette pour les achards. Je n’en suis que plus heureux de voir que c’est vous qui avez pensé à moi.

    Ce “Hobson-Jobson: a glossary of colloquial Anglo-Indian words and phrases, and of kindred terms, etymological, historical, geographical and discursive” est une référence qui pourrait se révéler intéressante pour un certain nombre de mots faisant partie de cette liste de mauricianismes (je pense d’emblée à stepney ou chutney). Ce qu’il dit là sur les achards est particulièrement intéressant — au sens de “mind-tickling” —, à savoir qu’il est possible que les habitants de l’Asie occidentale aient emprunté au Latin le mot acetaria (Acetaria, -orum, nom : Légumes assaisonnés au vinaigre, salade) pour en faire achar. Si on pense aux pickles, cela collerait bien avec le mot latin acer, acris, acre : aigre, âpre, fort, piquant, plein d’acrimonie, etc., lequel a eu une assez nombreuse descendance.

    Je ne cherche nullement à être acerbe de quelque façon que ce soit, mais il me semble que cette filiation sera difficile à établir cependant. Cela aurait été fait depuis 1903, date de publication de ce glossaire, alors qu’aucun des dictionnaires contemporains ne la mentionne. Mais cette hypothèse n’en est pas moins “mind-tickling”, illustrant une autre possibilité pour ce qui est de ces allers-retours si amusants à voir, par exemple les pérégrinations du mot vindaloo.

    Ce qui me chiffonne quand même un peu plus dans cette entrée du Hobson-Jonson c’est ceci : « ACHÁR , s. P. āchār, Malay ắchār, adopted in nearly all the vernaculars of India for acid and salt relishes. » Cette description ne correspond pas tellement à nos achards à nous, lesquels sont avant tout des condiments au “safran” (curcuma, i.e. turmeric), comme on peut vaguement le voir sur la photo ci-dessus. D’ailleurs cela me chiffonne aussi un peu quand on traduit “achards” par “pickles”, car pour moi ces pickles ressemblent plutôt à ces oignons ou ces cornichons en pot baignant dans leur vinaigre salé et/ou poivré. Peut-être Zerbinette (ou quelqu’un d’autre) pourrait nous décrire ce qui est vendu en France sous le nom d’achards — voire même, à l’occasion, m’en envoyer une photo à siganus.k at gmail point com, photo que je me ferai le plus grand plaisir d’afficher ici. Mais mon chiffonnement reçoit un coup de carreau quand plus bas je lis ceci : « 1653. — "Achar est un nom Indistanni, ou Indien, que signifie des mangues, ou autres fruits confis avec de la moutarde, de l’ail, du sel, et du vinaigre à l’Indienne."- De la Boullaye-le-Gouz, 531. »
     
     
    * A moins que je doive dire le polyglotte végétarien ?

  24. Zerbinette : on peut les apercevoir dans des bocaux sur les rayons d’épicerie fine

    Vous ne pourriez pas nous décrire à quoi ils ressemblent ? Ils sont jaunes comme sur la photo figurant plus haut ? (Photo qui, entre parenthèses, n’est pas terrible. Il faudra que tôt ou tard j’en mette une meilleure.)

  25. Si à Maurice, le farata se mange salé, il se mange parait-il aussi sucré (et à la confiture) en Inde.
    Faute d’avoir la bonne farine pour faire des crêpes bretonnes, j’ai tenté aussi le farata recouvert d’un oeuf sur le plat, de fromage râpé et de quelques champignons et c’est délicieux ! On peut même ajouter un peu de ketchup.

  26. Ketchup !? Vade retro americanas ! ;-)

    (Je dis ça mais je mange du ketchup… pas dans mes faratas seulement.)

  27. Sucré, le farata beurre/confiture vaut bien un toast.

  28. Achards
    Du persan ou du malais d’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Créole_réunionnais
    ▪ achards, légumes confits dans du piment et de l’huile (du malais atchar ou du persan atchanrd)

  29. marie-lucie

    Il faut que je me mette à l’heure du jour: je ne me rendais pas compte que mon Petit Robert (qui me parassait immortel) date de 1968! Ce qui veut dire que les "achards" sont un mot introduit en français plus récemment, sans doute parce que les produits vendus sous ce nom (dont je n’avais même pas entendu parler avant de lire votre page) sont aussi d’importation relativement récente. Le fait que le mot soit connu depuis 1609 veut seulement dire qu’il est écrit dans un texte portant cette date, pas forcément qu’il fait depuis partie du vocabulaire courant.

    L’antipasto (mot qui ne figure pas dans mon PR) est une préparation italienne de légumes cuits, assez fortement assaisonnés (il y a plusieurs recettes), servie comme hors-d’oeuvre froid, ce qui me semble assez proche de votre description des achards.

  30. Marie-Lucie: il semble exister comme nom de famille, p.ex. il y eu l’auteur de théâtre Marcel Achard

    Comme je le disais plus haut, le nom de famille Achard existe bel et bien (tout comme Pickles). Mais je ne peux m’empêcher de me demander d’où vient le patronyme. Pas de Perse quand même ? (N’en déplaise à Montesquieu.) Si les achards sont quasiment inconnus en France, il est très peu probable que ce nom ait pu provenir du condiment.

  31. Ah, le précieux Jean Tosti a une réponse pour les Achard de France :
    Achard — Nom de personne d’origine germanique, Achard (ac = lame + hard = dur). C’est dans la Drôme et l’Isère que le nom est le plus répandu.”
    http://jeantosti.com/noms/a1.htm
    Cet Achard serait à rapprocher du nom Eckardt (cf. "Maître Eckart", dont je me souviens du nom sans arriver à me souvenir de qui il s’agissait).

  32. marie-lucie

    Meister Eckhart fut un théologien et mystique allemand du Moyen-Age. Wikipedia en dit plus sur lui.

  33. Siganusk

    Oui, cela aurait été facile grâce à Google ou Wikipédia. Mais parfois on rechigne à pallier nos trous de mémoire en utilisant ces "artifices".

  34. marie-lucie

    "ac = lame+ hard = dur"

    Ecrit comme ça, on dirait que le mot français se découpe facilement en deux: ac + hard, mais ce n’est pas si simple que ça: c’est plutôt le composé germanique *ak-hard qui est devenu en vieux français dialectal *akard, puis *akyard, puis *atchard, puis finalement achard (les astérisques veulent dire que ces formes sont reconstituées, ainsi que leur évolution probable, selon les règles de développement déduites de mots contenant les même sons, attestés à diverses époques).

    Le composé germanique reconstitué *ak-hard aurait pu vouloir dire "dur comme une lame" plutôt que "lame dure" étant donné que l’ordre du mot composé était le même qu’en anglais moderne. Mais d’autre part, le *hard ici avait sans doute le sens de "fort" plutôt que concrètement "dur", avant de devenir seulement un dérivatif sans signification particulière. Par exemple, le nom français Bernard correspond à l’allemand Bernhard "fort comme un ours".

  35. marie-lucie

    *atchardM

    Je ne sais pas d’où est venu ce M malencontreux, prière de l’effacer.

    # # # # # # #

    Voilà qui est fait. La maison offre aussi ce service. (S. K.)

  36. Selon une définition (Dictionnaire creole mauricien Baker/Hookoomsingh) les achards sont des « Légumes ou fruits coupés en morceaux, bouillis et/ou séchés au préalable, assaisonnés de piment, de grains de moutarde, de curcuma et d’autres épices, et conservés dans de l’huile ». Richard Chaudenson ( "Des iles, des hommes, des langues") remonte à l’origine de cette préparation et explique que le but était principalement pour « assurer ou prolonger leur conservation ». C’est ainsi que nous retrouvons des « conservation dans l’huile, la graisse ou le vinaigre additionné de sel et souvent coupé d’eau (gingembre, citrons, piments, etc, qui sont alors dits « confits ») ». R. Chaudenson explique que les ‘achards’ rentrent dans les « préparations plus élaborées » dont la recette en latin qu’il a retrouvée remonte au milieu du XVIIe siècle, il nous dit : « cette préparation, faite de fruits ou de légumes crus « confits » dans le vinaigre, le « limon » et le sel, était consommée, en particulier, à bord des vaisseaux portugais et constituait, à n’en pas douter, un efficace moyen de prévenir le scorbut ».
    A noter que André Leroi-Gourhan dans "Milieu et technique" nous parle d’"assaisonnements" ou d’assaisonnement végétaux" qui selon lui "n’interviennent pas par leur valeur proprement nutritive mais dont le rôle est de rendre attrayante les fastidieuses bouillies, purées ou viandes."

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